Temple d'Eshmoun

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33° 35′ 08.63″ N 35° 23′ 52.64″ E / 33.5857306, 35.3979556

Le socle du temple d’Eshmoun, au lieu-dit Bustan el-Sheikh (non loin de l'antique Sidon).

Le temple d’Eshmoun (en arabe : معبد اشمون), dédié au dieu phénicien de la guérison Eshmoun, est situé à deux kilomètres au nord-est de Saïda, l’ancienne Sidon dans le sud-ouest du Liban. Le site a été occupé sur une longue période, du VIIe siècle avant au VIIIe siècle après J.-Chr. Bien que la construction du temple, célébrant la richesse et la stature recouvrée de la ville de Sidon, soit due au roi de Sidon Eshmounazar II durant l’époque achéménide (529-333 av. J.-C.), l’ensemble a été largement agrandi par Bodashtart, Yatanmilk et d’autres monarques ultérieurs. La variété des styles architecturaux et décoratifs du temple résulte de l’étendue sur plusieurs siècles de l’expansion de la ville, qui ont vu les périodes d’indépendance et d’hégémonies étrangères se succéder.

Le sanctuaire consiste en une esplanade et une grande cour limitée par une énorme terrasse de calcaire qui supporte un podium ayant lui-même porté autrefois un temple de marbre de style gréco-perse. On trouve également sur le site une série de bassins d’ablutions alimentés par des canaux amenant l’eau depuis la rivière Asclepius (aujourd'hui Awali) et de la source sacrée Ydll. Ces installations étaient utilisées à des fins purificatoires, caractéristiques du culte d’Eshmoun. De nombreuses découvertes d’objets de valeur, particulièrement ceux portant des inscriptions phéniciennes, donnent un précieux aperçu de l’histoire du site et de l’ancienne Sidon.

Le temple d’Eshmoun fut sur le déclin, puis tomba dans l’oubli quand le christianisme remplaça le paganisme. Ses grandes pierres furent utilisées par la population dans des constructions ultérieures. Le site du temple fut redécouvert en 1900 par des chercheurs de trésors locaux, qui attirèrent la curiosité de spécialistes internationaux. Maurice Dunand, un archéologue français, fouilla minutieusement le site de 1963 jusqu’au début de la Guerre civile libanaise en 1975. Après la fin des hostilités et le retrait d’Israël du Sud-Liban, le site fut réhabilité et inscrit à la liste indicative du patrimoine mondial de l’humanité.