Teresa Milanollo

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Teresa et Maria Milanollo en 1841.
Portrait par Marie-Alexandre Alophe d'après François-Gabriel Lépaulle.
Tombe au Père-Lachaise (division 11).

Teresa Milanollo, née le 28 août 1827 à Savigliano dans le Piémont et morte le 25 octobre 1904 à Paris, est une violoniste et compositrice italienne. Elle formait un duo célèbre avec sa sœur Maria-Margherita, de cinq ans sa cadette, elle aussi violoniste, morte jeune.

Biographie[modifier | modifier le code]

Domenica Maria Teresa Milanollo, violoniste et compositrice, est née le 28 août 1827 à Savigliano, près de Turin. Elle est la fille d’un fabricant de machine à tisser la soie. Sa renommée est européenne. En 1857, son mariage avec le Général Théodore Parmentier (1821-1910) d’origine alsacienne, met fin à une brillante carrière. Elle meurt à Paris le 25 octobre 1904.

C’est après avoir entendu un violon lors d’une messe, le 10 mai 1831, que la petite Teresa réclama avec insistance d’apprendre à jouer de cet instrument. Enfant prodige, elle est confiée à Giovanni Ferrera puis, à Turin, à Gebbaro et Giovanni Morra, musiciens de la Chapelle du Roi Charles-Albert. Elle fait ses débuts en 1836, à Mondovi près de Turin. Les remarquables dons de Teresa décident la famille à partir pour Paris, ville musicale par excellence. À Marseille, Teresa donne son premier concert triomphal en France. À Paris, elle suit l’enseignement de Charles Philippe Lafont qui l’encourage à entreprendre des tournées en Belgique, en Hollande et en Angleterre (1836-1837). De retour en France, en 1838, elle se produit dans le Nord de la France, avec sa sœur Maria-Margherita (1832-1848), sa cadette, à qui elle a enseigné le violon. En 1841, elle suit l’enseignement de François-Antoine Habeneck ; puis à Bruxelles, celui de Charles-Auguste de Bériot. Elle est donc héritière de l’école franco-belge de violon.

Les deux sœurs font des tournées triomphales de concerts dans toute l'Europe jusqu’en 1848 : en France, Italie, Belgique, Hollande, Allemagne, Autriche, Suisse, Angleterre. La mort de Maria-Margherita emportée par la tuberculose le 21 octobre 1848, interrompt leur collaboration artistique. Teresa très éprouvée, se réfugie dans la propriété acquise par son père en 1847 à Malzéville, près de Nancy. Après une interruption, en 1849, elle recommence à donner à des concerts, avec un succès toujours aussi constant.

C’est lors d’un concert donné à Strasbourg, le 10 mai 1851, qu’elle joue pour la première fois une Fantaisie de sa composition. Elle a publié des œuvres de plusieurs genres : Grande fantaisie élégiaque pour violon et piano, op.1 ; Ave Maria, chœur à 4 voix d’homme, op.2 ; Le baptême, extase, op.3 ; une transcription pour violon et piano de l’Ave Maria de Schubert, op.4 ; Variations humoristiques sur l’air de Malbrough, violon et piano ou quatuor, op. 5 ; Variations humoristiques sur le Rheinweinland d’André, op. 6 ; Lamento, morceau de salon pour violon, op.7 ; Impromptu pour violon, op.8 ; Litanies de la Ste Vierge en collaboration avec Théodore Parmentier.

La carrière de violoniste de Teresa Milanollo prend fin avec le concert du 16 avril 1857 qu’elle donne la veille de son mariage avec le capitaine du génie Joseph Charles Théodore Parmentier, à Malzéville. Elle l’avait rencontré lors des concerts qu’elle avait donnés en 1851 à Strasbourg. Théodore Parmentier qui terminera Général possédait une personnalité hors du commun : militaire, savant, poète, il était aussi un excellent musicien, compositeur et critique musical de la Revue et gazette musicale de Paris. Avec sa complicité, Teresa continue à jouer pour le cercle de leur connaissances et donne des concerts pour des œuvres de bienfaisance[1],[2],[3].

La musicienne possédait plusieurs beaux violons dont un Stradivarius de 1728, le « Milanollo » , ayant appartenu à Jean-Baptiste Viotti, à Paganini, puis après elle, à Christian Ferras, acquis enfin en 1991 par Pierre Amoyal. Il est actuellement en possession de Corey Cerovsek[4].

Teresa Milanollo décède le 25 octobre 1904 à Paris. Elle repose au cimetière du Père-Lachaise, dans le caveau Milanollo, aux côtés de sa sœur[5] et de son époux mort en 1910.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique. Tome 6. Paris, Firmin-Didot, 1875, p. 139-141. Supplément et complément publiés sous la dir. de Arthur Pougin, tome 2, Paris, Firmin-Didot, 1880, p.221.
  2. « Thérèsa Milanollo ». In : Journal d’Alsace. Annales littéraires et artistiques, 1904, 5 novembre, p. 2..
  3. The New Grove Dictionary of Women Composers, ed. by Julie Anne Sadie, Rhian Samuel. New York, W.W. Norton, 1994, p. 327.
  4. Jean Diwo, Moi, Milanollo, fils de Stradivarius. Paris : Flammarion, 2007, 389 p. (ISBN 2080690450 et 978-2080690456).
  5. Théophile Astrié, Guide dans les cimetières de Paris,‎ 1865 (lire en ligne), p. 121