Théodore Caruelle d'Aligny

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec Théodore Caruel (1830-1898), botaniste italien d'origine française

Théodore Caruelle d'Aligny

Description de cette image, également commentée ci-après

Buste de Théodore Caruelle d'Aligny (détail), par Antoine Étex, cimetière du Montparnasse à Paris.

Nom de naissance Claude Théodore Félix Caruelle
Naissance 24 janvier 1798
Chantenay-Saint-Imbert
Décès 24 février 1871 (à 73 ans)
Lyon
Nationalité Française Drapeau de la France
Activités Artiste-peintre
Maîtres Jean-Baptiste Regnault
Louis Étienne Watelet
Élèves François-Auguste Ravier
Mouvement artistique Néoclassicisme
Récompenses Membre de l'Académie des beaux-arts.
Légion d'honneur.

Théodore Caruelle d'Aligny[1], né à Chantenay-Saint-Imbert (Nièvre) le 24 janvier 1798[2] et mort à Lyon le 24 février 1871, est un peintre paysagiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille d'artistes, Théodore Caruelle perd son géniteur Jean-Baptiste Caruelle en 1801. Élevé par son beau-père Claude Meure-Aligny, il en adopte le patronyme pour peindre. Arrivé à Paris en 1808, il aurait débuté en réalisant des dessins paysagers pour une fabrique de porcelaine. Ses maîtres dans l'apprentissage du pinceau sont Jean-Baptiste Regnault et Louis Étienne Watelet. Puis Caruelle d'Aligny se spécialise dans le genre du paysage historique, et présente un tableau représentant Daphnis et Chloé pour sa première participation au Salon en 1822.

Il consacre ensuite plusieurs années au traditionnel voyage artistique en Italie, au cours duquel il se lie avec Camille Corot. Ce séjour dure de 1824 à 1827. Une fois revenu en France, Caruelle d'Aligny commence à exposer régulièrement au Salon à partir de 1827. Il retourne en Italie de 1834 à 1836, et effectue en 1843 un voyage en Grèce afin de réaliser une série de dessins des principaux sites antiques que lui avait commandés l'École des beaux-arts. Il publie le fruit de ce labeur sous la forme d'un recueil d'eaux-fortes : Vues des sites les plus célèbres de la Grèce antique dessinées sur nature et gravées à l'eau forte (Paris, 1845[3]). Il décore la chapelle des fonts baptismaux de l'église Saint-Étienne-du-Mont à Paris en 1851.

Deux fois médaillé au Salon en 1831 et 1837, il est décoré de la Légion d'honneur le 2 juillet 1842 et finalement admis à l'Académie des beaux-arts. En 1860, il est nommé directeur de l'École des beaux-arts de Lyon, ville où il meurt le 24 février 1871. Sa dépouille est rapatriée dans la capitale et inhumée au cimetière du Montparnasse. Sa tombe y subsiste ornée d'un buste en marbre réalisé par Antoine Étex.

Le paysagiste François-Auguste Ravier est l'un des élèves de son atelier.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

La Solitude (1850), musée des beaux-arts de Rennes.

S'il reste fidèle à la thématique du paysage historique durant toute sa carrière artistique, multipliant les sujets antiques, gaulois et mythologiques, Caruelle d'Aligny n'en est pas moins un des pionniers de la peinture en plein air. Il est un des premiers artistes à sortir son chevalet de l'atelier pour mieux s'imprégner de la nature. Il travaille dans la forêt de Fontainebleau et sur la côte normande, et est l'un des précurseurs de l'École de Barbizon, village dont il serait l'un des découvreurs artistiques soit dès 1822[4] soit en 1824[5]. À partir de 1827, il y loue une maison au père Ganne, cabaretier qui obtiendra renommée et prospérité en devenant l'aubergiste des artistes[6].

Si sa manière de peindre reste profondément imprégnée par sa formation néo-classique, Caruelle d'Aligny sait s'en émanciper partiellement pour élaborer un style personnel qui tend à schématiser le trait et négliger l'art du détail, de façon à mieux accentuer la construction des masses et les lignes de formes de ses paysages.

Un certain nombre d'œuvres de Caruelle d'Aligny figure dans les collections publiques françaises. Le département des Arts graphiques du musée du Louvre à Paris détient un important portefeuille de dessins de sa main, et le musée des beaux-arts de Rennes quelques autres. On trouve au Louvre trois toiles dont il est l'auteur : Vue prise à Amalfi (présentée au Salon de 1835), Prométhée (Salon de 1837), et Une villa italienne (Salon de 1841). D'autres tableaux sont conservés par les musées des beaux-arts d'Angers, Avignon, Bordeaux, Lyon et Valenciennes. Il en existe également au musée d'art de Clermont-Ferrand, au musée Magnin de Dijon, au musée du Château de Versailles et au musée de la vie romantique à Paris.

Réception critique[modifier | modifier le code]

La participation de Caruelle d'Aligny au Salon de 1833 inspire à Théophile Gautier, critique exigeant, une appréciation favorable : « M. Aligny se distingue toujours par les belles et sévères lignes de ses arbres et de ses rochers. Son paysage est peu compris, ce n’est pas qu’il ne mérite de l’être. » Gautier renouvelle ses éloges lors du Salon de 1839 et de l’Exposition universelle de 1855. Son enthousiasme critique grandit même jusqu'à qualifier l'artiste d'« Ingres du paysage. »

Beaucoup moins conquis par ce pinceau qu'ils jugeaient trop conventionnel, les frères de Goncourt estiment eux, lors du Salon de 1852, que le peintre « croit qu’il y a dans la nature des rotures et des mésalliances […], que le paysage enfin doit s’inspirer de la noblesse du fait qui s’y passe, et qu’il doit s’y intéresser par la dignité de son allure […]. M. Aligny n’a qu’un tort, selon nous, c’est d’avoir voulu faire la preuve de ses opinions. »

Galerie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Charles Gabet, Dictionnaire des artistes de l'école française au XIXe siècle, Paris, 1831, p. 8.
  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, Paris, 1858.
  • Marie-Madeleine Aubrun, Théodore Caruelle d'Aligny, 1798-1871 : catalogue raisonné de l'œuvre peint, dessiné, gravé, Paris, 1988.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né sous le seul patronyme de Caruelle (voir : Charles Henri Joseph Gabet, Dictionnaire des artistes de l'école française, au XIXe siècle, p.8.) parfois orthographié à tort « Caruel ».
  2. Archives départementales de la Nièvre, état-civil numérisé de la commune de Chantenay-Saint-Imbert, 1793-1842, vue 157/1755, acte de naissance du 7 pluviôse an VI. L'enfant, né l'avant-veille, est le fils de Jean-Baptiste Firmin Caruelle, « artiste demeurant à Paris rue de Lille no 492 », et de Elisabeth-Antoine Sautreau, laquelle accouche au domicile de ses parents.
  3. Réimprimé en fac-similé en 1971
  4. Histoire de Barbizon
  5. Chronologie de Barbizon et Arthur Hoeber : The Barbizon Painters (New York: Frederick A . Stokes Company, 1915)
  6. Témoignage d'Alfred Sensier
  7. Notice de l'œuvre sur la base Joconde.