Technique de construction de la Grande Muraille de Chine

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La Grande Muraille de Chine

Dès les premières constructions des murailles du nord de la Chine, elles étaient faites de briques et de pierres. Il s’agit généralement, au début, d’amoncellement de terres battues et de roches. Puis, lors de sa reconstruction et de son expansion sous la dynastie des Ming, la Grande Muraille de Chine prend une tendance plus solide avec briques et pierres de façon systématique. «Vue en coupe, elle est plus large au pied qu'au sommet et ses parois sont légèrement inclinées. Sa largeur moyenne est de 7 m et atteint 10 m par endroits. Sa hauteur moyenne est de 9 m et attend 15 m par endroits. »[1]

La splendeur de la muraille construite dans un but militaire sous différente dynastie telle que les Hans et les Mings, fut réussie grâce aux travaux de milliers d’hommes, et ce, sur plusieurs générations et avec des dépenses importantes pour l’État chinois de l’époque. « Une politique de la main-d’œuvre était impérative dans une entreprise aussi gigantesque »[2].

La courte dynastie de l’empereur Qin Shi Huangdi a permis de réaliser la première Grande Muraille en une douzaine d’années, ceci en utilisant des ressources humaines de plus de 300 000 soldats. De plus, plus de 500 000 paysans se sont joints aux travaux. Un nombre variant entre 30 000 et 1 200 000 hommes participe à sa construction année après année. En plus des soldats et des paysans qui travaillent à la Muraille, il y a aussi les prisonniers. « Un article du Code pénal, sous les Qin et les Han, prévoit que les condamnés doivent expier leurs fautes en travaillant à la Muraille. »[2]

Pour réussir une construction d’une infrastructure de ce type, il est nécessaire de décortiquer la structure d’encadrement. En effet, un système rationnel d’organisation et de surveillance était nécessaire. « Certaines tâches étaient fractionnées et réparties entre les zones de garnison; ailleurs, des contingents considérables étaient rassemblés pour s’attaquer à des tranches entières de travaux. » [2]

Les matériaux proviennent de différents endroits et sont de différentes formes. En fait, la terre, la pierre, le bois et les tuiles sont les principaux matériaux utilisés dans la construction de la Grande muraille. « Elle est construite selon diverses méthodes selon l'époque et le lieu : gros blocs de pierre sèches, couches de terre battue, briques de mêmes solidités que nos bétons actuels (solidité due à la présence de farine de riz). »[1] La brique ne vient que plus tard sous la dynastie des Ming. La plupart du temps, les matériaux utilisés pour la Grande muraille proviennent de la localité même de la construction. « En montagne, la pierre; en pays plat ou sur le lœss, la terre damée; dans le désert de Gobi, des couches de sable alternées avec des cailloux, des branches de tamaris et des joncs… »[2]

Les briques pouvaient être fabriquées de façon artisanale à l’aide de four. « Une découverte archéologique récente à Qinhuangdao a mis à jours 51 fours à briques qui ont servi à la confection des briques grises de la grande muraille. Les fours de 3,5 mètres de diamètre sont de trois types différents. »[3] Des fours furent ainsi construits de façon locale tout le long des endroits particulièrement difficiles d’accès. « L’eau versée dans un creux au sommet du four provoque le glaçage des céramiques. »[2]

Les matériaux étaient acheminés avec l’aide de certains transports. Le plus important est l’utilisation de la ressource humaine. En file indienne, les travailleurs se passent le nécessaire jusqu’au lieu désiré. De plus, l’utilisation de la charrette et de techniques telles que le levier et les balanciers se trouvait importante en terrain plat. Les animaux ont été mentionnés, mais ne sont pas employés en très grand nombre. « Hottes sur le dos pour les ânes, briques attachées aux cornes pour les chèvres, les bêtes étaient poussées sur la montée »[3].

Des techniques de construction créatives sont nécessaires dans une œuvre de la sorte. Il semble en effet, que le manque de machinerie et de moyens de transport adéquats ait développé des techniques propres à cette construction. Le terrain devait pour la pose des briques et des pierres être nivelé. Le mur est donc par la suite construit couche par couche, et ce, de façon méthodique. « La construction de la Muraille fut faite sur le modèle des murs en pisé »[2] , il s’agit de deux murs de pierres dans lesquels on remplit l’espace vide par du sable et des cailloux. À la hauteur souhaitée, il ne suffisait que de rajouter des briques à la surface. Les murs de terre étaient damés selon une technique chinoise traditionnelle.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://terroirs.denfrance.free.fr/p/encyclopedie/grande_muraille_chine.html
  2. a, b, c, d, e et f Hubert Delahaye, Jean-Pierre Drege, Dai Wenbao, Dick Wilson et Luo Zewen, La Grande Muraille, Armand Colin Éditeur, Paris, 1982.
  3. a et b Analyse detailée de matériaux, méthodes et structures