Temple protestant de l'Oratoire du Louvre

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Temple protestant de l'Oratoire du Louvre
Image illustrative de l'article Temple protestant de l'Oratoire du Louvre
Présentation
Culte Protestant réformé
Type Temple
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Commune Paris
Coordonnées 48° 51′ 42″ N 2° 20′ 24″ E / 48.86167, 2.3448° 51′ 42″ Nord 2° 20′ 24″ Est / 48.86167, 2.34  

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Temple protestant de l'Oratoire du Louvre
Statue de l'amiral Coligny. Contrairement à ce qui est inscrit, il est bien né en 1519

Le temple protestant de l’Oratoire du Louvre est une église de culte protestant réformé, située dans le 1er arrondissement de Paris (145 rue Saint-Honoré - 160 rue de Rivoli). La paroisse de l’Oratoire du Louvre est depuis longtemps de tendance libérale[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les protestants à Paris[modifier | modifier le code]

Sous Henri IV, les protestants célébraient leur culte dans la salle des Cariatides qui faisait partie du palais du Louvre et pouvait contenir jusqu’à 1 500 personnes. On l’appelait l’église de Madame. Durant le massacre de la Saint-Barthélemy le 24 août 1572, l’amiral Gaspard de Coligny est assassiné ainsi que 3 000 protestants à Paris. L’édit de Nantes de 1598 apporte une certaine paix, mais les protestants n’ont le droit de construire leur temple qu’à plus de quatre lieues de Paris ; c’est Charenton qui sera choisie.

L'église de la Société de l'oratoire de Jésus à Paris[modifier | modifier le code]

Installation des Oratoriens à Paris[modifier | modifier le code]

À cette époque, l’Église catholique cherche à réagir à la Réforme protestante en se réformant elle-même. La congrégation de l’Oratoire, fondée par le père de Bérulle en 1611 exprime cette mouvance d’une foi et d’une morale plus proches de l’Évangile, à l'imitation de la congrégation de l'Oratoire fondée par saint Philippe Néri. Marie de Médicis, alors régente de France, déclare la congrégation de l'Oratoire fondation royale le 2 janvier 1612. Pierre de Bérulle obtient le 10 mai 1613 par le pape Paul V la reconnaissance pontificale. C'est à partir de cette date que la «congrégation de l'Oratoire de Jésus-Christ» va se développer avec la réforme catholique.

Début de la construction de l'église de l'Oratoire[modifier | modifier le code]

Temple protestant de l'Oratoire du Louvre - nef

La congrégation de l'Oratoire s'installe d'abord au faubourg Saint-Jacques, à l'emplacement du futur Val-de-Grâce. Le 20 janvier 1616, Bérulle et ses cinq premiers compagnons (MM. Jean Bence et Jacques Gastaud, docteurs de Sorbonne, Paul Métezeau, licencié de la société de Navarre, François Bourgoing, curé de Clichy, et Pierre Caron curé de Beaumont, au diocèse de Beauvais) achètent l'ancien hôtel du Bouchage à la duchesse de Guise, près du palais du Louvre. Les Oratoriens y installent une chapelle qui est prête en mai 1616. Le succès de l'ordre va rapidement nécessiter la construction d'une nouvelle église. Bérulle entreprend d'acheter des maisons autour de la maison des pères de l'Oratoire. Deux maisons, rue du Coq (rue de Marengo), en 1619 et 1621. Le 27 février 1620, il achète une grande parcelle le long de la rue d'Autriche, actuelle rue de l'Oratoire, jusqu'à la rue Saint-Honoré, permettant d'envisager la construction de la nouvelle église, le long de la rue d'Autriche et à cheval sur les anciens remparts de Philippe Auguste.

Le plan de l'église est donné par l'architecte Clément Métezeau à la fin de 1620. Clément Métezeau avait succédé à son frère Louis Métezeau comme architecte du palais du Louvre. Paul Métezeau, est un des premiers prêtres de l'Oratoire de Jésus-Christ, est un frère de Clément Métezeau. L'architecte avait déjà travaillé pour l'Oratoire à Marines, près de Pontoise, avec l'entrepreneur Nicolas Lemercier, père de Jacques Lemercier. Le plan de l'église est compris dans un plan rectangulaire avec un chœur en abside en hémicycle et une chapelle de plan carré. La façade est prévue rue Saint-Honoré. Les recommandations du concile de Trente n'imposaient plus d'orientation pour les églises. Le terrain est nivelé au printemps 1621. Les fondations sont jetées au moment de la pose de la première pierre, le 22 septembre 1621, par le duc de Montbazon, gouverneur de Paris. Les travaux sont confiés au maître maçon Frémin de Cotte, grand-père de Robert de Cotte. En 1622, alors que les murs commencent à monter, Clément Métezeau est remplacé par Jacques Lemercier. Ce dernier est probablement l'architecte de la chapelle Saint-Roch de l'église de Marines, élevée en 1619-1620, par son père.

Temple protestant de l'Oratoire du Louvre

Jacques Lemercier a conservé le plan de l'église mais a modifié la chapelle du chevet pour lui donner un plan ovale. Le chantier se poursuit normalement jusqu'à l'été 1623. Le surintendant des bâtiments, le marquis de La Vieuville, s'oppose au projet en raison de son incompatibilité avec les plans du grand dessein prévu sous Henri IV pour le palais du Louvre, avec un quadruplement de la cour Carrée avec des jardins et des bâtiments annexes à l'emplacement de l'église de l'Oratoire. Le chancelier de Sillery et la reine mère obtiennent de Louis XIII qu'il fasse des prêtres de l'Oratoire des chapelains du Louvre, le 23 décembre 1623. Un arrêt du Conseil du roi élève l'église au rang de chapelle royale le 17 juillet 1624 et en confie la réalisation à Clément Métezeau. L'arrêt prévoit que l'église réponde à l'axe du Louvre prévu dans le grand dessein. À cette date, la construction de la partie sud de l'église, y compris le transept, est pratiquement terminée.

Les travaux vont alors s'arrêter car Bérulle n'a pas pu acheter qu'une seule maison sur la rue Saint-Honoré. On note en 1625 que les travaux sont arrêtés sur l'église car les maisons des sieurs Morel et de Montreuil n'ont pu être achetées. La seconde est achetée en juin 1627 quand le roi fait un don de 10 000 livres pour relancer le chantier. On monte les murs de la première travée de la nef à côté du transept et on réalise une entrée rue Saint-Honoré.

Les chapelles perpendiculaires à la nef étaient attribuées à des familles proches des Oratoriens. Ces familles les ont fait décorer par Philippe de Champaigne, Charles Le Brun et Simon Vouet. Elles abritaient des tombeaux.

L'arrêt des travaux en 1630[modifier | modifier le code]

Le cardinal de Bérulle est soutenu par le parti dévot. Ce dernier avec la reine mère, le garde des sceaux de France Michel de Marillac, Gaston d'Orléans s'opposent au cours du conseil du 26 décembre 1628 à la politique de Richelieu qui veut intervenir en Italie pour aider le duc de Nevers, héritier du duché de Mantoue, dans la guerre de succession de Mantoue et encerclé dans la place de Casal par les troupes espagnoles. Richelieu cherche à éviter l'encerclement du royaume par les Habsbourg d'Espagne et d'Autriche en se rapprochant des protestants à l'extérieur du royaume tout en les combattant à l'intérieur, tandis que le parti dévot soutient l'alliance des rois catholiques contre tous les protestants. Après la prise de La Rochelle, l'armée française peut intervenir en Italie et, après la prise de Suse, aider à la libération de Casal avec un traité signé le 19 avril 1929 constatant l'accord entre la France, la Savoie et Mantoue. Cette victoire en Italie et la paix d'Alès ne désarment pas l'opposition du parti dévot contre Richelieu. Le père de Bérulle meurt le 2 octobre 1629. Au début de 1630, une armée espagnole et une armée impériale attaquent le duché de Mantoue. Richelieu, principal ministre d'État et lieutenant-général des armées d'Italie, repasse les Alpes avec l'armée française. Il a fait sa première rencontre avec Mazarin à Lyon, le 18 janvier, où il a été envoyé pour négocier par le duc de Savoie. L'armée française occupe la Savoie et prend le contrôle de Casal qui était occupée par les troupes espagnoles le 26 octobre. Le roi tombe gravement malade à Lyon et est considéré comme perdu le 30 septembre. La reine mère obtient de lui de chasser Richelieu du pouvoir, mais le roi se rétablit. Un conseil tenu le 24 octobre à Roanne donne l'occasion à la reine mère d'accuser Richelieu de retarder la paix. De retour à Paris en novembre, les attaques du parti dévot vont se multiplier jusqu'à la journée des dupes, le 10 novembre 1630, qui voit le triomphe de Richelieu sur la reine mère et le parti dévot qui perdent tout pouvoir.

Le chantier est fermé en 1630. Le plan de Turgot montre l'église inachevée en 1734-1739.

Oratoire royal, c’est dans cette église qu’ont lieu les services funèbres de Richelieu puis de Louis XIII et des reines Anne d’Autriche et Marie-Thérèse. La pompe funèbre du chancelier Séguier, le 4 mai 1672, est celle qui est la mieux documentée.

Fin de la construction de l'église de l'Oratoire[modifier | modifier le code]

Le père Jean-Baptiste Sauge, supérieur de l'Oratoire, décide de terminer la construction de l'église, vers 1730. Le 11 décembre 1739, les trésoriers de France imposent aux Oratoriens de détruire leurs maisons rue Saint-Honoré et rue du Coq frappées de vétusté. On découvre à cette occasion les anciennes fondations de l'église et on constate qu'il ne manque que 2,60 m pour arriver jusqu'à la façade. Un appel d'offres a dû être lancé auprès d'architectes car on possède des propositions des architectes Jacques V Gabriel et Gilles-Marie Oppenord. Finalement les Oratoriens confient les travaux à leur architecte, Pierre Caqué (mort en 1767). Les travaux des fondations commencent en 1740 et un mémoire avec quittance est daté de décembre 1741. En 1742, il construit une maison de rapport, rue Saint-Honoré. La façade rue Saint-Honoré est élevée entre 1744 et 1746 avec des sculptures de Claude-Clair Francin (1702-1773) et Nicolas-Sébastien Adam dit le Jeune[2]. Entre 1746 et 1748, l'architecte entreprend le ragrément de l'intérieur de l'édifice pour harmoniser les pierres des parties ancienne et nouvelle. L'architecte en profite pour supprimer les serliennes des tribunes réalisées par Lemercier. En 1747 il entreprend la réalisation d'un maître-autel à baldaquin. Les travaux sont terminés en 1748 pur un coût de 397 335 livres. L'église est consacrée le 12 juillet 1750 par l'archevêque de Sens, Mgr Jean-Joseph Languet de Gergy

De l'église de l'Oratoire au temple de l'Oratoire[modifier | modifier le code]

De l'édit de tolérance à la chute de Robespierre[modifier | modifier le code]

Après l'édit de tolérance, signé le 7 novembre 1787 par Louis XVI et enregistré par le parlement de Paris le 29 janvier 1788, les protestants de Paris vont être à la recherche d'un lieu de culte. Le premier pasteur agréé par la communauté protestante de Paris sur proposition du pasteur Jean-Paul Rabaut de Saint-Étienne, président de l’Assemblée constituante, en 1790, est Paul-Henri Marron. Le premier lieu de culte, en juin 1789, est l'arrière-salle d'un marchand de vin, rue Mondétour. Puis les protestants se réunissent au 105, rue Dauphine, dans un hôtel où Antoine Court de Gébelin avait installé le cénacle du Musée de Paris et où se réunissait la loge maçonnique des Neuf Sœurs. Le maire de Paris, Jean Sylvain Bailly leur permis d'obtenir le bail de l'église désaffectée Saint-Louis-du-Louvre. C'est le 22 mai 1791 de la dédicace a été faite, le jour de Pâques. Paul-Henri Marron manifesta son soutien aux nouvelles institutions politiques. Le 13 octobre 1791, il prêche en présence du maire de Paris sur le texte de l'évangile de Jean (Jean 8,32) : «vous connaissez la vérité et la vérité vous rendra libre». L'assistance aux offices va croissante.

Après avoir été le lieu du sacre des premiers évêques constitutionnels par Talleyrand, en février 1791, la congrégation de l’Oratoire a été dissoute par les révolutionnaires le 14 décembre 1792. Les bâtiments changent d'affectation. Des services administratifs occupent les logements. L'église est affectée à un magasin de décors de théâtres. La plupart des décors de l'église ont alors été supprimés, y compris les statues de la façade sur la rue Saint-Honoré. Le tombeau de Bérulle est détruit. Le maître-autel de Pierre Caqué est démonté en janvier-février 1793. Vingt quatre tableaux sont envoyés au dépôt des Petits-Augustins d'Alexandre Lenoir.

L'instauration de la Commune révolutionnaire va poser des problèmes. Paul-Henri Marron est arrêté à trois reprises. La chute de Robespierre le libère définitivement. Le culte réformé est repris en mars 1795.

Après 1795[modifier | modifier le code]

Les protestants parisiens vont entretenir des relations avec le pouvoir, le Directoire, puis le Consulat. Après le Concordat de 1801, la loi du 18 germinal an X (8 avril 1802) concernant les cultes présents en France reconnait la place des protestants à l'intérieur de la communauté nationale.

Dans un rapport remis par le pasteur Marron au préfet Nicolas Frochot en octobre 1802, il estime à plus de 20 000 protestants déclarés à Paris. Le ministre des Cultes Jean-Étienne-Marie Portalis affecte l'ancienne église Saint-Louis-du-Louvre au Consistoire, le 2 décembre 1802.

La loi de germinal a été imposée par Bonaparte sans discussion avec les représentants des églises. Pour les protestants, elle prévoit une église dite «consistoriale». Elle indique dans son article 16 : «Il y aura une église consistoriale par six mille âmes de la même communion». Pour Paris, avec 20 000 âmes, cela suppose trois églises consistoriales, ce qui est contraire à la tradition ecclésiastique réformée. Le gouvernement accepte finalement, le 3 décembre 1802, qu'il n'y ait qu'une seule Église consistoriale réformée à Paris. Cette église regroupe les protestants de Paris, de la banlieue et les petits groupes de l'Île-de-France. La loi prévoit que ces Églises consistoriales doivent être dirigées par une assemblée, le Consistoire, regroupant le pasteur et un groupe de laïcs, les «anciens», «choisis parmi les citoyens les plus imposés au rôle des contributions». Le 20 janvier 1803, l'ancien consistoire choisit douze personnalités pour l'aider à choisir les anciens. On trouve parmi eux sept banquiers. Le 27 janvier 1803, les anciens du nouveau consistoire sont élus. Le Consistoire est reçu par Bonaparte le 30 janvier qui les félicite des choix faits.

Le Consistoire désigne les trois premiers pasteurs qui sont nommés par le Premier Consul : Henri-Paul Marron, Jacques-Antoine Rabaut dit Rabaut Pommier, frère de Rabaut-Saint-Étienne et de Rabaut-Dupuy, et Jean-Frédéric Mestrezat, descendant d'un pasteur de Charenton contre lequel avait écrit François Véron.

Deux autres églises désaffectées ont été données aux protestants parisiens, la chapelle du couvent des Visitandines, en 1802, ancienne église du couvent de la Visitation Sainte-Marie (couvent installé à l'initiative de François de Sales et de Jeanne de Chantal) et située rue Saint-Antoine, et l'ancienne chapelle des Bernardines de Penthemont, rue de Grenelle. Cette dernière, utilisée par l'armée, n'a été libérée qu'en 1842.

L'église Saint-Louis-du-Louvre va rapidement se montrer trop petite pour accueillir tous les fidèles. Dès septembre 1808, le Consistoire a la certitude que le projet de réunification du palais des Tuileries avec le Louvre va entraîner la démolition de l'église Saint-Louis. Le Consistoire envisage de s'installer aux Théatins, quai Voltaire, puis à l'Oratoire du Louvre qui est occupé par les magasins de décors de l'Opéra, du Vaudeville et du Théâtre Français. L'archevêque de Paris, le cardinal Maury, écrit le 1er février 1810, au ministre des Cultes pour signifier sa vive opposition à ce projet.

Finalement, le 4 février 1811, le ministre des Cultes écrit au préfet de la Seine : «Monsieur le Comte, Sa Majesté a autorisé l'ouverture de l'église de l'Oratoire en faveur du culte protestant, mais provisoirement seulement, en attendant qu'il ait été pris un parti définitif sur le temple qui leur sera accordé».

L'Opéra et le Vaudeville déménagèrent rapidement leurs décors. Le Théâtre Français fut plus long, mais le représentant du consistoire réussit à obtenir que tout fut déplacé pour les Rameaux. Tout le mobilier de l'église Saint-Louis-du-Louvre est alors transporté à celle de l'Oratoire et les travaux de démolition de l'église Saint-Louis commencèrent immédiatement. Une porte de l'église Saint-Louis est remontée à l'Oratoire du Louvre.

Le premier culte est célébré le 11 mars 1811. Le pasteur Paul-Henri Marron y prononce le premier sermon avec pour thème : « La nuit est passée, le jour s'est levé ». Depuis lors, le culte protestant a été célébré chaque dimanche à l’Oratoire du Louvre. L'église de l'Oratoire est devenue par la suite propriété de la Ville de Paris et ne fut concédée définitivement au culte protestant qu'en 1844.

Après 1815[modifier | modifier le code]

Athanase Josué Coquerel, qui prêcha au temple de l'Oratoire au XIXe siècle

Le chœur des Oratoriens qui se trouvait derrière le chœur de l'église est transformé en salle du Consistoire en 1821. Il est coupé en deux étages. Le rez-de-chaussée sert de sacristie.

En 1828 un nouvel orgue est installé dont le buffet de bois à pilastres corinthiens a été dessiné par Étienne-Hippolyte Godde, architecte de la ville. Victor Baltard succède à Godde en 1848 comme « architecte en chef des services des Beaux-Arts de la Ville de Paris et des édifices diocésains du département de la Seine ». Il a transformé en temple la chapelle de l'abbaye de Penthemont. En 1855, il rétablit la croix du lanternon. Il ouvre une porte, rue de l'Oratoire et prolonge les couloirs se trouvant de part et d'autre de la nef pour qu'ils se rejoignent pour se réunir autour de l'ancienne chapelle des Oratoriens.

Il est impliqué dans les discussions sur l'architecture autour de l'église au moment de la réalisation de la rue de Rivoli, en 1852. Il était prévu de réaliser un bâtiment pour la Caisse des Dépôts et Consignations en barrant de la rue de l'Oratoire. Victor Baltard a imaginé de prolonger le portique à arcades des élévations prévues dans le règlement d'urbanisme pour la rue et permettant de dégager le chevet de l'église. Les anciens bâtiments de l'Oratoire étant détruits, une nouvelle maison consistoriale est construite au no 4 de la rue de l'Oratoire.

Autres transformations[modifier | modifier le code]

Vue de l'ensemble monumental.

En 1889 une statue de l’amiral de Coligny est installée au chevet de l’église, 160 rue de Rivoli. L'ensemble du monument est réalisé suivant les plans de l'architecte Louis Henri Georges Scellier de Gisors par le sculpteur Gustave Crauk (1827-1905). La statue de l'amiral de Coligny est entourée de celles représentant la Patrie et la Religion. La première rappelle l'organisation de la défense du pays après la défaite de Saint-Quentin, en 1557, la seconde, la position de Coligny comme chef du parti protestant. Une plaque rappelle son assassinat lors de la Saint-Barthélemy.

En 1854, les bâtiments conventuels qui se trouvaient au chevet de l'église sont démolis pour permettre le passage de la rue de Rivoli.

Au XIXe siècle, elle est le siège du consistoire protestant de Paris. Elle devient paroisse autonome en 1882. Plusieurs grands noms du protestantisme français y ont été pasteurs, comme Wilfred Monod, le père de Théodore Monod.

Architecture[modifier | modifier le code]

L’église est construite entre 1621 et 1630 par Clément Métezeau et Jacques Lemercier pour la partie sud, jusqu'au transept. Sa construction est terminée, avec la façade, par Pierre Caqué entre 1740 et 1745.

L'église reprend le plan des églises de la Contre-Réforme dont le prototype est l'église du Gésù, construite par Vignole pour les jésuites à Rome.

Un arrêté du 24 avril 1907 classe le temple aux monuments historiques[3].

Le temple après les travaux de rénovation de 2011


L'orgue[modifier | modifier le code]

Depuis son ouverture en 1811, le temple de l'Oratoire du Louvre a eu successivement quatre instruments[4]:

L'orgue de Saint-Louis-du-Louvre avait été offert en 1790 par Louis Féline, membre du Consistoire réformé. L'orgue trop petit pour le nouveau bâtiment n'a été remplacé qu'en 1828. Le petit orgue est alors cédé en 1835 à l'Église réformée de Nantes.

L'orgue Merklin de 1898, qui commençait à donner des signes alarmants de fatigue après n'avoir reçu aucun entretien pendant cinquante ans, a connu une importante reconstruction et augmentation (de 32 à 67 jeux) de 1957 à 1962, travaux effectués par la firme Danion-Gonzalez.

L'organiste titulaire était Marie-Louise Girod, remplacée en 2008 par Jean-Dominique Pasquet.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sous la direction de Philippe Braunstein, L'Oratoire du Louvre et les protestants parisiens, Labor et Fides, Genève, 2011 (ISBN 978-2-8309-1432-0) ; p. 349
  • Sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Le Guide du patrimoine : Paris, p. 370-372, Hachette, Paris, 1995 (ISBN 978-2-01-016812-3)
  • Aline Dumoulin, Alexandra Ardisson, Jérôme Maingard, Murielle Antonello, Reconnaître Paris, d'église en église, p. 29-30, Massin, Paris, 2008 (ISBN 978-2-7072-0583-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]