Terre-plein (architecture)

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Terre-plein de l'autoroute tchèque D3 en construction.

Un terre-plein est un ensemble de couches talutées servant à l'assise d'une monodalle, d'un immeuble, d'un dallage ou d'une infrastructure de transport, généralement conçu pour supporter un poids important, des vibrations et incorporant divers systèmes d'évacuation (au minimum via une pente suffisante (ex : >2cm/m pour les eaux de vannes). Les premiers terre plein datent de la préhistoire (supports de tumulus par exemple) puis de l'antiquité (supports de palais, temples, réservoirs et aqueducs[1] et lourdes murailles[2]).

On parle de « terre-plein central » pour désigner la bande (souvent végétalisée) qui sépare deux voies autoroutières ou routières. Il est généralement protégé par un rail métallique, un double rail ou un muret de béton coulé en continu pour limiter la gravité des accidents de la route impliquant cette zone[3],[4].

Composition[modifier | modifier le code]

Un terre-plein se compose généralement des couches suivantes (de bas en haut):

  • le bon sol
  • une couche de tout-venant (environ 30cm)
  • une couche de sable de carrière (environ 5 cm)
  • un isolant en polystyrène expandé ou extrudé, de classe incompressible
  • un film plastique polyéthylène étanche (200 μm)

Contraintes et spécificités[modifier | modifier le code]

Selon sa nature (matériaux, albédo), sa forme, sa taille, son épaisseur et les modalités de sa mise en œuvre ou de son entretien, le terre plein présente des spécificités géotechniques à l'égard de l'eau et de l'humidité, ainsi qu'en termes d'inertie thermique et de transferts thermiques[5], qui peuvent être valorisées par les architectes et urbanistes pour des maisons ou immeubles bioclimatiques par exemple. Sur des sols mous ou instables (avec parfois des risques d'aléas spécifique, fonte du pergélisol par exemple en zone de réchauffement climatique, ou encore terre-plein construit au dessus d'une zone d'affaissement minier ou en zone sismiquement active ou potentiellement actives où existe un risque de liquéfaction de sol contre lequel des précautions parasismiques peuvent être prises[6]). Quand le terre plein support des constructions habitées ou des lieux de vie, des enjeux de santé environnementale existant quand les matériaux utilisés pour sa construction contiennent des polluants ou des produits naturellement radioactifs et/ou sources de radon[7]. De manière générale, des enjeux de protection de l'eau existent quand les matériaux contiennent des polluants, mais parfois on cherche à inerter des polluants et à les stocker sous forme de terre-plein protégés par une couverture étanche.

Quand le terre-plein est gagné sur la mer pour la construction d'avant-port, d'aéroport, de centrales nucléaires, etc. des précautions supplémentaires doivent être prises (endiguement, prise en compte des effets du sel ou de l'eau salée, d'un éventuel risque de tsunami ou de montée de la mer, etc.

Dalle[modifier | modifier le code]

Quand le terre-plein est destiné à supporter une dalle, on l'installe (on la coule) en béton armée par une armature appelée treillis soudé. Cette dalle aura un comportement thermique en partie modéré par le terre-plein[8].

Infrastructure de transport[modifier | modifier le code]

Dans ce cas il s'agit d'une surface de roulement (autoroute, route, piste d'aéroport, voie ferrée) destinée à supporter le poids et le passage des véhicules).

Le terre-plein a pour rôle de :

  • supporter et éventuellement isoler la dalle (thermiquement, avec éventuelle mise hors-gel)
  • limiter l'infiltration d'eau par capillarité (étanchéité), ou au contraire l'accélérer dans le cas d'une voie ferrée (originellement pour que les traverses de chemin de fer en chêne ne pourrissent pas, et pour l'imiter l'envahissement par la végétation[9])
  • stabiliser la dalle (structure mécanique) parfois en lui conférant une légère élasticité au substrat (talus de chemin de fer par exemple)
  • supporter des espaces verts ou des espaces ayant fait l'objet d'un processus de renaturation (le long des axes routiers et parfois ferroviaires, dans le cadre de mesure conservatoires ou compensatoires en général) qui nécessitent un entretien fait dans des conditions particulières de sécurité et la prise en compte d'un risque accru de propagation d'espèces exotiques envahissantes (ex : Renouée du Japon ou plus récemment Ambroisie (source d'allergies)[10]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lantier R (1915) http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/hispa_0007-4640_1915_num_17_2_1897 Réservoirs et aqueducs antiques à Mérida]. Bulletin Hispanique, 17(2), 69-84
  2. Hourcade D (2003) Les murailles des villes romaines de l’Hispanie republicaine et augustéenne : enceintes ou fortification du territoire urbain ; Defensa y territorio en Hispania de los Escipiones a Augusto. Madrid-León, 295-324 (résumé).
  3. Martin JL & Huet R (1995) Gravité des premiers heurts en terre-plein central d'autoroute sur dispositifs de retenue béton ou métal. Rapport INRETS (Arcueil)
  4. Martin JL (2000) Utilisation de modeles linéaires généralisés pour tester l'effet sur la sécurité d'une modification d'infrastructure comparaison des glissières en métal aux barrières en béton en terre-plein central d'autoroute ; Recherche-Transports-Sécurité, 68, 31-43 (résumé).
  5. Abdelbaki A (1993) Contribution à la modélisation des transferts thermiques à travers le plancher d'un habitat sur terre-plein.
  6. Bouchet R, Gambin M & PROUST JL (1986) Procédés utilisés pour réduire les risques de liquéfaction sur le terre-plein de Fontvieille à Monaco. In Colloque national de génie parasismique. 1 (pp. 3-33).
  7. Collignan B & Sullerot B (2005) Le radon dans les bâtiments. Pollution atmosphérique, 187, 334.
  8. Trombe A, Javelas R & Petit M (1989) Étude expérimentale, en site naturel, du comportement thermique d'une dalle de sol sur terre-plein. Revue générale de thermique, 28(328), 244-249.
  9. Scott, J., Loveridge, F., & O'Brien, A. S. (2007). of climate and vegetation on railway embankments'
  10. Cuenot, E. (1997) L'entretien des espaces verts autoroutiers de la Société des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (SAPRR). Regard particulier sur l'ambroisie. Revue française d'allergologie et d'immunologie clinique, 37(1), 91-93 (résumé).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Boussuge, J. (1995) Quinze ans de sécurité sur autoroute - Bilan et perspectives. Revue Generale des Routes et des Aerodromes, (726).
  • MOKHTARI, A. (1988). Étude du comportement thermique des bâtiments en contact avec le sol par l'analyse modale (Doctoral dissertation, Villeurbanne, INSA) (résumé).
  • Caccavelli D & Bedouani B (1998) Modélisation et validation expérimentale du comportement thermique d’un plancher chauffant sur terre-plein.
  • Youcef, L., & Baker, M. H. A. (1987). Contribution à l'étude d'un plancher solaire direct sur terre-plein: modélisation et application au cas d'apports solaires gratuits sur la surface du plancher (Doctoral dissertation, Toulouse 3).
  • Mokhtari, A., Kazeoui, H., Boukezzi, Y., & Achard, G. (1998). d’un circuit hydraulique dans un plancher pour le chauffage et le rafraîchissement des locaux. Revue des Énergies Renouvelables, 1, 17-27.