Technologie de la Rome antique

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L'aqueduc du Pont du Gard en France a été construit vers -19.

La technologie romaine est un des aspects les plus importants de la civilisation romaine. Cette technologie a été certainement la plus avancée de l'Antiquité. Elle a permis la croissance démographique de Rome, mais lui a aussi donné sa puissance économique et militaire. De très nombreuses techniques ont été oubliées après la chute de l'Empire romain suite aux grandes migrations.

La technologie romaine est issue de redécouverte ou d'importation de nouvelles techniques dans des domaines aussi divers que l'ingénierie civile, la construction navale ou l'élaboration de matériaux. Certaines de ces techniques n'ont pu être redécouvertes et reproduites qu'à partir du XIXe siècle , grâce à la science et à la puissance mécanique.

Acquisition de nouvelles technologies[modifier | modifier le code]

Influences étrangères[modifier | modifier le code]

La plupart de ce que l'on imagine comme étant d'origine grecque est en fait d'origine étrusque. Les Étrusques avaient perfectionné les techniques de voûtes de pierre, de ponts ou de tous types de constructions, mais aussi la métallurgie. Les étrusques avaient déjà des villes pavées et des égouts, contrairement aux cités grecques dont les routes étaient boueuses et les égouts à l'air libre.

Cependant une grande part de la technologie romaine vient effectivement de la technologie grecque et en ce sens ils furent de bons élèves. Par exemple, si certaines techniques militaires comme celle de la phalange leur viennent aussi des étrusques, d'autres leur viennent de l'Armée macédonienne d'Alexandre le Grand. La philosophie, la médecine et les mathématiques sont bien sûr d'origine grecque mais aussi certaines techniques agricoles.

Les techniciens romains sont conservateurs et en 21 siècles, ils n'adoptèrent les techniques étrangères que très lentement, excepté en cas de nécessité militaire (Par exemple, les trirèmes sont copiées de celles des carthaginois, lors de la première Guerre punique). Les armures de mailles gauloises en sont une autre illustration. Certaines innovations adoptées par les "barbares" ont également changé les rapports de force, comme par exemple l'utilisation du fer à cheval par les Germains au IIe siècle.

Les romains n'ont pas non plus intégré toutes les technologies mises à leur disposition. Par exemple, bien que connaissant le baril gaulois depuis le Ier siècle, ils ne l'ont jamais vraiment adopté car il n'existait pas de lieu spécifique pour stocker les barils et les amphores étaient plus facilement transportables par les esclaves dans les villes aux rues sinueuses. Cependant, malgré cette préférence pour les amphores, la technique du baril s'est répandue et fut utilisée ponctuellement dans tout l'empire.

Innovations techniques[modifier | modifier le code]

La scie de Hiérapolis, la plus ancienne machine connue utilisant un système de bielles et manivelles[1],[2],[3]

La culture et la société romaine n'encourageaient pas l'innovation et le développement de nouvelles idées. Le citoyen romain idéal était un vétéran pater familias propriétaire d'esclaves. Il y avait peu de place pour les scientifiques et les inventeurs ou leurs prédécesseurs  : les philosophes naturalistes. D'autre part la préservation des innovations ne se faisant que par les secrets de fabrication, ce qui ne favorise pas leur diffusion. La période pendant laquelle la technologie romaine a le plus progressé est le Ier siècle av. J.-C. et le IIe siècle av. J.-C., alors que la croissance politique et économique était également la plus importante. La technologie romaine a atteint son apogée au Ier siècle avec le ciment, la plomberie, les grues, machines, dômes, arches. Pour l'agriculture, les romains inventèrent le moulin à eau, permettant de substituer à la force musculaire l’énergie hydraulique, la presse à huile, le soc de charrue métallique... Il a fallu plus d'un siècle pour que la plupart des technologies romaines atteignent les frontières les plus éloignées de l'empire, il a aussi fallu plus de deux siècles aux autres civilisations pour copier ou redécouvrir les techniques et le savoir-faire romains.

La transmission du savoir[modifier | modifier le code]

Les réalisations romaines sont pour la plupart des réalisations d'artisans et pour les plus imposantes de savants architectes, formés par un système d'apprentissage qui eut pour héritier le compagnonnage du Moyen Âge. Tous les maîtres artisans ne donnaient leurs secrets qu'à leurs apprentis de façon à éviter la concurrence d'autres artisans et à assurer par leur réputation le recrutement des meilleurs apprentis. Vitruve fut une rare exception à cette règle. Un de ces savants les plus célèbres était Apollodore de Damas.

Nous ne connaissons la plupart de leurs réalisations qu'à travers les textes latins traduits de l'arabe eux-mêmes traduits de textes grecs, par exemple Héron d'Alexandrie , ou de voyageurs décrivant les réalisations romaines comme Pline le Jeune ou Strabon.

Les techniciens romains, pour faire leurs calculs, devaient utiliser le système de numération romain pour les Unités de mesure romaines en utilisant l'abaque romain.

Article connexe : éducation dans l'Antiquité.

Moyens techniques[modifier | modifier le code]

Les outils et l'exploitation des ressources ...

Article connexe : tablette de cire.

La maîtrise de l'énergie[modifier | modifier le code]

Le rôle de l'esclavage[modifier | modifier le code]

L'abondance d'esclaves n'a pas favorisé le développement des techniques plus élaborées et moins coûteuses en main-d'œuvre.

Savoir-faire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sciences romaines.

De nombreuses innovations furent apportées au savoir-faire. Les techniques de la métallurgie, de l'agriculture, de la marine de guerre, et bien sûr de l'architecture (y compris la charpente et la construction d'engins de siège) formaient un savoir spécifique donnant un avantage technologique au Romains. L'art romain et les techniques comme l'orfèvrerie ou la sculpture sont directement hérités des techniques grecques. La médecine et la pharmacopée constituaient un savoir important, hérité des grecs, mais que les romains ont su développer. Les techniques de conservation des aliments et les techniques agricoles sont décrits par de nombreux auteurs dans géoponiques. Le savoir-faire dans la réalisation des vêtements est également important.

Les réalisations[modifier | modifier le code]

La Via Appia, dans le sud de l'Italie, est toujours praticable

Les machines étaient aussi rares que peu utiles en raison de la présence de nombreux esclaves. La maîtrise de l'espace fut un enjeu majeur pour les romains, et leurs plus brillantes réalisations sont essentiellement des réalisations architecturales : routes, Aqueducs, thermes, ponts, amphithéâtres.

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Les innovations romaines eurent un impact environnemental. Le développement des genres de blé dans le nord de l'Empire a conduit au développement de grands domaines agricoles et à l'augmentation des populations dans ces régions.

On a pu mesurer que les taux de plomb dans la glace de l'Antarctique ont atteint un pic qui n'a été dépassé qu'au cours du XXe siècle. Certains auteurs considèrent que les intoxications dues aux ustensiles en bronze servant à l'alimentation sont une des causes du déclin de l'Empire romain d'Occident, l'hypothèse de l'intoxication des tuyauteries en plomb a été écartée du fait que les parois des tuyaux se recouvrent de calcaire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Klaus Grewe, « Die Reliefdarstellung einer antiken Steinsägemaschine aus Hierapolis in Phrygien und ihre Bedeutung für die Technikgeschichte. Internationale Konferenz 13.−16. Juni 2007 in Istanbul », Bautechnik im antiken und vorantiken Kleinasien, Istanbul, Ege Yayınları/Zero Prod. Ltd., série Byzas, vol. 9,‎ 2009, p. 429–454 (429) (ISBN 978-975-807-223-1, lire en ligne)
  2. (en) Tullia Ritti, Klaus Grewe et Paul Kessener, « A Relief of a Water-powered Stone Saw Mill on a Sarcophagus at Hierapolis and its Implications », Journal of Roman Archaeology, vol. 20,‎ 2007, p. 138–163 (161)
  3. (es) Klaus Grewe (trad. Miguel Ordóñez), « La máquina romana de serrar piedras. La representación en bajorrelieve de una sierra de piedras de la antigüedad, en Hierápolis de Frigia y su relevancia para la historia técnica (traducteur Miguel Ordóñez) », Las técnicas y las construcciones de la Ingeniería Romana, série V Congreso de las Obras,‎ 2010, p. 381–401 (lire en ligne)
  4. (en) université Stanford