Tartarin de Tarascon

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Couverture de l'édition de 1875.

Tartarin de Tarascon est le héros d'une série de romans d'Alphonse Daudet, dont le premier fut publié en 1872. Cependant, puisque de nombreuses rééditions du premier tome Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon ont été simplifiées en Tartarin de Tarascon, le titre est désormais indissociable de son personnage.

Esquisse du personnage[modifier | modifier le code]

C'est le 18 juin 1863 qu'une nouvelle d’Alphonse Daudet parut sous le titre : « Chapatin, le tueur de lions ». S'il s'agit d'un personnage différent de Tartarin, ils ont plusieurs points communs, au point que l'on considère cette œuvre comme une esquisse de Tartarin[1].

Tartarin de Tarascon[modifier | modifier le code]

Avant la sortie du personnage de Tartarin de Tarascon (1872), il porta le nom de « Barbarin de Tarascon » et fut publié dans Le petit moniteur du soir du 9 au 12 décembre 1869. Il s'agit de la première partie, la partie tarasconnaise, du texte du livre de ces aventures sorti en 1872. L’œuvre entière fut par la suite publié dans le Figaro du 7 février au 19 mars 1870 sous le titre « Le Don Quichote provençal ou les aventures prodigieuses de l'illustre Barbarin de Tarascon en France et en Algérie »[2]

Le nom sera toutefois changé à cause d'un tarasconais, Barbarin de Montfrin, qui se sent directement visé et menace alors Daudet[3].

Tome 1 : Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon[modifier | modifier le code]

Résumé[modifier | modifier le code]

Le premier tome décrit les aventures burlesques de Tartarin, chef des chasseurs de casquettes de Tarascon, allant chasser le lion en Algérie. C'est un héros naïf, qui se laisse berner par des personnages peu scrupuleux, voire par lui-même tout au long de son voyage vers l'Atlas. Cette histoire fut inspirée à Daudet par son cousin Henri Reynaud (c'est cet horticulteur, fils de son grand-père Antoine Reynaud, qui sert de modèle à l'écrivain pour son Tartarin[4]), qui lui racontait ses voyages lors de ses retours d'Afrique, par Jules Gérard, chasseur de lions en Algérie d'origine varoise et par Charles-Louis Bombonnel (1816-1890), qui venait de publier ses récits de chasse aux fauves en Afrique du Nord (Hachette, 1860).

Réception[modifier | modifier le code]

Lors de sa sortie, en 1872, Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon fut un véritable échec : les Provençaux, en particulier les Tarasconnais furent indignés, et refusèrent de se reconnaitre dans le personnage de Tartarin et de ses acolytes[5]. On s'était alors juré « d’avoir la peau » d'Alphonse Daudet lors de son passage à Nîmes et à Tarascon. Selon Jacques Roué, on aurait crié « À mort ! » lors de ce passage, malgré la présence du vénéré Frédéric Mistral qui l'accompagnait.

Cependant, si les locaux ont très mal pris le burlesque du personnage, d'autres lui trouveront de nombreuses qualités. Flaubert, ami de Daudet, dira de cette œuvre : « C'est purement et simplement un chez-d'oeuvre. Je lâche le mot et je le maintiens »[6]

Les suites[modifier | modifier le code]

Le premier roman aura deux suites. La première, Tartarin sur les Alpes, nouveaux exploits du héros tarasconnais[7] sera publiée en 1885 chez Calman - Lévy. Le second, Port-Tarascon, dernières aventures de l'illustre Tartarin[8], en 1890 chez Dentu[9].

Dernier tome[modifier | modifier le code]

Alphonse Daudet s'inspirera de la funeste expédition du marquis de Rays en Nouvelle Irlande dans les années 1880 et qui eut retentissement mondial, pour le dernier épisode des aventures de Tartarin dans un court roman intitulé Port-Tarascon (1890)[10]. Tartarin joue le rôle du marquis Charles de Rays et engage les habitants de Tarascon dans une entreprise d'établissement de colonie en Papouasie Nouvelle Guinée. Port-Breton devient dans le roman de Daudet, Port-Tarascon. Les déboires des pionniers y sont contés et le procès qui suivit. Le dernier chapitre se termine par la ruine et la mort de Tartarin.

Tartarin dans le folklore[modifier | modifier le code]

Tartarin au Carnaval de Nice en 1912
Tartarin de Tarascon

Ce personnage burlesque est devenu un symbole pour la ville de Tarascon et pour la Provence.

Tartarin dans les arts[modifier | modifier le code]

Partie d'une Image d’Épinal à propos de Tartarin

Filmographie[modifier | modifier le code]

Plusieurs films furent tirés de ce roman : en 1908, 1934 et 1962. Le dernier, mis en scène par Francis Blanche, fut interprété par Alfred Adam, Jacqueline Maillan, Bourvil et Robert Porte.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Une suite américaine des aventures de Tartarin de Tarascon, sous forme de pièce de théâtre, Américano tartarinades (2005) de Georgette Sable[11], a été publiée en hommage et honneur à Alphonse Daudet et au 400e anniversaire (en 2008) de la fondation de la ville de Québec.

Adaptation - très libre - de Tartarin de Tarascon par Jérome Savary avec Michel Galabru, Elie Semoun et Martin Lamotte. Création et représentations au Théâtre André Malraux de Rueil Malmaison, en direct sur France 2 le 27 décembre 2012.

Philatélie[modifier | modifier le code]

Le personnage de Tartarin s'est vu utiliser par le Tchad et le Sénégal[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tailliart 1925, p. 38, note 356
  2. Tailliart 1925, p. 38, note 357
  3. http://mpj4.pagesperso-orange.fr/Cevennes%20Magazine.htm
  4. Julien Dieudonné, Aurélie de Cacqueray, Myriam Provence, Sophie Condat, Familles d'écrivains, Archives & culture,‎ 1999, p. 23
  5. Selon Yves Berger, éditeur de la préface du Livre sorti dans les années 1980
  6. http://www.rabac.com/demo/ELLIT/Dossiers/Daudet.htm
  7. Tartarin sur les Alpes, en ligne
  8. Port-Tarascon, en ligne
  9. a et b http://www.bookine.net/Daudetbiographie.htm
  10. Alphonse Daudet, Port-Tartarin, 1890
  11. [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Tailliart, L'Algérie dans la littérature française : Essai de bibliographie méthodique et raisonnée jusqu'à l'année 1924, Édouard Champion,‎ 1925, 466 p. (OCLC 771858952, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]