Territoire de l'Inini

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Territoire de l'Inini

1930 – 1946

Description de cette image, également commentée ci-après

Carte de la Guyane entre 1930 et 1946 ; le territoire de l'Inini est la partie en vert, au sud de la bande côtière de la Guyane française.

Informations générales
Statut Colonie française
Chef-lieu Saint-Élie
Superficie
Superficie 80 000 km²
Histoire et événements
6 juin 1930 Création
19 mars 1946 Suppression

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le territoire de l’Inini est une ancienne subdivision de la Guyane.

Il tient son nom de l’Inini, cours d'eau affluent du fleuve le Maroni.

Création[modifier | modifier le code]

Le Territoire de l'Inini fut créé par un décret du 6 juin 1930.

Territoire[modifier | modifier le code]

Le Territoire de l’Inini recouvrait la colonie de Guyane française, à l’exception de sa bande côtière.

Dés sa création, il est faiblement peuplé (environ 3 000 habitants en 1930), ainsi que de nos jours (environ 5 000 habitants en 2006). Les habitants sont majoritairement Amérindiens, avec une minorité créole. Il y a aussi beaucoup de clandestins surinamiens, brésiliens, et haïtiens, sans oublier des Hmongs, cultivateurs nomades déplacés du Laos et du Nord Vietnam (autrement appelés peuple de Lao) dans les années 1977.

Les langues parlées sont : le français, diverses langues amérindiennes,le créole guyanais, le portugais, le Sranang-Tongo (du Surinam), le créole haïtien et l’anglais.

Les deux langues véhiculaires sont le français et le portugais. Une langue hybride, qui pourrait donner naissance à un créole est observé, dont la plus grande partie du vocabulaire comprend des mots français et portugais, avec un fond amérindien.

L’orpaillage, la recherche de l’or, par des Brésiliens (garimpeiros) ou Surinamiens est le principal problème de l’arrondissement, qui est nuisible pour l’environnement. Il y a plusieurs groupes de la gendarmerie sur place.

Article détaillé : Orpaillage en Guyane.

Administration[modifier | modifier le code]

Dans un avis du 9 mars 1948, le Conseil d'État considéra qu'aux termes du décret précité, le Territoire de l’Inini, créé « à l'intérieur de la Guyane française », était « doté de la personnalité civile et de l'autonomie financière » et « administrée par le gouverneur de la Guyane (française) », simplement « assisté d'un conseil d'administration », et « à l'exception de toute intervention du conseil général (de la Guyane française) ».

Philatélie : les timbres de Guyane française furent surchargés Territoire de l’Inini, ou Inini entre 1931 et 1944. L'objectif était de complaisance, pour étendre les ventes de timbres coloniaux aux collectionneurs, et apporter des devises. De fait, le courrier traité en Inini était tout à fait marginal, ou inexistant, la population, à l'époque, étant massivement analphabète : le territoire était tout au plus peuplé d’Amérindiens, ou de pionniers isolés (orpailleurs, travailleurs du bois, etc...) qui utilisaient plutôt le télégraphe, et qui étaient peu portés à écrire des missives. Pire encore, les timbres de Guyane (sans surcharge) étaient encore utilisés.

En 1940, il y avait moins de 3 000 habitants, massivement analphabétes, et les rares courriers partaient pour Cayenne, ou les villes de la côte. Les timbres surchargés de l'Inini étaient aussi vendus dans le reste de la Guyane française, surtout à Cayenne, sans distinction avec les timbres de Guyane.

Devant cette situation ubuesque, le retour des timbres de Guyane est effectif dés 1944. Le stock très important qui reste est vendu ensuite progressivement aux collectionneurs. De fait, le courrier traité dans l'Inini entre 1931 et 1946 fut très marginal, et il l'est toujours de nos jours.

Suppression[modifier | modifier le code]

L'article 1er de la loi n° 46-451 du 19 mars 1946[1], dite de départementalisation, érigea la Guyane française en département.

Le décret n° 47-2252 du 1er novembre 1947[2] y introduisit la loi du 10 août 1871, relative aux conseils généraux[3].

Dans l'avis précité, le Conseil d'État considéra que « l'existence au sein d'un département d'un territoire ayant la personnalité civile et échappant à la compétence du conseil général est contraire à la loi du 10 août 1871 » et que « le décret (précité) du 6 juin 1930, qui n'entre pas dans la catégorie des règlements maintenus en vigueur en vertu de l'article 3 du décret du 1er novembre 1947, doit être regardé comme abrogé par ledit décret ».

Restauration provisoire comme arrondissement de l'Inini[modifier | modifier le code]

La loi n° 51-1098 du 14 septembre 1951[4] restaura le « Territoire de l'Inini » sous le nom d' « arrondissement de l'Inini ».

Son article 1er de la loi disposait, en effet, que « Le département de la Guyane française se compose de : 1° L'arrondissement de Cayenne que comprend les communes existant actuellement en Guyane ; 2° L'arrondissement de l'Inini » ; mais il précisait que : « Cet arrondissement, qui a la personnalité morale, est doté provisoirement et pendant une période qui ne pourra excéder dix ans, d'un statut particulier ».

Robert Miguet en fut le sous-préfet en 1961-1962.

Suppression définitive[modifier | modifier le code]

L'arrondissement de l'Inini fut supprimé par le décret n° 69-261 du 17 mars 1969, portant réorganisation administrative du département de la Guyane[5].

Sa suppression fut confirmée par loi n° 69-1263 du 31 décembre 1969, portant diverses dispositions d'ordre économique et financier[6].

Son article 27 abrogea la loi du 14 septembre 1951 « à compter de l'entrée en vigueur du décret n° 69-261 du 17 mars 1969 ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Loi n° 46-451 du 19 mars 1946, publiée au Journal officiel de la République française du 20 mars 1946, p. 2294.
  2. Décret n° 47-2252 du 1er novembre 1947, publiée au Journal officiel de la République française du 23 novembre 1947, p. 11576
  3. Loi du 10 août 1871, relative aux conseils généraux, publiée au Journal officiel de la République française du 29 août 1871, p. 3041
  4. Loi n° 51-1098 du 14 septembre 1951, portant organisation du département de la Guyane française, publiée au Journal officiel de la République française du 18 septembre 1951, p. 9629 .
  5. Décret n° 69-261 du 17 mars 1969, portant réorganisation administrative du département de la Guyane, publié au Journal officiel de la République française du 26 mars 1969, p. 2995
  6. Loi n° 69-1263 du 31 décembre 1969, portant diverses dispositions d'ordre économique et financier, publiée au Journal officiel de la République française du 4 janvier 1970, p. 132