Théodore Abu Qurrah

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Théodore Abu Qurrah (en arabe ثاوذورس أبي قرة, Thaoudourous Abou Qourra), évêque de Harran (v. 750-v. 830), est un théologien chrétien de langue arabe et de culture gréco-romaine qui vécut durant la première période de l'islam. Il est connu, dans les publications anciennes, sous le nom d'Aboucara ou Abou Kurra.

Le contexte religieux[modifier | modifier le code]

La situation religieuse de la Mésopotamie supérieure, au VIIIe siècle est la conséquence directe des controverses christologiques du Ve siècle d'une part, et d'autre part de l'invasion par l'islam, au VIIe siècle, d'une partie de l'Empire byzantin.

Théodore Abu Qurrah est originaire de Mésopotamie supérieure. La population y était variée : païens, juifs, musulmans, manichéens et chrétiens de toutes les communautés s'y côtoyaient. En effet, les chrétiens étaient divisés en plusieurs groupes doctrinalement opposés : nestoriens, jacobites, et ceux que ces derniers appelaient « melkites » (terme qui signifie « impériaux »), parce qu'ils recevaient les définitions du concile de Chalcédoine convoqué à la demande de l'empereur Marcien ; on leur donnait en outre le nom de chalcédoniens. Théodore était chalcédonien.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

La biographie d'Abu Qurrah comporte, depuis longtemps, une grande part d'incertitude, et pas seulement au niveau des dates.

Né aux environs de 750, Théodore Abu-Qurrah est originaire d'Édesse (dans le sud-est de la Turquie actuelle). On ne sait rien de la jeunesse de Théodore, mais il a probablement commencé ses études à Édesse, ville célèbre par ses écoles. Il était traditionnellement admis qu'il fut moine à Saint-Saba, en Palestine, mais cette idée a été récemment contestée avec de sérieux arguments[1] : il a peut-être été simplement confondu avec un autre « Théodore d'Édesse », dit aussi Théodore le Grand Ascète (IXe siècle), moine à Saint-Saba puis métropolite d'Édesse, dont on conserve une Vie en grec écrite par son neveu et disciple Basile d'Émèse (et qui figure parmi les auteurs de la Philocalie des Pères neptiques). Quoi qu'il en soit, ce que l'on sait des relations entre la Syrie et la Palestine de l'époque ne rend pas un séjour à Saint-Saba impossible. En tout cas, on sait qu'il se rendit à Jérusalem et en divers lieux de Palestine (soit comme moine, soit durant son épiscopat, ou même après celui-ci).

On l'a supposé (en se basant sur le titre - en fait erroné - d'un de ses traités[2]) disciple de Jean Damascène, mais ce dernier étant mort en 749, il ne saurait en être question. Toutefois, on constate chez l'évêque de Harran comme chez l'ancien moine de Saint-Saba une même volonté de défendre la foi chrétienne telle qu'elle a été exprimée à Chalcédoine face à la « pluralité » des approches religieuses.

Vers 795, il devint évêque melkite de Harran, comme Édesse une ville importante de Syrie. A une date indéterminée, il convoqua un synode contre les Manichéens de Harran[3]. Théodore jouissait alors d'une grande considération pour ses nombreux talents et sa connaissance à la fois du grec[4], de l'arabe et du syriaque. Cependant, pour une raison qui n'est pas éclaircie, il fut déposé en 812 par Théodoret, patriarche melkite d'Antioche.

De 812 à sa mort, il continua d'écrire, de prêcher et de défendre la théologie de Chalcédoine.

Il rédigea en arabe (vers 812), à la demande du patriarche Thomas Ier de Jérusalem, un traité sur la vérité de la foi de Chalcédoine à destination des Arméniens, traité traduit en grec par Michel le Syncelle (longtemps moine à Saint-Saba). Il se rendit aussi en Arménie, vers 815, à la cour du prince Achot Bagratouni, qu'il tenta vainement de convertir à l'orthodoxie chalcédonienne et devant qui il eut une controverse avec le diacre jacobite Nonnos de Nisibe, cousin du théologien Abou-Raïta.

Il se serait aussi rendu, dans le même but, à Alexandrie.

Un récit[5] conservé en arabe, présente trois théologiens chrétiens représentant chacun un des grands groupes antagonistes (melchite, jacobite et nestoriens) convoqués par un vizir désireux de s'informer sur les croyances des chrétiens, consigne étant donné à chacun de présenter leur foi sans faire la critique de celle des deux autres. Les protagonistes sont le "melchite" Abu Qurrah, le jacobite Abou-Raïta et le nestorien Abd-Isho, que l'on identifie avec Isho Bar Noun[6] ce qui place ce dialogue entre 823 et 828.

Théodore eut aussi une controverse avec le calife Al-Mamoun, et en sa présence avec un docteur musulman, probablement en 829[7].

Il mourut vers 830.

Son nom[modifier | modifier le code]

Abu Qurrah porte en son nom la complexité de la période à laquelle il vécut :

  • son prénom, Théodôros (Θεόδωρος), est d'origine grecque : de theós (θεός), « dieu », et dōron (δώρον), signifiant « don » ; on peut alors comprendre la signification de ce prénom par « don de Dieu » ;
  • son nom, « Abu-Qurra » (أبي قرة), est arabe : il est composé de deux mots : abou, « père » et, dans le sens figuré, « cause », et qourrat, « joie » et « bonheur ». Ces noms sont employés comme adjectifs pour exprimer une qualité ; c'est pourquoi des évêques les portent, comme Aboul-Farage, Abou-Raïta, etc. Abu-Qurrah signifie donc « cause de joie ».

De nombreux auteurs du XVIIe au XIXe siècle ont fautivement interprété son nom comme signifiant « père de Carie » (donc, « évêque de Carie »), et l'ont ainsi confondu avec un autre Théodore, évêque de Carie, qui — contemporain de Photius — lui est nettement postérieur. La ressemblance de l'orthographe ancienne de ces mots : Carie, Charres et Aboucara, selon l'orthographe grecque, ne doit pas faire confondre ces deux Théodore.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Il est considéré, pour le monde syriaque, comme le dernier écrivain chrétien de langue grecque, mais aussi comme un des premiers de langue arabe. Lorsqu'il est nommé dans le titre de ses traités, c'est généralement en tant que « Théodore, évêque de Harran », ou « Théodore Abu Qurrah » (ou des variantes de ces dénominations). Pas un seul manuscrit connu ne propose « Théodore, moine de Mar Saba » (ou une formule analogue), ce qui laisse penser que s'il fut moine à Mar Saba, ce fut cependant en tant qu'évêque de Harran qu'il publia ses écrits.
Ses écrits sont généralement doctrinaux et apologétiques. Il excelle à employer la forme dialoguée, mettant « face à face » le chrétien et son interlocuteur.
Contre le judaïsme, il défend l'excellence du christianisme en s'appuyant sur l'Ancien Testament ; face à l'islam, il en fait tout autant, ajoutant encore des références au Coran ou aux hadiths ; contre les iconoclastes, il promeut la vénération des icônes, contre les nestoriens et les monophysites, il soutient la théologie de Chalcédoine…

Les écrits en grec[modifier | modifier le code]

La Patrologie grecque de Migne (tome XCVII, col. 1461-1609) présente sous le nom de Θεοδωρος Αβουκαρα quarante-trois traités[8] avec traduction latine.
Quoique tous ces traités soient placés sous le nom d'Abu Qurrah, tous ne peuvent lui être directement ou même indirectement attribués. Aussi dans le tableau ci-dessous est indiqué pour chaque traité sa relation à Abu Qurrah.

Liste des Traités grecs dans l'ordre de l'édition de Migne

Authenticité[9] Type Interlocuteur ou doctrine concernée Titre ou thème
1. TAQ (F16)[10] Dialogue Incroyants Sur les cinq ennemis (la mort, le démon, la malédiction de la Loi, le péché et l'enfer) dont Jésus Christ nous a délivrés.
2. TAQ (MS)[11] Traité Jacobites Explication de certains termes philosophiques employés à contre-sens par les "sévériens" qui sont des jacobites.
3. TAQ (F16) Traité Incroyants Démonstration de l'existence de Dieu en tant que Trinité par des arguments tirés de la raison.
4. TAQ (MS) Traité Monophysites Epitre aux Arméniens : Explication de la doctrine de l'Église sur l'incarnation et apologie du Concile de Chalcédoine.
5. TAQ (F16) Dialogue Non précisé Différence entre le corps et l'humanité de Jésus-Christ.
6. TAQ (F16) Traité Non précisé Comment le péché est passé d'Adam à la race humaine.
7. TAQ (F16) Dialogue Non précisé La lutte de Jésus Christ contre le démon.
8. TAQ (F16) Dialogue Musulman Sur la divinité du Christ.
9. TAQ (F16) Dialogue Musulman Sur "Le Christ a-t-il été crucifié de son gré, ou malgré lui ?"
10. TAQ (F16) Dialogue Juif Sur l'interprétation des Écritures.
11. TAQ (F16) Dialogue Nestoriens Sur "Tout pouvoir m'a été remis".
12. TAQ (F16) Dialogue Nestoriens Sur "Qui est mort pour nous ?"
13. TAQ (F16) Dialogue Nestoriens Sur l'union de l'homme et du Verbe en Christ.
14. TAQ (F16) Dialogue Nestoriens Sur l'appellation "Théotokos" donnée à Marie.
15. TAQ (F16) Dialogue Nestoriens Sur "qui est oint dans le Christ ?"
16. TAQ (F16) (F10)[12] Dialogue Incroyant (Islam) Sur l'incarnation du Christ.
17. TAQ (F16) Dialogue Incroyant (Islam) Sur le salut des justes morts avant l'Incarnation du Christ.
18[13]. DJ 2[14] Dialogue Musulman Sur les caractéristiques d'un véritable prophète.
19. DJ 3 Dialogue Musulman Muhammad n'était pas envoyé par Dieu.
20. DJ 9 Pamphlet Islam Sur l'origine des révélations de Muhammad.
21. DJ 4 Dialogue Musulman Démonstration du christianisme par ce qu'il a de moins attirant.
22[15]. DJ 5 Dialogue Musulman Sur le pain consacré qui est appelé « Corps du Christ » par les chrétiens.
23. DJ 6 Dialogue Musulman Sur la divinité de Jésus-Christ.
24. DJ 7 Dialogue Musulman Sur la polygamie et la monogamie.
25. DJ 10 Dialogue Musulman Sur "Dieu a un Fils consubstantiel, de même origine et de même éternité".
26. TAQ (F10) Dialogue Hérétique Sur la génération éternelle du Fils par le Père.
27. TAQ (F10) Traité Non précisé Sur le nom de Dieu
28. TAQ (F10) Dialogue Hérétique Sur Dieu et la nature divine.
29. TAQ (F10) Dialogue Nestoriens Sur la double nature du Christ.
30. TAQ (F10) Dialogue Jacobites Sur la double nature du Christ.
31. TAQ (F16) (F10) Dialogue Origéniste Sur la justice et le châtiment
32. DJ 8 Dialogue Musulman Sur "Le Christ, ayant deux nature, a souffert dans sa nature humaine".
33. TAQ (F16) Dialogue Nestoriens Sur la double nature du Christ.
34. TAQ (F10) Dialogue Non précisé Sur la nature du temps.
35. AA 1[16] (Dial 1-5) Dialogue Islam Sur "L'homme est-il responsable de ses actes ?"
36. AA 2 (Dial 6) Dialogue Islam Sur "Les paroles de Dieu sont-elles créées ou incréées ?"
37. AA 4 (Dial 9-10) Dialogue Islam Sur la mort de Marie.
38. AA 5 (Dial 11) Dialogue Islam Sur "Qui, de Jean Baptiste ou de Jésus, est le plus grand ?"
39. AI[17] Dialogue Hérétique Sur les prescriptions de la Loi et sur la grâce.
40. AI Traité Non précisé Par le même Théodore, évêque de Haran "Sur Adam". Par Photius.
41. AI Traité Non précisé Sur la mort.
42. TAQ (F16) (F10) Traité Non précisé Sur les noms donnés à Dieu et la distinction des Personnes dans la Trinité
43. TAQ (Ms) Traité Non précisé Sur l'Incarnation et les modalités de l'union dans la personne du Christ
TAQ (F10) Traité Non précisé "De diffentia propriissima" en PG 94. 594, note 23

Éditions et traductions des écrits grecs

  • Grec : La plupart de ces opuscules ont probablement un original arabe, comme la "lettre aux Arméniens".
    Les plus anciens manuscrits connus remontent au Xe siècle, et comportent des textes déjà organisés en collections.
    La première édition imprimée des textes grec est due à Gretser, en 1606 pour 39 des 42 opuscules qu'il publia sous le nom d'Abucara.
    Le texte grec du "traité 25" fut publié pour la première fois par Cotelier en 1672, en note au 5e livre des "Constitutions Apostoliques", et celui du "traité no 18" par Lequien parmi les œuvres de St Jean Damascène en 1712. Ces deux textes grecs furent incorporés dans l'édition de Migne qui leur adjoignit un 43e opuscule – greco-latin – publié en 1685 dans "St Athanasii syntagma doctrinae" par Arnold. Il fallut attendre 1995 pour que le texte grec du traité 32 soit édité par Glei et Khoury dans leur édition critique de 17 de ces dialogues ayant trait à l'islam[18].
    Outre ces 43 opuscules, d'autres traités en grec placés sous son nom, de valeur indéterminée, sont à ce jour référencés dans divers manuscrits et attendent d'être édités.
  • Géorgien : Arsène d'Ikaltho (1050-1125) donna la traduction en géorgien d'une trentaine d'opuscules attribués à Abu Qurrah.
  • Latin : Dans la "bibliotheca patrum veterum" (1575-1579), Genebrard[19] publia une quinzaine d'opuscules en traduction latine. Turrianus, à sa mort en 1584, laissa une traduction de plusieurs autres. Ce sont ces traductions, plus celles qu'il réalisa pour les opuscules grecs qu'il trouva, que Gretser publia en 1606, en tout 42 opuscules sous le nom d'Abucara[20]. La traduction latine du "43e opuscule" que l'on trouve chez Migne provient – comme signalé ci-dessus – du "St Athanasii syntagma doctrinae" par Arnold en 1685.
  • Slavon : Le 23 mars 1611, un traducteur anonyme, basé à Ostrog, en Ukraine, met la dernière main à une traduction des 42 opuscules alors attribués à Abucara, qu'il nomme Федор Абукара – Fiédor Aboukara – en se basant sur l'édition de Grester. Cette traduction, prévue pour être éditée n'a probablement jamais été imprimée, mais il en existe au moins deux manuscrits[21]
  • Français : en 1691, l'abbé Fleury publiait, dans son Histoire Ecclésiastique quelques extraits de celui que l'on appelait alors Théodore Aboucara[22]. Il faut ensuite attendre 1972, puis 1982 pour que le P. Khoury, dans ses ouvrages sur la "polémique" et "l'apologétique" byzantine contre l'islam, donne la traduction, partielle ou intégrale de plusieurs des opuscule ayant trait à l'islam. En 2011 Ch. Boudignon donne, dans le cadre d'une étude, une traduction du traité 25[23]. On trouve encore une traduction du traité 22 en annexe d'une étude sur le Dialogue de Samon de Gaza[24]
  • Russe : En 1879, G. Sablukov donne la traduction en russe de 15 opuscules en rapport avec l'islam. Une nouvelle traduction de ces traités (plus le no 16) a été publiée en 2012 par Y. Maximov dans "Византийские Сочинения Об Исламе". Par ailleurs, le traité no 2 a été traduit par Benevits en 2011 dans "Полемические сочинения".
  • Allemand : Dans leur édition des "écrits sur l'islam de Jean Damascène et Théodore Abu Qurrah", Glei et Khoury donnent la traduction de 17 opuscules en relation à l'islam.
  • Anglais : Dans son "Abu Qurra translated", en 2005, Lamoreaux donne une traduction anglaise de 29 des traités publiés par Migne qu'il considère comme authentiques, en se basant sur un texte grec entièrement revu.

Les écrits arabes[modifier | modifier le code]

Si les oeuvres "grecques" d'Abu Qurrah sont accessibles dès le début du XVIIe siècle, il faut attendre 1897, avec la publication arabo-latine du traité sur la "Défense des icônes" pour que l'on prenne conscience de l'existence d'un "Abu Qurrah arabe". La publication en 1904, par Constantin Bacha, de plusieurs autres traités, dont un qu'il traduisit en français, inaugura une nouvelle période d'études et de publications.

Arabe Allemand Anglais Autres
De la vénération des icônes Arendzen (1897)[25] Graf (1910)[26] : 11 Griffith (1997)[27] Multiples[28]
Sur le libre-arbitre. Bacha (1904)[29] : 1 Graf (1910) : 9 Lamoreaux (2005)[30] : p. 195 Italien[31]
De la Trinité et de l'unicité. Bacha (1904) : 2 Graf (1910) : 3 Lamoreaux (2005) : p. 175
Sur la mort du Christ. Bacha (1904) : 3 Graf (1910) : 8 Lamoreaux (2005) : p. 109
Sur la vérité de l'Évangile Bacha (1904) : 4 Graf (1910) : 2 Lamoreaux (2005) : p. 49
Des voies de la connaissance de Dieu Bacha (1904) : 5 Graf (1910) : 4 Lamoreaux (2005) : p. 157
De la nécessité de la rédemption Bacha (1904) : 6 Graf (1910) : 5 Lamoreaux (2005) : p. 129[32]
De la filiation éternelle Bacha (1904) : 7 Graf (1910) : 7 Lamoreaux (2005) : p. 140
La lettre au Jacobite David Bacha (1904) : 8 Graf (1910) : 10
De la loi et de l'Évangile et de l'orthodoxie chalcédonienne Bacha (1904) : 9 Graf (1910) : 1 Lamoreaux (2005) : p. 27 et p. 161[33] Français[34]
De l'incarnation de Dieu dans la chair Bacha (1904) : 10 Graf (1910) : 6 Lamoreaux (2005) : p. 135
De l'existence du créateur[35] Cheiko (1912)[36] Graf (1913)[37] Lamoreaux (2005) : p. 1, p. 165 et p. 41[38]
Confession de foi Dick (1959)[39] Lamoreaux (2005) : p. 151
Sur les caractères de la vraie religion Dick (1959) Lamoreaux (2005) : p. 55
Question sur le libre arbitre Griffith (1979)[40] Lamoreaux (2005) : p. 207
Contre les Arméniens Lamoreaux (1992)[41] Lamoreaux (2005) : p. 97
Dialogue avec Al-Mammun[42] Dick (2007)[43] Bertaina (2007)[44] ; Nasry (2008)[45]
Présentation de la foi en présence d'Abu Raïta et Abd-Isho Graf (1951)[46] ; Keating (2006)[47] Graf (1951) Keating (2006)

Outre les traités ci-dessus, il en existe d'autres dont la publication est en cours de préparation :

  • Contre ceux de l'extérieur.
  • Contre ceux qui disent que les chrétiens ont un Dieu faible.
  • Contre ceux qui affirment que la Parole de Dieu est créée.
  • Réfutation par l'Ancien Testament de ceux qui dénigrent la Parole de Dieu.

Écrits en syriaque[modifier | modifier le code]

Dans un de ses traités[48] il écrit : « nous avons déjà composé en syriaque trente traités pour défendre la doctrine du concile de Chalcédoine et la Lettre de saint Léon ». Ces traités ne nous sont actuellement pas connus.

Le traducteur[modifier | modifier le code]

Théologien doublé d'un philosophe (logicien accompli, défendre la foi par des arguments de raison est même une caractéristique majeure de son argumentation), il a en outre traduit en arabe le traité De virtutibus animae[49] ainsi que — peut-être — les Premiers Analytiques d'Aristote[50].

Textes en liens externes[modifier | modifier le code]

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Textes d'Abu Qurrah[modifier | modifier le code]

Traduction française
En arabe et en grec
Autres langues

Études sur Abu Qurrah[modifier | modifier le code]

Autres éléments bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • (ar) C. Bacha, Les œuvres arabes de Théodore Aboucara, Beyrout, 1904.
  • (ar) L. Cheikho, « Mimar li Tadurus Abi Qurrah fi Wugud al-Haliq wa d-Din al-Qawim », al-Machriq, 15 (1912), p. 757-74, 825-842.
  • I. Dick, « Deux écrits inédits de Théodore Abuqurra », Le Muséon, 72 (1959), p. 53-67.
  • (en) S. H. Griffith, « Some Unpublished Arabic Sayings Attributed to Theodore Abu Qurrah », Le Muséon, 92 (1979), p. 29-35.
  • Samir Khalil Samir, « Le traité sur les icônes d'Abù Qurrah mentionné par Eutychius », OCP, 58 (1992), p. 461-474.
  • (de) R. Glei et A. T. Khoury "Johannes Damaskenos und Theodor Abu Qurra : Schriften zum Islam" 1995
  • (en) J. Lamoreaux, « The biography of Theodore Abu Qurrah revisited », dans Dumbarton Oaks Papers, no 56.
  • (en) J. Lamoreaux, Theodore Abu Qurrah and John the Deacon dans Greek, Roman, and Byzantine Studies 42 (2001)
  • (en) Theodore Abu Qurrah (trad. John C. Lamoreaux), the first English translation of nearly the complete corpus of Theodore Abu Qurrah's works, 2006, (accès à la table des matières) et recension en français de cet ouvrage sur Persée
  • (en) Wafik NASRY : The calif and the bishop, a 9th century muslim christian debate : Al-Ma'mun and Abu Qurrah ; Université st Joseph, 2008
  • (it)La libertà, introduzione, traduzione, note ed indici a cura di Paola Pizzi, testo arabo a cura di p. Samir Khalil sj, Torino 2002 Présentation consultable en ligne
  • Loi, foi et raison chez Théodore Abû Qurra par Prof. Dr. Peter Bruns.dans La morale au crible des religions (Studia Arabica XXI), Paris 2013,

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) John C. Lamoreaux, « The Biography of Theodore Abū Qurrah Revisited », Dumbarton Oaks Papers 56, 2002, p. 25-40.
  2. Des travaux récents ont par ailleurs élucidé cette question en identifiant le « Jean » en question non comme étant Jean Damascène, mais un certain « diacre Jean » compilateur de dialogues d'Abu Qurrah. Cf. (en) J. Lamoreaux, « Theodore Abu Qurrah and John the Deacon ».
  3. voir "Le synode contre les manichéens réuni par Théodore Abu Qurrah, présentation parue dans Revue de l'histoire des religions, 1962". La date proposée, déduite d'un événement mentionnée dans la Chronique de Denys de Tell-Mahré, est toutefois beaucoup trop haute
  4. La question de savoir si Théodore écrivait en grec peut toutefois être posée dans la mesure où ses traités grecs peuvent être des traduction (certains, comme la "compilation du Diacre Jean", le sont certainement) et que la "Lettre aux Arméniens a été rédigée en arabe et traduite en grec non pas par Théodore, mais par le syncelle Michel
  5. On trouvera une traduction anglaise de ce texte, avec introduction et le texte arabe, dans "Defending the People of truth in the early islamic periods : The christian apologies of Abu Raïtah" par Sandra Toenies Keating, 2006, p 347 ss.
  6. Ignace Dick propose d'identifier Abdisho (dans son article « Un continuateur arabe… ») avec le catholicos nestorien Isho Bar Noun, proposition validée par Keating.
  7. Controverse d'Abu Qurrah avec des théologiens musulmans en présence du calife Al Mamoun Texte arabe édité par Ignace Dick (Alep, 2007)
  8. Le traité 18 se trouve en fait dans PG 94, mais est signalé avec la référence à son lieu. D'autre part, il faut compter aussi le fragment "De diffentia propriissima" PG 94. 594, note 23. Notons par ailleurs que le texte grec du traité 32 ne fut publié qu'en 1995, Migne se contentant d'en fournir une traduction latine
  9. D'après les travaux de J. Lamoreaux : "Theodore Abu Qurrah and John the deacon"
  10. TAQ (F16) = Document attribuable, directement ou non, à Abu Qurrah présent dans une famille de ms comportant dans cet ordre les no 3, 5, 6, 7, 8, 16, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 33, 15, 42, 31, 1, 17. Les plus anciens témoins de cette famille (Moscou Gr 231 et Milan Ambrosiana Gr. 681) sont datés du Xe siècle.
  11. TAQ (MS) : l'authenticité des no 2, 4 et 43 est induite de leur présence dans les plus anciens manuscrits, même si ces traités n'ont pas incorporé une "famille"
  12. TAQ (F10) = Document attribuable, directement ou non, à Abu Qurrah présents dans une famille de ms comportant dans cet ordre les no 28, 27, 26, 29, 30, De differentia propriissima, 34, 42, 31, 16. Le plus ancien témoin de cette famille (Heidelberg Palatin Gr. 281) est daté de 1040.
  13. Le traité 18 est signalé à sa place en PG 97, mais a été publié par Migne parmi les œuvres de St Jean Damascène PG XCIV, col 1595 – 1598
  14. DJ : Recueil de 9 dialogues d'Abu Qurrah par le Diacre Jean, dans cet ordre 18, 19, 21, 22, 23, 24, 32, 20, 25. Le recueil du Diacre Jean comportant en outre une préface (inconnue de Migne), la numérotation commence à "DJ 2", réservant "DJ 1" pour ladite préface. Le plus ancien témoin de ce recueil est le "Moscou Gr 231" daté du Xe siècle
  15. Ce traité est inclus, quasi à l'identique, dans le "Dialogue de Samon de Gaza"
  16. AA = Adaptation Anonyme du "Dialogue entre un chrétien et un sarrasin", de St Jean Damascène. Sont en outre précisées les parties du "Dialogue" auxquelles correspond chaque fragment (de sorte que l'on passe de "AA 2" à "AA 4", réservant "AA 3" pour l'hypothétique découverte d'un fragment qui couvrirait les sections 7 à 9 du "Dialogue" de St Jean Damascène). Le plus ancien témoin de cette Adaptation (Venise Gr 521) date du XIIIe siècle, mais elle ne se trouve rapprochée du recueil du Diacre Jean (que l'on supposait alors avoir Abu Qurrah pour auteur) qu'à partir du XIVe siècle. Rien ne permet donc d'en attribuer de quelque manière que ce soit la paternité à Abu Qurrah.
  17. AI = Attribution Incertaine.
  18. Il s'agit des traités 3, 8, 9, 16, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 32, 35, 36, 37 et 38
  19. Dom Jacques Martin, dans ses Eclaircissements littéraires sur un projet de Bibliothèque alphabétique, 1736, p. 22, conteste l'attribution de ces traductions à Génébrard et les restitue à Morel Tourangeau.
  20. Selon Fabricius (Bibliothecae Graecae, volumen nonum, 1737 (p 176 et suivantes) , Turrianus est l'auteur de 27 traduction (les n° 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 21, 22, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30), Gretser de 11 (les n° 19, 20, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42), et Genebrard de 15 (les n° 1, 3, 7, 8, 9, 10, 11,13, 14, 16, 23, 25, 31, 32, 33). Pour son édition de 1606, Gretser publia les traduction de Turrianus (même si les n° 4, 6, 8, 30 sont sans nom de traducteur), compléta avec Genebrard (les n° 23, 31, 32, 33) et acheva avec ses propres traductions
  21. L'un au Musée Historique d'État, à Moscou (Государственный Исторический музей), no 454 de la Collection Uvarov (anciennement "Carsky 668) ; le second aux Archives Nationales des Documents Anciens, à Moscou (Российский государственный архив древних актов), Fond 181, No.317/697. (signalé par Krimskyy (КРЫМСКИЙ Агафангел, "Семитские языки и народы", p. 25 1910)
  22. Il s'agit des traités 19, 21, 24 et 22 de Migne
  23. Dans "Logique aristotélicienne et kalām alā-l-nasārā : la réponse à Abū Qurra dans le Mugnī de Abd al-Ğabbār" Sur Academia
  24. "Une catéchèse orthodoxe sur l'eucharistie : le dialogue de Samon de Gaza avec le Sarrasin Ahmed" : traduction française, étude de l'histoire du texte et des sources, 2014. Sur Academia
  25. "Theodori Abu Kurra De cultu imaginum libellus e codice arabico" par I. Arendzen, Bonn, 1897
  26. "Die arabischen Schriften" (1910)
  27. "A treatise on the veneration of the holy icons", 1997
  28. Publié initialement avec traduction latine par Arendzen en 1897. On trouvera une traduction française de ce traité dans "Les images chrétiennes" par le P. S. Bigham, éditions Médiaspaul, Montréal, 2010. En d'autres langues, on trouvera une traduction italienne par Paola Pizzo "La difesa delle icone : trattato sulla venerazione delle immagini", 1995 ; une traduction roumaine "Despre cinstirea Sfintelor Icoane", 2012 ; une russe "в защиту иконопочитания" ; et une traduction finnoise par le moine Seraphim "Ikonien kunnioittamisesta", 2008
  29. Les œuvres arabes de Théodore Abu Qurrah (en arabe) Beyrouth, par Constantin Bacha, 1904
  30. "Theodore Abu Qurrah translated"
  31. La libertà, introduzione, traduzione, note ed indici a cura di Paola Pizzi, testo arabo a cura di p. Samir Khalil sj, Torino 2002
  32. Lamoreaux rassemble en un seul traités les numéros 6, 7 et 10 de Bacha sous le titre "Sur notre salut" (dans l'ordre 6-10-7, p. 129 et suivantes).
  33. Lamoreaux divise le traité "De la loi et de l'Évangile et de l'orthodoxie chalcédonienne" (no 9 chez Bacha) en deux traités : "Contre les juifs"(p. 27) et "Sur les conciles" (p. 61).
  34. Traduction française par Bacha, 1905
  35. Une autre édition du texte arabe de ce traité a été publié par Dick : "Théodore Abuqurra, Traité de l'existence du Créateur et de la vraie religion", patrimoine arabe chrétien n° 3, 1982
  36. Traité inédit de Théodore Abou-Qurra (Abucara), évêque melchite de Harran (ca. 740-820), Beyrouth 1912 en arabe
  37. "Traktat uber den Schopfer" (1913)
  38. Lamoreaux considère que le traité "De l'existence du Créateur" est composé de trois traités : "Sur la théologie naturelle" (p. 165), "Theologus autodidactus" (p. 1) et "Que le christianisme vient de Dieu" (p. 41)
  39. "Deux écrits inédits de Théodore abu Qurra" Le Muséon 72, 1959, p 53.57
  40. Sidney Griffith, "Some Unpublished Arabic Sayings Attributed to Theodore Abu Qurrah" in Le Muséon, 92 (1979), p. 29-35
  41. Lamoreaux : "An unedited tract against the Armenians by Theodore Abu Qurrah" Le Muséon 105, 1992, p 327-341
  42. On connaît aussi ce dialogue en Garshouni. Cf "Recueil de traités de controverse islamo-chrétiens", référencé "Charfet Rahmani 015" [Catalogue Sony 335] Voir la notice sur le site de la Bibliothèque virtuelle de la méditerranée
  43. Controverse d'Abu Qurrah avec des théologiens musulmans en présence du calife Al Mamoun : Texte arabe édité par Ignace Dick (Alep, 2007)
  44. Dans une thèse de Doctorat en philosophie, maintenant accessible en ligne
  45. Wafik NASRY : The calif and the bishop, a 9th century muslim christian debate : Al-Ma'mun and Abu Qurrah ; Université st Joseph, 2008
  46. "Die Schriften des Jacobiten Habib ibn Hidma"
  47. "Defending the People of truth in the early islamic periods : The christian apologies of Abu Raïtah" par Sandra Toenies Keating, 2006, p 347 ss
  48. Traité arabe Sur la mort du Christ.
  49. Traité que l'on supposait, à l'époque, être d'Aristote.
  50. Voir Griffith : "Reflections on the biography of Theodore Abu Qurrah"
  51. Traité no 9 de l'édition de 1904