Technologies de l'information et de la communication

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Les notions de technologies de l'information et de la communication (TIC) et de nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) (en anglais, Information and communication technologies, ICT) regroupent les techniques utilisées dans le traitement et la transmission des informations, principalement de l'informatique, de l'Internet et des télécommunications.

En ce qui concerne les NTIC, le terme tend à qualifier plus particulièrement les problématiques résultant de l'intégration de ces technologies au sein des systèmes institutionnels, recouvrant notamment les produits, les pratiques et les procédés potentiellement générés par cette intégration.

Sommaire

Histoire[modifier]

Après les premiers pas vers une société de l'information qu'ont été l'écriture puis l'imprimerie, de grandes étapes ont été le télégraphe électrique, puis le téléphone et la radiotéléphonie, alors que la télévision, le Minitel et l'Internet puis la télécommunication mobile ont associé l'image au texte et à la parole, "sans fil", l'Internet et la télévision devenant accessibles sur le téléphone portable qui fait aussi office d'appareil photo.
Le rapprochement de l'informatique et des télécommunications, dans la dernière décennie du XXe siècle a bénéficié de la miniaturisation des composants, permettant de produire des appareils « multifonctions » à des prix accessibles, dès les années 2000.

Avec le développement d'Internet et du WEB 2.0, les usages des TIC se sont développés et la grande majorité des citoyens utilise ces outils pour accéder à l'information. Un grand nombre d'internautes, via des sites, des blogs ou des projets tels que le projet encyclopédique Wikiipédia ajoutent de l'information à l'internet.

Le nombre de services disponibles explose, et génèrent des emplois liés à ces technologies, pour 3.2 % du PIB français vers 2010 et 5,5 attendu en 2015[1].

Les emplois de la filière nécessitent de plus en plus de compétences de communication, de marketing et de vente, la technique n'étant qu'un support de la communication et d'organisation. Cela entraîne de nombreuses modifications dans les profils professionnels recherchés par les entreprises selon l'Observatoire International des Métiers Internet, qui analyse les profils et les compétences recherchés par le marché de l'emploi en Europe[2].

Les usages des TIC ne cessent de s'étendre, surtout dans les pays développés, au risque d'accentuer localement la fracture numérique et sociale ainsi que le fossé entre les générations. De l'agriculture de précision et de la gestion de la forêt (traçabilité des bois pour lutter contre le trafic), au contrôle global de l'environnement planétaire ou de la biodiversité, à la démocratie participative (TIC au service du développement durable) en passant par le commerce, la télémédecine, l'information, la gestion de multiples bases de données, la bourse, la robotique et les usages militaires, sans oublier l'aide aux handicapés (dont aveugles qui utilisent des synthétiseurs vocaux avancés ainsi que des plages braille éphémère), les TIC tendent à prendre une place croissante dans la vie humaine et le fonctionnement des sociétés.

Certains craignent aussi une perte de liberté individuelle (effet Big Brother, intrusion croissante de la publicité ciblée et non-désirée...)[3]. Les prospectivistes s'accordent à penser que les TIC devraient prendre une place croissante et pourraient être à l'origine d'un nouveau paradigme civilisationnel, avec peut être une évolution des TIC vers les NBIC (Nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives)

Concept[modifier]

De 2007 à 2010, la proportion de sociétés équipées d'un extranet est passée de 17 % début 2007 à 35 % début 2010[4].

À l'origine[modifier]

Le concept présente trois caractéristiques typiques des notions nouvelles :

  • il est fréquemment évoqué dans les débats contemporains,
  • sa définition sémantique reste floue ; par exemple, le terme technologie qui signifie « discours sur la technique » est utilisé à la place de « technique », qui serait à la fois plus simple et plus exact.

Ce concept est à rapprocher de celui de société de l'information.

  • les technologies de l'information et de la communication sont des outils de support à la communication, la communication de l'information restant l'objectif, et la technologie, le moyen.

Évolution de la terminologie[modifier]

L'avènement de l'Internet et principalement du Web comme média de masse et le succès des blogs, des wikis ou des technologies Peer to Peer confèrent aux TIC une dimension sociétale. Gérard Ayache dans La Grande confusion, parle d'« hyperinformation » pour souligner l'impact anthropologique des nouvelles technologies. De nombreux internautes, quant à eux, considèrent l'Internet comme une technologie de la relation (TR) : Joël de Rosnay a repris cette expression dans La révolte du pronétariat : des mass média aux média des masses. Le Web 2.0 est permis par les TIC.

Appellations connexes[modifier]

Les TIC sont également désignées par les « nouvelles technologies de l'information et de la communication » (NTIC).

Les sigles anglais correspondant sont IT, pour « Information Technology » et NICT, pour « New Information and Communication Technology/Technologies » ou encore ICT pour « Information Communication Technology/Technologies ».

Dans l'éducation nationale en France, on évoque plutôt les Technologies usuelles de l'information et de la communication (TUIC) et les Technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement (TICE).

Technologies[modifier]

Les TIC regroupent un ensemble de ressources nécessaires pour manipuler de l'information et particulièrement les ordinateurs, programmes et réseaux nécessaires pour la convertir, la stocker, la gérer, la transmettre et la retrouver.
On peut regrouper les TIC par secteurs suivants :

Applications[modifier]

Dans l'éducation[modifier]

Article détaillé : Université numérique.
Article détaillé : Espace numérique de travail.

Dans l'aménagement du territoire[modifier]

Dans l'administration[modifier]

Dans la santé[modifier]

  • Dossier médical personnel

Dans l'économie[modifier]

Dans l'environnement[modifier]

Dans les transports[modifier]

Dans la formation[modifier]

Avantages et limites de l'investissement dans les TIC[modifier]

Avantages[modifier]

L’investissement dans les TIC serait l’un des principaux moteurs de compétitivité des entreprises. En effet, selon des études de l'OCDE, les TIC seraient un facteur important de croissance économique aux États-Unis.

Limites[modifier]

  • Problèmes d'ergostressie (stress lié à l'utilisation des TIC) provenant souvent d'un manque de cohérence dans la conception de ces systèmes complexes.
  • Problèmes de rentabilité :
    1. Coût du matériel, du logiciel, de l'entretien et du renouvellement ; certains matériels sont rapidement désuets en raison du rythme soutenu des innovations (18 mois), ou semblent avoir fait l'objet de stratégies d'obsolescence programmée ;
    2. Il est fréquent de voir apparaître un suréquipement par rapport aux besoins, et donc une sous-utilisation des logiciels.
    3. Coût de la formation du personnel, de sa résistance aux changements.
    4. Coût entraîné par la modification des structures, par la réorganisation du travail, par la surabondance des informations.
    5. Rentabilité difficilement quantifiable ou difficilement prévisible sur les nouveaux produits. Parfois, d'autres investissements semblent pouvoir être aussi bénéfiques (Recherche et développement, Formation du personnel, Formations commerciales, organisationnelles, logistiques).
  • la fracture numérique peut être source de nouvelles inégalités. Les serveurs consomment à eux seuls autant que le parc de tous les ordinateurs, pour le refroidissement notamment. Leur consommation (refroidissement inclus) est passée de 3,6 Twh/an, à 5,2Twh/an, de 2006 à 2008, alors que la consommation des data centers diminuait fortement [5].
  • Modification du type et contenu du travail. En France, cette question a été traitée par le Centre d'analyse stratégique (CAS) dans un premier rapport sur l'impact des TIC sur les conditions de travail (en février 2012 [6] et dans un second rapport concernant plus spécifiquement la fonction publique[7](janvier 2013) ; il estime que certaines des modalités du travail des fonctionnaires tendraient à se rapprocher de celles des salariés du privé, alors que « à ces spécificités organisationnelles s’ajoutent les missions propres à l’administration et les profils particuliers des agents eux-mêmes » ; les TIC ont permis aux fonctionnaires un travail facilité, des gains de temps gestionnaire au profit du temps de contact avec le public, etc.), mais en étant soumis à un contrôle accru des tâches et des missions et à un certain isolement au travail, etc..
  • Des problèmes se posent aussi en termes de sécurité et d'éthique aggravés par l'internationalisation des règlementations : « fun », chantage, escroquerie, subversion, etc., face à certains publics vulnérables notamment (enfants, personnes âgées).
    À l'heure actuelle, hormis pour des règles techniques, au sein de quelques grands systèmes collaboratifs, il semble qu'aucune « gouvernance mondiale » ne soit vraiment parvenue à une vision à long terme, ni à une surveillance ou à imposer un respect de règles « minimales réputées communes ».

Dérives en matière de consommation d'énergie et de ressources[modifier]

La mondialisation des TIC, permettant un accès banalisé et 24h/24 depuis n'importe quel point du globe à un ensemble de ressources (données, puissance informatique), a aussi des effets pervers en termes environnementaux  : Selon France Télécom, une utilisation judicieuse (pour le télétravail par exemple des NTIC) permettraient de réduire de 7 % les émissions des gaz à effet de serre entre 2010 et 2020 (1/3 de l'objectif français de 20 % selon les protocoles actuels), mais en réalité :

  • l'empreinte écologique de l'informatique grandit rapidement à cause d'une consommation très importante de métaux précieux, rares ou toxiques ;
  • L'empreinte carbone et énergétique augmente également dans le monde, ainsi pour certains matériels qu'un gaspillage énergétique (ex : veille, ou absence d'extinction automatique).
    En 2011, les TIC représentaient 6,2 % en 2005 (et 7,3 % en 2008) de la consommation électrique de la France (35,3 TWh/an en 2008), mais avec une croissance moins rapide que celle des usages (19 % sur 3 ans vs 40 % pour l'augmentation des équipements et une explosion des usages). Sur ces 35, 3 TWh/an, les télécoms en représentent 6,7 TWh/an). Selon France télécom si l'on ne tient pas compte de l'augmentation des usages, les matériels plus économes ont permis de diminuer la consommation de 30 %.
  • D'après une étude publiée lors du colloque Colloque EJC - ICT 2012, les « Technologies de l'Information et de la Communication - émettent autant de CO2 (2% à 5% des émissions globales annuelles, selon les pays) que l'industrie aéronautique tout en affichant une croissance de 20% par an »[8][9].

Selon un rapport "“Votre cloud est-il Net?“. " (avril 2012), « Certains centres de traitement des données consomment autant d’électricité que 250 000 foyers européens[10]. Si le « cloud » était un pays, il se classerait au 5e rang mondial pour la demande en électricité, et ses besoins devraient être multipliés par trois d'ici à 2020 »[10].
Des efforts supplémentaires permettraient de diminuer cette consommation jusqu'à 34,3 TWh/an avant 2012 et à 33,9 TWh/an à horizon 2020 ; la part des Télécoms pouvant alors se stabiliser à 8,5 TWh/an en 2012[Passage problématique], pour décroître en à 7,6 TWh/an en 2020[11]. En 2010, en France, une charte a engagé les opérateurs développer le réseau tout en économisant l'électricité, et améliorer la récupération et le recyclage des matériels informatiques[12]. De 2005 à 2008, les unités centrales desktop vendues ont légèrement diminué leur consommation d'énergie, de même que les écrans, alors que la consommation des portables augmentaient légèrement[13]

Ouverture des pays aux TIC[modifier]

Chaque année, le Forum économique mondial publie le Networked Readiness Index, un indice défini en fonction de la place, de l'usage et du bénéfice que peut tirer un pays des technologies de l'information et des communications. Cet indice prend en compte une centaine de pays (133 en 2009-2010) et permet d'établir un classement mondial. Cet indice reste encore sous le niveau souhaité si l'on prend en considération les besoins et les limitations imposées par les situations actuelles.

Classement 2010[modifier]

Rang Pays Score Évolution du classement en 1 année
1 Suède 5,65 +1
2 Singapour 5,64 +2
3 France 5,66664 +5
4 Suisse 5,48 +1
5 États-Unis 5,46 -2
6 Finlande 5,54 -
7 Canada 5,36 +3
8 Hong Kong 5,43 +4
9 Pays-Bas 5,32 -
10 Norvège 5,22 -2

Source : Forum économique mondial, 2010[14]

Nombre de pays : 133

Classement 2012[modifier]

Rang Pays Score Évolution du classement en 2 ans
1 Suède 5,94 -
2 Singapour 5,86 -
3 Finlande 5,81 +3
4 Danemark 5,70 -1
5 Suisse 5,61 -1
6 Pays-Bas 5,60 +3
7 Norvège 5,59 +3
8 États-Unis 5,56 -3
9 Canada 5,51 -2
10 Grande-Bretagne 5,50

Source : Forum économique mondial, 2012[15]

Nombre de pays : 142

Notes et références[modifier]

  1. McKinsey & Company (2011), Impact d'internet sur l’économie française ; comment internet transforme notre pays du ministère de l'économie, PDF, 45 pages
  2. Observatoire International des Métiers Internet
  3. Parmi les premiers penseurs à avoir mis en lien le développement des TIC et la menace des libertés figurent l'écrivain anglais Aldous Huxley et le sociologue français Jacques Ellul.
  4. Enquête sur les technologies de l'information et de la communication et le commerce électronique 2010
  5. Rapport IDATE voir p 9/22
  6. CAS (2012), Rapport et la note de synthèse n°266 "L'impact des TIC sur les conditions de travail" (Février 2012)
  7. CAS (2013), Quel est l'impact des TIC sur les conditions de travail dans la fonction publique ? ; Note d'analyse n°318 du CAS ; janvier 2013
  8. Colloque EJC - ICT 2012, consulté le 11 avril 2013.
  9. Vers des Technologies de l'Information écologiques et efficaces en consommation énergétique, consulté le 11 avril 2013.
  10. a et b résumé en français, et rapport en anglais
  11. Étude disponible sur le site Internet de la Fédération Française des Télécoms : Étude IDATE BCG, qui n'intègre que les émissions de CO2 et non la pression sur les matières premières épuisables, l'eutrophisation, l'acidification, les pollutions chimiques, etc. (Rapport IDATE ; Dossier de presse, en PDF ; [http://www.greenit.fr/sites/greenit.fr/files/rapport_BCG_dossier_de_presse.pdf Rapport BCG ; Dossier de presse, en PDF)
  12. Charte d’engagement volontaire du secteur des télécoms pour le développement durable, Paris, le jeudi 22 juillet 2010
  13. Rapport IDATE voir p 8/22
  14. Network Readniss Index Rankings 2010
  15. The Networked Readiness Index 2012

Voir aussi[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • Yves Lasfargues, Halte aux absurdités technologiques, Éditions d'organisation, 2003
  • Franklin Brousse, Jean-Denis Garo, Arnaud Loisel et Pascal Prot, Guide TIC des petites et moyennes collectivités, Édition Ficome, Paris, 2004
  • Jean-Denis Garo, Mon papa travaille dans l’Informatique et les Télécoms , Paris, 2007
  • Sylvie Faucheux, Catherine Moulin, T.I.C. et développement durable, De Boeck, 2010 (ISBN 2804103714) 
  • Michéle Germain (dir.), Lexique des TIC, forum atena, Paris, 2010
  • Jean-Denis Garo, Anita & Béatrix – Le sens caché du vocabulaire des IT , Paris, 2010
  • Gérard Peliks (dir.), Mythes et légendes des TIC, forum atena, Paris, 2011
  • Groupe Ecoinfo, Impacts environnementaux des TIC, France, 2012
  • Rufino Filipe Adriano, Cultures et technologies de l'information et de la communication : Quelle approche du paradigme du dévelopemment ?, Presses Académiques Francophones, 2012 (ISBN 3838176421)
  • Yves Jeanneret, Y a-t-il (vraiment) des technologies de l'information ?, Presses Universitaires du Septentrion, 2007 (ISBN 2757400193)
  • Yannick Lejeune, TIC 2025 les grandes mutations. Comment internet et les TIC vont dessiner les prochaines années, FYP Editions, 2010 (ISBN 2916571418)
  • Arlette Bouzon, TIC dans les organisations : théories et pratiques, Octares Editions, 2005 (ISBN 2915346267)

Articles connexes[modifier]

Sciences et technologies de l'information[modifier]

Web, gestion des connaissances[modifier]

Données, bibliothèques numériques

Sécurité informatique[modifier]

Aspects économiques, écologiques et sociologiques[modifier]

Éducation[modifier]

Autres[modifier]

Liens externes[modifier]