Teurgoule

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
La teurgoule cuite dans le plat traditionnel.

La teurgoule (quelquefois appelée torgoule ou tergoule) est une spécialité culinaire de Normandie.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L’origine du terme viendrait de « se tordre la goule » (la bouche) lorsqu’on mangeait la teurgoule ; certains affirment que c’est parce qu’on se dépêchait de la manger alors qu’elle était encore très chaude et d’autres que c’est parce que les premières versions n’avaient pas encore atteint le moelleux d’aujourd’hui.

Composition[modifier | modifier le code]

C’est un dessert, sorte de riz au lait sucré généralement parfumé à la cannelle cuit à four très doux mais très longtemps, environ 5 heures, dans un plat spécialement conçu à cet usage, de telle façon que les grains de riz ne sont presque plus discernables.

Une variante préparée dans le sud de la Manche et les environs de Saint-Lô est faite par cuisson à feu modéré dans une casserole, où il faut tourner régulièrement le mélange lait, sucre et riz pour éviter qu'il n'attache au fond de la casserole, et pendant un temps suffisant pour qu'il se colore et prenne une consistance assez épaisse.

Elle se déguste souvent chaude avec la fallue, une brioche normande, et du cidre.

Origines[modifier | modifier le code]

Le fait que les ingrédients – riz et cannelle – de ce dessert typiquement normand ne soient nullement originaires de Normandie est dû au fait qu’ils faisaient partie du butin capturé par les corsaires normands au XVIIe siècle sur les galions espagnols en provenance du Nouveau Monde[1]. Aujourd’hui, la cannelle est quelquefois omise au profit d’une gousse de vanille, de caramel, de zestes d’agrume confits ou même d’une feuille de laurier.

Chanson populaire normande[modifier | modifier le code]

Auteur présumé 
Arthur Marye
Refrain 
Por' s’empli' la goule
Y faut d’la teurgoule.
Y faut d’la fallue itou
C’est cha qui fait bère un coup,
Por' s’empli' la goule
Y faut d’la teurgoule
Car no s’ra terjous gourmands
D’nos vieux plats normands.
Couplet
Quand no z'a bien mangi du lapin, d'la volaille
Quand no z'a bien mangi du r'haricot d'mouton
Quand no z'a bien mangi du bon gigot à l'ail(le)
Quand no z'a bien mangi du viau et du dindon
Quand no z'a bu du bère à pleines guichonnées
Qu'no z'a goûté du gros, du p'tit, du mitoyen
Qu'no z'est resté tablés pus d'un' demi-jounée
Qu'no commenc' à chanter, qu'no commenc' à êtr' bien.

Confréries[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. D’autres sources en attribuent la création à François-Jean Orceau de Fontette qui aurait fait venir d’outremer une cargaison de riz, en 1757, à l’occasion d’une disette, et fit placarder cette recette pour cuisiner cette céréale alors inconnue dans la région.