Temple d'Hercule Victor

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Le temple d'Hercule Victor

Le Temple d'Hercule est un temple de forme ronde datant de la République romaine, construit sur le Forum Boarium. C'est le plus ancien monument de Rome presque entièrement en marbre qui ait été conservé jusqu'à l'époque moderne. Il doit sa remarquable conservation à sa transformation en église durant le Moyen Âge, et a été restauré dans sa forme antique au XIXe siècle. Identifié alors comme un temple de Vesta, à tort, il est reconnu au XXe siècle comme dédié à Hercule Olivarius[1].

Architecture[modifier | modifier le code]

Il s’agit d’un temple circulaire périptère. L’édifice, très bien conservé, mesure 16,5 m de diamètre et son entrée est à l’Est. Le plan du temple correspond aux règles hellénistiques transmises par Vitruve, avec quelques libertés de détail[1].

Le temple est composé d’une cella circulaire entourée d’un périptère de vingt colonnes à chapiteaux corinthiens. Les murs de la cella sont maintenus par une croix circonscrite dans l’anneau qu’ils forment. Il est construit sur une crépis, plate-forme à sept degrés. Un escalier devant l’entrée permet d’accéder au périptère. La crépis à degrés n’a pas conservé son aspect antique en dalles de marbre et il n’en reste que le noyau. Celui-ci, d’une largeur de 2,5 m est construit en blocs de tuf de la Grotta Oscura, carrière près de Véies. Ces blocs, observables à l’ouest, d’une longueur de 1,80 m et de profil trapézoïdal, sont disposés en boutisses et leur hauteur varie entre 47 et 54 cm. Autour de la crépis se trouve une rigole de 30 cm de large environ.

Les colonnes sont élevées sur un soubassement construit en petit appareil régulier de moellons de tuf en opus vittatum.
Il y a deux types de colonnes : le type A et le type B. Le type A est construit en marbre du Pentélique. Le type B, au nord-ouest, est en marbre de Luni, unique marbre italien. La colonne 15 n’a pas été conservée. Les colonnes sont cannelées et composées d’une base attique (une scotie entre deux tores) et de tambours au nombre variant de trois à douze.

Chapiteaux du temple d'Hercule

Les chapiteaux sont corinthiens et sont sculptés en deux blocs horizontaux.
Le type A, en marbre pentélique, se distingue par des feuilles d’acanthes souples et des nervures axiales légèrement courbées à la base. Les lobes sont profondément creusés. Les digitations forment des triangles. Les cannelures du caulicole sont étroites et la collerette est épaisse. Les hélices sont très creusées et le fleuron est fort ouvert.
Le type B, en marbre de Luni, se différencie du type A par des feuilles d’acanthes plus raides et des folioles plus resserrées. Les digitations forment des gouttes. Les calices sont plus courts et moins élancés et le fleuron, couvrant la hauteur de l’abaque, est beaucoup moins béant.

Les murs de la cella forment un anneau. Le parement extérieur de la cella est bâti en marbre pentélique. Il est édifié en trois parties dont la troisième est une réfection médiévale. La partie inférieure est une maçonnerie à joints lisses en appareil pseudo-isodome avec une alternance d’une assise d’orthostates avec une assise de parpaings en panneresse. La partie médiane, plus audacieuse avec des joints en relief et séparée de la première par une moulure, est construite en appareil pseudo-isodome composé d’une alternance de deux assises de parpaings en carreau et une assise de parpaings en panneresse.
Le parement intérieur est en travertin.
Les murs de la cella sont percés de trois ouvertures (en rouge) : une haute porte et de part et d’autre deux fenêtres surmontées d’un linteau de briques.
L’entablement n’a pas été conservé en place. Il ne reste que des fragments du plafond à caissons du péristyle, deux antéfixes et des fragments de la cimaise.

Identification, auteurs anciens et épigraphie[modifier | modifier le code]

Il s’agit d’un temple dont le style est d’influence grecque. Son architecte, Hermodoros de Salamine, est un grec actif à Rome dans la deuxième moitié du IIe siècle av J.-C. L’édifice est dédié au dieu Hercule Olivarius, ce temple est souvent considéré à tort comme dédié à Hercule Victor. Le commanditaire du temple est un négociant romain d’olives nommé Marcus Octavius Herrenus, un riche marchand qui a fait fortune dans le commerce de l'huile d'olive. Il a financé le temple et son nom était marqué sur une inscription sur l'agora de Délos, attestant ainsi son lien commercial avec la Grèce et l'origine de sa fortune. Hercule était entre autres le patron des marchands d’huile, olearii. Une inscription partielle sur un bloc base de statue mentionne aussi le nom d’un sculpteur grec ayant probablement exécuté une statue de culte, Scopas le Jeune[2],[1].

Chronologie antique[modifier | modifier le code]

Le bâtiment est construit en deux phases. La première phase, qui correspond au type A date de la deuxième moitié du IIe siècle av. J.-C. La deuxième phase, qui équivaut au type B et qui ne concerne que la partie nord-ouest du bâtiment, date du second quart du Ier siècle ap. J.-C. Cette reconstruction est due aux dégâts causés lors de l’importante inondation sous Tibère en 15 ap. J.-C.[1].

Histoire après l'Antiquité[modifier | modifier le code]

Ce temple a subi plusieurs remaniements au Moyen Âge comme par exemple l’ajout d’entrecolonnements enlevés au XIXe siècle. À cette époque a aussi été ajoutée une moulure à la base du mur extérieur de la cella et la troisième partie de ce mur a été refaite en briques. Une fine couche de stuc sur le mur intérieur de la cella a été appliquée. Le bâtiment a aussi été transformé en église, notamment sous le nom de l’église Santa Maria del Sole au XVIe siècle. Comme de nombreux bâtiments de Rome, il a fait l’objet de fouilles au XIXe siècle. Au XXe siècle, de nombreuses observations ont été réalisées, notamment par l’Allemand Friedrich Rakob qui publia ses résultats dans sa monographie Der Rundtempel Am Tiber In Rom en 1973.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Coarelli 1994, p. 222
  2. CIL 06, 33936 = AE 1896, 00109 : [Hercules Invictus cognominatus volg]o Olivarius opus Scopae minoris

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Filippo Coarelli (trad. Roger Hanoune), Guide archéologique de Rome, Hachette,‎ 1994 (1re éd. 1980), 350 p. (ISBN 2012354289)
  • (en) Samuel Ball Platner et Thomas Ashby, Topographical dictionnary of Ancient Rome, Londres, 1929, p. 223-227, p. 257-258.
  • (de) Friedrich Rakob et W.D. Heilmeyler, Der rundtempel am Tiber in Rom, Mainz am Rhein (Mayence), 1973.
  • Eva Margareta Steinby, Lexikon topographicum urbis Romae, vol. 2., p. 461-463.
  • (en) D. Strong The round temple in the Forum Boarium, dans Roman luseums, selected papers on Roman art and architecture, London, 1994, p. 75-108.

Articles connexes=[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]