Taytu Betul

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Taytu Betul (Ge'ez: ጣይቱ ብጡል) (env. 1851) est une noble de l'Empire éthiopien (18891913) et la femme du Negusse Negest Menelik II.

Taytu Betul

Biographie[modifier | modifier le code]

Taytu Betul est née vers 1851[1]. Troisième enfant d’une famille de quatre, elle est issue d'un milieu aristocratique lié à la dynastie salomonide. Son père, Ras Betul Haile Mariam était moins connu que son oncle Dejazmach Wube Haile Mariam, qui était chef d'une partie du nord de l'Abyssinie dans les années 1840 et un rival du Negusse Negest Tewodros II. La famille du père était des dirigeants de la province du Semien, qui se disaient descendants de l'Empereur Susneyos. La mère de son père était la fille de Ras Gugsa Welle, membre de la famille souveraine du Yejju, d’origine oromo est convertie de l'Islam au christianisme orthodoxe et dont les membres étaient des régents des Empereurs à Gonder lors du Zemene Mesafent. La mère de Taytu, Yewubdar, venait d’une famille noble de Gonder.

Taytu était une femme fière de sa lignée du Yejju, du Semien et du Bégemder. Après quatre mariages ayant échoué, elle épousa Sahle Maryam, alors Negus du Choa et plus tard Negusse Negest d'Abyssinie. Elle exerçait un véritable pouvoir politique que ce soit pendant le règne de son mari sur le Choa ou sur tout l'Empire. Elle représentait, à la Cour, le courant conservateur qui résistait aux progressistes qui voulait développer l'Abyssinie sur les modèles occidentaux en modernisant le pays. Profondément méfiante vis-à-vis des véritables intentions européennes par rapport à son pays, elle joua un grand rôle dans la polémique autour du traité de Wuchale. Elle était partisane de la ligne dure face aux Italiens, et lorsque ceux-ci décidèrent d'envahir l'Empire éthiopien, elle marcha avec le Negusse Negest et l'armée impériale, à la tête d'une force de canonniers afin de participer à la bataille d'Adoua où les Italiens furent battus. Elle était réputée pour son caractère autoritaire, lorsque Menelik II était confronté à des problèmes il avait pour habitude de répondre positivement afin de n'offenser personne alors que sa femme refusait catégoriquement[2] s'il le fallait. Alors qu'elle devenait de plus en plus impopulaire son mari était quant à lui très apprécié à la Cour.

Vers 1906, l'état de santé de Menelik II l'empêchait de régner aussi facilement qu'auparavant et Taytu commença à prendre des décisions en son nom. Ses rivaux, issus du Choa, du Tigray et du Wollo n'appréciaient guère cette attitude qu'ils rattachaient à une prétendue xénophobie en raison de ses origines gondariennes. En 1910, elle fut forcée de quitter le pouvoir et la régence de Ras Tessema Nadew débuta. Chargée de s'occuper uniquement de son mari, elle disparut de la scène politique. Menelik II et Taytu n'avait eu aucun enfant. Lorsque le Negusse Negest décéda le , Lij Iyasu lui succéda. Taytu fut bannie et dut se retirer à l'ancien palais à Entoto, près de l'église Entoto Mariam qu’elle avait fondée et où elle avait été couronnée avec son mari.

Il est possible que Taytu ait joué un rôle dans le renversement de Lij Iyasu en 1916 et l'arrivée au pouvoir de Zaouditou qui en échange lui proposa de vivre avec elle. Taytu refusa bien qu'elle avait repris l'habitude de conseiller divers chefs. Elle continuait de vivre à Entoto, en novembre 1917 elle demanda la permission de se rendre à Gonder où elle voulait vivre ses derniers jours. Sa requête fut rejetée et le [3], elle décéda. Elle repose dans le monastère Taeka Negest Ba'eta Le Mariam à Addis-Abeba dans le même mausolée que Menelik II, son mari.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Chris Prouty précise que la date de naissance indiquée sur sa tombe à Addis Abeba est 1832 (calendrier éthiopien) soit 1839/40. D'autres sources affirment qu'elle serait née en 1853. Prouty explique que la date 1850-1851 est celle concordant le plus avec les faits connus de sa vie. Empress Taytu and Menilek II: Ethiopia 1883-1910, p. 27
  2. Prouty, op. cit., p. 42
  3. Prouty, op. cit., pp. 345 et s.

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexandra Pascal, Taytu et Zäwditu, impératrices d'Éthiopie, Université de Provence, 2000, 216 p. (mémoire de maîtrise d'Histoire)
  • (en) David H. Shinn et Thomas P. Ofcansky, « Taytu Betul », in Historical Dictionary of Ethiopia, Scarecrow Press, 2013 (2e éd.), p. 384 (ISBN 9780810874572)

Articles connexes[modifier | modifier le code]