Temple d'Israël

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Temple d'Israël
Entrée du Temple d'Israël.
L'entrée de la synagogue.
Présentation
Nom local (en) Temple Israel
Culte Judaïsme réformé
Type Temple
Début de la construction 1853
Fin des travaux 1976
Architecte Francis Gassner
Style dominant Architecture contemporaine
Site web www.timemphis.org
Géographie
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
État Tennessee
Comté Shelby
Ville Memphis
Coordonnées 35° 06′ 40″ N 89° 50′ 47″ O / 35.111139, -89.846288 ()35° 06′ 40″ Nord 89° 50′ 47″ Ouest / 35.111139, -89.846288 ()  

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Temple d'Israël

Le Temple d'Israël est une congrégation juive réformée de Memphis, dans le Tennessee. Il s'agit de la seule synagogue réformée de Memphis, la plus ancienne et la plus importante congrégation juive du Tennessee, et l'une des plus grandes congrégations réformées aux États-Unis. Le temple a été fondé en 1853 par des juifs pour la plupart allemands comme la « Congregation B'nai Israel » (en hébreu : « les enfants d'Israël »). D'abord dirigé par des hazzans, le temple embaucha en 1858 son premier rabbin, Jacob Peres, et loua son premier bâtiment, qu'il restaura avant de finalement l'acheter.

Peres fut démis de ses fonctions en 1860 pour avoir tenu un magasin qu’il ouvrait également le samedi, le jour du shabbat. Il fut remplacé par Simon Tuska qui amena la congrégation du Judaïsme orthodoxe au Judaïsme réformé. Il mourut en 1871 et Max Samfield lui succéda. Sous sa direction, la synagogue fut l’une des fondatrices de l’Union pour le judaïsme réformé. En 1884, les Enfants d’Israël construisirent un nouveau bâtiment ce qui eut pour effet d’agrandir rapidement la communauté. Samfield mourut en 1915 et fut remplacé par Bill Fineshriber, un ardent défenseur du droit de vote des femmes et de l’égalité des droits pour les Noirs américains. L’année suivante la congrégation emménagea dans un nouveau bâtiment dans lequel la communauté ne cessa de croître. Fineshriber partit en 1924 et Harry Ettelson le remplaça.

La synagogue subit plusieurs difficultés durant la Grande Dépression : le nombre d’adhésions chuta, l’école de la congrégation fut fermée et le personnel vit baisser son salaire. Heureusement les conditions s’améliorèrent dans les années 1930. En 1943 la synagogue changea de nom pour celui de Temple d’Israël tandis qu’à la fin des années 1940, son nombre d’adhérent avait presque doublé par rapport à son point le plus bas dans les années 1930. Ettelson prit sa retraite en 1954 et fut remplacé par Jimmy Wax.

Wax se fit connaître en se joignant au mouvement des droits civiques. Bien que certains membres (particulièrement ceux dont la famille avait vécu dans le Sud depuis des générations) avaient un point de vue ségrégationniste, d’autres eurent une importance de premier ordre dans le combat pour les droits civiques des Noirs américains. Pendant la direction de Wax, les membres du Temple d’Israël s’éloignèrent de la synagogue déjà existante. En 1976, elle fit construire un autre bâtiment (l’actuelle synagogue) dans un lieu plus proche de l’endroit où vivait la plupart des membres. Wax prit sa retraite en 1978, fut remplacé par Harry Danziger qui ramena la congrégation à des pratiques plus traditionnelles. Il se retira en 2000 et Micah Greenstein lui succéda. Depuis 2010 le Temple d’Israël compte près de 1600 familles membres. Greenstein en est le grand rabbin et John Kaplan le hazzan.

Les premiers temps (1853-1857)[modifier | modifier le code]

Le Temple d’Israël est créé en tant que Congrégation orthodoxe de B’nai Israel en 1853 par 36 chefs de famille. Une charte lui est accordée par la législature d’État du Tennessee le 2 mars 1854[1],[2]. Cette charte est issue de la Memphis’s Hebrew Benevolent Society (Société hébraïque bénévole de Memphis), créée en 1850 par des Juifs allemands. La Société bénévole s’occupe alors du cimetière juif de Memphis, aide les Juifs démunis et conduit l'office du Yamim Noraïm[3]. La congrégation est initialement menée par des hazzans à temps partiel[4]. Le premier, Jonas Levy, est engagé comme hazzan et shohet[5]. H. Judah lui succéda, puis J. Sternheimer[4]. Une école hébraïque est créée puis dirigée par Sternheimer[6]. En 1857, B’nai Israel engage un organiste, Christopher Philip Winkler, décrit par Tim Sharp (doyen du département des beaux-arts au Rhodes College de Memphis) comme le « Doyen des musiciens de Memphis ». Né en Allemagne en 1824, il a émigré aux États-Unis à l’âge de 16 ans et emménagé à Memphis en 1854. Il y enseigne la musique, l’interprète et en compose pour les offices de B’nai Israel. En 1894, il avait réalisé plus de 850 morceaux pour la congrégation[7].

Durant les premières décennies, la congrégation célèbre le culte en différents endroits du centre-ville de Memphis, sur les rives du Mississippi. Elle reçoit un legs de 2 000 $ de la part d’un philanthrope de la Nouvelle-Orléans, Judah Touro, et l’utilise pour acheter un terrain sur la Deuxième avenue mais ne se sent pas suffisamment sûre financièrement pour construire une synagogue. Le terrain est finalement vendu[8]. À la place, les membres accueillent chez eux la célébration du culte pendant toute l’année 1853. Par la suite, jusqu’en 1857, plusieurs locaux sont loués sur Front Street[9]. Les fonds légués par Touro permettent en fin de compte aux membres de louer des bâtiments à la Farmers and Merchants Bank sur Main street et Exchange avenue à la fin de l’année 1857 qu’ils transforment en synagogue[10]. Deux comités lèvent des fonds pour sa rénovation, l’un d’eux sollicite des dons de la part de « tous les Israélites de la ville tandis que l’autre doit « recevoir les souscriptions des Gentils » (les non-Juifs). Des fonds supplémentaires sont levés en vendant la place réservée des membres dans le nouveau sanctuaire. Une vente aux enchères est tenue le 18 mars 1858 dans laquelle le siège de 50 hommes sont vendus pour 343 $ et de 44 femmes pour 158 $. Les locaux rénovés possèdent 150 sièges pour les hommes et à peu près 50 pour les femmes[11]. En 1860, la congrégation s’engage à acheter la propriété; en 1865, elle avait complètement remboursé sa dette[12]. Le 2 mars 2007, 153 ans exactement après que la congrégation eut reçu sa charte de l’État du Tennessee, une plaque est érigée par la Shelby County Historical Commission (Commission historique du comté de Shelby), la Jewish American Society for Historic Preservation (La Société judaïque américaine pour la préservation du patrimoine historique) et le Temple d’Israël à l’angle de la rue où la synagogue se tenait à l’époque. La plaque décrit le bâtiment comme le « premier lieu de culte juif permanent du Tennessee »[2],[13].

L’adhésion à B’nai Israel est restreinte aux hommes et la présence aux réunions trimestrielles (au moins) est obligatoire. Les hommes manquant une réunion sans une excuse recevable doivent payer une amende[14]. Les membres instituent également des règles censées protéger l’image de la petite congrégation juive aux yeux de la communauté chrétienne, majoritaire dans la ville. L’adhésion de nouveaux membres doit être approuvée par la communauté à bulletin secret. Un membre pouvait aussi être suspendu ou expulsé s’il agissait de manière déshonorante[4].

B’nai Israel est la seule congrégation juive de Memphis et, depuis sa créations, les membres sont partagés entre traditionnalistes et réformateurs[15]. Lors de la rénovation du bâtiment, la congrégation vote à dix-huit voix contre quatorze le maintien traditionnel de la séparation des hommes et des femmes[16]. En 1858, avec suffisamment de fonds pour engager à plein temps un leader spirituel, elle consulte Rabbi Isaac Leeser, le leader de la communauté juive orthodoxe américaine mais prend aussi contact avec Rabbi Isaac Mayer Wise, leader du tout nouveau mouvement juif réformé d’Amérique, qui avait consacré le dernier sanctuaire de B’nai Israel cette même année[17]. Les membres lancent une annonce dans le journal de Wise, The American Israelite (ainsi que dans d’autres journaux juifs de langue anglaise) en même temps qu’une annonce pour rechercher un boucher casher[4]. Leeser leur recommande finalement le rabbin orthodoxe Jacob J. Peres[18].

Un premier rabbin : Jacob J. Peres (1858-1860)[modifier | modifier le code]

The head of a man with a long curly full beard, his hair parted on his left
Rabbi Jacob J. Peres

Né et élevé aux Pays-Bas, Peres est un enfant prodige qui, avant d’avoir eu dix-huit ans, a déjà publié une grammaire d’hébreu ainsi qu’un livre de proverbes écrits en cinq langues. Après l’obtention de son diplôme de lycée, Guillaume Ier des Pays-Bas pour participer au Séminaire israélite des Pays-Bas dans lequel il poursuit des études rabbiniques et laïques en même temps[4],[15]. Il est alors versé dans les mathématiques aussi bien que dans les langues, la littérature ou le droit. Il cofonde Peres and Micou, un cabinet juridique[15].

B’nai Israel engage Peres en décembre 1858 comme hazzan et professeur d’anglais et d’allemand avec un salaire annuel de 600 $ et des avantages sociaux s’élevant à 400 $[18]. En comparaison le salaire du boucher casher est de 300 $, sans compter ce qu’il gagne en tuant les volailles[4]. Peres dirige également l’école hébraïque, la chorale tout en étant de fait le rabbin[4],[6]. Sous sa direction, la communauté s’intéresse sérieusement à la situation critique des Juifs dans le monde. Pendant une réunion de congrégation en janvier 1860, elle rassemble de l’argent des membres présents et de la trésorerie de B’nai Israel pour aider les Juifs marocains et créent un comité censé lever des fonds à Memphis en leur propre nom. La congrégation s’oriente de plus en plus vers l’Orthodoxie et fait passer une règle stipulant que seuls les membres observant strictement la Loi juive(Shomer Shabbat), peuvent faire lecture de la Torah pendant les jours de yamim noraïm (jours redoutables)[19].

Peres ne trouvant pas son salaire suffisamment élevés pour pouvoir répondre à ses besoins, ceux de sa femme et de ses quatre enfants, il ouvre une épicerie pour augmenter ses revenus et reçoit une commission (avec la vente d'autres marchandises en consignation) avec son frère. Comme le samedi, jour du Shabbat juif, est aussi le jour le plus animé pour les commerçants, il décide de garder son magasin ouvert ce jour-là, chose totalement contraire au shabbat et en désaccord avec les règles qu’il avait lui-même promues. Quelques membres en font la remarque et lors de la réunion trimestrielle de B’nai Israel en avril 1860, les premières chefs 'accusations sont portées contre lui; par la suite un tribunal juif le reconnaît coupable et Peres est renvoyé. En retour, il poursuit la congrégation en justice devant un tribunal civil pour perte de salaire et diffamation. Cette affaire est portée devant la Cour suprême du Tennessee et jugée en sa faveur pour la perte de salaire mais contre lui quant à la diffamation. La cour déclare qu’« une institution religieuse est souveraine; ses lois et ses règlements sont suprêmes; et sa politique et ses pratiques ne peuvent être contestées par une procédure juridique dans une cour de justice »[15].

Après le renvoi de Peres, les membres commencent à rechercher un rabbin « modérément réformé ». Cette fois, ils consultent Wise et non Leeser. Le poste proposé dans le journal de Wise est celui d’ « enseignant, de prédicateur et de lecteur » avec un salaire de 1 000 $ par an. La congrégation exige que le postulant puisse « enseigner l’hébreu aux enfants, fasse une lecture hebdomadaire en allemand ou en anglais et sache lire correctement les Prières »[20]. En 1860, elle engage Simon Tuska[21]. Peres reste à Memphis et les tensions théologiques à l’intérieur de la congrégation s’apaisent lorsque quarante des membres les plus traditionnels partent avec Peres comme leader spirituel pour former la congrégation orthodoxe Beth El Emeth au début des années 1860[22]. Ce genre de scission est alors banal dans les congrégations américaines de l’époque[20].

Simon Tuska (1860-1871)[modifier | modifier le code]

The head of a man with a large forehead and receding hair, a mustache and soul patch, and long thick sideburns, wearing small wire-rimmed glasses and a dark bow-tie
Rabbi Simon Tuska

Né à Veszprém en Hongrie en 1835, Tuska est élevé à Rochester dans l’État de New York où son père est rabbin. Tuska est élève au Colgate Rochester Crozer Divinity School jusqu’à l’obtention de son diplôme en 1858. Il est envoyé par la suite au séminaire de théologie juive de Breslau afin de devenir rabbin[23]. Il n’obtient pas son diplôme et retourne aux États-Unis en 1860 où il répond à une offre d’emploi lancée par la Congrégation Emanu-el de New York mais on lui refuse le poste pour sa petite taille et sa voix faible[21]. Ensuite il postule au Temple d’Israel dans lequel il est unanimement élu le 1er juillet 1860 et signe un contrat de trois ans pour 800 $ par an[24]. Il s’avère très populaire dans la congrégation et en janvier 1863, six mois avant la fin du contrat, son renouvellement est déjà prévu. Il est réélu rabbin pour dix ans et son salaire est élevé à 1 500 $ par an[25].

Tuska réforme l’office de B’nai Israel en supprimant les piyyoutim (poèmes liturgiques) en 1861 et en ajoutant un orgue et une chorale mixte en 1862 ainsi qu’un rite de confirmation pour les jeunes juifs souhaitant embrasser pleinement la religion[26]. Il raccourcit également le livre de prière (adoptant ainsi le “Minhag America” de Wise), il ajoute un dernier office de nuit le vendredi et crée patriotiquement des offices à thème pour Thanksgiving et le Jour national de prière (National Day of Prayer)[27]. La congrégation ayant besoin de plus de bancs, Tuska en place d’abord dans la section des hommes et des femmes puis place les bancs familiaux là où hommes et femmes peuvent s’asseoir ensemble[28]. En mars 1864, il célèbre le premier mariage juif du Tennessee; jusqu’à cette année, cet état n’autorisait pas les rabbins à effectuer de mariage[1]. Il s’impliqua aussi dans la ville de Memphis et participe à des offices interconfessionnels[29].

Tuska soutient l’esclavage, décrivant les abolitionnistes tels que Henry Ward Beecher comme des « fanatiques ». Comme la plupart des membres de B’nai Israel, après que les hostilités eurent commencé entre l’Union et les États confédérés d'Amérique, il soutient la sécession (le Tennessee est le dernier état à déclarer son retrait de l’Union)[30]. Plus de dix membres de la congrégation se portent volontaire dans l’Armée des États confédérés après que la guerre a éclaté. Ils reçoivent des honneurs spéciaux et des bénédictions durant une cérémonie du shabbat[31]. Plusieurs école de Memphis ferment alors à cause de la guerre civile; en retour, B’nai Israel crée un institut scolaire hébraïque en 1864[32]. L’école laïque comprenant une centaine d’élèves enseigne l’anglais, l’hébreu, l’allemand et le français ainsi que la géographie et la musique. Tuska est alors l’un des professeurs de langue de l’école. Cependant le manque d’argent force la fermeture de l’établissement en 1868[33].

En 1864, B’nai Israel compte 83 membres. L’emprunt pour la construction de la synagogue est remboursé en 1865[12], mais en 1867 les dépenses de la synagogue dépassent ses revenus[34]. La cotisation est augmentée à 4 $ par membre et par moi et la congrégation fait un nouvel emprunt[34]. En janvier 1870, la congrégation déplace l’office de nuit du vendredi à 19 h 30; auparavant l’office avait lieu juste après le coucher du soleil, en accord avec la loi juive, ce qui signifiait un office de nuit en été et un office en fin d’après-midi en hiver (plusieurs années après, l’office du Yamim Noraïm est déplacé à cette même heure). Cette année, Tuska commence à donner son sermon du vendredi soir en anglais plutôt qu’en allemand[34]. En 1871, la communauté atteint les cent membres[16]. À la fin de cette année, Tuska meurt d’une attaque cardiaque[35].

Max Samfield (1871-1915)[modifier | modifier le code]

Max Samfield succède à Simon Tuska en 1871[36]. Fils de rabbin, il nait en 1846 à Marktsteft en Bavière et est ordonné rabbin en Allemagne[37]. Il part pour les États-Unis en 1867 pour être rabbin de la congrégation B’nai Zion de Shreveport en Louisiane où il travaille pendant quatre ans[38]. Il est ensuite en sérieuse compétition pour le poste de rabbin à B’nai Israel puisqu'il y a au moins une dizaine de candidats. Cependant, Samfield prêche durant le shabbat avant l’élection du rabbin; il est finalement engagé pour un an[39]. Fervent partisan du judaïsme réformé[40], il s’associe avec Wise pour fonder l’union des congrégations hébraïques américaines (maintenant Union pour le judaïsme réformé) et, sous sa direction, B’nai Israel devient l’un de ses membres fondateurs en 1873[41]. Il est aussi président du conseil d’établissement de l’Hebrew Union College (HUC) à Cincinnati en Ohio et superviseur de la Conférence Centrale des Rabbins Américains (Central Conference of American Rabbis)[42]. En 1875, il demande à la congrégation s’il peut abandonner la traditionnelle kippa pendant les prières[43], les membres répondent que tous les hommes seront dès lors priés de retirer leur kippa durant l’office [44]. Il pousse la congrégation à adopter le nouveau Union Prayer Book du mouvement réformé en 1896 mais ne va pas jusqu’à déplacer l’office du shabbat le dimanche[45]. Comme la plupart des rabbins réformés de l’époque, il est fermement anti-sioniste, écrivant que le sionisme est « une éruption anormale de sentiment perverti »[46].

A stout clean-shaven man wearing wire-rimmed glasses and a long dark formal jacket sits at a small round table with a book open on it. His right hand and forearm rest on the open pages.
Rabbi Max Samfield

Franc-maçon de la Grande Loge d’Écosse[42], Samfield est engagé dans la vie publique. Quand la première Société pour la Prévention de la Cruauté envers les Animaux et les Enfants est formée en 1880, il devient son premier vice-président[47], en 1889, il mène une collecte de fonds pour le premier hôpital civil de Memphis, St. Joseph’s Hospital, une institution catholique[48]. Il fonde l’Association de secours hébraïque de Memphis (Hebrew Relief Association), une association caritative laïque (United Charities) et devient le directeur du foyer des orphelins juifs de la Nouvelle-Orléans, de la maison des tuberculeux juifs de Denver et de l’association de logement des sans-abris de New York[42]. Pendant les quinze dernières années de sa vie, il travaille sur la création d’une maison juive du Sud pour le troisième âge et les infirmes (finalement terminée en 1927)[49].

Pendant l’épidémie de fièvre jaune, il reste, lui et d’autres rabbins ainsi que des juifs engagés de Memphis, dans la ville au lieu de fuir[50]. Pendant les sept semaines que dure l’épidémie, 51 personnes sont enterrées au cimetière de B’nai Israel, presque le double de personnes normalement enterrées en ce lieu en une année[51]. Lorsqu’une autre épidémie de fièvre jaune éclate en 1878, Samfield reste encore, s’occupant des morts et mourants de toute confession[52]. Durant cette épidémie, 78 personnes furent enterrées dans le cimetière de la congrégation[53]. Ces nombreuses épidémies déciment la communauté juive qui passe de 2 100 à 300 personnes[52]. Elles frappent également les finances de B’nai Israel; les membres ne pouvant plus payer leurs cotisations, la congrégation ne peut plus se permettre de payer Samfield pendant un temps[54]. Cependant, en 1880, la communauté atteint le nombre de 124 familles ce qui permet alors d’améliorer les finances[16]. À cette époque, la synagogue est de plus en plus appelée "les Enfants d’Israël"[47]. Beth El Emeth est affecté plus sévèrement par les épidémies que les Enfants d’Israël : Jacob J. Peres, toujours rabbin de la congrégation, meurt de la fièvre jaune en 1879[55]. En 1882, Beth El Emeth se dissout et transfère ses biens aux Enfants d’Israël, bien que la plupart des membres de Beth El Emeth se joignent à la synagogue Baron Hirsch affiliée au judaïsme orthodoxe[16]. Les biens incluent un terrain sur Second Street et le cimetière de Beth El Emeth[56].

En 1872, les Enfants d’Israël achètent un terrain sur Adams Avenue, avec l’intention de construire une nouvelle synagogue mais des pressions financières retardent le projet. En 1880 la congrégation décide de vendre le terrain et en trouve un meilleur. Elle vend sa propriété en 1882 et achète à la place un terrain sur Poplar Avenue entre Second Street et Third Street[57]. En 1884, ils terminent leur nouvelle synagogue pour un coût de 39 130 $[47]. Sa structure de style néo-byzantin est dotée d’une façade impressionnante : deux grandes flèches et une grande rosace comportant une étoile de David[16]. Le bâtiment aide à attirer de nouveaux membres en 1885, 45 membres supplémentaires ont rejoint la communauté pour un total de 173 familles membres. La congrégation n’a plus aucune dette[58]. Cette année, la synagogue acquiert un cimetière sur Hernando Road[59].

Bien que la congrégation continue de croître, la plupart des Juifs immigrés de Memphis viennent d’Europe de l’Est, plus traditionnels que les membres des Enfants d’Israël[52]. Par conséquent, ils forment leurs propres synagogues orthodoxes, la plus ancienne et durable d’entre elles étant la synagogue Baron Hirsch. Les Enfants d’Israël s’attèlent à aider les Juifs d’Europe de l’Est en les assimilant à la société américaine, en leur fournissant une assistance financière, une éducation gratuite en ce qui concerne l’anglais, l’instruction civique et même l’hygiène. De 1897 à 1907, ils tiennent une école du dimanche pour les enfants de la congrégation Baron Hirsch. En 1890, les Enfants d’Israël comptent 186 familles tandis que l’école religieuse compte 148 élèves. En 1897, pour traiter les éternelles questions financières et attirer des membres plus jeunes, la congrégation crée une nouvelle classe de membres ayant une place attitrée, les "seatholder", mais qui ne peuvent être élus à aucune fonction. En retour, ils voient leur cotisation baisser. Cette innovation est un succès; 47 nouveaux membres se joignent à la communauté en 1898, elle compte ainsi 222 familles. Grâce notamment à des réductions de coût dans d’autres domaines (principalement dans le budget réservé au chœur), la synagogue sort de quatre années de déficit financier[60].

À la fin du XIXe siècle, les revenus annuels de la synagogue sont de 7 500 $[61]. À cette époque, la congrégation cesse d’employer des hazzans, comptant sur l’organiste et le chœur pour mener les prières chantées[45]. En 1905, la congrégation compte 262 familles et 285 en 1907; ses revenus annuels sont de 8 500 $[62]. L’école de la congrégation, qui donne des cours une fois par semaine, contient quinze professeurs et 220 élèves[63]. Cette année, la congrégation ajoute 56 sièges dans le sanctuaire principalement pour gérer la présence accrue de membres lors des jours redoutables[64]. Bien que la congrégation se soit agrandie et qu’on ait dû agrandir le sanctuaire, la fréquentation des offices habituels est inégale, surtout le vendredi soir[16]. À partir 1892, Samfield doit réprimander publiquement les membres pour leur présence épisodique au shabbat[65], et en 1907, insiste pour que les membres du conseil assistent à l’office du vendredi soir. Le conseil accepte à condition que Samfield assure que ses sermons ne dureront pas plus de 25 minutes[16]. Malgré cela, en 1904, les Enfants d’Israël lui achètent une maison et en 1910, l’élisent « rabbin à vie » avec un salaire annuel de 4 200 $[66]. Cette année, la congrégation compte 305 familles. En septembre 1911, William H. « Bill » Fineshriber devient le premier rabbin associé de la congrégation[67]. En 1912, la congrégation est une fois de plus trop grande pour son bâtiment[16]. Il y a à présent 340 familles et l’école religieuse compte 260 élèves[68]. La congrégation fait l’acquisition d’un terrain entre Poplar Avenue et Montgomery Street à 3,2 km à l’est de leur synagogue et commence à construire leur nouveau lieu de culte[16].

En plus de ses autres activités, en 1885, Samfield fonde « The Jewish Spectator », un journal hebdomadaire sur la vie et la culture juive du Sud. Il en est l'éditeur jusqu’à sa mort en septembre 1915[69], juste quelques jours avant le jour prévu de sa retraite[70]. Son décès fait les gros titres et pour commémorer sa mort, les tramways de Memphis sont arrêtés pendant dix minutes[71].

William Fineshriber (1915-1924)[modifier | modifier le code]

The head and shoulders of a clean-shaven man with hair parted on his left, wearing round, wire-rimmed glasses and a suit and tie
Rabbi William Fineshriber

Fineshriber succède à Samfield en 1915[44],[71]. Né à Saint-Louis (Missouri) en 1878, son père est un rabbin réformé. Ce dernier meurt à l’âge de 37 ans tandis que son fils n’en a que 13. De sa propre initiative, il part au lycée de Cincinnati. Après l’obtention de son diplôme, il suit les cours de l’Université de Cincinnati et un cursus de huit années à l’Hebrew Union College (HUC). En 1900, il reçoit son diplôme des deux établissements et il est ordonné rabbin[72]. Il accepte sa première chaire cette année au Temple Emanuel de Davenport (Iowa) puis rejoint les Enfants d’Israël en 1911 comme rabbin assistant[44],[71]. Il est le premier diplôme de HUC de la synagogue[67]. Il est tout de suite remarqué pour son esprit vif, son éloquence et sa capacité à disserter sur presque tous les sujets[73]. Souvent cité dans les journaux et engagé dans la communauté de Memphis, il est Rotarien, Shriner et Franc-maçon[74]. Il est également un des premiers suffragistes et prend à cœur cette cause avec les Enfants d’Israël. Lors d’un meeting pour la journée de la femme en 1913 réunissant des orateurs de Louisiane, d’Arkansas, du Mississippi et du Tennessee, il en est le seul représentant masculin. Pendant un rassemblement en 1914, il déclare : « La taxation sans représentation est une tyrannie. Le but de ce rassemblement…est de choquer les habitants de Memphis pour qu’ils réalisent que le suffrage des femmes n’est pas un caprice d’enfant. »[73]

En 1917, il se prononce fermement contre le lynchage d’Ell Persons. Ce dernier, un Noir américain accusé d’avoir violé et décapité une jeune fille blanche âgée de 16 ans, avait été brûlé vif devant des milliers de personnes à Memphis et ses restes démembrés, dispersés et exposés[75]. Fineshriber organise la réunion de la congrégation pour protester contre le lynchage, convainc les membres de condamner publiquement cette exécution que dénonce également une déclaration publiée par un groupe d’ecclésiastiques dont Fineshriber est le secrétaire[76]. Il convainc aussi l’éditeur du plus grand journal de Memphis, « The Commercial Appeal », d’écrire un texte éditorial critiquant ce lynchage[77]. Fineshriber soutient également d’autres causes affectant les Afro-américains; il travaille à l’amélioration de leur logement, pse rend dans les églises noires et les aide dans des collectes de fonds[78]. Il critique le Ku Klux Klan depuis sa chaire. Il fait figure d’exception dans la communauté ecclésiastique de Memphis. En 1921, il publie son intention de « prêcher contre le Ku Klux Klan » devant les Enfants d’ Israël dans un évènement censé attirer de nombreuses personnes extérieures à la congrégation[79]. Le Klan se réorganise cette même année à Memphis, et moins d’un mois avant le discours de Fineshriber, marche publiquement à la célébration du Jour du Souvenir de Nashville. Malgré les menaces contre lui, sa femme et ses enfants, Fineshriber continue de prêcher contre le Klan, à la synagogue et ailleurs[80].

Facing the viewer are the backs of many rows of pews, with a carpeted aisle in the center. At the front of the room is a very large, wooden structure, which fills the far wall.
Sanctuaire, bâtiment de Poplar avenue et Montgomery street

En 1922, en réponse à la tentative de William Jennings Bryan et de ses partisans de bannir l’enseignement de la théorie de l’évolution dans les universités et les écoles publiques, Fineshriber consacre trois sermons du vendredi soir à des débats sur la question. Il souligne devant l’assemblée le « droit inaliénable de libre pensée et de liberté d’expression garanti par la Constitution des États-Unis » et ajoute : « la majorité des prêcheurs intelligents et tolérants du monde n’ont trouvé aucune difficulté à admettre la théorie de l’évolution sans renoncer à la Bible ou à leur religion. Vous ne pouvez adorer Dieu que dans la lumière de la vérité »[81]. Pourtant, en 1925, le Tennessee devient le premier état interdisant l’enseignement de la théorie évolutive dans les écoles publiques. Cette loi ne fut abrogée qu’en 1967[82].

Pendant les premières années de Fineshriber, la congrégation continue de modifier ses pratiques religieuses. Pour les funérailles, elle encourage les parents du défunt à quitter la tombe plutôt que d’attendre que le cercueil soit descendu et qu’ils le recouvrent eux-mêmes avec de la terre (comme l’exigeait la tradition). À cette époque, peu de membres incitent leurs garçons à faire leur bar mitzvah. À la place, filles et garçons participent à la cérémonie de confirmation réformée (bien que la synagogue autorise toujours à ceux qui le veulent de fêter leur bar mitzvah). En 1916, la congrégation élimine l’observance de la fête de Pessa’h et de Souccot, demande à tous les fidèles de se lever lorsque les endeuillés récitent le kaddish, et restaurent la pratique orthodoxe de bénir et de baptiser les nouveau-nés dans la synagogue pendant l’office[83].

Les Enfants d’Israël consacre sa nouvelle synagogue en 1916[84]. Conçue par les architectes locaux, Sir Walk C. Jones et Max Furbringer[85], elle comprend un large dôme central et deux dômes plus petits sur les côtés. Elle est conçue pour ressembler à la basilique Sainte-Sophie d’Istanbul[86]. L’entrée est composée de trois portes à double battant et sur le fronton est taillé un fragment d’un verset de la Bible « TU AIMERAS TON PROCHAIN COMME TOI-MÊME » (Leviticus 19:18)[86]. Le sanctuaire du bâtiment peut accueillir 1 200 personnes. Il y trône également un énorme orgue ayant coûté 10 000 $. L’argent pour ce dernier est collecté par l’Auxiliaire féminin récemment formé dont les activités les plus efficaces pour la collecte de fonds est la vente de plats cuisinés maison. Le bâtiment possède également un auditorium avec une scène et 14 salles de classe pour l’école religieuse[16]. Les locaux libérés par les Enfants d’Israël sont achetés par une nouvelle congrégation orthodoxe qui adopte le nom de l’assemblée dissoute Beth El Emeth[87].

Après l’entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale en 1917, 131 hommes des Enfants d’Israël sont enrôlés ou appelés sous les drapeaux; un seul fut tué[88]. En 1919, la congrégation comprend 450 familles membres et ses revenus annuels atteignent les 18 000 $. L’école de la congrégation, qui fait toujours classe une fois par semaine, compte 14 enseignants et 388 élèves[89]. Les années suivantes, les femmes reçoivent le droit de voter à toutes les réunions de la congrégation[81]. Fineshriber part en 1924 pour devenir le rabbin en chef de la congrégation Keneseth Israel de Philadelphia[90]. Entre le début et la fin de l’occupation du poste de rabbin par Fineshriber, la communauté avait doublé[91], et l’école religieuse était passé de 100 à 500 élèves[92]. Il meurt en 1968. Il est le seul rabbin de la congrégation à ne pas être enterré dans son cimetière[93].

Harry William Ettelson (1925-1954)[modifier | modifier le code]

The head of a clean-shaven man wearing round wire-rimmed glasses and a white shirt and dark tie, covered by a dark robe
Rabbi Harry Ettelson

Harry William Ettelson[94] succède à Fineshriber en 1925, il est le premier rabbin venant du sud des États-Unis à prêcher dans la congrégation[95]. Né en 1883, il est élevé à Mobile (Alabama)[96]. Il fait un baccalauréat universitaire ès lettres (B.A.) à l’université de Cincinnati (obtenant son diplôme de fin d’étude en 1900 à l’âge de 17 ans), puis une maîtrise ès lettres (M.A.) à l’université de Chicago et enfin un doctorat en philosophie (Ph. D.) à l’université de Yale [95]. Ordonné rabbin à HUC en 1904, il travaille d’abord à la Congrégation Achduth Vesholom à Fort Wayne (Indiana) de 1904 à 1910, puis à la Congrégation Beth Israel à Hartford dans le Connecticut de 1911 à 1919[97]. De 1919 à 1925 il devient rabbin associé puis rabbin en chef à la Congrégation Rodelph Shalom à Philadelphie[98].

Ettelson soutient fermement la Plate-forme de Pittsburgh de 1885 et ses principes qui deviendront les fondements de ce qu’on appellera plus tard le judaïsme réformé « classique ». Les offices auxquels il préside reflètent cet esprit : la participation des membres aux offices (surtout faits en anglais) est limitée[16]. À Achduth Vesholom il déplace régulièrement les offices du samedi au dimanche afin d’augmenter la présence des membres[99]. Avant qu’il rejoigne les Enfants d’Israël, la congrégation avait considérablement réformé leurs offices ; elle ne faisait plus de bar mitzvahs, n’observait plus les lois du Cacherout et autorisait les fidèles à faire lecture de la Torah. En dehors du Shema Israël et du kaddich, les prières en hébreu et en araméen avaient été presque toutes éliminées. Bien qu’il ait fait certains changements de rituel lui-même[100], Ettelson reste dans cette tradition et insiste pour que les offices de la communauté, au-delà des pratiques rituelles, promeuvent un judaïsme universel avec une mission de justice et de paix[101]. L’année pendant laquelle il organise le Cross Cut Club, un groupe interconfessionnel tentant de lutter contre les préjugés religieux, il devient son premier président et le redevient en 1950. Il initie entre autres l’Union du service civique de Thanksgiving, une veille interconfessionnelle qui fut tenue pendant de nombreuses années. Dans les années 1930, il prononce un discours lors d’un meeting sur l’intégration raciale mais n’est pas réinvité l’année suivante[102]. Quand Ettelson rejoint la congrégation, elle compte 650 familles membres. Pour remédier à cette augmentation, en 1926, une annexe est construite dans la synagogue pour l’école religieuse [103]. Cette année la congrégation établit également le “Club pour Hommes du Temple » (Temple Men’s Club) qui réunit plus de 200 membres et rejoint la Fédération Nationale des Fraternités de Temple (National Federation of Temple Brotherhoods)[100]. En 1928, la congrégation achète une maison contiguë à la façade sud de la synagogue, pour les réunions de la Junior Congregation, et pour une radio qui diffuse l’office du vendredi soir [104]. La somme pour ces deux achats est offerte anonymement par un membre de la synagogue, Abe Plough, fondateur et président de Schering-Plough Corporate, une entreprise pharmaceutique[105]. Lors de la Grande Dépression, la synagogue est sévèrement frappée. Ses revenus passent de 47 000 $ en 1928 à 23 000 $ en 1932 et la communauté de 750 familles en 1929 à 629 en 1932 [16]. L’école Talmud Torah est fermée à cause du manque de fonds et le conseil se focalise essentiellement sur la pérennité financière de la synagogue. Ettelson demande une réduction de paye de 1000 $ en 1931. En 1933, son salaire ainsi que celui des autres employés de la synagogue est réduit de 10 %[106],[107]. Malgré cela, la Junior Congregation se porte bien, elle paye 189 membres en 1933 et tient l’office du samedi matin et des jours redoutables et organisent de nombreux programmes[107]. La congrégation s’est finalement remise dans l’ensemble, aidée par les membres travaillant dans le monde des affaires[16]. En 1936, la communauté compte 650 familles et la synagogue rembourse définitivement l'emprunt sur la construction de la synagogue[108].

A line of men and women in suits and dresses respectively, standing outside beside a large American flag on a pole. In front of them, a young girl holds a shovel dug into the ground.
École religieuse révolutionnaire, 1950

En 1932, Ettelson devient localement célèbre lors d’un débat à l’Ellis Auditorium de Nashville avec Clarence Darrow, avocat des évolutionnistes lors du procès du singe, sur la question de la nécessité de la religion. Ettelson était bien sûr en faveur de la religion tandis que Darrow était contre[109]. Des accrochages entre Ettelson et certains membres du conseil éclatent en 1937 lorsque le conseil discute son maintien en tant que rabbin. Invité à la réunion, Ettelson parle brièvement et demande sa démission. Le conseil opte pour un vote de la congrégation à la prochaine réunion annuelle lors de laquelle il est réélu à bulletin secret à 303 voix contre 31. En 1938, il prend un congé de maladie de huit mois. Les Enfants d’Israël engagent un rabbin assistant, Morton Cohn[110].

La congrégation est profondément engagée dans la Seconde Guerre mondiale. De nombreux membres sont engagés dans l’armée, Dudley Weinberg entre autres qui avait succédé à Morton Cohn en tant qu’assistant. Les Enfants d’Israël publient une lettre d’information spéciale pour les membres au combat [111]. À la fin de la guerre, a peu près 400 fidèles avaient servi dans l’armée (et 14 y étaient morts)[112],[16]. Comme dans d’autres congrégations réformées, les membres du Temple d’Israël sont divisés sur la question du sionisme. La majorité était vraisemblablement anti-sioniste. Le président de la synagogue rejoint l’anti-sioniste Conseil Américain du Judaïsme (American Council of Judaism) alors que d’autres membres importants supportent clairement le sionisme. Initialement opposé au sionisme, Ettelson refuse cependant de rejoindre le Conseil. Avec la montée de l’antisémitisme à l’intérieur et en dehors des États-Unis, il change d’opinion et devient l’un des premiers membres de la station locale sioniste de l’Appel à une Palestine Unie (United Palestine Appeal). Pourtant, il réussit à ne pas faire de cette question un sujet de division dans le temple[113].

En 1943, la congrégation est renommée « Temple d’Israël »[114]. La communauté s’agrandit rapidement, de 914 familles en 1944 à plus de 1 100 en 1949 en plus d’un nombre important d’enfants nés lors du baby boom. En 1951, le temple ajoute un nouveau bâtiment pour l’école religieuse qui compte 22 salles de classe, des bureaux et une bibliothèque. Cette année la congrégation rénove la cuisine de la synagogue, installe l’air climatisé dans la sacristie et l’auditorium puis dans le sanctuaire en 1953[115]. Ettelson prend sa retraite l’année suivante. Il est remplacé en tant que rabbin principal par James Wax[116].

James Aaron Wax (1954-1978)[modifier | modifier le code]

Né en 1912, James Aaron « Jimmy » Wax est élevé à Herculaneum (Missouri) dans la seule famille juive de la ville. Pendant ses études à l’Université Washington de Saint-Louis, il est fortement influencé par le rabbin Ferdinand Isserman du Temple d’Israël de Saint-Louis et décide à son tour de devenir rabbin dans le but de promouvoir la justice sociale. À cause de contraintes financières dues à la Grande Dépression, Wax doit terminer ses études en licence à l’Université Southeast de l’État du Missouri où il obtient un baccalauréat universitaire ès lettres en 1935[116]. Incité par Isserman, il entre à HUC. À cause de sa faible maîtrise de l’hébreu, il travaille intensément avant et pendant son admission. Il est finalement ordonné rabbin et obtient une maîtrise en lettres hébraïques en 1941[117]. Refusé par l’armée en tant qu’aumônier militaire, il travaille à la Congrégation hébraïque Unie (United Hebrew Congregation) de Saint Louis et à la Congrégation Israël de North Shore (North Shore Congregation Israel) de Glencoe (Illinois) de 1941 à 1945[117][118]. En 1946, il devient rabbin assistant du Temple d’Israël et en 1947 est promu rabbin associé[16]. Au début des années 1950, il est élu deux fois président de la Société pour la Santé Mentale du Comté de Memphis et de Shelby (Memphis and Shelby Mental Health Society)[119]. Lorsqu’Ettelson prend sa retraite en 1954, Wax devient rabbin en chef[120].

The head of a clean-shaven man wearing a white shirt and light tie, covered by a dark robe
Rabbi James Wax

A cette époque la synagogue comprend 1 200 familles membres et plus de 600 enfants à l’école religieuse. Wax initie quelques changements dans les pratiques religieuses de la congrégation. Il insiste pour que la congrégation ait un vrai chophar en corne de bélier. En 1954, ce chofar est utilisé pour la première fois lors de la fête de Roch Hachana au lieu de la trompette qui avaient servi pendant des années dans la synagogue. Sous sa direction, un certain nombre de membres commencent à célébrer leur bar mitzvah bien que cela ne devienne une habitude que dans les années 1970, date à laquelle il ajoute une classe d’hébreu à l’école religieuse[121].

En 1955, il encourage la création de la première synagogue du judaïsme conservateur de Memphis, la synagogue Beth Sholom pour laquelle il organise une collecte de fonds afin que les Juifs conservateurs puissent avoir enfin leur propre lieu de culte[122]. En 1964, quatre rabbins assistants se succèdent : Milton G. Miller, Robert Blinder, Sandford Seltzer et Sylvin Wolf. Cette année, Wax ajoute des lectures de la Torah à l’office du vendredi soir et le conseil commence à acheter les premières obligations de l’État d’Israël. Suite à la Guerre des Six Jours, le conseil se résout à vendre ses obligations le plus rapidement possible[123]. En 1970, Wax introduit un office pour célébrer le Yom Haʿatzmaout et commémorer le massacre de la Shoah . Bien qu’il résiste au début à l’idée d’engager un hazzan, il finit par accepter si son rôle reste limité. En 1971, Thomas Schwartz est engagé en tant que premier hazzan à plein temps du Temple d’Israël depuis 80 ans. Son salaire n’est pas payé par la synagogue mais par un groupe de membres[124]. En 1978, Wax reçoit le Prix National de Relations Humaines (National Human Relations Award) de la Table Ronde de Memphis de la Conférence Nationale Chrétienne et Juive (the Memphis Round Table of National Conference of Christians and Jews [125]. Il prend sa retraite quelques semaines plus tard bien qu’il continue de servir en tant que rabbin au Temple Beth El d’Helena en Arkansas qu’il visite régulièrement de 1978 jusqu’à sa mort en 1989[126].

Mouvement des droits civiques[modifier | modifier le code]

Le Mouvement afro-américain des droits civiques déclenche un antisémitisme extrême dans le sud des États-Unis et les « Juifs communistes » sont accusés de détruire la démocratie en respectant l’arrêt Brown v. Board of Education décidé par la Cour suprême des États-Unis (un arrêt interdisant la ségrégation dans les écoles publiques). Les Juifs du sud se trouvent alors dans une position compliquée, ils sont une minorité vulnérable dont le statut dans la société blanche du sud est marginal et dépend alors essentiellement de l’acceptation ou le refus de cette loi[127].A cause de ces préoccupations et surtout après l’attentat à la bombe à l’Hebrew Benevolent Congregation Temple, la congrégation refuse que Wax s’affiche publiquement aux côtés du mouvement pour les droits civiques. De plus, bien que Wax soutienne l’intégration raciale, il n’est pas suivi par tous les membres de la congrégation. Selon Wax, « presque tous les natifs du sud, dont la famille a vécu dans le sud depuis deux ou trois générations, ont une attitude ségrégationniste »[128]. Au lieu de participer aux manifestations publiques, Wax travaille avec des groupes soutenant l’intégration tels que l’Association des Ministres du culte de Memphis (the Memphis Ministers Association). Il encourage également les membres du Temple d’Israël à rejoindre des groupes comme l’association des Femmes Américaines (Panel of American Women), un groupe interconfessionnel et interracial se proclamant en faveur de la tolérance religieuse et raciale lors d’évènements communautaires et dont la section de Memphis fut fondée par un membre de la congrégation, Jocelyn Wurzburg[118][129]. Un autre membre, Myra Dreifus, co-crée une fondation pour les écoliers dans le besoin de Memphis dans les années 1960. Elle offre de la nourriture (essentiellement dans les écoles pour afro-américains), et plus tard permet la distribution de chaussures et de vêtements gratuits ou à un prix réduit[130]. La fondation comprend des femmes blanches et noires dont plusieurs d’entre elles appartiennent au Temple d’Israël qui décide de soutenir cette action, en particulier à cause du rôle qu’y tient Myra Dreifus. En 1968, plusieurs membres de cette solidarité féminine font un don afin que des professeurs particuliers puissent être emmenés en bus vers l’école de Kansas Street, à majorité afro-américaine. Selon Kimberly K. Little, professeur de sociologie spécialisée dans les questions d’égalité des sexes et de la place de la femme, « c’est la première fois que le Temple d’Israël ouvre ses portes à des programmes communautaires ; son action caritative antérieure restait un travail de proximité sociale concentré sur la communauté juive.» [131]

Wax est particulièrement engagé dans le Comité de Memphis pour les Relations Communautaires (Memphis Committee on Community Relations, MCCR). Ce comité est formé en 1958 par un groupe de citoyens engagés de Memphis avec l’idée de lutter contre la ségrégation dans une attitude non-violente. Des comités individuels travaillent à abolir la ségrégation dans plusieurs installations publiques de Memphis. Il se bat également pour que les Noirs soient représentés au gouvernement (par élection ou nomination de fonctionnaires) et créent des programmes permettant d’améliorer les conditions économiques et les offres d’emploi pour les Noirs. Wax sert en tant que secrétaire dans le comité, de sa formation à sa dissolution dans les années 1970. Plusieurs autres membres du Temple d’Israël travaillent dans le comité, et certains en tant que propriétaires de grandes compagnies de Memphis peuvent alors mettre en œuvre cette déségrégation dans leur propre lieu de travail[132]. D’autres membres du Temple d’Israël soutiennent le mouvement des droits civiques : Des cadres supérieurs convainquent leurs magasins d’employer des vendeurs noirs. Herschel Feibelman préside au Comité de Guerre contre la Pauvreté de Memphis et Marvin Ratner crée un partenariat avec un cabinet juridique local très en vue pour former, avec deux avocats blancs et deux avocats noirs, le premier cabinet juridique intégré de Memphis[118].

En janvier 1965, le maire de Memphis William B. Ingram demande à Wax de rejoindre son Comité d’Action Communautaire, un groupe qui tente de récupérer des fonds fédéraux afin de lutter contre la pauvreté et de former la jeunesse afro-américaine à un travail. En août, Wax devient président de ce comité politique à majorité afro-américaine. Bien que le comité crée un certain nombre de programmes efficaces, des désaccords à propos du rôle du maire dans le choix des membres et le contrôle de fonds mènent à la dissolution du groupe en janvier 1966. Ingram en tout cas loua les efforts de Wax pour le compte du groupe[133]. Wax est également actif dans d’autres groupes pour les droits civiques tels que le Conseil du Tennessee en Relations Humaines, l’Union américaine pour les libertés civiles, la Ligue Urbaine de Memphis et le Programme pour le Progrès, un groupe travaillant à la réforme du gouvernement local[134]. Il est élu président de l’Association des Ministres du Culte de Memphis en mai 1967, bien qu’il en soit l’unique représentant de confession juive[135].

Le 31 janvier 1968, deux éboueurs de Memphis sont tués dans un compacteur défectueux, entraînant le début de la grève des éboueurs de Memphis le 12 février. La plupart d’entre eux étaient noirs et avaient un salaire bien inférieur à celui des autres fonctionnaires de Memphis. Leurs heures supplémentaires n’étaient pas payés, ainsi que leur congés[136]. Le maire de l’époque, Henry Loeb, étaient alors un ancien membre du Temple d’Israël, converti au christianisme au début de son mandat en 1968, après son mariage avec sa compagne affiliée à l’Église épiscopale[52][137]. Il refusa de négotier avec les éboueurs et la grève attira l’attention de tout le pays qui la considéra comme un véritable problème de droits civiques[136]. Après avoir été contacté par des prêtres noirs, Wax organisa une rencontre le 18 février entre Loeb, des dirigeants syndicaux locaux et Jerome Wurf, le président de l’American Federation of State, County and Municipal Employees. Les tractations, qui se prolongèrent jusqu’à 5 heures du matin et qui reprirent un peu plus tard dans la journée, n’amenèrent aucune solution[138]. Dreifus, un des membres de la synagogue tenta de convaincre Loeb en lui rappelant son soutien durant la campagne municipale. Il représenta à la fois les blancs et le noirs de Memphis[139]. La grève dura tout le mois de mars. Afin d’apaiser les tension, Wax appela à une autre rencontre le 3 avril entre les clergés des deux communautés : la Memphis Ministers Association, majoritairement blanche et l’Interdenominational Alliance, composée plutôt de prêtres noirs[140]. La rencontre eut en fait l’effet inverse. Les prêtres noirs voulurent immédiatement défiler jusqu’au bureau du maire tandis que les autres, ainsi que Wax, refusèrent de se joindre à la manifestation qui, selon eux, allait juste enflammer la communauté blanche[140].

Martin Luther King, Jr. est assassiné à Memphis la nuit d’après. La Memphis Ministers Association organise une cérémonie commémorative le 5 avril. Pendant la cérémonie, les prêtres décidèrent de manifester jusqu’à la mairie et insistèrent pour que Loeb examine les revendications des éboueurs et mette un terme à la grève. Menés par Wax et William Dimmick, le doyen de la cathédrale St. Mary, 250 religieux marchèrent deux par deux jusqu’au bureau du maire où Loeb fut contraint de mettre fin à la grève devant les caméras de télévision[141]. Dans son sermon au Temple d’Israël, Wax déclara devant la congrégation : “Cette ville sera le témoin d’un esprit nouveau et la mémoire de ce grand prophète de notre temps sera honorée. Des fanatiques, des ségrégationnistes et des personnes, prétendument respectables mais injustes, résisteront. Mais au regard de l’histoire, Dieu seul prévaudra.”[129] La grève prit fin le 16 avril avec la reconnaissance d’un syndicat des éboueurs ainsi que d’autres avantages[125]. Une seule revendication ne fut pas exaucée, celle qui exigeait une augmentation de 10 cent de l’heure à partir du 1er mai, suivie d’une autre augmentation à partir du 1er septembre. La ville ne possédait pas le budget suffisant estimé à 558 000 $. Pour sortir de cette impasse, Abe Plough, un membre de la synagogue fit don de la somme manquante anonymement[142].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Lewis (1998), p. 24.
  2. a et b "Congregation Children of Israel", Jewish American Society for History Preservation website; Jewish Living of the South, Vol. 1, No. 10, p. 8–9.
  3. Lewis (1998), p. 9.
  4. a, b, c, d, e, f et g Ringel (2004), p. 4.
  5. Lewis (1998), p. 9, Ringel (2004), p. 3; Adler & Samfield (1904), p. 463–464.
  6. a et b Adler & Samfield (1904), p. 463–464 write that the "Reverend L. Sternheimer" was the first director of the Hebrew school. Lewis (1998), p. 10; Ringel (2004), p. 4 write that Jacob Peres established the school.
  7. Sharp (2007), p. 22–24.
  8. Adler & Samfield (1904), p. 463–464, History of Temple Israel, Institute of Southern Jewish Life (2006), Ringel (2004), p. 3.
  9. Lewis (1998), p. 9; Olitzky & Raphael (1996), p. 337; Ringel (2004), p. 3.
  10. Ringel (2004), p. 3. Lewis (1998), p. 9; Olitzky & Raphael (1996), p. 337 call it the Merchant and Farmers Bank building, and state it was leased in 1858. Adler & Samfield (1904), p. 463–464 describe it as "The Farmers' and Mechanics' Bank" and state that it was dedicated on March 26, 1858.
  11. Ringel (2004), p. 3; Lewis (1998), p. 9 states the women's section had seating for 46.
  12. a et b Lewis (1998), p. 9. Ringel (2004), p. 16 states the mortgage was paid off in November 1864.
  13. Ringel (2004), p. 3.
  14. Ringel (2004), p. 3–4. In 1857 the fine was $0.50.
  15. a, b, c et d Lewis (1998), p. 10.
  16. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o History of Temple Israel, Institute of Southern Jewish Life (2006).
  17. For accumulating enough funds, see Ringel (2004), p. 4. For consulting with both Leeser and Wise, see Lewis (1998), p. 9–10.
  18. a et b Lewis (1998), p. 9–10, Ringel (2004), p. 4.
  19. Ringel (2004), p. 4–5.
  20. a et b Lewis (1998), p. 11.
  21. a et b Lewis (1998), p. 25.
  22. Lewis (1998), p. 11 gives the year as 1861. Ringel (2004), p. 6 gives it as 1862.
  23. According to Lewis (1998), p. 24. Ringel (2004), p. 7 writes that Tuska went to the Jewish Theological Seminary of Breslau for two years "[f]ollowing his graduation from the University of Rochester in 1856".
  24. Ringel (2004), p. 7. For Tuska applying, see Lewis (1998), p. 25.
  25. Ringel (2004), p. 9.
  26. Ringel (2004), p. 7; Lewis (1998), p. 25; Adler & Samfield (1904), p. 464; History of Temple Israel, Institute of Southern Jewish Life (2006). Ringel writes that the choir was approved in 1862, but did not begin singing in services until spring 1863, in time for the first confirmation ceremonies, and that the organ was first used in April 1864 for Passover services, at the request of the choir.
  27. Olitzky & Raphael (1996), p. 337; Lewis (1998), p. 25 and 52.
  28. Lewis (1998), p. 25; Ringel (2004), p. 7.
  29. Lewis (1998), p. 52.
  30. Ringel (2004), p. 9; Lewis (1998), p. 32.
  31. Ringel (2004), p. 10–11.
  32. According to Olitzky & Raphael (1996), p. 337; Ringel (2004), p. 4. According to Lewis (1998), p. 36, the school was established in 1863.
  33. Lewis (1998), p. 37.
  34. a, b et c Ringel (2004), p. 16.
  35. Lewis (1998), p. 52. Ringel (2004), p. 16 states Tuska died in December 1870.Adler & Samfield (1904), p. 464, give the date as December 30, 1870.
  36. Lewis (1998), p. 53. Ringel (2004), p. 17 gives the date of his election as June 18, 1871, and the date he assumed office as August 18, 1871. Adler & Samfield (1904), p. 464, give the date he assumed office as August 15, 1871.
  37. For ordination in Germany and born in 1846 see Brock (2003), p. 32. For rabbi's son, see Ringel (2004), p. 17, who also states his birth year was 1844.
  38. Brock (2003), p. 32.
  39. Ringel (2004), p. 17. The final tally in his favor was 41 out of 48 votes.
  40. Lewis (1998), p. 53.
  41. Silverman (1970), p. 50; History of Temple Israel, Institute of Southern Jewish Life (2006).
  42. a, b et c The New York Times, September 15, 1915, p. 13.
  43. Ringel (2004), p. 23.
  44. a, b et c Olitzky & Raphael (1996), p. 337
  45. a et b Ringel (2004), p. 31.
  46. Lewis (1998), p. 66.
  47. a, b et c Lewis (1998), p. 62.
  48. Finlayson (2008), p. 248; Shepard (2004).
  49. Lewis (1998), p. 119.
  50. Lewis (1998), p. 58.
  51. Ringel (2004), p. 19–20.
  52. a, b, c et d Memphis, Tennessee, Institute of Southern Jewish Life (2006).
  53. Ringel (2004), p. 20.
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  55. Lewis (1998), p. 76; History of Temple Israel, Institute of Southern Jewish Life (2006).
  56. Olitzky & Raphael (1996), p. 337; Ringel (2004), p. 23; Lewis (1998), p. 62.
  57. Ringel (2004), p. 22.
  58. Lewis (1998), p. 62; History of Temple Israel, Institute of Southern Jewish Life (2006).
  59. According to Ringel (2004), p. 24, who states the land was acquired for $1,750, with an additional $2,000 spent on improvements that year, and $1,800 on landscaping and a chapel the following year. Lewis (1998), p. 77 states that the land had been originally owned by Beth El Emeth, and was acquired in 1890 for $1,000.
  60. Ringel (2004), p. 28–31. The American Jewish Year Book, Vol. 2, p. 462 indicates that in 1898/1899 Children of Israel had 185 member families, and congregational school had twelve teachers and around 130 students. These numbers, however, likely reflect the situation in 1897, and are almost identical to the figures given by Ringel for that year.
  61. American Jewish Year Book, Vol. 2, p. 462.
  62. For 1905 figures, see History of Temple Israel, Institute of Southern Jewish Life (2006). For 1907 figures, see American Jewish Year Book, Vol. 9, p. 406.
  63. American Jewish Year Book, Vol. 9, p. 406.
  64. Ringel (2004), p. 34.
  65. Ringel (2004), p. 29–31.
  66. For purchasing of the house, see Ringel (2004), p. 32. For "rabbi for life", see History of Temple Israel, Institute of Southern Jewish Life (2006). For salary, see Ringel (2004), p. 35.
  67. a et b Ringel (2004), p. 35.
  68. Ringel (2004), p. 36.
  69. Rogoff & Schmier (2005), p. 413; LaPointe (1997), p. 365, n. 63.
  70. Ringel (2004), p. 38.
  71. a, b et c Kalin (1997), p. 53.
  72. Kalin (1997), p. 52.
  73. a et b Kalin (1997), p. 54.
  74. For often being quoted in newspapers, see Kalin (1997), p. 54. For membership in service organizations, see Kalin (1997), p. 61.
  75. Kalin (1997), p. 56.
  76. Kalin (1997), p. 57; History of Temple Israel, Institute of Southern Jewish Life (2006).
  77. Kalin (1997), p. 57–58.
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  82. Ringel (2004), p. 48.
  83. Ringel (2004), p. 44–45.
  84. According to Olitzky & Raphael (1996), p. 337; History of Temple Israel, Institute of Southern Jewish Life (2006); Ringel (2004), p. 43. According to Israelowitz (1988), p. 119, the Poplar and Montgomery building was dedicated in June 1915. According to Lewis (1998), p. 180, the congregation moved to Poplar and Montgomery in 1917.
  85. Langmead (2009), p. 159; Johnson.
  86. a et b Ringel (2004), p. 41.
  87. History of Temple Israel, Institute of Southern Jewish Life (2006). According to Ringel (2004), p. 43, they paid $2,500 in cash, and were advanced the remaining $12,000 value by Temple Israel as a loan.
  88. Ringel (2004), p. 46.
  89. American Jewish Year Book, Vol. 21, p. 566.
  90. Kalin (1997), p. 63.
  91. According to Olitzky & Raphael (1996), p. 337, "Before he left in 1924, membership reached 450 families." According to Kalin (1997), p. 61, "In Fineshriber's brief tenure as rabbi ... the congregation doubled in membership". According to History of Temple Israel, Institute of Southern Jewish Life (2006), "In 1925, Rabbi Harry Ettelson arrived to lead the congregation, which now had 650 families."
  92. Olitzky & Raphael (1996), p. 337; Kalin (1997), p. 61–62.
  93. Ringel (2004), p. 49.
  94. Spelled "Ettleson" in some sources, e.g. American Jewish Year Book, Vol. 5, p. 53, Olitzky & Raphael (1996), p. 337.
  95. a et b Lewis (2002); Gordon (2007); Ringel (2004), p. 50.
  96. According to Lewis (2002). who states he was born in Lithuania. According to American Jewish Year Book, Vol. 5, p. 53, Ringel (2004), p. 50, and Gordon (2007), Ettelson was born in Mobile.
  97. Lewis (2002); Gordon (2007); Olitzky & Raphael (1996), p. 137; Congregation Achduth Vesholom website.
  98. Olitzky & Raphael (1996), p. 314.
  99. Olitzky & Raphael (1996), p. 137–138.
  100. a et b Ringel (2004), p. 52.
  101. Ringel (2004), p. 51.
  102. Lewis (1998), p. 122; Lewis (2002).
  103. Ringel (2004), p. 52–53. Half the cost, approximately $24,000, was donated by synagogue president Joseph Newburger, and the rest was taken as a loan, which was paid off in 1928.
  104. Ringel (2004), p. 53. The amount paid for the house was $7,250.
  105. Ringel (2004), p. 54.
  106. Lewis (1998), p. 129.
  107. a et b Ringel (2004), p. 55.
  108. Ringel (2004), p. 57. The amount paid was $40,000.
  109. Lewis (1998), p. 136; History of Temple Israel, Institute of Southern Jewish Life (2006).
  110. Ringel (2004), p. 58–59.
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  113. Lewis (1998), p. 126, History of Temple Israel, Institute of Southern Jewish Life (2006), Ringel (2004), p. 67–69.
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