Tendance marxiste internationale

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Logo de la Tendance marxiste internationale (International Marxist Tendency)

La Tendance marxiste internationale est une organisation internationale marxiste de filiation trotskiste dont le principal fondateur fut Ted Grant. Son porte-parole actuel est Alan Woods.

Histoire[modifier | modifier le code]

1964-1992 : les origines - fondation, croissance et dislocation de la Militant Tendency[modifier | modifier le code]

Logo de la Militant Tendency.

L'histoire de la Tendance Marxiste Internationale est intimement liée à celle de l'organisation marxiste anglaise Militant Tendency[1] (Tendance Militante) et de son principal fondateur : Ted Grant.

1964-1974 : les débuts de la Militant Tendency[modifier | modifier le code]

La Militant Tendency est fondée en 1964, autour de la revue Militant. Son principal théoricien est déjà Ted Grant. Alors qu'à cette époque, la Quatrième Internationale considère que la révolution mondiale est imminente dans les pays capitalistes et que les contradictions internes des bureaucraties staliniennes vont les faire s'effondrer, la Militant Tendency ne partage pas cet optimisme. Grant et ses co-penseurs ont quant à eux compris que le stalinisme était en train de se renforcer considérablement et que la croissance économique allait également renforcer pour toute une période historique le poids des partis réformistes et sociaux-démocrates. C’est cette analyse qui fonde l’orientation générale de Militant vers un entrisme de longue durée au sein du Labour Party (Parti travailliste).

Au moment de sa fondation, la Militant Tendency était largement minoritaire au sein de l'extrême-gauche britannique, la ligne triomphaliste étant largement répandue. Au niveau international, plusieurs groupes en accord avec les théories de Ted Grant collaborent avec la Militant Tendency au sein du Committee for a Workers International (Comité pour une Internationale ouvrière), fondé en 1974.

1975-1990 : le développement[modifier | modifier le code]

À partir de la fin des années 1970, le travail d'entrisme au sein du Labour commença à porter ses fruits. Le groupe poursuivit une croissance régulière au cours de la seconde moitié du XXe siècle, atteignant environ 7000 militants à la fin des années 1980.

Surtout, en 1983, Militant anime une équipe de la gauche travailliste remportant la majorité à la mairie de Liverpool[2]. Cette victoire sans précédent (et inédite depuis dans toute l'Europe) permet une série de réalisations sociales considérables pour une municipalité. Margaret Thatcher réagit avec une brutalité totale, engageant un bras de fer de cinq ans avec le conseil municipal, ponctué de grèves générales dirigées par Militant et impliquant plus de 30 000 salariés de la ville. Le gouvernement central, qui pense un temps envoyer l'armée, utilise tous les artifices juridiques pour se débarrasser des conseillers municipaux de Liverpool et en finir avec cet affront.

La lutte contre la Poll tax est resté un des plus grands succès de la tendance, qui incitait les gens à refuser de payer ce nouvel impôt. En Écosse, la campagne prend un tour massif, le rôle central étant joué par Tommy Sheridan, un militant particulièrement charismatique et combatif qui est emprisonné pour avoir refusé de payer la Poll Tax. Il est loin d'être le seul : alors que 18 millions de britanniques suivent les consignes de non-paiement, les supporters du Militant sont emprisonnés par dizaines. La Fédération nationale contre la Poll Tax, qu'ils dirigent, appelle à une manifestation de masse qui rassemble plus de 250 000 personnes à Londres. Finalement, la campagne contre la Poll Tax obtient totale satisfaction après deux ans de lutte : l'impôt est retiré et Margaret Thatcher, la figure emblématique de la droite la plus réactionnaire sur le plan international, doit quitter le pouvoir.

À partir de ce moment, Militant est installé durablement à la "une" des média et devient la bête noire de de la droite et de la bureaucratie du Labour Party. Cette dernière lance une chasse aux sorcières hystérique contre Militant et exclut les députés qui n'ont pas payé leur Poll Tax.

1991-1992 : la chute[modifier | modifier le code]

Au début des années 1990, un conflit éclata au sein de l'organisation. La campagne contre la Poll Tax a d'une part provoqué un choc très violent avec la direction travailliste mais aussi amené à la tendance un nombre considérable de sympathisants qui ne se reconnaissaient pas dans le parti. C'est particulièrement épineux en Écosse, où les supporters de Militant ont une audience de masse dans certains secteurs de la jeunesse radicalisée influencée par les idées nationalistes. Il est alors décidé d'opérer le lancement d'une organisation publique : Scottish Militant.

C'en est trop pour une partie de la direction de la tendance - en particulier Ted Grant et Alan Woods - qui s'oppose à toute sortie du Labour. À l'opposé se trouvent les partisans de Peter Taaffe, qui prônent la scission avec le Parti Travailliste pour fonder un nouveau parti révolutionnaire, arguant que la Militant Tendency est assez grande pour cela. Un référendum interne a lieu qui approuve à 93 % la ligne scissionniste de Taaffe.

Grant et Woods sont exclus mais conservent une majorité dans les partisans internationaux du Militant. Ils lancent alors le site "In Defence of Marxism".

1993-2010 : du Comité pour une Internationale Marxiste à la Tendance Marxiste Internationale[modifier | modifier le code]

1993-2001 : les débuts[modifier | modifier le code]

Alors que les scissionnistes fondent leur nouveau parti ; Ted Grant, Alan Woods et leurs partisans se regroupent autour du journal Socialist appeal afin de continuer leur travail au sein du Labour Party. Au niveau international, ils créent le Comité pour une Internationale Marxiste (CIM) en 1993.

2002 : lancement de la campagne internationale Hands off Venezuela![modifier | modifier le code]

Le 11 avril 2002, des opposants au président vénézuelien de gauche Hugo Chávez, soutenus par une partie de l'armée ainsi que par la chaîne de télévision RCTV, tentent de prendre le pouvoir par un coup d'État. Les putschistes sont dirigés par le président de la chambre de commerce du Venezuela : Pedro Carmona. Une mobilisation populaire massive fera échec au coup d'État et rétablira Chávez à la tête du pays dès le lendemain.

Voyant dans cette tentative de putsch la main de l'impérialisme américain, le CIM, qui avait soutenu les mesures sociales de Chávez tout en en critiquant le caractère trop modéré, lance une campagne internationale de solidarité avec la révolution bolivarienne baptisée Hands off Venezuela! (Pas touche au Venezuela !).

2003-2010 : changement de nom, croissance et crise interne[modifier | modifier le code]

En 2006, le Comité pour une Internationale Marxiste change de nom pour « Tendance Marxiste Internationale » (TMI), afin de refléter son orientation en direction des organisations du mouvement ouvrier.

La TMI connait une progression importante au cours des 17 ans de son histoire, enregistrant la création de nombreuses nouvelles sections notamment en Amérique et en Europe. Par exemple sa section espagnole, El Militante (fondée en 1989), dirige le Sindicato de estudiantes, principal syndicat étudiant espagnol au niveau national. La plus grande section nationale de la TMI demeure cependant la section pakistanaise The Struggle qui constitue la tendance marxiste du PPP avec quelque 2 500 adhérents (ce qui en fait la plus grande organisation marxiste pakistanaise).

En 2009, la TMI connait une crise interne qui se solde par le départ des sections espagnole (plus grande section européenne), vénézuelienne et colombienne ainsi que d'une minorité de la section mexicaine. En Espagne et au Venezuela, les minorités restées fidèles à la TMI fondent de nouvelles sections[3].

Malgré ces départs, la TMI tient son congrès normalement en 2010, la collecte organisée pour l'occasion atteignant même un record de montant[3].

Théorie politique[modifier | modifier le code]

Karl Marx.

La TMI revendique le socialisme scientifique de Karl Marx comme étant la base fondamentale de sa théorie politique et philosophique. Elle adjoint d'autres auteurs à son corpus théorique, principalement Lénine et Trotsky, mais également Friedrich Engels et Rosa Luxemburg.

Ted Grant, le fondateur de cette organisation, se définissait lui-même comme marxiste, léniniste et trotskiste.

La TMI se veut donc une organisation internationale révolutionnaire dont l'objectif est l'abolition du capitalisme et l'instauration au niveau mondial d'une société socialiste, sans classe sociale et sans État, où la production serait gérée collectivement par tous au profit de tous.

Stratégie[modifier | modifier le code]

La TMI se distingue principalement des autres groupes se revendiquant du marxisme par son attitude envers les organisations traditionnelles de la classe ouvrière (syndicats et partis politiques). Elle considère qu'il faut diffuser les idées du marxisme au sein de ces dernières car cela permet de toucher les éléments les plus militants du salariat. La TMI considère que se couper de ces organisations est une attitude sectaire, cantonnant le discours marxiste à la marginalité au sein des classes populaires. Les militants de la TMI adhèrent donc prioritairement aux partis communistes ou social-démocrates - s'ils existent.

Cette stratégie principale est appliquée de manière très flexible selon les pays. Plutôt qu'une doctrine rigide, il s'agit donc d'une ligne générale devant servir de guide pour l'action. Par exemple, la section française de la TMI (La Riposte) milite au sein du Parti communiste français[4] alors que la section britannique (Socialist appeal) milite au sein du Labour Party social-démocrate et que la section américaine milite exclusivement au sein des syndicats sans s'impliquer dans un parti politique existant.

Activité internationale[modifier | modifier le code]

Flag-map of Venezuela.svg

La Tendance Marxiste Internationale s'illustre notamment par sa campagne internationale "Hands Off Venezuela[5]" ("Pas Touche au Venezuela") qui défend la révolution bolivarienne menée par Hugo Chávez tout en ayant un regard critique sur celle-ci. En effet, selon la TMI, les réformes engagées ne vont pas assez loin et risquent de provoquer un sentiment de lassitude chez les vénézueliens ce qui, à terme, pourrait mettre le processus révolutionnaire en danger par un retour de la bourgeoisie au pouvoir.

En 2008, en réaction face à la crise économique, la TMI a publié un manifeste intitulé The crisis, make the bosses pay ! dénonçant la responsabilité du capitalisme dans la crise et appelant les travailleurs à mettre fin à ce système par l'instauration d'une société socialiste.

Tous les deux ans, la TMI organise son congrès international, le dernier s'étant déroulé en 2010 à Massa, en Italie. Les années sans congrès voient se tenir une université d'été de la TMI au sein de la même ville. En plus de cette réunion annuelle, la TMI organise régulièrement des rassemblements internationaux à l'échelle d'un continent ou d'un sous continent. Ainsi, lors de l'année 2008, l'internationale a organisé des universités d'hiver à Berlin à l'occasion du 90e anniversaire de la mort de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht. En 2009, la TMI a également organisé sa première conférence panaméricaine, rassemblant des militants marxistes venus d'une dizaine de pays américains[6].

Implantation internationale[modifier | modifier le code]

Sections tmi.gif

La TMI possède des sections dans plus de 30 pays[7], la plupart sont référencées ci-dessous.

Europe[modifier | modifier le code]

Amérique[modifier | modifier le code]

Asie[modifier | modifier le code]

Afrique[modifier | modifier le code]

Océanie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]