Tata Milouda

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Tata Milouda

Tata Milouda, née Milouda Chaqiq en 1950, est une artiste de slam marocaine vivant en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née à Settat, à 57 km de Casablanca (Maroc), elle n’est jamais allée à l’école et a été mariée très jeune. Elle a six enfants et doit rapidement s’occuper d’une famille de 24 personnes, subissant la condition des femmes rurales marocaines[1],[2],[3].

En 1989, elle fuit « son ex-mari, qui était violent », laissant ses six enfants au Maroc. Elle arrive ainsi en France avec un visa de tourisme, « trois mots : bonjour, merci, au revoir » et 100 francs en poche. Sans papiers, elle enchaîne les petits boulots de femme de ménage, de plongeuse, de garde d’enfants… Elle est notamment employée par une riche famille syrienne qui lui confisque son passeport et sa carte nationale marocaine, et elle vit deux mois avec eux comme si elle était en prison. En 1993, elle divorce, puis régularise ses papiers en 1994 et fait venir ses trois filles auprès d’elle. Aujourd'hui, elle est grand-mère de huit petits-enfants. Ses trois filles vivent en France et ont la nationalité française, alors que ses trois fils vivent toujours au Maroc. Son plus jeune fils, Zouheir Bernati, est musicien.

Femme de ménage et artiste[modifier | modifier le code]

En 1994 elle avait suivi des cours d’alphabétisation. Ces ateliers d’alphabétisation lui feront connaître les théâtres de Seine-Saint-Denis où elle découvre le slam.

De 2008 à 2010, elle « slame » dans diverses petites salles de spectacle de Paris et de la banlieue parisienne, et jusqu'en Corse[4]. Elle se produit seule pour la première fois en août 2009 au Théranga, café associatif tenu par Malik Sylla. Le mois suivant, elle présente son premier spectacle solo à Saint-Malo, mis en scène par Vincent Spatari[5]. Elle reçoit le soutien de Fabrien Marsaud (Grand Corps Malade) — qui l’appelle, par respect, « Tata » — et de Jamel Debbouze. Elle se produit au Comedy Club, au Cabaret Sauvage[5], à la Maison des métallos.

Début 2011, elle est « intermittente du spectacle » à Épinay-sur-Seine, défendant la cause des femmes et l’alphabétisation, « slamant » la liberté, le rêve, l’amour, la paix avec un optimisme inébranlable[6]. Son témoignage d'artiste a un réel impact sur les mentalités féminines. En slamant l'histoire de sa vie et de son combat, elle aide les femmes à refuser la violence conjugale, et les encourage à s'ouvrir à l'alphabétisation et à la culture, qui sont les deux clés qui lui ont permis de trouver la liberté de s'exprimer et d'exister sans contrainte.

En juillet 2012, elle a été faite chevalier des Arts et des Lettres par le ministre de la culture de l'époque, Frédéric Mitterrand[7]. Pour la première fois, elle est allée présenter son spectacle au Maroc. Elle tourne actuellement entre la France[8], la Belgique et le Maroc[9].

En juin 2012, deux documentaires ainsi qu’un livre qui raconteront son histoire étaient en cours[10]. Son premier disque, avec le musicien Tarik Chaouach, devrait sortir en 2013.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Rayhana, Shakespeare, Milouda et les autres ».
  2. « Tata Milouda une mamie marocaine et slameuse » Entrevue.fr, 1 février 2011.
  3. Borius, Fanny « Tata Milouda : "Ma vie est un miracle !" », TV5monde, 19 avril 2012.
  4. Arte Mare « Tata Milouda », 12 novembre 2010.
  5. a et b Association Café Culturel « Tata Milouda – et vive la liberté ! », octobre 2010 (aussi ici).
  6. « Tata Milouda Vive la vie - extraits concerts interviews »
    « Mon stylo, mon cahier, ma liberté - Tata Milouda »
    « Tata Milouda Slam la confiance » .
  7. Le Parisien « Tata Milouda médaillée ! », 19 juillet 2012.
  8. L'Hérault au jour le jour « Tata Milouda slame sa vie à pierresvives », 11 décembre 2012. Télérama « Tata Milouda, Tarik Chaouach », 14 décembre 2012.
  9. Association Café Culturel « Revue de presse - Tata Milouda », mars 2011, 17 pp.
  10. « Le journal des médiathèques », juin 2012, p.5.