Théâtre de l'Athénée-Louis-Jouvet

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Théâtre de l'Athénée
Louis-Jouvet

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Façade du théâtre de l'Athénée

Type Théâtre
Lieu Paris
Coordonnées 48° 52′ 19″ Nord 2° 19′ 44″ Est / 48.871914, 2.329
Architecte(s) Paul Fouquiau
Inauguration 1893
Nb. de salles 2
Capacité 570 (grande salle)
91 (petite salle)
Anciens noms Éden-Théâtre (1880-1890)
Grand-Théâtre (1890-1893)
Comédie-Parisienne (1893-1896)
Direction Patrice Martinet
Site web www.athenee-theatre.com

Le théâtre de l'Athénée est une salle de spectacles parisienne, située 7 rue Boudreau dans le 9e arrondissement de Paris. Théâtre à l'italienne classé monument historique en 1995, il est marqué par la figure de Louis Jouvet qui l'a dirigé de 1934 à 1951.

Historique[modifier | modifier le code]

Premiers Athénées[modifier | modifier le code]

Une première salle est inaugurée en 1864, boulevard Saint-Germain, sous le nom d'Athénée-Musical, en référence au lieu de rencontre des poètes dans la Grèce antique. Renommée peu de temps après théâtre Saint-Germain, elle devient deux ans plus tard le théâtre Cluny. La même année est édifiée par l'architecte Charles Cambon une nouvelle salle de spectacles de 775 places, rue Scribe, baptisée Athénée et dévolue aux concerts de Jules Pasdeloup. Agrandie en 1867 sous la direction de Léon Sari et William Busnach, elle se consacre à l'opérette. En 1869, Jules Martinet, ancien directeur des Fantaisies-Parisiennes, la reprend en mains sous le nom de Second-Athénée mais son projet est interrompu par la guerre de 1870. Devenue successivement Théâtre-Lyrique en 1871 puis théâtre Scribe en 1874, elle retrouve son nom d'Athénée en 1875 avant d'être rebaptisée Athénée-Comique en 1876 sous la direction de l'acteur Louis-Émile Hesnard dit Montrouge. Elle ferme définitivement en 1883[1].

De l'Eden à l'Athénée[modifier | modifier le code]

Au commencement était l’Éden-Théâtre, lieu mythique, édifice colossal bâti rue Boudreau au début des années 1880 selon une esthétique naïve de temple hindou, un bazar des Mille et Une Nuits tout à la fois féerique et exotique, « prodige d'originalité, de magnificence et de confortable » selon les termes d'un chroniqueur de l'époque. L'Éden cependant ne dure pas. Après quelques années seulement d'une existence précaire et mouvementée, une série de métamorphoses et de réaménagements conduisent peu à peu au démantèlement de ce que l'on a surnommé « le gouffre de la rue Boudreau »[réf. nécessaire]. Plusieurs fois fermé, transformé, rebaptisé un temps Grand-Théâtre, l'Éden finit par disparaître.

Un autre théâtre pourtant prolonge la généalogie du lieu à sa manière, en plus petit, en plus intime. L'actuel Athénée, dont la salle est aménagée en 1893 par Stanislas Loison dans l'un des foyers de l'Éden, s'ouvre au public, la même année, sous le nom de Comédie-Parisienne[2].

L'inauguration définitive du lieu sous le nom d'Athénée a lieu en 1896, année qui figure sur le fronton du théâtre. C'est également en 1896 que s'est produite la dernière grande transformation du bâtiment sous la conduite de Paul Fouquiau : le report de la façade de la rue Boudreau sur le square de l'Opéra, qui devient en quelque sorte le premier vestibule du théâtre. Dans l'idée, sans doute, de renforcer par ce nouvel accès retranché de l'agitation urbaine des rues environnantes, l'intimité du lieu théâtral. Environ un siècle après l'aménagement de l'Athénée, subsistent encore quelques traces au-dessus de la coupole de la salle : un plafond décoré de motifs indiens, rouges, noirs et bruns, derniers vestiges incongrus et émouvants de l'Éden-Théâtre.

Cette salle, parmi les plus belles salles à l'italienne de Paris, est classée monument historique le 22 décembre 1995, et rénovée en 1996.

Louis Jouvet : vers le théâtre d'art[modifier | modifier le code]

Aux richesses architecturales de l'Athénée s'ajoute un inestimable patrimoine artistique : la figure de Louis Jouvet qui dirigea ce théâtre de 1934 à 1951, date de sa mort, a profondément marqué un lieu qui lui rend hommage en portant son nom. Ce grand acteur populaire, très présent au cinéma, était avant tout un homme de théâtre.

De cet art, avant de devenir le metteur en scène et le comédien que l'on sait, il aura exercé toutes les fonctions : machiniste, costumier, accessoiriste, peintre et éclairagiste. Rien d'étonnant de la part de celui qui se plaisait à dire que « l'humble connaissance de la pratique est le chemin le plus sûr pour aller à la vérité ». Louis Jouvet défendra à l'Athénée tant la création contemporaine (Jean Giraudoux dont il créa la plupart des pièce de 1929 à 1945) que la redécouverte des classiques (Molière, Corneille...). Sa rencontre avec cette salle est pour lui une expérience forte qui lui permit un renouvellement de son art dramatique. Le rapport intime qu'offre une salle à l'italienne entre la scène et les spectateurs aura influencé sa manière de faire du théâtre[réf. nécessaire]. Conscient des limites de l'« ordre shakespearien », il s'extasie sur les vertus de l'« ordre italien » et plus particulièrement sur la mécanique de cette puissante machine à décors[réf. nécessaire]. Il créa notamment L'École des femmes avec la complicité de l'artiste plasticien Christian Bérard qui inventa le décor des « murs ouvrants » permettant de représenter à la fois les murs de la maison d'Agnès et le jardin et la place publique où se déroule une bonne partie de l'action.

1951-1981[modifier | modifier le code]

Pierre Renoir assure l'administration du théâtre de l'Athénée jusqu'à sa disparition l'année suivante. En 1956, Françoise Grammont devient directrice du théâtre. La comédienne Françoise Spira lui succède en 1962 jusqu'à son suicide en 1965. Yvette Etiévant assure l'intérim jusqu'à la fermeture du théâtre le 6 février 1966. René Dupuy, propriétaire du théâtre Gramont, rachète la salle. La réouverture a lieu en septembre 1967. En 1973, Jacques Rosny, Jean-Claude Houdinière et Loïc Vollard lui succèdent.

Entre 1977 et 1981, la direction novatrice et éclectique de Pierre Bergé, voit l'ouverture, sous les combles de l'Athénée, d'une petite salle baptisée Christian-Bérard, du nom du célèbre scénographe, et consacrée principalement au théâtre d'essai. Avec les Lundis Musicaux, il donne à entendre les plus belles voix lyriques de notre temps. Côté théâtre, il reçoit Antoine Vitez, Jean Marais, Pierre Dux, Delphine Seyrig, Sami Frey...

Dans les années qui suivent la disparition de Louis Jouvet, d'autres grandes personnalités ont investi, l'espace d'un ou plusieurs spectacles, le plateau de l'Athénée : Peter Brook, Jean Vilar, Claude Régy, Matthias Langhoff, et des acteurs comme Pierre Brasseur, Maria Casarès et Jeanne Moreau.

L'Athénée, théâtre public[modifier | modifier le code]

En 1982, pour un franc symbolique, Pierre Bergé offre la tutelle à l'État[3] et le théâtre de l'Athénée devient un théâtre public. De 1982 à 1993, la direction est assurée par Josyane Horville, qui invite de jeunes metteurs en scène : Daniel Mesguich, Alain Françon, Christian Rist ou Brigitte Jaques. Maria de Medeiros y côtoie Philippe Clévenot... un foisonnement théâtral dont on retient, entre autres, le fameux Elvire Jouvet 40...

Patrice Martinet, également fondateur du Festival « Paris Quartier d'été », prend la direction de l'Athénée le 1er juillet 1993. Il affirme alors une nouvelle politique artistique et revendique deux caractéristiques fondamentales : qualité littéraire et dramatique des textes représentés et prééminence du jeu de l'acteur.

L’Athénée a fêté son centenaire en 1996 et Patrice Martinet a saisi cette occasion pour engager une très importante campagne de travaux de restauration. L’objectif était de retrouver la splendeur de son architecture et de son décor mais aussi de remettre en état son équipement scénique. L’ensemble du bâtiment a été entièrement réhabilité, la cage de scène rénovée, le système de son refait, la fosse d’orchestre redécouverte et agrandie, la salle redorée, les baignoires et loges ressuscitées, l’électricité et l’éclairage entièrement changés, les fauteuils du parterre restaurés et le reste du mobilier reconstruit à l’identique.

Ces dernières saisons, le théâtre a accueilli, entre autres, Philippe Caubère, Fabrice Luchini, Philippe Calvario, Valère Novarina, Jean-Marie Villégier, Marcel Bozonnet, Joël Jouanneau, Daniel Mesguich, Claude Stratz, Jacques Lassalle, François Rancillac, Hans Peter Cloos, Niels Arestrup, Zabou Breitman, Dominique Valadié, Michel Fau, Hugues Quester, Pierre Vaneck, Catherine Rich, Édith Scob, François Marthouret, Nathalie Richard, Gilles Arbona, Michel Didym, Jean-Luc Lagarce, la troupe acte6

Aujourd'hui, l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet donne à entendre, des concerts de musique classique, de grands textes des répertoires théâtral et lyrique, dans des mises en scène innovantes et des créations contemporaines, toujours dans le souci de les rendre accessibles à un public aussi large que possible.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Athénée-théâtre Louis-Jouvet de Colette Godard, Noëlle Guibert, Jean-Paul Midant, Paul-Louis Mignon, Éditions Norma, 1996
  • Philippe Chauveau, Les Théâtres parisiens disparus (1402-1986), éd. de l'Amandier, Paris, 1999 (ISBN 978-2-907649-30-8)
  • « Si l'on voulait écrire l'histoire du théâtre », Athénée Théâtre Louis-Jouvet 1982-2007, ouvrage collectif. Préfaces de Pierre Bergé, Jack Lang, Christine Albanel. Adam Biro éditeur, 2007

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Chauveau, Les Théâtres parisiens disparus (1402-1986), op. cit..
  2. Nom déjà employé par le théâtre Antoine en 1881.
  3. Les murs sont la propriété d'une compagnie d'assurance. Voir [1]