Taxinomie des plantes cultivées

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La taxinomie des plantes cultivées est l'étude théorique et pratique de la science qui découvre, décrit, classe, identifie et nomme les cultigènes – c'est-à-dire des plantes dont l'origine ou la sélection est essentiellement le résultat d'une activité humaine intentionnelle.

La taxinomie des plantes cultivées est un aspect de l'étude de la botanique horticole pratiquée principalement dans les jardins botaniques, les grandes pépinières, les universités ou les institutions gouvernementales. Les domaines d'intérêt des taxinomistes professionnels horticoles comprennent : la recherche de nouvelles plantes susceptible d'être cultivées ; la communication vers le grand public sur les sujets concernant la classification et la nomenclature des plantes cultivées et la réalisation de recherches originales sur ces sujets ; la description des plantes cultivées de régions particulières (flores horticoles) ; l'enregistrement de nouvelles introductions ; la maintenance de bases de données sur les plantes cultivées ; l'entretien d'herbiers (y compris de collections de spécimens desséchés, d'images, etc. ) ; le développement de collections d'images ; la contribution aux mises à jour du Code international pour la nomenclature des plantes cultivées (Code des plantes cultivées).

Classification scientifique et anthropocentrique[modifier | modifier le code]

Tout système de classification a un but. Depuis les temps les plus anciens, nous avons classé les plantes en suivant deux courants de pensée. D'une part, il y a un intérêt détaché, philosophique ou scientifique, pour les plantes elles-mêmes, d'autre part un intérêt pratique, utilitaire et anthropocentrique, qui met l'accent les utilisations que l'on peut en faire[1].

L'historique qui suit de la taxinomie des plantes cultivée illustre la manière dont ces deux approches de la nomenclature des plantes et de leur classification ont conduit aux actuels Code international de nomenclature botanique (Code botanique) et Code international pour la nomenclature des plantes cultivées (Code des plantes cultivées).

L'histoire de la nomenclature des cultigènes a été discutée par William T. Stearn[2],[3] et Brandenberg, Hetterscheid et Berg[4],[5]. Elle a également été examinée d'un point de vue botanique[6] et pour la période de séparation des deux codes Codes entre 1953 et 2004[7].

Nomenclature et classification[modifier | modifier le code]

La nomenclature biologique telle qu'elle s'exprime à travers le Code botanique et le Code des plantes cultivées ne fait aucune hypothèse quant aux méthodes, principes ou finalités de la taxinomie, sauf que les unités taxinomiques, les taxons, sont placées dans une hiérarchie nichée de rangs[6]. Autrement dit, l'actuel Code des plantes cultivées est simplement un mécanisme pour réguler les noms dans les catégories de classification cultivar et Groupe ; elle ne peut faire aucune stipulation sur le but ou les méthodes de la taxinomie elle-même. Néanmoins, dans le traitement de la classification des catégories particulières nécessaires pour les plantes de l'agriculture, de l'horticulture et de la sylviculture, le Code des plantes cultivées ne sert pas seulement les intérêts scientifiques de la nomenclature officielle, il est également prévu pour les besoins utilitaires de ceux qui s'intéressent aux plantes du commerce.

Développement historique de la taxinomie des plantes cultivées[modifier | modifier le code]

Le développement de la taxonomie des cultigènes suivit celle de la taxinomie botanique en général lors des premiers recensements et des premières descriptions des plantes, qui faisaient peu de différence entre celles qui étaient anthropogéniques et celles qui étaient des types naturels sauvages. La nomenclature botanique et la classification ont évolué à partir du système binomial simple de la taxinomie populaire et ce n'est qu'au milieu du XIXe siècle que la voie de la nomenclature des cultigènes commença à diverger du courant principal de la taxinomie botanique.

De 10 000 à 400 av. J.-C. : domestication des plantes[modifier | modifier le code]

Faucille sumérienne en terre cuite -vers 3000 av. J.-C.

William T. Stearn (1911-2001), botaniste britannique et auteur d'un livre sur le latin botanique (Botanical Latin, Timber press) a dit que « les plantes cultivées [cultigènes] sont pour l'humanité l'héritage le plus vital et le plus précieux de la plus haute Antiquité »[2]. Les cultigènes de nos plantes d'intérêt économique les plus communes remontent probablement aux premières communautés agricoles de la Révolution néolithique il y a 10 000 à 12 000 ans : leur véritable origine restera probablement à jamais un mystère. Dans le monde occidental, parmi les premiers cultigènes auraient figuré des sélections de céréales, blé et orge, faites par les premières populations du Croissant Fertile (les vallées fertiles du Nil, du Tigre et de l'Euphrate) à l'est du bassin méditerranéen. Cependant, des sélections de plantes alimentaires ont aussi émergé dans une dizaine de centres de peuplement répartis dans le monde à cette époque. Au contact de zones locales, les plantes cultivées ont donné naissance à des variétés de pays (sélections particulièrement adaptées aux conditions locales), bien que celles-ci soient maintenant largement remplacées par des cultivars modernes. Les boutures sont un moyen très efficace de perpétuer les caractères recherchés, notamment chez les plantes ligneuses, telles la vigne, le figuiers et l'olivier, aussi il n'est pas surprenant que celles-ci figurent parmi les premières sélections de plantes reproduites en culture à l'Ouest. Les peuplades migrantes emportaient avec elles des graines et de boutures de leurs plantes et on a montré que des cultigènes de céréales du Croissant fertile ont été transférés d'Asie occidentale vers les terres environnantes[2].

de 400 av. J.-C. à 1400 : monde antique : influence des Grecs et des Romains ; Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Aristote (384-322 av. J.-C.)

La tradition la plus philosophique est représentée par Aristote (384–322 av. J.-C.) qui établit l'idée importante d'une fundamentum divisionis, principe selon lequel les groupes peuvent être progressivement subdivisés. La classification biologique de tous les organismes suit ce principe de groupes à l'intérieur de groupes connue sous le nom de « hiérarchie nichée ». Bien qu'elle ne soit pas nécessairement fondée sur l'hypothèse de l'évolution, cette forme de classification s'accorde bien avec le modèle évolutionnaire de descente avec modification.

Théophraste (371-286 av. J.-C.)

La première documentation sur les plantes est largement attribuée à un élève d'Aristote, Théophraste (371-286 av. J.-C.). Dans son Histoire des plantes[8] il divisa le royaume des plantes d'abord en arbres, arbustes, arbrisseaux et herbes, catégories ensuite subdivisées en sauvages et cultivées, fleurissant ou non, caducs ou persistants. Dans l'ensemble il traita de 480 types environ.

L'approche utilitaire, considérant les plantes principalement pour leurs propriétés médicinales, est illustrée par Pline l'Ancien (29-79), écrivain, historien et naturaliste romain, auteur de l'Histoire naturelle[9] qui recense des « cultivars » désignés d'après des personnes, des lieux et des caractéristiques de la plante, et Dioscoride (vers 40 - vers 90), médecin, pharmacologue et botaniste grec, dont les cinq volumes de De Materia Medica[10] fut un précurseur de toutes les pharmacopées modernes, et l'un des herbiers les plus influents publiés entre 1470 et 1670 environ : il recense de 600 à 1000 types différents de plantes incluant Alba, Gallica, Centifolia et d'autres roses cultivées par les Romains.

La première désignation documentée de cultigènes[3] se trouve dans De Agri Cultura[11] écrit vers 160 av. J.-C. par Caton l'Ancien (234-149 av. J.-C.), homme d'État et écrivain romain, dans une liste comprenant 120 types (cultivars actuels) de figuiers, vignes, pommiers et oliviers. Les noms sont présentés de façon telle qu'ils devaient être familiers des citoyens romains. Les noms de « cultivars » étaient le plus souvent formés d'un seul mot et indiquaient la provenance du cultivar (l'origine géographique du lieu où la sélection des plantes s'étaient faites).

Pline l'Ancien (29-79)

Les écrivains ultérieurs, jusqu'au XVe siècle, ajoutèrent peu de choses à ces premiers travaux. Au Moyen Âge, les livres d'heures, les premiers herbiers, les manuscrits enluminés et les documents économiques indiquent que les plantes cultivées par les Romains se retrouvèrent dans les jardins de monastères. Un poème écrit en 827 cité par Stearn[3] se rapporte à un jardin de monastère de Saint-Gall en Suisse où étaient cultivés la sauge, la rue, l'aurone, l'absinthe, la ballotte, le fenouil, l'iris germanique, l'ache de montagne, la salade, le cerfeuil, le lis blanc, le pavot somnifère, la sauge sclarée, la menthe, la bétoine, l'aigremoine, la cataire, le radis, la rose gallique, la gourde et le melon. Il paraît vraisemblable que les herbes aromatiques et culinaires étaient très répandues et de semblables listes de plantes cultivées sont documentées pour différents jardins de Villas de l'époque de Charlemagne (742-814).

de 1400 à 1700 : Renaissance, expansion impériale, herbiers[modifier | modifier le code]

Gaspard Bauhin (1550-1624)

Le renouveau du savoir durant la Renaissance a revigoré l'étude des plantes et de leur classification. À partir de 1400, l'expansion européenne établit progressivement le latin comme langue commune des savants en général et de la nomenclature biologique en particulier. La publication d'herbiers (livres souvent illustrés de gravures décrivant l'apparence, les propriétés médicinales, et d'autres caractéristiques des plantes utilisées en médecine des plantes) à partir de 1500 étendit la documentation formelle sur les plantes et à la fin des années 1500, le nombre de types différents de plantes documentés s'élevait à 4000 environ. En 1623, Gaspard Bauhin publia son Pinax theatre botanici [12], tentative de compilation complète de toutes les plantes connues à l'époque : elle comprenait environ 6000 types. Les travaux d'un botaniste et médecin allemand, Valerius Cordus (1515-1544), publiés en 1562, incluaient de nombreux « cultivars » nommés, dont 30 pommes et 49 poires, probablement des sélections locales allemandes. Avec la croissance du commerce des plantes économiques et médicinales, le besoin d'un système plus complet s'accrut. Jusqu'à 1650 plantes ont été groupées soit selon un ordre alphabétique, soit selon une taxinomie populaire utilitaire - par leur usages médicinaux ou selon qu'il s'agissait d'arbres, d'arbustes ou d'herbes. Entre 1650 et 1700, il y eut un retour des classements utilitaires vers une classification scientifique naturelle basée sur les caractères des plantes elles-mêmes.

de 1700 à 1750  : l'aube de la classification scientifique[modifier | modifier le code]

En 1700 le botaniste français, J.P. de Tournefort, (inspiré par John Ray), bien qu'il utilisait encore les grandes divisions en « arbres » et « herbes » pour les plantes à fleurs, commença à utiliser les caractéristiques de la fleur comme caractères distinctifs et, plus important, donna une définition claire du genre comme unité de base de la classification. dans son ouvrage, Institutiones rei herbariae, il recensa environ 10 000 plantes différentes, qu'il appela espèces, organisées en 684 genres différents. L'établissement de ce précurseur de la classification scientifique améliora grandement l'organisation de la diversité des plantes en groupes approximativement équivalents ou rangs et beaucoup de ces genres furent ensuite repris par Linné. On attribue également à Tournefort l'introduction du terme « herbier » dans l'usage général.

Il n'y avait pas encore à cette époque de consensus sur la structure des noms de plantes, si bien que ceux-ci variaient en longueur depuis un mot unique jusqu'à de très longues phrases descriptives. Comme le nombre de plantes enregistrées augmentait, ce système se montra de moins en moins pratique comme moyen de communication sur les différentes plantes.

1750-1800  : Linné et la nomenclature binomiale[modifier | modifier le code]

Carl von Linné (1707–1778)
Species Plantarum 1753

L'expansion coloniale européenne et la nécessité de décrire des milliers de nouveaux organismes mis en lumière les difficultés en matière de communication, de réplication de descriptions et l'importance d'une manière agréée de présenter, de publier et d'appliquer les noms.

C'est le botaniste suédois Carl von Linné qui mit finalement de l'ordre dans cette situation[13] grâce à la publication de sa Philosophia botanica (1736) et de Critica botanica (1737). C'est cet ouvrage qui formalisa le nom de genre avec un seul épithète pour former le nom d'espèce en deux mots, le nom binomial. L'intention de Linné de recenser et de classer le monde biologique connu à son époque commença en 1753 avec son Species Plantarum[14], suivi en 1758 par son Systema naturae[15] qui incluait aussi les animaux.

Dans ces ouvrages, Linné utilisa un troisième nom, toujours écrit en latin, pour les variétés à l'intérieur d'une espèce et il s'agissait parfois de variétés « cultivées ». Certains de ces noms de variétés « cultigènes » en latin ont persisté jusqu'à aujourd'hui.

1800-1900 : commerce mondial des plantes[modifier | modifier le code]

En Angleterre, la tradition de documenter les plantes de jardin s'était établie bien avant la parution du Species plantarum de Linné avec son plus important chroniqueur, Philip Miller (1691-1771), qui fut responsable du jardin botanique de Chelsea (Chelsea Physic Garden) à Londres de 1722 à 1770. Il produisit une volumineuse publication sur les plantes de jardins, The Gardeners Dictionary, la première édition en 1731 et la dernière, et huitième, en 1768 dans laquelle il adopta finalement les noms binomiaux linnéens[16]. Pendant un temps, cet ouvrage a été considéré comme le point de départ pour la nomenclature « horticole », l'équivalent du Species plantarum de Linné retenu comme le point de départ de la nomenclature botanique en général.

La distribution naturelle des plantes dans le monde a déterminé quand et où les cultigènes avaient été produits. La collection botanique et horticole de plantes économiquement importantes, y compris les plantes ornementales, était basée principalement en Europe. Bien que les herbes et épices d'intérêt économique aient une longue histoire commerciale, et qu'il y ait de bons exemples de diffusion de variétés par les Romains, l'exploration botanique et horticole se développa rapidement au cours du XIXe siècle avec l'expansion coloniale. De nouvelles plantes ont été rapportées en Europe tandis que, à la même époque, des plantes économiquement intéressantes, y compris celles provenant des régions tropicales, ont été diffusées dans les colonies. Ce commerce des plantes a contribué à enrichir l'héritage mondial de cultigènes économiques et ornementaux que nous utilisons encore et qui ont constitué la base de sélection, de reproduction et de génie génétique pour les plantes modernes. Les échanges de plantes qui ont résulté du commerce européen peuvent se découper en plusieurs phases :

Chelsea Physic Garden, été 2006
  • jusqu'en 1560 : surtout à l'intérieur de l'Europe,
  • 1560-1620 : Proche-Orient (sp. plantes bulbeuses de Turquie - (« Tulipomania »)
  • 1620-1686 : plantes herbacées du Canada et de Virginie,
  • 1687-1772 : Le Cap (Afrique du Sud),
  • 1687-1772 : arbres et arbustes d'Amérique du Nord,
  • 1772-1820 : Australie, Tasmanie, Nouvelle-Zélande,
  • 1820-1900 : plantes tropicales de serres ; plantes japonaises rustiques,
  • 1900-1930 : Chine occidentale,
  • depuis 1930 : reproduction intensive et programmes de sélection.

Code botanique et nomenclature des cultigènes[modifier | modifier le code]

Au fur et à mesure que s'accroissait la communauté des personnes s'intéressant aux cultigènes du commerce, à nouveau la divergence entre taxinomie à visées scientifiques et taxinomie utilitaire visant les besoins humains se manifesta. En 1865, le botaniste allemand, Karl Koch, qui devint secrétaire général de la Société d'horticulture de Berlin, exprima son ressentiment à l'égard de l'usage du latin qui perdurait pour les noms de cultigènes. De nombreuses propositions pour traiter cette question furent avancées, la plus importante étant sans doute celle des Lois de la nomenclature botanique soumise en 1867 au quatrième congrès horticole et botanique par le botaniste suisse Alphonse de Candolle qui, dans son article 40 statuait :

Dans les plantes cultivées, les semis, les métis d'origine obscure et les spores reçoivent des noms de fantaisie, en langue vulgaire, aussi différents que possible des noms latins d'espèces ou de variétés[17].

Cet article, prévu pour les cultigènes de la nomenclature horticole, devait rester dans le code botanique (avec un amendement mineur en 1935 suggérant l'usage de la lettre ‘c’ devant le nom horticole et précédant la reconnaissance formelle du cultivar) en 1906, 1912 et 1935 jusqu'à la séparation, en 1953, du code horticole, précurseur du code international pour la nomenclature des plantes cultivées (code des plantes cultivées).

En 1900, eut lieu le premier congrès international de botanique et en 1905 au deuxième congrès tenu à Vienne un ensemble de règles nomenclaturales fut agréé, les « règles de Vienne », connues depuis lors comme le code international de nomenclature botanique. Après la Seconde Guerre mondiale, la responsabilité du code de botanique fut prise en charge par l'Association internationale pour la taxinomie végétale et des réunions pour en discuter les révisions se tiennent tous les six ans, la dernière datant de 2005[18].

Liberty Hyde Bailey (1858-1954)

L'horticulture connaissait à cette époque tous les problèmes auxquels les botanistes furent confrontés au XIXe siècle - une pléthore de noms de longueur variable, écrits et publiés dans de nombreuses langues avec beaucoup de duplications. La période allant de 1867 à 1953 fut malaisée et des horticulteurs américains et d'autres groupes en Europe, telle la communauté des spécialistes en orchidées, firent des tentatives pour ordonner ce chaos dans leur domaine particulier et élaborer leurs propres règles pour désigner les plantes du commerce. Friedrich Alefeld (1820-1872), qui utilisait des noms de variétés en latin, dans une étude monographique des haricots, lentilles et autres légumineuses, distingua trois catégories taxinomiques infraspécifiques : Uterart (sous-espèce), Varietaten Gruppe et Kultur-Varietat, toutes avec un nom en latin. ce faisant, il posait probablement les bases pour l'établissement ultérieur d'une classification des catégories de cultivars et groupes de cultigènes. En conjonction avec le Congrès international de botanique de Bruxelles de 1910, s'est tenu un Congrès international d'horticulture avec la nomenclature horticole à l'ordre du jour.

Résultat de l'insatisfaction générale et d'une proposition de la Royal Horticultural Society de Londres, les Règles de nomenclature horticole furent établies[19]. L'emploi de noms latins simplement descriptifs (par exemple compactus, nanus, prostratus) pour les variantes horticoles fut accepté ainsi que les noms en langues vernaculaires - qui ne devaient pas être traduits et devaient de préférence comporter un mot et trois au maximum. Ce premier « Code horticole » comprenait 16 articles. Toutefois, avec l'intercession de la Première Guerre mondiale, ce ne fut qu'au 9e Congrès d'horticulture à Londres en 1930 que les règles d'un Comité de nomenclature horticole furent agréées et ajoutées en annexe au Code de botanique de 1935. Les règles établies en 1935 furent acceptées mais nécessitaient une extension pour inclure les cultigènes de l'agriculture et de la sylviculture, mais cela n'est qu'à la suite de discussions au Congrès international de botanique de 1950 à Stockholm et au 18e Congrès international d'horticulture à Londres en 1952 que le premier Code international pour la nomenclature des plantes cultivées fut publié en 1953. Le botaniste horticole américain Liberty Hyde Bailey est le créateur des termes « cultigène » forgé en 1918[20],[21] et « cultivar » en 1923[22], mais ce ne sont que deux termes acceptés parmi une multitude de termes de classification inusités et de catégories suggérées pour désigner les cultigènes[23],[24].

Code international pour la nomenclature des plantes cultivées[modifier | modifier le code]

Le premier Code des plantes cultivées (Wageningen), publié en 1953, a été suivi par sept éditions successives - en 1958 (Utrecht), 1961 (mise à jour de 1958), 1969 (Édimbourg), 1980 (Seattle), 1995 (Édimbourg) et 2004 (Toronto)[25].

Suivant la structure du Code botanique, le Code des plantes cultivées se présente sous la forme d'un ensemble initial de Principes suivis de Règles et Recommandations subdivisées en Articles. Les amendements au Code des plantes cultivées sont suscités par des symposiums internationaux sur la taxinomie des plantes cultivées qui permettent l'adoption de règles sur la base des propositions de la Commission internationale sur la nomenclature des plantes cultivées. Chaque édition du Code des plantes cultivées comprend un résumé des modifications apportées à la précédente version et ces modifications ont également été résumées pour la période 1953 - 1995[26].

Association internationale de taxinomie des plantes cultivées[modifier | modifier le code]

Jardin de Wilsey de la Royal Horticultural Society.

Au cours des quinze dernières années, on s'est préoccupé de communication internationale sur la taxinomie des plantes cultivées, d'organisation de symposiums internationaux et de communication générale sur des sujets d'intérêt. En 1988 un Horticultural Taxonomy Group (Hortax )[27] s'est constitué au Royaume-Uni et une organisation parallèle, le Nomenclature and Registration Working Group de la Vaste Keurings Commissie aux Pays-Bas. Un développement pour favoriser les échanges fut la lettre d'information Hortax News, remplacée en février 2006 par le premier numéro de Hanburyana, journal édité par la Royal Horticultural Society à Londres et dédié à la taxinomie horticole. Cela combla le vide laissé depuis que le journal américain Baileya avait cessé de paraître au début des années 1990. Un autre développement fut le lancement, en 2007, lors du Sixième sympsosium sur la taxinomie des plantes cultivées à Wageningen de l' Association internationale pour la taxinomie des plantes cultivées (International Association for Cultivated Plant Taxonomy).

Nomenclature contemporaine des cultigènes[modifier | modifier le code]

La plupart des cultigènes ont un nom composé d'un nom latin régi par le Code international de nomenclature botanique, par exemple Malus domestica, auquel s'ajoute une épithète propre au cultigène, encadré par des guillemets simples, par exemple Malus domestica ‘Granny Smith’. Il existe deux catégories de classification (rangs) utilisées pour désigner les cultigènes – le cultivar et le groupe, la formation et l'emploi de ces noms est régie par le Code international pour la nomenclature des plantes cultivées. Des exemples de bon usage pour présenter les noms de cultigènes sont indiqués ci-dessous :

  • Prunus serrata Sato-zakura Group
  • Prunus serrata (Sato-zakura Group) ‘Ojochin’
  • Prunus ‘Ojochin’
  • Cerisier à fleurs ‘Ojochin’.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arber, A. 1938. Herbals. Cambridge University Press, London (en)
  2. a, b et c Stearn, W.T. 1965. The origin and later development of cultivated plants. Journal of the Royal Horticultural Society 90: 279-291, 322-341. (en)
  3. a, b et c Stearn, W.T. 1986. Historical survey of the naming of cultivated plants. Acta Horticulturae. 182:18-28. (en)
  4. Brandenburg, W.A. 1986. Classification of cultivated plants. Acta Horticulturae. 182: 109-115. (en)
  5. Hetterscheid, W.L.A., van den Berg, R.G. & Brandenburg, W.A. 1996. An annotated history of the principles of cultivated plant classification. Acta Botanica Neerlandica. 45: 123-134. (en)
  6. a et b McNeill, J. 2004. Nomenclature of cultivated plants: a historical botanical standpoint in: C.G. Davidson and P. Trehane (eds), Proc. XXVI IHC – IVth International Symposium on the Taxonomy of Cultivated Plants. Acta Horticulturae 634, ISHS 12004. (en)
  7. Trehane, P. 2004. 50 years of the International Code of Nomenclature for Cultivated Plants: Future prospects for the Code. Acta Horticulturae. 634: 17-27. (en)
  8. Theophrastus 1916, Enquiry into Plants: Books 1-5. Translated by A.F. Hort. Loeb Classical Library. ISBN 0-674-99077-3
  9. [1] Pliny's Naturalis historiae
  10. [2] Dioscorides' Materia Medica
  11. [3] Marcus Cato's De Agri Cultura
  12. [4] Caspar Bauhin's Pinax theatre botanici
  13. [5] Hunt Botanic Garden account of Linnaeus' achievements illustrated through his own works.
  14. [6] Linnaeus' Species Plantarum
  15. [7] Linnaeus' Systema Naturae 13th edition (Volume I,532 pages)
  16. Miller, P. (1754 abridged). The Gardener’s Dictionary, with an introduction by W.T. Stearn. Reprint 1969. Verlag von J. Cramer, New York. (en)
  17. Full text of "Actes du congrès international de botanique tenu a Paris en août 1867, sous les auspices de la Société botanique de France" (fr)
  18. McNeill, J., Barrie, F. R., Burdet, H. M., Demoulin, V., Hawksworth, D. L., Marhold, K., Nicolson, D. H., Prado, J., Silva, P. C., Skog, J. E., Wiersema, J. H., & Turland, N. J. (eds.) 2006. International Code of Botanical Nomenclature (Vienna Code) adopted by the Seventeenth International Botanical Congress Vienna, Austria, July 2005. A. R. G. Gantner Verlag, Ruggell, Liechtenstein. [Regnum Veg. 146]. (en)
  19. Royal Horticultural Society (1911, Oct.). Horticultural code. Journal of the Royal Horticultural Society 37: 149-151.
  20. Bailey, L.H. 1918. The indigen and cultigen. Science ser. 2, 47: 306--8.
  21. Spencer, R.D. & Cross, R.G. 2007. The cultigen. Taxon 56(3): 938-940. (en)
  22. Bailey, L.H. 1923. Various cultigens, and transfers in nomenclature. Gentes Herb. 1: 113--136.(en)
  23. Jirásek, V. 1961. Evolution of the proposals of taxonomical categories for the classification of cultivated plants. Taxon 10: 34-45. (en)
  24. Jeffrey, C. 1968. Systematic categories for cultivated plants. Taxon 17: 109-114. (en)
  25. Brickell, C.D., Baum, B.R., Hetterscheid, W.J.A., Leslie, A.C., McNeill. J., Trehane, P., Vrugtman, F., Wiersema, J.H. (eds) 2004. International Code of Nomenclature for Cultivated Plants. ed. 7. Acta Horticulturae 647 (Regnum Veg. 144). (en)
  26. Trehane, P. 2004. 50 years of the International Code of Nomenclature for Cultivated Plants: Future prospects for the Code. Acta Horticulturae. 634: 17-27. (en)
  27. [8] A small committee of plant taxonomists and horticulturists based in the British Isles with a professional interest in the classification and nomenclature for Cultivated Plants. (en)

Source[modifier | modifier le code]