Tancrède de Lecce

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Tancrède de Lecce
Tancrède de Lecce - Liber ad honorem Augusti, 1196.
Tancrède de Lecce - Liber ad honorem Augusti, 1196.
Titre
Roi de Sicile
11891190
Prédécesseur Guillaume II de Sicile
Roi de Sicile
1190
En tandem avec Roger III de Sicile
Roi de Sicile
En tandem avec Guillaume III de Sicile
Successeur Henri VI du Saint-Empire
Biographie
Dynastie Hauteville
Date de naissance vers 1138
Date de décès
Lieu de décès Palerme
Père Roger d'Apulie
Mère Emma de Lecce
Conjoint Sybille de Medania
Enfant(s) Roger de Sicile
Guillaume de Sicile
Marie Albine de Lecce
Valdrade de Hauteville
Héritier Guillaume III de Sicile
(1194)

Tancrède de Lecce
Rois de Sicile

Tancrède de Lecce (vers 1138 - Palerme, ) est un roi normand de Sicile.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tancrède est le fils bâtard du prince Roger de Hauteville, duc d'Apulie, fils aîné du roi Roger II de Sicile, et d'Emma, fille du comte Achard II de Lecce ; il héritera de ce grand-père (en 1149) du comté de Lecce (en Apulie), d'où son nom de Tancrède de Lecce. Banni un moment du royaume siculo-normand sous le règne houleux du roi Guillaume le Mauvais, il vit à Byzance avec d'autres exilés du royaume.

En 1174, il commande la flotte que son cousin Guillaume II envoie contre l'Égypte. La flotte débarque devant Alexandrie le 28 juillet de la même année et met le siège devant la ville. Une mauvaise coordination avec le royaume de Jérusalem, où le roi Amaury Ier vient de mourir, fait que le régent Miles de Plancy n'envoie pas d'armée pour faire diversion. Saladin, qui peut donc consacrer tous ses moyens pour contrer l'invasion, fait détruire les machines de guerre siciliennes le 31 juillet et repousse les Croisés le 2 août[1],[2].

En 1181, Tancrède est nommé par le roi Guillaume II grand connétable et maître justicier d'Apulie et de la Terre de Labour, c'est-à-dire vice-roi sur le continent.

Décrit comme étant un bon chef militaire malgré sa petite taille, brave et intelligent, mais laid selon son principal détracteur Pierre d'Éboli, il prétend au trône normand à la mort sans postérité de son cousin le roi Guillaume II (novembre 1189), soutenu par la noblesse contre les prétentions de sa tante la princesse Constance de Hauteville et de son époux Henri Hohenstaufen. Il parvient à se faire couronner roi à Palerme au début de l'année 1190 mais son pouvoir reste cependant très fragile et le roi Tancrède de Sicile doit lutter contre des bandes de rebelles musulmans réfugiés dans les montagnes du centre de la Sicile et soumettre les révoltes de ses vassaux dans ses domaines du continent tout en résistant aux pressions et aux attaques des forces impériales germaniques.

Réfugiée dans Salerne, Constance est capturée par les partisans de Tancrède qui la gardent prisonnière d'abord à Palerme, puis à Naples. Il tente vainement de faire reconnaître sa légitimité en faisant couronner son fils Roger et tente même un rapprochement avec l'Empire byzantin, demandant la main de la fille du Basileus Isaac Ange, la princesse Hélène Ange pour son jeune fils, mais celui-ci meurt prématurément la même année en décembre 1193. Il nomme alors son autre fils Guillaume, encore enfant, co-roi et successeur désigné sous le nom de Guillaume III de Sicile, mais Henri le vainc à Catane et Tancrède, abandonné de ses soutiens meurt peu après dans son palais de Palerme le . Sa mort livre le royaume normand à l'Empire germanique et met fin à la dynastie des Hauteville en Sicile.

L'une des filles de Tancrède de Lecce, Marie Albine, reçut certains de ses biens, comme la principauté de Tarente et le comté de Lecce en 1200, mais ils lui furent confisqués en 1205. Le comté de Lecce fut toutefois restitué à ses descendants, les Brienne ducs d’Athènes. Une autre fille, Constanza, épousa le doge de Venise, Pietro Ziani.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Grousset, Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem - II. 1131-1187 L'équilibre, Paris, Perrin,‎ 1935 (réimpr. 2006), 1013 p., p. 586-8.
  2. Pierre Aubé, Baudouin IV de Jérusalem, le roi lépreux, Hachette, coll. « Pluriel »,‎ 1981 (réimpr. 1996), 498 p. (ISBN 2-01-278807-6), p. 90-1.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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1193-1194