Tanja Nijmeijer

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Tanja Nijmeijer, née le 13 février 1978[1] à Denekamp, Pays-Bas, est une membre néerlandaise des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Elle est la seule européenne connue membre des FARC.

Études et premiers séjours en Colombie[modifier | modifier le code]

Tanja Nijmeijer, l'aînée de sa fratrie, est connue pendant ses années de jeunesse comme une jeune-fille douce et sensible. Sa famille vit dans une belle maison d'un quartier tranquille, près du centre de Denekamp. Tanja Nijmeijer étudie les langues à l'université de Groningue pendant quatre à cinq ans avant d'effectuer un stage pratique en 2000, en Colombie. Elle y enseigne l'anglais dans un collège privé de Pereira. Au cours de ce premier séjour en Colombie, elle est frappée par le conflit armé en cours et les inégalités sociales dans le pays. Quand elle revient aux Pays-Bas après ce premier séjour, elle est devenue une « activiste politique », et vit dans un squat de Groningue. À trois journalistes qui ont été en contact avec elle en 2001, elle confie sa volonté de venir coûte que coûte en aide aux victimes de la violence et des injustices, et retourne en Colombie pour participer au mois d'août 2001 à la « Caravane pour la vie », une marche organisée par des ONG avec pour but d'attirer l'attention de l'opinion internationale sur les problèmes sociaux de la Colombie et les massacres commis dans le cadre du conflit armé. À cette époque, selon le journaliste Lieven Sioen, envoyé spécial du Standaard pour couvrir cette manifestation, Nijmeijer est consciente du refus par la société colombienne de la violence des FARC, et de l'implication de cette guérilla dans le trafic de drogue[2]. Après un bref passage à Groningue au mois d'août 2001 pour dire au revoir à sa famille, Nijmeijer retourne définitivement en Colombie fin 2001, selon elle car elle a réalisé que « la révolution n'allait pas avoir lieu en Hollande mais en Colombie »[3].

Au sein des FARC[modifier | modifier le code]

C'est lors de ce troisième séjour qu'elle rejoint les FARC, utilisant différents noms de guerre : Eillen, Alexandra ou Holanda[4]. Militant d'abord dans les milices urbaines des FARC à Bogota, elle passe à une unité de combat rurale sous la pression des forces armées en 2003. Placée sous les ordres de Carlos Antonio Lozada, elle donne signe de vie en 2005 par une vidéo adressée à ses parents[5]. La même année, les FARC autorisent sa mère à rendre visite dans un campement du Meta[6]. Lors d'une opération militaire en 2007, les forces colombiennes s'emparent de son journal dans lequel elle décrit la monotonie de la vie dans les FARC, et la promiscuité entre les guérilleros. Lorsque ce journal est divulgué par la revue Semana, en septembre 2007, elle est jugée par les FARC et sauvée de l'exécution par une intervention de Raul Reyes[7]. Selon la version adoptée depuis par les FARC, ce journal serait un faux confectionné par l'armée. Depuis cet épisode, elle est placée sous les ordres d'un membre du secrétariat des FARC, Jorge Briceño Suárez, alias Mono Jojoy, et aurait connu une ascension rapide la conduisant en 2010 à faire partie du premier cercle de ce dernier[8],[9].

Le 23 septembre 2010, Jorge Briceño Suarez et une vingtaine de guérilleros présents avec lui sont abattus lors d'une opération terrestre et aérienne de l'armée colombienne. Selon des informations publiées sur le site de l'hebdomadaire Semana, Tanja Nijmeijer aurait trouvé la mort lors de cette opération[10]. Au lendemain de l'opération et alors que l'identification des guérilleros tués, dont deux femmes, avait commencé, rien ne permettait de confirmer la mort de Nijmeijer, et le Ministère des affaires étrangères néerlandais indiquait n'avoir reçu aucune information en ce sens[11]. Une semaine après, les autorités judiciaires colombiennes confirment que le corps de la néerlandaise ne se trouve pas parmi ceux des guérillos tués au cours de l'opération[12].

En octobre 2012, Tanja Nijmeijer est retenue par les FARC pour faire partie de l'équipe de négociateurs envoyés à Oslo pour trouver, avec les représentants du gouvernement colombien, un accord de paix définitif[13].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie et liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]