Temple d'Antonin et Faustine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Temple d'Antonin et Faustine
Temple d'Antonin et Faustine.
Temple d'Antonin et Faustine.

Lieu de construction Forum Romain
Date de construction 141 ap. J.-C.
Ordonné par Antonin le Pieux
Type de bâtiment Temple romain
Le plan de Rome ci-dessous est intemporel.
Planrome2b.png
Temple d'Antonin et Faustine
Localisation du temple dans la Rome antique (en rouge)
Coordonnées 41° 53′ 32″ N 12° 29′ 12″ E / 41.892139, 12.486689 ()41° 53′ 32″ Nord 12° 29′ 12″ Est / 41.892139, 12.486689 ()  
Liste des monuments de la Rome antique

Le temple d'Antonin et Faustine (latin : templum Antonini et Faustinæ) est un temple romain situé sur le côté nord de la Via Sacra à l'entrée du Forum Romain. Il a été construit par Antonin le Pieux en l'honneur de son épouse déifiée, l'impératrice Faustine, décédée en 141.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le temple est situé le long de la Via Sacra, juste à l'est de la basilique Aemilia, au nord de l'antique Regia (voir le plan).

Le temple d'Antonin et Faustine, à droite, se situe à l'entrée du Forum Romain. Juste à gauche on aperçoit les vestiges de la basilique Aemilia, puis la Curie Julia. A gauche, les trois colonnes appartiennent au temple de Castor et Pollux.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Le temple est construit en 141 sur ordre de l'empereur Antonin le Pieux qui le dédie au culte de son épouse défunte Faustine qui a été déifiée comme le montre l'inscription dédicatoire sur l'architrave : DIVAE • FAUSTINAE • EX • S • C. À la mort de l'empereur, en 161, le temple est de nouveau dédié, cette fois en l'honneur d'Antonin le Pieux et de Faustine, à l'instigation de Marc Aurèle. La première ligne de l’inscription dédicatoire, sur la frise, est ajoutée à cette occasion[1],[2].

Des statues honorifiques sont placées dans le temple, en l'honneur de Titus Pomponius Proculus Vitrasius Pollio en 176, de Marcus Basseus Rufus peu après et de Gallienus Saloninus vers le milieu du IIIe siècle.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le temple doit sa relative bonne conservation à sa transformation en église durant le Moyen Âge. En effet, l'église San Lorenzo in Miranda est installée dans la cella du temple au cours des VIIe et VIIIe siècles, mais son existence n'est attestée que depuis le XIe siècle, mentionnée dans le Mirabilia Urbis Romae[3]. Les traces obliques encore visibles aujourd'hui sur les fûts des colonnes auraient été laissées lors d'une tentative d'abattre le portique pour récupérer les matériaux ou pour détruire ce qui restait d'un temple païen. Au moment de la construction de l'église, le terrain est plus haut d'environ douze mètres par rapport à son niveau antique et les colonnes, constituées d'un seul bloc, sont en partie enterrées.

Vers 1429 ou 1430, le pape Martin V fait don de l'église à l'Universitas Aromatorium (collège de chimistes et d'herboristes)[4]. Des chapelles latérales sont ajoutées. En 1536, l'église est en partie démolie et les chapelles latérales sont supprimées afin de retrouver l'aspect de l'ancien temple avant la visite de l'empereur Charles Quint. L'église visible aujourd'hui a été reconstruite en 1602 par Orazio Torriani, avec une seule nef et trois nouvelles chapelles latérales.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Des fouilles archéologiques sont entreprises en 1546, en 1810 puis à intervalles de temps régulier depuis 1876[2]. Elles ont permis de dégager le temple qui était partiellement enterré, rendant l'accès impossible à l'église par la porte en bronze qui donne du côté de la Via Sacra, étant donné qu'il y a une différence de niveau de six mètres environ par rapport au sol du pronaos, et de douze mètres par rapport à la Via Sacra.

Les fouilles ont mis au jour non loin du temple une nécropole archaïque datant du Xe siècle av. J.-C., baptisée Nécropole du temple d'Antonin et Faustine.

Vestiges[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, il reste toutes les colonnes du pronaos. En plus des traces laissées par les cordes sur les fûts, on peut voir des graffitis chrétiens datés pour les plus anciens du IVe siècle[2] et une représentation d'Hercules et du Lion de Némée, sujet inspiré de statues qui devaient se trouver aux alentours[1]. L'escalier antique a été remplacé par une construction plus récente en brique. On peut voir des vestiges des murs de la cella en pépérin, à l'intérieur de l'église. La frise et l'architrave de l'entablement ont en partie survécu mais il reste très peu de vestiges de la corniche.

Description[modifier | modifier le code]

Détail de l'entablement avec l'inscription dédicatoire.

Le temple s'élève sur un grand podium constitué de blocs de tuf. Il est prostyle hexastyle avec deux colonnes latérales et des piliers engagés dans le mur extérieur de la cella qui sont recouverts de plaques de marbre blanc[1]. Les colonnes corinthiennes sont en marbre cipolin et font 17 mètres de haut pour 1,5 mètre de diamètre à la base. Les chapiteaux de marbre blanc supportent un entablement en marbre blanc également. La frise est ornée de motifs végétaux, de griffons et d'instruments de sacrifice[2].

L'inscription dédicatoire est divisée en deux parties. La première ligne, ajoutée après, est taillée sur la frise du temple. La deuxième ligne, mais la première à avoir été inscrite, est taillée sur l'architrave. On peut lire :

DIVO • ANTONINO • ET
DIVAE • FAVSTINAE • EX • S • C
« [Ce temple fut construit en l'honneur du] divin Antonin et
la divine Faustine avec l'accord du sénat (S•C pour senatus-consultum) ».

La cella, construite avec des blocs de pépérin disposés en opus quadratum, abrite les statues colossales de l'empereur et de son épouse dont des fragments seulement ont été retrouvés. Un autel en brique recouvert de marbre est construit au milieu des marches de l'escalier qui relie le pronaos à la Via Sacra.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Filippo Coarelli, Rome and environs, an archaelogical guide, University of California Press, 2007, pp. 92-93.
  2. a, b, c et d Samuel Ball Platner & Thomas Ashby, A topographical dictionary of Ancient Rome, Oxford University Press, 1929, p. 13-14.
  3. Christian Hülsen, Le Chiese di Roma nel Medio Evo, Olschki, Florence, 1927.
  4. Filippo Titi, Descrizione delle Pitture, Sculture e Architetture esposte in Roma, 1763.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Plan du Forum Romain
Plan du forum à la fin de l'époque républicaine.
Plan du forum à la fin de l'Empire.