Tarbosaurus

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Tarbosaurus (synonymes : Jenghizkhan, Maleevosaurus, Shanshanosaurus) (Maleev, 1955) est un genre de dinosaure, appartenant à l'ordre des saurischiens, au sous-ordre des théropodes, à la famille des tyrannosauridés dans la sous-famille des tyrannosaurinae. Il a vécu à la fin du Crétacé supérieur il y a 70 à 65 Ma, dans l'actuelle Mongolie avec plusieurs fragments de fossiles retrouvés plus loin dans certaines régions de la Chine et de la Corée. Bien que de nombreuses espèces aient été nommées, les paléontologues modernes n'en reconnaissent qu'une seule, T. bataar, comme valide. Certains experts soutiennent même que cette espèce n'est en fait qu'un représentant asiatique du genre Tyrannosaurus nord-américain ; si cela était vrai, cela annulerait l'existence du genre.

Tarbosaure et Tyrannosaure sont considérés comme des genres étroitement liés, même s'ils ne sont pas synonymes. L'Alioramus, également originaire de Mongolie, est considéré par certaines autorités comme étant le plus proche parent du Tarbosaurus. Comme la plupart des tyrannosauridés connus, Tarbosaurus était un grand prédateur bipède, pesant plus d'une tonne et armé de dizaines de grandes dents pointues. Il avait un mécanisme unique de verrouillage de sa mâchoire inférieure et ses pattes avant, terminées par deux doigts, étaient les plus petites par rapport à la taille du corps de tous les tyrannosauridés, pourtant réputés pour avoir leurs membres antérieurs minuscules.

Le Tarbosaurus vivait dans des plaines inondables et humides parcourues par de nombreuses rivières. Dans cet environnement, il était un prédateur au sommet de la chaîne alimentaire, s'attaquant sans doute aux autres grands dinosaures comme l'hadrosauridé Saurolophus ou le sauropode Nemegtosaurus. Tarbosaurus est un fossile très bien représenté, connu par des dizaines de spécimens, dont plusieurs crânes et squelettes complets. Ces vestiges ont permis des études scientifiques mettant l'accent sur sa phylogénie, la mécanique de son crâne et la structure de son cerveau.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Tarbosaurus signifie «lézard terrifiant» , il a été formé à partir de deux termes de grec ancien ταρβος/tarbos (« terreur », « alarme », « crainte » ou « respect ») et σαυρος/sauros (« lézard »).

Description[modifier | modifier le code]

Taille du Tarbosaurus bataar comparée à celle de l'Homme

Le Tarbosaurus était un dinosaure carnivore bipède, autrement dit un carnosauride à l'anatomie proche de celle de son cousin Tyrannosaurus, ce qui impliquera quelques problèmes (voir plus bas). Bien que plus petit que le Tyrannosaurus, le Tarbosaurus était un des plus grands tyrannosauridés. D'une longueur allant de 10 à 12 mètres et d'une hauteur légèrement moins élevée que celle de Tyrannosaurus rex, il impressionna de par ses mensurations.

Son large crâne était soutenu par un cou puissant, ses membres postérieurs étant tout aussi puissamment bâtis, il ne possédait qu'un unique bémol à son actif, ses membres antérieurs, qui tout comme ceux du Tyrannosaurus rex, étaient minuscules, (de la taille d'un bras humain).

Sa mâchoire était composée de 60 à 64 dents, soit légèrement plus que celle du Tyrannosaurus mais moins que celle des plus petits tyrannosauridés comme le Gorgosaurus ou l'Alioramus.

Les dents les plus longues se trouvaient dans la maxillaire (l'os de la mâchoire supérieure), avec des couronnes de 85 millimètres de long[1].

Systématique[modifier | modifier le code]

bassin de saurischien

Le Tarbosaurus appartient à l'ordre des saurischiens.

Il existe 2 grands ordres de dinosaures : les ornithischiens et les saurischiens Les dinosaures ornitischiens sont caractérisés par un bassin semblable à celui des oiseau contrairement aux saurischiens, qui possèdent un bassin de reptile.

Les saurischiens sont divisés en 2 sous-ordres: les théropodes (Tyrannosaurus, Velociraptor), et les sauropodomorphes (Diplodocus, Apatosaurus)[2].

Le Tarbosaurus fait partie des théropodes, appartenant à la sous-famille des Tyrannosaurinae et à la famille des Tyrannosauridae. Cette classe inclut également le célèbre Tyrannosaurus ; le plus ancien membre de la famille est le Daspletosaurus, ces deux dinosaures étaient tous les deux originaires d'Amérique du Nord[3],

Découverte[modifier | modifier le code]

Ömnögovi, la province mongole où la plupart des fossiles de Tarbosaurus ont été découverts

En 1946, une expédition soviéto-mongole part pour le désert de Gobi dans la province mongole de Ömnögovi et découvre un crâne et quelques vertèbres d'un grand théropode dans la Formation de Nemegt.

En 1955, un paléontologue russe, Evgeny Maleev désigne ce spécimen comme l'holotype (PIN 551-1) d'une nouvelle espèce, qu'il appelle Tyrannosaurus bataar. La même année, Maleev décrit et nomme trois nouveaux crânes de théropodes, chacun associé aux restes du squelette découvert lors de cette expédition en 1948 et 1949.

Dans un papier rédigé en 1965, A.K. Rozhdestvensky reconnait que tous les spécimens de Maleev sont différentes étapes de croissance d'une même espèce, qui selon lui se distingue du Tyrannosaurus nord-américain. Il crée alors un nouveau regroupement, Tarbosaurus bataar, qui inclut tous les spécimens décrits en 1955 mais aussi les matériels plus récents.

En 1992, le paléontologue américain Kenneth Carpenter examine à nouveau le matériel et conclut qu'il appartient au genre Tyrannosaurus, comme Maleev l'a déduit. Il réunit alors tous les spécimens dans l'espèce Tyrannosaurus bataar, à l'exception des restes que Maleev a nommé Gorgosaurus novojilovi. Carpenter croyait que ce spécimen représentait un autre genre de tyrannosauridé plus petit et qu'il a appelé Maleevosaurus novojilovi.

Suite aux premières expéditions soviéto-mongoles dans les années 1940, des missions polonaises et mongoles partent pour le désert de Gobi en 1963 et jusqu'en 1971. Elles découvrent de nombreux fossiles, comme les nouveaux spécimens de Tarbosaurus issus de la Formation de Nemegt. Entre 1993 et 1998, des expéditions impliquant des scientifiques japonais et mongols, ainsi que celles menées par le paléontologue canadien Phil Currie permettent de découvrir et de réunir d'autres matériels de Tarbosaurus. On connait ainsi plus de 30 spécimens, incluant plus de 15 crânes et plusieurs squelettes post-craniens complets.

Synonymes possibles[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, les paléontologues chinois découvrent un crâne et un squelette d'un petit théropode (IVPP V4878) dans la région autonome du Xinjiang chinois. En 1977, Dong Zhiming décrit ce spécimen de la formation Subashi comme un nouveau genre et une nouvelle espèce et il le nomme Shanshanosaurus huoyanshanensis [4].

Paléobiologie[modifier | modifier le code]

Dessin de squelette de Tarbosaurus

Comme beaucoup d'autres grands tyrannosauridés, le Tarbosaurus a été décrit grâce à des fossiles bien préservés et relativement abondants. En fait, un quart des fossiles issus de la Formation de Nemegt appartiennent au Tarbosarus. Bien que ce dinosaure ne soit pas aussi bien étudié que les tyrannosauridés nord américains, le matériel disponible a permis aux scientifiques de dresser des conclusions à propos de sa biologie.

Mécaniques du crâne[modifier | modifier le code]

En 2003, le crâne du Tarbosaurus a été pour la première fois décrit complètement. Les scientifiques ont remarqué des différences importantes entre le Tarbosaurus et les tyrannosauridés de l'Amérique du Nord, en particulier au niveau de la mâchoire.

Paléontologie[modifier | modifier le code]

Illustration du Tarbosaurus

La grande majorité des fossiles du Tarbosaurus ont été découverts dans la Formation de Nemegt au sud de la Mongolie. Cette formation géologique n'a jamais été datée radiométriquement, mais la faune présente dans la mémoire fossile indique qu'elle a probablement été déposée pendant l'étage Maastrichtien, à la fin du Crétacé supérieur entre -70,6 ± 0,6 et -65,5 ± 0,3 Ma.

Des fossiles de mollusques sont découverts occasionnellement, ainsi qu'une variété d'autres animaux aquatiques tels que les poissons ou tortues. Les crocodiliens incluent plusieurs espèces de Shamosuchus, un genre de crocodiles neosuchians dont les dents se sont adaptées pour broyer les coquilles. Les fossiles de mammifères sont extrêmement rares dans la Formation de Nemegt, mais beaucoup d'oiseaux ont été découverts, comme l'énantiornithe Gurilynia et l'hesperornithiforme Judinornis, ainsi que le Teviornis un genre d'oiseaux préhistoriques.

Les scientifiques ont décrit de nombreux dinosaures issus de la Formation de Nemegt, des ankylosauridés comme le Tarchia, des pachycephalosauria tels que l'Homalocephale et le Prenocephale.

Le débat[modifier | modifier le code]

Comme évoqué plus haut, le Tarbosaurus possédait une anatomie proche de celle de son cousin tyrannosaure, ce fut la cause de cette question qui sera débattue par nombre de savants; « Le tarbosaurus et le tyrannosaure ne feraient-ils qu'un ? ». En effet les deux reptiles possédaient la même anatomie, tous deux ayant les membres antérieurs atrophiés (pour équilibrer leur poids de part et d'autre des appuis au sol, car ils possédaient une tête volumineuse), et tous deux ayant la même dentition, la même ossature et une taille sensiblement semblable (10 à 14 mètres contre 12 à 15 mètres pour le Tyrannosaurus rex).

Cependant, les yeux du tyrannosaure sont disposés de façon plus frontale que ceux du tarbosaurus qui a un crâne plus étroit[5]. On considère aujourd'hui Tarbosaurus comme étant plus proche d'Alioramus que de Tyrannosaurus[réf. nécessaire].

Le Tarbosaurus dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Dans la série télévisée Sur la trace des dinosaures, épisode 1 "la Griffe Géante", avec Nigel Marven : un combat entre un Tarbosaurus et un Therizinosaurus a lieu.
  • Le film Dino King raconte l'histoire d'un Tarbosaurus et de sa famille.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jørn H. Hurum, « Giant theropod dinosaurs from Asia and North America: Skulls of Tarbosaurus bataar and Tyrannosaurus rex compared », Acta Palaeontologica Polonica, vol. 48, no 2,‎ 2003, p. 161–190 (lire en ligne)
  2. Barry Cox, R.J.G Savage, Brian Gardiner, Colin Harisson, Douglas Palmer, Dinosaures et autres animaux de la préhistoire [« The Simon & Schuster Encyclopedia of Dinosaurs and Prehistoric Creatures: A Visual Who's Who of Prehistoric Life »], Cologne, Könemann,‎ 2000 (ISBN 3-8290-6573-6)
  3. (en) Williamson, Thomas E.; and Schwimmer, David R., « A new genus and species of tyrannosauroid from the Late Cretaceous (middle Campanian) Demopolis Formation of Alabama », Journal of Vertebrate Paleontology, vol. 25, no 1,‎ 2005, p. 119–143 (DOI [0119:ANGASO2.0.CO;2 10.1671/0272-4634(2005)025[0119:ANGASO]2.0.CO;2], lire en ligne)
  4. (zh) Dong Zhiming, « On the dinosaurian remains from Turpan, Xinjiang », Vertebrata PalAsiatica, vol. 15,‎ 1977, p. 59–66
  5. « A new study of the brain of the predatory dinosaur Tarbosaurus bataar », Paleontological Journal, vol. 41, no 3,‎ 2007, p. 281-289 (DOI 10.1134/S0031030107030070, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]