Théorie de la préférence pour la liquidité

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La théorie de la préférence pour la liquidité est une théorie élaborée par Keynes selon laquelle un taux d'intérêt d'équilibre (sur lequel s'accordent offreurs et demandeurs) est déterminée par l'offre et la demande de monnaie. C'est une théorie alternative à la « théorie des fonds prêtables » qui considère que ce taux d'intérêt d'équilibre est atteint lorsque l'offre de prêts (représentée par les obligations) s'ajuste, pour un taux donné, à la demande de prêts[1].

Cette théorie, développée dans Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, s'appuie sur la notion de préférence pour la liquidité[2]. Pour Keynes, il existe une demande pour la monnaie en tant que telle. Outre la quantité de monnaie nécessaires aux transactions courantes, les investisseurs constituent par ailleurs une épargne de précaution, et une autre type d'encaisse, plus spéculative, correspondant à une forme de placement. L'achat d'actifs d'épargne comportant un risque (de dévaluation, d'indisponibilité en cas de besoin), en environnement incertain, les agents préfèrent renoncer à la rémunération de leur épargne, et optent pour les placements les plus liquides possibles, la monnaie étant le plus liquide de tous. Le choix pour cette perte d'opportunité d'être rémunéré s'adapte toutefois aux taux d'intérêts attendus des rémunérations. Plus les taux sont bas, plus les investisseurs auront tendant à préférer la liquidité, d'autant plus que lorsque les taux sont bas, il faut s'attendre à leur remontée, qui fait chuter le cours des obligations[1],[3]. Les investisseurs demandent donc une prime de liquidité pour investir à long terme[4].

Détails et utilisation de la théorie[modifier | modifier le code]

L'hypothèse de départ est qu'il existe deux grands types d'actifs utilisables comme réserve de richesse : les créances (auxquelles on peut pour facilité le raisonnement assimiler les obligations) et la monnaie. La somme des quantités de monnaie et d'obligations offertes, la réserve de richesse totale, correspond à la somme des quantités de monnaies et d'obligations demandées. Le « marché de la monnaie » est à l'équilibre lorsque l'offre de monnaie est égale à la demande. Par construction, dans ce cas, l'offre d'actifs financiers (d'obligations) est aussi égal à la demande[1].

Lorsque les revenus croissent, la demande de monnaie augmente. Il en est de même lorsque les prix augmentent, et ces deux facteurs ont donc tendance à accroitre le taux d'intérêt d'équilibre[1].

Critique par Milton Friedman[modifier | modifier le code]

Milton Friedman a reconnu la justesse de l'approche de Keynes ; il a toutefois critiqué cette théorie comme étant incomplète. Il renomme effet de liquidité le mécanisme selon lequel l'offre de monnaie entraîne « toutes choses égales par ailleurs » une baisse des taux. Toutefois, il constate que toutes les choses ne sont pas égales par ailleurs ; et que cette abondance de liquidité peut avoir un effet favorable sur l'économie, conduisant à une hausse des taux. Si ces effets sont supérieurs à la baisse des taux induite directement par l'augmentation de l'offre de monnaie, le résultat obtenu est alors inverse de celui prévu par Keynes[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]