Théorème des nombres pentagonaux

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En mathématiques, le théorème des nombres pentagonaux, dû originellement au mathématicien suisse Euler, est le théorème qui établit l'identité :

\prod_{n=1}^\infty (1-x^n)=\sum_{k=-\infty}^\infty(-1)^kx^{\left(\frac {k(3k-1)}{2} \right)}=1+\sum_{k=1}^\infty(-1)^k\left(x^{k(3k+1)/2}+x^{k(3k-1)/2}\right).

Les premiers termes s'écrivent :

(1-x)(1-x^2)(1-x^3) \cdots = 1 - x - x^2 + x^5 + x^7 - x^{12} - x^{15} + x^{22} + x^{26} + \cdots.

Le nom du théorème vient de la forme des exposants dans le membre droit de l'égalité : ces nombres sont les nombres pentagonaux généralisés.

On peut écrire le produit infini de façon compacte grâce au q-symbole de Pochhammer, ce qui donne (en prenant q comme variable) : (q;q)_{\infty}=\sum_{k=-\infty}^\infty(-1)^kq^{\left(\frac {k(3k-1)}{2} \right)}.

Interprétation combinatoire[modifier | modifier le code]

Ce théorème a une interprétation combinatoire en termes de partitions. En particulier, le membre de gauche est une fonction génératrice (pour des raisons similaires sur les fonctions génératrices pour des fonctions de partage non restreintes plus générales) du nombre de décompositions de n en un nombre pair de parties distinctes moins le nombre de décompositions de n en un nombre impair de parties distinctes : quand on explicite les produits du membre gauche de l'égalité, l'exposant n d'un terme xn est obtenu en sommant les diverses façon de décomposer n en parties distinctes. Le signe dépend du nombre de parties.

Par exemple, le coefficient de x5 est 1 parce qu'il existe deux manières de scinder 5 en un nombre pair de parties distinctes (4+1 et 3+2), mais seulement une manière de le faire pour un nombre impair de parties distinctes (5 lui-même).

Le membre de droite, une fois l'identité prouvée, dit qu'il y a autant de partitions d'un entier n en un nombre pair de parties distinctes qu'en un nombre impair de parties distinctes, sauf si l'entier n est un nombre pentagonal généralisé.

Par exemple, le coefficient de x6 est 0, et les partitions sont 6, 5+1, 4+2, 3+2+1 : il y en a bien autant (2) qui ont un nombre pair de parties et qui ont un nombre impair de parties.

Démonstration[modifier | modifier le code]

Cette interprétation nous conduit à une démonstration élégante de l'identité par involution. Considérons le diagramme de Ferrers de n'importe quelle décomposition de n en parties distinctes (dans le diagramme ci-dessous n = 20 et la décomposition est 7 + 6 + 4 + 3).

o o o o o o +
o o o o o +
o o o o
o o o

Soit k le nombre d'éléments dans la plus petite ligne de notre graphe. Soit s le nombre d'éléments dans la ligne à 45 degrés la plus à droite (marqués par un signe plus dans le diagramme ci-dessus). Dans celui-ci, s = 2 et k = 3.

Si k > s, nous prenons la ligne à 45 degrés la plus à droite et nous la déplaçons pour former une nouvelle ligne, comme dans le graphe ci-dessous.

o o o o o o
o o o o o
o o o o
o o o
+ +

Si ce n'est pas le cas (comme dans notre nouveau graphe où k = 2, s = 5) nous renversons le processus en déplaçant la ligne du dessous pour former une nouvelle ligne à 45 degrés (en ajoutant 1 élément à chacune des k première lignes). Dans notre cas, ceci nous ramène au premier graphe.

Ceci nous montre qu'en fait, appliquer ce processus deux fois de suite nous ramène au graphe original et que le processus change la parité du nombre de lignes. Ainsi ce processus (quand il peut être exécuté) nous permet de répartir les partages dans les diagrammes de Ferrers contribuent pour 1 et -1 à la somme originale. Tout s'annule, sauf dans les cas où notre opération ne pourrait être exécutée. En fait, il en existe deux, lorsque k=s ou k=s-1.

1) k = s, la diagonale la plus à droite et la ligne du dessous se rencontrent. Par exemple,

o o o o o
o o o o
o o o

En essayant d'exécuter l'opération, cela nous conduirait à :

o o o o o o
o o o o o
      o  

ce qui n'est pas un diagramme de Ferrers valide. S'il existe k éléments dans la dernière ligne du graphe original, alors

n=k+(k+1)+(k+2)+\cdots+(2k-1)=\frac {k(3k-1)}{2}

2) k=s-1, la diagonale la plus à droite et la ligne du dessous se rencontrent. Par exemple,

o o o o o o
o o o o o
o o o o

Notre opération requiert que nous déplacions la diagonale de droite vers la ligne du dessous, mais ceci nous conduirait à deux lignes de 3 éléments, ce qui est interdit, comme nous sommes en train de compter les décompositions en parties distinctes. Ceci est le cas précédent mais avec un élément supplémentaire dans chaque ligne, donc

n=\frac {k(3k-1)}{2}+k=\frac {(-k)(3(-k)-1)}{2}

En résumé, nous avons montré que les décompositions en un nombre pair de parties distinctes et en un nombre impair de parties distinctes s'annulent exactement les unes les autres, excepté pour les nombre pentagonaux, où il existe exactement un cas non-compris (qui contribue au facteur (-1)k). Mais ceci est précisément ce que le membre de droite de l'identité précédente devrait faire, donc nous avons terminé.

Application[modifier | modifier le code]

Le théorème d'Euler permet d'obtenir une formule de récurrence pour calculer p(n), le nombre de partitions de n :

p(n)=p(n-1)+p(n-2)-p(n-5)-p(n-7)+\cdots

ou plus formellement,

p(n)=\sum_k (-1)^{k-1}p(n-g_k)

où la sommation est sur tous les entiers relatifs et où g_k est le nombre pentagonal, donné par g_k = k(3k-1)/2.

La formule peut servir à calculer le nombre p(n) de partitions.

Annexes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]