Théorème d'Ascoli
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En analyse fonctionnelle, le théorème d'Ascoli, ou théorème d'Arzelà-Ascoli, démontré par les mathématiciens italiens Giulio Ascoli et Cesare Arzelà, caractérise les parties relativement compactes de l'espace des fonctions continues d'un espace compact dans un espace métrique. Il se généralise sans difficulté au cas où l'espace de départ est seulement localement compact.
Ce théorème est connu pour son nombre considérable d'applications (complétude de certains espaces fonctionnels, compacité de certains opérateurs, dépendance en les conditions initiales dans les équations différentielles ...).
Sommaire |
[modifier] Énoncé
Dans un espace vectoriel réel normé de dimension finie, les parties compactes sont exactement les parties fermées et bornées. Dans un espace vectoriel topologique séparé, les parties relativement compactes restent bornées, mais la réciproque est fausse. Le théorème d'Ascoli traite du cas de l'espace des fonctions continues :
Soient
un espace compact et
un espace métrique. L'espace
des fonctions continues de
dans
, muni de la distance uniforme, est un espace métrique. Une partie
de
est relativement compacte si et seulement si les deux conditions suivantes sont respectées :
est équicontinue, i.e pour tout élément
de
, on a
;
- pour tout élément
de
, l'ensemble
est relativement compact.
Un ensemble de fonctions r-lipschitziennes est un exemple d'ensemble équicontinu.
Il existe de nombreuses variantes du théorème d'Ascoli.
[modifier] Démonstration
Le théorème d'Ascoli établit une équivalence. Les deux implications sont démontrées séparément. Les notations sont celles de l'énoncé ci-dessus.
[modifier] Condition nécessaire
Notons
l'adhérence de
dans
. Supposons que
soit compact et fixons un élément
de
.
Pour montrer que
est relativement compact dans
, il suffit de remarquer qu'il est inclus dans
qui est compact, comme image du compact
par l'application continue de
dans
qui à
associe
.
Montrons maintenant l'équicontinuité de
au point
(qui entraînera celle de
). Soit ε un réel strictement positif.
Par précompacité de
, il existe un nombre fini d'éléments
,…,
dans
tels que toute fonction
dans
se trouve à une distance au plus ε de l'un des
.
Par continuité en
de
,…,
, il existe un voisinage
de
tel que
.Pour toute fonction
dans
et tout point
dans
, l'inégalité triangulaire donne :

d'où l'équicontinuité de
.
[modifier] Condition suffisante
La réciproque est le sens le plus souvent utilisé et demande plus d'attention. On souhaite démontrer qu'une partie équicontinue
de
telle que
soit relativement compacte pour tout
, est incluse dans un compact de
.
Notons
l'adhérence de
dans l'espace
des applications de
dans
muni de la topologie de la convergence simple (autrement dit,
est muni de la topologie produit). D'après les propriétés de l'équicontinuité,
est encore équicontinu, et les deux topologies sur
induites par son inclusion dans
et dans
coïncident. Il suffit donc de prouver que
est un compact de
.
Introduisons le sous-espace de 

D'après le théorème de Tychonov,
est compact, or
est un fermé de
, ce qui conclut.
[modifier] Condition suffisante, seconde preuve
Une alternative à l'utilisation du théorème de Tychonov est de prouver élémentairement que l'adhérence
de
dans
est précompacte et complète (donc compacte), de la façon suivante.
Montrons d'abord que
est précompact (donc
aussi). Soit ε>0, montrons que
est recouvert par une famille finie d'ensembles
de diamètres majorés par 4ε. Pour tout élément
de
, il existe (par équicontinuité de
) un voisinage ouvert
de
tel que
.Par compacité de
, il existe alors une partie finie {
,…,
} de
telle que les ouverts correspondants
,…,
recouvrent
.
Posons
:
est relativement compact dans
donc il existe une partie finie
de
telle que les boules
quand
parcourt
recouvrent
.
Notons enfin, pour tout
, l'ensemble (de diamètre majoré par 4ε)
.Il reste à prouver que les
recouvrent
. Soit
un élément de
, comme chaque
appartient à
, il appartient à une boule de rayon ε centrée en un certain élément
de
, ce qui implique

si bien que
appartient à
.
Montrons ensuite que
est complet. Il suffit pour cela de prouver que toute suite de Cauchy d'éléments
de
converge dans
. Pour tout point
de
, la suite
est de Cauchy et à valeurs dans
, dont l'adhérence dans
est compacte donc complète, donc cette suite admet dans
une limite,
. Par équicontinuité, la convergence simple de
vers
est uniforme sur le compact
.
[modifier] Opérateurs à noyau
[modifier] Références
- Georges Skandalis, Topologie et analyse 3e année, Dunod, coll. « Sciences Sup », 2004 (ISBN 9782100488865)
- Claude Wagschal, Topologie et analyse fonctionnelle, Hermann, 1995 (ISBN 9782705662431)
un
;
est relativement compact.