Teraphim

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Teraphim (תרפים), quelquefois orthographié Théraphim ou Terapim, est un mot hébreu tiré de la Bible, qu'on ne trouve que sous forme plurielle, et dont l'étymologie reste inconnue[1],[2],[3]. Bien que le terme soit grammaticalement parlant un pluriel, on estime parfois qu'il désigne des objets singuliers et utilise le grand pluriel de l'hébreu, qui n'implique pas de pluralité mais une magnificence[1].

On ignore sa signification exacte mais il est utilisé dans l'Ancien Testament en référence au panthéon des dieux sémitiques datant des errances nomades des Hébreux, comme l'attestent ses traductions dans les versions grecques ainsi que son usage dans les Écritures[1].

Signification[modifier | modifier le code]

Selon la littérature rabbinique, il a le sens de « choses disgracieuses[1] mais cette étymologie est rejetée par les exégètes modernes. Certains affirment que le Teraphim serait une sorte de crâne humain momifié[1] ». Cependant l'excavation de Jéricho n'a pas révélé l'usage de ce type de fétiches.

Les découvertes des archéologues en Mésopotamie - à Nouzi, ville antique à l’est du Tigre et au sud-est de Ninive qui a été fouillée de 1925 à 1931 - indiquent que la possession des teraphim avait une incidence sur les droits concernant l’héritage familial. Selon une tablette trouvée à Nouzi, la possession des dieux domestiques pouvait en certaines circonstances permettre à un gendre de comparaître devant un tribunal pour réclamer les biens de son beau-père décédé (Ancient Near Eastern Texts, par J. Pritchard, 1974, p.  219, 220, et note 51). Il se peut que Rachel, ayant eu cela à l’esprit, se soit dit qu’elle était en droit de prendre les teraphim parce que son père avait usé de tromperie envers son mari Jacob (voir Gn 31:14-16). L’importance des teraphim en rapport avec les droits d’héritage pourrait aussi expliquer pourquoi Labân se soucia tant de les récupérer, au point de prendre ses frères avec lui et de poursuivre Jacob la distance de sept jours de route (Gn 31:19-30). Selon la Bible, les teraphim disparurent lorsque Jacob enfouit sous le grand arbre qui était près de Shekèm tous les dieux étrangers que lui remirent les membres de sa maisonnée. — Gn 35:1-4.

Traduction du terme en grec[modifier | modifier le code]

Aquila le traduit par « figures », la Septante par « images » dans Genèse, « images sculptées » dans Ézéquiel, « oracles » dans Zacharie et « objets manifestes » (δῆλοι) dans Osée[1]. Théodotion ne le traduit pas[4] et préfère, comme souvent, une simple translittération du mot. La Bible du roi Jacques traduit quelquefois par « images  » (Gen. 31-19, Samuel 19-13), « idoles » (Zacharie 10-2) ou « idolâtrie » (Samuel 15-23), mais se contente également fréquemment d'une simple transcription (Juges 17-5, 38-14 et Osée 3-4)[1].

Occurrences dans le texte biblique[modifier | modifier le code]

Sa signification n'est pas exposée dans la Bible mais certaines déductions peuvent être faites de son usage dans le texte.

Dans Genèse, Jacob prend le Teraphim de son foyer et l'enterre sous le mont Garizim, ce qui indique un lien entre le Teraphim et la religion païenne araméenne qui était alors peu à peu abandonnée[2].

Dans Genèse 31-34, Rachel prend le Teraphim de Laban et le cache dans un bât ; dans le livre de Samuel. Mikhal trompe les hommes de Saül et leur fait croire qu'un Teraphim dans son lit est en fait David. Dans le même récit on apprend qu'une place était réservée pour un Teraphim dans chaque foyer[2].

Dans Osée 3-4, le Teraphim est décrit comme aussi essentiel que l'éphod dans la culture israélite[2]. Si tous deux sont d'ailleurs étroitement associés à diverses reprises dans le texte, le premier est cependant fréquemment présenté par les prophètes et la loi divine comme un interdit[2]. Sa mention dans Zacharie[5] ainsi que la traduction des Septante par « oracles » laissent penser qu'il jouait un rôle dans les pratiques de cléromancie[2].

Le fait que Mika, qui vénérait Yahweh, utilise le Teraphim comme un idole (voir Juges 17) et que Laban le considère comme représentant « ses dieux » semble indiquer qu'il pourrait s'agir d'images de Yahweh[1].

Selon la Bible, le Teraphim est interdit par la réforme de Josias[6], mais il est en réalité possible que son usage se soit perpétué dans la culture populaire jusque dans l'ère hellénique et peut-être plus tard encore[1].

Nous pouvons noter aussi que dans le livre de Juges, les tribus d'Israël dans la détresse durent abandonner les pratiques idolâtres en Juges 10:6-16.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Teraphim » dans la Jewish Encyclopedia
  2. a, b, c, d, e et f « Teraphim » dans l'Encyclopædia Britannica, 11e édition [1].
  3. Voir la définition de « Théraphim » donnée dans l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert : « mot hébreu, dont l'explication a donné beaucoup de peine aux critiques »[2].
  4. (en)« Theodotion, otherwise Theodotus » dans Wace, Henry, Dictionary of Christian Biography and Literature to the End of the Sixth Century A.D., with an Account of the Principal Sects and Heresies
  5. Zacharie 10-2 : « En effet, le teraphim a donné des réponses vides et les devins ont eu des visions mensongères ».
  6. 2Rois 23-24 : « Josias abolit également la divination, les devins, les téraphims, les idoles et toutes les ordures qu'on voyait au pays de Juda et à Jérusalem, afin d'accomplir les paroles de la Loi, paroles écrites dans le livre que le prêtre Hilqiyahou avait trouvé dans la maison du Seigneur ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]