Théophile Voirol

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Théophile Voirol
Naissance 3 septembre 1781
Tavannes (Drapeau de la Suisse Suisse)
Décès 15 septembre 1853 (à 72 ans)
Besançon (Doubs)
Origine Drapeau de la France France
Grade Général de division
Années de service 1848
Distinctions Grand officier de la Légion d'honneur

Théophile Voirol, né le 3 septembre 1781 à Tavannes (Suisse) et mort le 15 septembre 1853 à Besançon, est un militaire français, simple soldat de la Révolution française devenu général d’Empire, fait pair de France par Louis-Philippe après avoir commandé l'armée française d'Algérie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tavannes, ville de la principauté épiscopale de Bâle, fait partie des territoires annexés par la République française en 1797 et est intégrée au département du Mont-Terrible (chef-lieu : Porrentruy). La ville de Bâle en revanche fait partie de la République helvétique (à partir de 1798).

Théophile Voirol est alors commis marchand à Bâle, après un apprentissage commencé en 1792 ; en 1799, il décide de s’enrôler dans le bataillon auxiliaire du Mont-Terrible en remplacement de son frère, désigné par la conscription[1].

Guerres de la Révolution et de l’Empire[modifier | modifier le code]

Il prend part comme sous-lieutenant à la bataille d’Austerlitz le 2 décembre 1805, combat ensuite en Pologne à Pułtusk puis en Espagne, où il est promu chef de bataillon. Il fait la campagne de 1812 en Russie.

Promu colonel l’année suivante, il se distingua pendant la campagne de France, notamment à la bataille de Nogent-sur-Seine et à Bar-sur-Aube 1814, et reçoit de Napoléon le grade de général de brigade. Il demeure fidèle à l'empereur et pendant les Cent-Jours, coopère à la défense de Strasbourg.

La Restauration et le début de la Monarchie de Juillet[modifier | modifier le code]

Au début de la seconde Restauration, il tombe en disgrâce, son grade de général de brigade lui est retiré, mais lui est rendu en 1823.

En 1820, il épouse à Avignon Anastasie Aumont, originaire de Besançon.

La campagne de Belgique, qu’il fait en 1831 et 1832, lui vaut les épaulettes de général de division en 1833.

Commandant en chef en Algérie (avril 1833-juillet 1834[modifier | modifier le code]

Le 29 avril 1833, suite au rapatriement pour maladie du général Savary, qui va mourir en juin, Théophile Voirol reçoit le commandement en chef par intérim[2] de l’armée d’Afrique en Algérie et conserve cette fonction jusqu’au 27 juillet 1834.

Durant son gouvernorat a lieu l'occupation de Bougie par une colonne commandée par le général Trézel (29 septembre 1833). À Oran, le général Desmichels, qui agit de façon autonome, occupe Arzew et Mostaganem, et en février 1834 conclut avec l'émir Abd el-Kader un traité auquel Voirol n'a aucune part[3].

Dans les environs d'Alger, Voirol se préoccupe de la situation dans la Mitidja où la tribu des Hadjouthes fait régner l'insécurité. Il fait établir un poste à Douera, mais son projet d'installer une garnison à Blida échoue faute des renforts demandés au gouvernement[4].

On lui doit aussi un certain nombre d'institutions : l’ouverture de la première école mutuelle à Alger le 27 mai 1833 ; l’établissement de l’hôpital du Dey et celui de l’église catholique ; l’institution d’une garde nationale à Alger ; l’organisation de la justice criminelle ; la création des centres de Kouba et Dely-Ibrahim ; l'assèchement des marais de l’Harach. Mais l’œuvre capitale du général Voirol est le tracé et le commencement d’exécution des routes du Sahel et de la Mitidja.

Par les ordonnances du 2 juin 1834, le gouvernement de Louis-Philippe opte officiellement pour le maintien de l'occupation en Algérie ; la fonction de gouverneur général alors créée est confiée au général Drouet d'Erlon.

Fin de carrière (1834-1848)[modifier | modifier le code]

De 1834 à 1840, Théophile Voirol est commandant militaire de Strasbourg. Le 30 octobre 1836, lorsque Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de l'empereur, tente de soulever la garnison de Strasbourg avec l'objectif de marcher sur Paris et de renverser la monarchie de Juillet, le général Voirol et une partie des officiers refusent de le suivre : cette résistance et la discipline de la troupe font rapidement échouer la tentative[5].

En 1839, Louis-Philippe lui donne un siège à la Chambre des pairs et des lettres de grande naturalisation.

De 1840 à 1848, Voirol est commandant militaire de la place de Besançon, jusqu'à sa retraite.

Mort à Besançon le 15 septembre 1853, il est inhumé au cimetière protestant du Champ-Bruley.

Le fort de l’Est des Buis reçoit le nom de « fort Voirol ».

Une maison de style mauresque construite par lui à Tavannes en 1835 est devenue un bâtiment administratif des Chemins de fer du Jura[6].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. site de Tavannes.(
  2. Sur cette période, voir Charles-André Julien, Histoire de l'Algérie contemporaine 1, Paris, PUF, 1964, pp. 102-105.
  3. Julien, 1964, p. 104.
  4. Julien, 1964, p. 103.
  5. Shirley J. Black, Louis-Napoléon and Strasbourg, Ferrell Publications, Silverston, 2004.
  6. Site de Tavannes.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dorette Berthoud, « Théophile Voirol, un Jurassien au service de France, sous l’Empire, la Restauration et la Monarchie de Juillet », dans La Revue des Sociétés des amis de Versailles, nos 52-57, 1973-1974.
  • Charles Junod, « Le Général Théophile Voirol, gouverneur de l'Algérie », dans Les Intérêts du Jura, no 6, 1958, p. 129-139.
  • Thierry Choffat, Jean-Marie Thiébaud, Gérard Tissot-Robbe, Les Comtois de Napoléon: cent destins au service de l'Empire, Cabédita, coll. « Archives vivantes », Yens sur Morges, 2006, p. 257-258 Texte en ligne.
  • Narcisse Faucon, Challamel et Cie, Le livre d'Or de l'Algérie, Éditeurs Librairie Algérienne et Coloniale, 1889.
  • Gabriel Esquer (éd.), Correspondance du général Voirol, commandant par intérim le corps d’occupation d’Afrique (1833-1834), Champion, coll. « Collection de documents inédits sur l’histoire de l’Algérie après 1830 », Paris, 1924.

Liens externes[modifier | modifier le code]