Théognis de Mégare

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Théognis de Mégare, en grec ancien Θέογνις est un poète gnomique élégiaque[1] grec du VIe siècle av. J.-C., actif vers 540 av. J.-C., longtemps considéré à tort comme un moraliste. Plus de la moitié des poèmes élégiaques conservés avant la période hellénistique sont contenus dans les 1400 vers attribués à Théognis. Les principales informations que nous avons sur lui proviennent de la Souda. Ses poèmes sont écrits en distiques élégiaques[2].

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Membre de l'aristocratie dorienne (ses poèmes sont écrits en dialecte ionien) et ennemi du parti populaire, Théognis a peut-être contribué à gouverner Mégare, mais il s'exila à la suite du coup d'État contre le parti oligarchique. Il vécut à Sparte, en Eubée, en Sicile et à Thèbes, dans une pauvreté qu'il jugeait déshonorante, étant donné ses origines et ses principes[3]. Il mourut probablement à Thèbes.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Poète didactique avec qui l'élégie prend un ton politique et moral, Théognis a pour interlocuteur le jeune noble Cyrnos, fils de Polypas, auquel il dévoile ses préceptes politiques et moraux. Il fait de sa fierté d'aristocrate et de poète conscient de sa valeur le sujet de ses vers. Son expérience de la révolution ou stasis de Mégare le fait se tourner vers les thèmes de la décadence, de l'effondrement des valeurs aristocratiques, du mythe hésiodique de l'âge d'or et de la dikê, justice humaine à ses yeux absente de la cité. Il s'exprimait avec véhémence contre les rancunes politiques qui séparent les partisans de l'aristocratie (dont il fait partie) et les partisans de la démocratie. Il est cité par Socrate au Chapitre II du Banquet de Xénophon[4] :
« L'honnête homme du bien te montre le sentier ;
Le méchant te corrompt et te perd tout entier. »

Aristote rapporte comme un proverbe que Théognis soutenait que l'on peut retirer quelque entraînement à la vertu de la vie en compagnie des hommes dans ses vers : Des gens de bien viennent les bonnes manières[5]. On conserve aussi quelques vers érotiques qui lui sont attribués, ainsi que la sentence issue de ses Elégies[6] selon laquelle les médecins méritent des honoraires particuliers s'ils guérissent la perversité et l’aveuglement[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Poésie morale de maximes.
  2. Courtes strophes composées de deux vers, un vers long, l'hexamètre, et un vers plus court, le pentamètre.
  3. Marguerite Yourcenar, La Couronne et la Lyre, Gallimard, 1979, p. 113.
  4. Ch. II
  5. Éthique à Nicomaque : Livre IX, dans L’amitié vertueuse : un spectacle agréable et nécessaire et Les Formes de vie en commun traduisent les formes d'amitié, respectivement p. 366 et 376 de l'édition Flammarion de mars 2009.
  6. V. 432-434
  7. Éthique à Nicomaque, in L'éducation au Bien et la Politique, chapitre II, L'insuffisance des arguments dans la plupart des cas.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Éditions des œuvres de Théognis[modifier | modifier le code]

  • Théognis, Poèmes élégiaques, édités et traduits par Jean-Claude Carrière, Paris, Belles Lettres, 1948.
  • M. L. West (éd.), Iambi et elegi graeci, vol. 1, Loeb Classical Library, 1971 (édition révisée en 1989)

Utilitaires[modifier | modifier le code]

  • Alexis Pierron, Histoire de la littérature grecque, 12e édition, Hachette, 1884.

Études savantes[modifier | modifier le code]

  • Oswyn Murray, La Grèce à l'époque archaïque, Early Greece, Presses Universitaires du Mirail, Toulouse, 1995.
  • Gregory Nagy, « Théognis et Mégare. Le poète dans l’âge de fer », dans Revue de l'histoire des religions, 3, 1984.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]