Théorème de Darboux (géométrie)
Le théorème de Darboux est un théorème central de la géométrie symplectique : les variétés symplectiques de dimension
sont deux à deux localement symplectomorphes. Plus explicitement :
Théorème de Darboux — Si
est une variété symplectique de dimension
, alors, au voisinage de tout point de
, il existe des coordonnées locales
de sorte que, dans ces coordonnées,
s'exprime comme ceci :

Ce résultat implique l'inexistence d'invariant local en géométrie symplectique. Cette situation s'oppose à la géométrie riemannienne pour laquelle il existe un invariant local de classe
, la courbure.
La question est locale, et on peut fort bien supposer que la variété
est un ouvert
de
, étoilé en
, et
est une 2-forme différentielle fermée et non dégénérée avec :

Par une isotopie, on va déformer
en
. Rappelons que toute isotopie
est le flot d'un champ de vecteurs dépendant du temps
.
Posons
.
Raisonnons par condition nécessaire. La formule de Cartan permet de dériver l'identité
:
![0=\Phi_t^*\left[\frac{\mathrm d}{\mathrm dt}\omega_t+L_{X_t}\omega_t\right] \Longrightarrow \omega-\mathrm dp\wedge \mathrm dq=-\mathrm d\iota_{X_t}\omega_t](http://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/math/7/3/e/73e7e24ede8dba119703a49b4630530c.png)
La forme
est exacte sur l'ouvert étoilé
, et donc s'écrit
où
est une 1-forme différentielle. Pour des raisons de non-dégénérescence, il existe un unique champ de vecteurs dépendant du temps
implicitement défini par :

Si
est le flot, alors
répond à la question.
Remarque : La démonstration est encore incomplète à ce stade !
Ainsi, la géométrie symplectique est essentiellement globale. Cependant, le théorème de Darboux conduit à des questions semi-locales :
Il répond à une question existentielle : Existe-t-il une carte locale telle que ... ? La preuve donne l'existence de la carte sur un domaine suffisamment petit. Renversons la question :
Quelle est la plus grande taille du domaine d'un morphisme symplectique d'un ouvert de ℝ
dans
?
Cependant, quel sens donner au mot « taille » ? Soit
; l'existence d'un plongement symplectique d'une boule (fermée)
dans un cylindre
×ℝ
implique
≤
[1]. La capacité symplectique d'une variété symplectique
est donnée par :

[modifier] Note et référence
- (en) Dusa McDuff et Dietmar Salamon (de), Introduction to symplectic topology [détail des éditions], p. 372
dans