Textile Paracas

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Paracas.
Textile paracas au British Museum

Les textiles « Paracas » ont été découverts par Julio Tello dans une nécropole souterraine située sur la presqu'île de Paracas au Pérou dans les années 1920. La nécropole contenait 420 cadavres momifiés enveloppés dans des tissus brodés et datant des années 200 à 300 avant J.C[1]. Les exemplaires détenus par le British Museum montrent des chamanes battant des ailes et qui tiennent par les cheveux des têtes coupées[1].

Description[modifier | modifier le code]

Ces toiles dont certaines dépassent 34 m de long sont faites d'un mélange de poils d'animaux (probablement alpaga ou lama) et de fibres textiles (coton) fabriquées puis brodées par les habitants de cette région d'Amérique du Sud avant l'avènement des Incas ou des Aztèques. Elles sont de couleurs vives et montrent des connaissances à la fois en conception et en présentation. Les sujets de ces toiles sont des créatures surnaturelles ou chamanes qui utilisent leurs mains pour tenir des têtes humaines coupées tandis que leurs ailes les transportent comme des oiseaux[2]. Elles pourraient servir à représenter leur transport vers l'autre monde par des esprits ou les esprits eux-mêmes assurant le transport[1].

Les personnes qui ont créé ces textiles avaient une société complexe. Il existe des preuves qu'ils savaient faire de la poterie, pêcher et cultiver la terre. Il y avait parmi elles des artisans qui pouvaient fabriquer des couteaux en obsidienne, des bijoux en or[1] ainsi que maîtriser toutes les complexités du tissage[3].

Réalisation[modifier | modifier le code]

Un chamane portant un couteau et une tête

.Les textiles ont été fabriqués à partir de laine et de coton. La laine vient sans doute d'alpaga ou de lama[1]. Ils ont été teints avec des colorants naturels qui, exceptionnellement, ont gardé leur couleur pendant plus de 2 000 ans. La préservation des couleurs est attribuée à la sécheresse de la région combinée à l'absence de dommages généralement causés par le soleil[4].

Les fragments illustrés ici proviennent de grands morceaux de tissu[4] utilisés au départ pour envelopper les corps des morts. Ces toiles mesuraient jusqu'à 34 mètres de long et il a fallu un nombre important de personnes pour les réaliser. Les corps ont été retrouvés en groupes de 40 à 50 individus comme s'il s'agissait de caveaux de famille qui avaient été utilisés par plusieurs générations.

Une des caractéristiques inhabituelles des crânes qui ont été retrouvés est que beaucoup d'entre eux étaient déformés de façon inhabituelle. Cette déformation a été obtenue en attachant des planches et des poids au crâne pour qu'il s'allonge. D'autres déformations sont dues à des trépanations où des trous ont été percés dans le crâne de gens vivants. L'inspection de ces crânes montre que ces trous était cicatrisés ce qui prouve que les patients ne mouraient pas quand ce processus leur étaient appliqué. Le Museo Regional de Ica expose deux de ces crânes et les textiles qui ont été trouvés autour d'eux[5].

Provenance[modifier | modifier le code]

Deux crânes exposés au Museo Regional de Ica.

La nécropole a été découverte par Julio C. Tello dans les années 1920. Tello a découvert le site le 26 juillet 1925 après des recherches qui avaient commencé en 1915 quand il avait acheté des textiles anciens à Pisco, au Pérou[6]. Le 25 octobre 1927, Tello et son équipe ont découvert le premier groupe de centaines de sépultures contenant ces corps momifiés. Tello a découvert notamment une nécropole contenant des cadavres assis dans des paniers. Chacun des corps etait entouré par une grande toile de coton décorée de broderies en laine. En 1928, on a commencé à les retirer de là pour éviter de les voir volées[6].

Un musée construit à cet effet a été construit près de Paracas à la demande du président Benevides qui, en août 1938, a autorisé Tello à construire un musée pour abriter les 380 toiles que Tello et son personnel avaient récupérées. Ils ont pu en exposer plus de 180. Leur conservation a été financée par la Fondation Rockefeller[6].

Les broderies représentées dans l'article sont des fragments d'un grand morceau de tissu qui a été découpé, avant d'être achetés par le British Museum. Aujourd'hui ils ne sont montrés qu'en lumière réduite coincés entre un support et du plexiglas[4].

Histoire du Monde[modifier | modifier le code]

Ces toiles du British Museum ont été choisies pour être l'un des 100 objets de la série de programmes radio l'Histoire du Monde en 100 objets qui a commencé en 2010 et qui a été créée en partenariat entre la BBC et le British Museum[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Paracas textile, British Museum, consulté le 27 septembre 2010
  2. Donald A. Proulx, A Sourcebook of Nasca Ceramic Iconography: Reading a culture through its art, University of Iowa Press,‎ 2006 (ISBN 9780877459798, lire en ligne), p. 62
  3. Jane Feltham, Peruvian Textiles, Shire Ethnography,‎ 1989 (ISBN 0 7478 0014 6)
  4. a, b, c et d (en) « Paracas textile », A History of the World in 100 Objects, BBC (consulté le 28 septembre 2010)
  5. Neil E. Schlecht, Frommer's Peru,‎ 2010 (lire en ligne), p. 154
  6. a, b et c Richard L. Burger, The life and writings of Julio C. Tello: America's first indigenous archaeologist, University of Iowa Press,‎ 2009 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]