Tarjei Vesaas

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Tarjei Vesaas en 1967.

Tarjei Vesaas, né à Vinje (comté du Telemark) le 20 août 1897 et décédé à Oslo le 15 mars 1970, est un écrivain norvégien de langue néo-norvégienne (nynorsk). Son œuvre est dominée par les thèmes existentiels du Mal, de l'Absurde, ainsi que par l'omniprésence de la Nature. Elle se caractérise par une forte dimension symbolique et onirique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses parents possédaient la ferme de Vesås et Tarjei, l'aîné des trois fils, devait prendre la succession de son père sur l'exploitation familiale. Ses parents étaient des personnes relativement cultivées qui entretenaient l'intérêt de la lecture, souvent collective et à voix haute, lors des longues et sombres soirées d'hivers.

Tarjei entre par la suite dans la folkehøyskole de Voss, au cours des années 1917-1918, ce qui continue de développer chez lui son attrait pour la littérature (ce type d'enseignement très prisé en Scandinavie pourrait être présenté comme une université populaire, une école pour adultes).

À son retour dans sa région natale, après son service militaire en 1919 dans la capitale où il découvre avec plaisir le théâtre, il se met à écrire de petits articles et poésies pour les journaux locaux. Il compose alors durant son temps libre un premier roman « épais et tragique », qui sera refusé par le plus grand éditeur en langue néo-norvégienne. Cela l'affecte - il brûlera le manuscrit - mais peu de temps après il remporte le premier prix d'un concours de poésie, et on lui souhaite plus de chance pour le second roman, ce qui le pousse à continuer d'écrire. Le second manuscrit refusé sera un recueil de poésies en prose, et c'est à partir du quatrième essai, Menneskebonn, qu'il sera édité, en automne 1923. Le roman qui suit lui donne accès à des bourses d'État pour voyager et travailler.

Vesaas traverse alors l'Europe en 1925, puis il voyage de nouveau en 1927, grâce à ces bourses. Il sera ainsi continuellement dans les plus grandes villes d'Europe jusqu'à son mariage avec Halldis Moren en 1934, date à laquelle il s'installe aussi à Midtbø, ferme construite par son grand-père maternel, tout près de la ferme de ses parents. Tarjei Vesaas et Halldis Moren ont eu deux enfants, Guri et Olav. Leur vie se déroulera sans heurts particuliers. Tarjei a reçu le prix de Venise de 1953 pour le recueil de nouvelles Les Vents (Vindane), en 1957 le Doblougprisen, et en 1964 le prix du conseil nordique pour le roman Le Château de glace (Is-slottet 1963). Il était également vice-président de Den norske Forfatterforening (L'Association norvégienne des Écrivains) de 1963 à 1966. En 1964 il a institué le prix « Tarjei Vesaas » des débutants, pour aider les jeunes écrivains. Il a aussi participé à des allocutions et des rencontres dans des établissements scolaires, comme Nansens Skolen par exemple.

Il a envoyé son premier roman à ses écrivains favoris qui l'ont indéniablement inspiré : Hans Kinck, Hamsun... et même la Suédoise Lagerlöf et l'Anglais chantre de la jeunesse Kipling. Ces auteurs, ainsi que les poètes Tagore, Södergran, Aukrust, Bull, l'écrivain de sa contrée natale Aasmund Olavsson Vinje (1818 - 1870), les dramaturges scandinaves renommés, comme le Norvégien Ibsen et le Suédois Strindberg sans oublier les grands auteurs du moment, parmi lesquelles le Russe Dostoïevski ou le Sicilien Pirandello sont d'ailleurs souvent cités dans les lectures de jeunesse de Vesaas.

Périodisation de son œuvre[modifier | modifier le code]

On peut dégager quatre principales périodes dans l'œuvre de Vesaas.

La première est la période romantique, marquée par ses premières influences. Elle s'étend globalement de 1923 à 1927, avec les romans Menneskebonn (1923), Sendeman Huskuld (1924), Guds Bustader, Grindegard, Grindekveld.

La seconde, après ses différentes bourses qui lui permettent de faire des voyages à travers l'Europe, est une période que l'on pourrait qualifier de naturaliste, ou réaliste, sans forcément tomber dans les restrictions mécanistes de ce genre littéraire. La période irait de 1927 à 1940. Elle débute par le roman Les Chevaux Noirs (1928) dont la partie finale peut apparaître comme un superbe hommage à Hans Kinck disparu, puis il y a le cycle de Dyregodt (4 volumes, entre 1930 et 1938), le roman L'arbre de Santal (Sandeltreet, 1933) déjà un peu symboliste, et le diptyque de Per Bufast, entamé par Le grand Jeu (Det store Spelet) en 1934, année de son installation à la ferme de Midtbø. Il y aura aussi diverses pièces de théâtre et divers recueils de nouvelles.

Ensuite le roman Kimen marque le début d'une certaine forme de nouveau symbolisme, peut-être pour ne pas être mis à l'index par l'occupant allemand, en dénonçant la violence. Cette troisième période va de 1940 à 1945, avec principalement les deux romans écrits durant la guerre, Le Germe (Kimen, 1940) et La Maison dans les Ténèbres (Huset i Mørkret, 1945)

Enfin, la dernière période est marquée par le développement de ce symbolisme particulier, pour évoluer vers un style de maturité de l'auteur, avec des ouvrages comme Les oiseaux (Fuglane), L'incendie (Brannen), Le palais de glace (Is-Slottet), Les ponts (Bruene), La barque, le soir (Båten om Kvelden).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Romans originaux[modifier | modifier le code]

  • Menneskebonn, 1923
  • Sendeman Huskuld, 1924
  • Guds Bustader, 1925
  • Grindegard, 1925
  • Grindekveld, 1926
  • Dei svarte Hestane, 1928 - Les Chevaux Noirs
  • Klokka I Haugen, 1929
  • Fars Reise, 1930
  • Sigrid Stallbrok, 1931
  • Dei Ukjende Mennene, 1932
  • Sandeltreet, 1933 - L’arbre de Santal
  • Ultimatum, 1934
  • Det Store Spelet, 1934 (DSS)
  • Kvinner Ropar Heim, 1935
  • Leiret Og Hulet, 1936
  • Hjarta Høyrer Sine Heimlandstonar, 1938
  • Kimen, 1940 - Le Germe
  • Huset i Mørkret, 1945 - La Maison dans Les Ténèbres
  • Bleikeplassen, 1946
  • Kjeldene, 1946
  • Leiken Og Lynet, 1947
  • Morgonvinden, 1947
  • Tårnet, 1948
  • Lykka For Ferdesmenn, 1949
  • Signalet, 1950
  • Vindane, 1952 - Les Vents (Le vent du Nord)
  • Løynde Eldars Land, 1953
  • Vårnatt, 1954
  • Ver ny, vår draum, 1956
  • Fuglane, 1957 - Les Oiseaux
  • Ein Vakker Dag, 1959
  • Brannen, 1961 - L’incendie
  • Is-Slottet, 1963 - Le Château de Glace
  • Bruene, 1966 - Les Ponts
  • Båten om Kvelden, 1968 - La Barque, Le Soir.
  • Dikt i Samling, 1969
  • Liv Ved Straumen, 1970
  • Huset Og Fuglen, 1971
  • Noveller i Samling, 1973
  • Det Rare, 1975

Traductions françaises[modifier | modifier le code]

  • Les chevaux noirs, (1928) traduction de Jacqueline Le Bras, Actes Sud, 1999.
  • L'arbre de Santal, (1933), Actes Sud, 1994.
  • Le Germe, (1940), Le livre de Poche, 1993.
  • La maison dans les ténèbres, traduction d’Élisabeth et Éric Eydoux (1945), Flammarion, 1993.
  • Le vent du Nord, nouvelles (1952), La Table Ronde, 1993.
  • Les oiseaux, (1957), traduction de Régis Boyer, Oswald, 1975. Réédition Plein Chant, 2000.
  • L'incendie, (1961), traduction de Régis Boyer, Flammarion, 1979, réédité en 1992, réédité en avril 2012 en coédition La Barque / L'Œil d'or.
  • Palais de Glace, (1963), traduction d’Élisabeth Eydoux, Flammarion, 1975, réédition 1993.
  • Palais de Glace, (1963), nouvelle traduction de Jean-Baptiste Coursaud, Cambourakis, 2014
  • Les Ponts, (1966), traduction d’Élisabeth et Christine Eydoux, Gallimard, 1971. Réédition Autrement, 2003.
  • La barque, le soir, (1968), traduction de Régis Boyer, Corti, 2003.
  • La blanchisserie, traduction d’Élisabeth et Éric Eydoux, Flammarion, 1997.
  • Une belle journée, traduction d’Élisabeth et Éric Eydoux, Nantes, Le Passeur, 1998.
  • Être dans ce qui s'en va, édition bilingue, traduction du néo-norvégien d'Eva Sauvegrain et Pierre Grouix, Rafael de Surtis-Editinter, 2006

Ouvrages et études en français sur Tarjei Vesaas[modifier | modifier le code]

  • Evensen, Per Arne. Les symboles dans l’œuvre de Tarjei Vesaas, Thèse de doctorat, Univ. Paris IV - Sorbonne, 1998
  • Plein Chant - 25-26 - Tarjei Vesaas, Cahier dirigé par Régis Boyer, 1985
  • Vidar Holm, Helge. La terre : esclavage et liberté : Étude sur Knut Hamsun et Tarjei Vesaas à travers les romans Markens grøde et Det store spelet. (Article tiré du livre Les valeurs de la terre dans la littérature scandinave)
  • Eydoux Éric, Histoire de la littérature norvégienne, Caen, Presses Universitaires de Caen, 2007, 526 pages.