Teutberge (fille de Boson l'Ancien)

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Teutberge (morte en 875) est une princesse franque, membre de la famille des Bosonides, épouse du roi Lothaire II de Lotharingie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille du comte d'Arles Boson l'Ancien, elle épousa pour des raisons politiques Lothaire II en 855. Les tentatives de Lothaire pour obtenir le divorce occupèrent une grande partie de son règne.

Comme Teutberge ne lui donnait pas d'enfants, Lothaire voulut épouser sa maîtresse Waldrade pour légitimer ses enfants. Dès 857, Lothaire fit emprisonner Teutberge en l'accusant de relations incestueuses avec son frère Hucbert[1]. Malgré l'ordalie par l'eau bouillante que Teutberge passa avec succès, elle est condamnée par un concile local en 860. Défendue résolument par l'archevêque de Reims Hincmar, deux autres conciles locaux organisés par Lothaire vinrent confirmer la sentence du premier et autoriser le remariage, ce qui permit au roi d'épouser Waldrade en 862.

Les partisans de Teutberge ne désarmèrent pas : Teutberge réussit à s'enfuir et à se réfugier auprès du roi de Francie occidentale Charles le Chauve. Elle fit appel au pape Nicolas Ier qui annula les décisions des précédents conciles. Menacé d'excommunication et soupçonnant Charles le Chauve de préparer le partage de son royaume, Lothaire céda et reprit sa femme en 865.

Mais Lothaire rappela Waldrade. Aussitôt excommunié, il dut aller lui-même plaider sa cause auprès du nouveau pape Adrien II au Mont-Cassin. C'est lors du voyage de retour qu'il mourut à Plaisance en 869 : n'ayant pu régulariser la situation de ses enfants illégitimes, son royaume fut partagé entre ses oncles Charles le Chauve et Louis le Germanique par le traité de Meerssen.

Teutberge se retira alors à l'abbaye Sainte-Glossinde de Metz.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. M. **** - Essai sur l'histoire des comices de Rome, des États-Géneraux de la France et du parlement d’Angleterre – Paris, 1789 - T.1, pages 212, 213 ici :
    Il [Lothaire II] force, après plusieurs années de persécution, leur reine, son épouse, à comparaître devant eux [Assemblée d’évêques et de seigneurs réunis à Aix-la-Chapelle], et à leur remettre une déclaration par laquelle elle se reconnaît non - seulement coupable d'inceste avec son propre frère, l'abbé Hucbert, qui était marié, mais encore elle y atteste qu'elle a commis avec lui des actes de fornication contraires à la nature ; et elle y certifie qu'elle fait tous ces aveux, volontairement et sans y être contrainte en aucune manière. Sur cet aveu si libre et si vraisemblable, cette assemblée qui n'est pas le divan, esclave d'un despote, mais qui était dirigée par les deux archevêques de Cologne et de Trêves, condamne cette malheureuse reine à être enfermée pour toujours dans un cloître.