Théorème de Bolzano-Weierstrass
En topologie des espaces métriques, le théorème de Bolzano-Weierstrass donne une caractérisation séquentielle des espaces compacts. Il tire son nom des mathématiciens Bernard Bolzano et Karl Weierstrass.
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Énoncé du théorème [modifier]
Un espace métrique (X,d) est compact (au sens de l'axiome de Borel-Lebesgue) si (et seulement si) toute suite d'éléments de X admet une valeur d'adhérence dans X ou, de manière équivalente, admet une sous-suite qui converge vers un élément de X.
Cet énoncé peut se décomposer en :
- Deux scholies qui garantissent le « seulement si » :
- Dans un espace (non nécessairement métrisable) compact ou même seulement dénombrablement compact, toute suite admet une valeur d'adhérence :voir l'article Espace dénombrablement compact.
- Dans tout espace métrisable ou même seulement à base dénombrable de voisinages, les valeurs d'adhérence d'une suite sont les limites de ses sous-suites convergentes :voir l'article Valeur d'adhérence.
- L'énoncé proprement dit, le « si » :
Tout espace métrique séquentiellement compact est compact.
(Un espace séquentiellement compact est un espace dans lequel toute suite admet une sous-suite convergente.)
Démonstration [modifier]
Tout espace métrique X séquentiellement compact est évidemment précompact, c'est-à-dire que toute suite dans X admet une sous-suite de Cauchy ou, ce qui est équivalent : pour tout r > 0, X est recouvert par un nombre fini de boules de rayon r.
Pour en déduire qu'il est compact, il suffit d'utiliser les liens généraux entre diverses notions de compacité.
Une autre approche, plus spécifique, est d'utiliser le lemme suivant, qui équivaut à l'existence de nombres de Lebesgue (de) d'un recouvrement.
Lemme — Si
est un recouvrement ouvert d'un espace métrique séquentiellement compact X, alors

c'est-à-dire qu'il existe des r > 0 tels que toute boule ouverte de rayon r soit incluse dans au moins l'un des ouverts du recouvrement.
Par l'absurde. On suppose
en particulier
.
est séquentiellement compact donc il existe une suite extraite
de
convergeant vers un
.
Comme les
recouvrent X, au moins l'un d'entre eux,
, contient
, donc (puisqu'il est ouvert) contient une boule de centre x et de rayon
.
Or pour n assez grand,
. On a alors
ce qui est absurde.
Soit X un espace métrique séquentiellement compact, prouvons qu'il est compact. Soit
un recouvrement ouvert de X et soit r fourni par le lemme. Par précompacité, il existe une partie finie Y de X telle que
. On en déduit alors que la sous-famille finie
recouvre X.
Énoncé dans le cas réel [modifier]
De toute suite réelle bornée, on peut extraire une sous-suite convergente.
Cette propriété n'est que la partie facile du théorème (le « seulement si »), appliquée aux intervalles fermés bornés de ℝ, qui sont compacts d'après le théorème de Borel-Lebesgue. Elle s'applique de même aux suites bornées complexes, ou plus généralement aux suites bornées de vecteurs dans un espace vectoriel normé de dimension finie mais dans le cas réel, on peut en donner deux démonstrations plus directes :
- par extraction d'une sous-suite monotone : d'après le « lemme des pics », toute suite réelle x = (xn) possède une sous-suite monotone y. Si x est bornée alors ses sous-suites aussi donc la sous-suite y est convergente, d'après le théorème de la limite monotone ;
- par dichotomie : cf. boîte déroulante ci-dessous.
Soit
une suite à valeurs dans un segment
de ℝ. La démonstration procède en deux temps :
- Construction de deux suites
(resp.
) croissante (resp. décroissante) telles que l'intervalle
contient une infinité de termes de la suite
et que

- Construction de la suite extraite.
- Construction par dichotomie des suites
(resp.
)
On définit
par
et
par
.
Pour tout entier naturel
, si l'intervalle
contient une infinité de termes de la suite
, on pose
et
.
Sinon, l'intervalle
contient une infinité de termes de la suite
, on pose alors
et
.
On vérifie que ces deux suites ainsi construites sont adjacentes et que l'intervalle
contient une infinité de termes de la suite
.
- Construction par récurrence de la suite extraite convergente
de ℕ dans ℕ strictement croissante, telle que la suite
soit convergente. Construisons alors la fonction
par récurrence.Posons
. Pour tout entier
, prenons pour
le plus petit entier
strictement supérieur à
tel que
(cet entier existe puisque
contient une infinité de termes de la suite
).La fonction
est donc bien définie par récurrence et par construction cette fonction est strictement croissante et vérifie la propriété :

vérifie le critère de Cauchy, elle est donc convergente vers un réel
appartenant à l'intervalle
.Références [modifier]
- Georges Skandalis, Topologie et analyse 3e année, Édition Dunod, Collection Sciences Sup, 2001
- Claude Wagschal, Topologie et analyse fonctionnelle, Édition Hermann, Collection Méthodes, 1995
(resp.
) croissante (resp. décroissante) telles que l'intervalle 