Tambora

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Tambora
Vue aérienne du sommet du Tambora
Vue aérienne du sommet du Tambora
Géographie
Altitude 2 850 m
Massif Sumbawa
Coordonnées 8° 14′ 47″ S 117° 57′ 31″ E / -8.2465, 117.95858° 14′ 47″ Sud 117° 57′ 31″ Est / -8.2465, 117.9585  
Administration
Pays Drapeau de l'Indonésie Indonésie
Province Petites Îles de la Sonde occidentales
Kabupaten Bima, Dompu
Géologie
Roches Trachy-andésite, trachy-basalte
Type Volcan gris
Activité Actif
Dernière éruption env. 1967
Code 0604-04=
Observatoire Directorate of Volcanology and Geological Hazards Mitigation

Géolocalisation sur la carte : Indonésie

(Voir situation sur carte : Indonésie)
Tambora

Le volcan Tambora est un stratovolcan, qui forme la péninsule de Sanggar de l'île de Sumbawa, en Indonésie. Le diamètre du volcan au niveau de la mer est d'environ 60 km. Avant l'éruption de 1815, le volcan semble avoir eu une hauteur de 4 000 m. L'éruption du 10 avril 1815 a formé une caldeira de près de 6 km de diamètre et 1 110 m de profondeur, et a été la plus meurtrière de l'histoire. Un village du même nom de 6 000 à 10 000 habitants se trouve près du volcan.

Éruption du Tambora[modifier | modifier le code]

Le 5 avril 1815 eut lieu une première éruption donnant une colonne éruptive de 33 km de hauteur et qui dura 33 heures. Les gens ne quittèrent pas leur maison. Durant les jours qui suivirent, le volcan demeura dans un état de basse activité. Le 6 avril, une légère chute de cendres fit comprendre aux habitants de Batavia (Jakarta aujourd'hui, à 1 260 km du volcan) que les détonations entendues la veille, qui avaient motivé l'envoi de patrouilles militaires par crainte d'une attaque, étaient d'origine volcanique.

Le paroxysme de l'éruption eut lieu 5 jours plus tard, le 10 avril. Vers 10 heures du matin, une colonne éruptive de 44 km de haut monta dans le ciel, mais l'éruption dura seulement trois heures. Vers 19 heures, l'activité du volcan augmenta, suivie une heure plus tard d'une pluie de ponce sur le village de Sanggar, 30 km à l'est. Le volcan à ce moment était alors surmonté d'après les témoins de trois « colonnes de flammes », en fait trois colonnes éruptives. La chute de pierres ponces dura jusqu'à 22 heures, lorsque le village de Sanggar fut ravagé par une onde de choc. Vers ce moment, toujours d'après les témoins, les trois colonnes fusionnèrent et la montagne ne fut plus qu'une masse de « feu liquide ». Cela correspond à l'élargissement du conduit d'émission dû au débit éruptif important et aux premiers stades de la formation de la caldeira. En conséquence, la colonne éruptive s'engorgea en matières et finit par s'effondrer, créant plusieurs coulées pyroclastiques de gaz surchauffés, de cendres et de pierres ponces qui donnèrent lieu à des dépôts d'ignimbrite. On en a compté sept qui se sont étalées radialement autour du volcan et ont pénétré dans la mer jusqu'à 40 km de distance du sommet du volcan. Ces coulées pyroclastiques lancées dans la mer y ont généré des explosions secondaires, augmentant le volume de cendres dispersés dans l'atmosphère jusqu'à représenter la principale source de cendres volcaniques de l'éruption. Le 12 avril, alors que l'éruption continuait, l'ombrelle éruptive s'était étendue au point qu'à 900 km de là à Java alors que retentissaient au loin les explosions, les premières lueurs du jour n'apparurent qu'à 10 heures et que ce n'est qu'à 11 heures que les oiseaux se mirent à chanter. L'éruption ne cessa que le 15 avril, et le 17 avril seulement les chutes de cendres cessèrent après s'être étendues jusqu'à 1 300 km de distance, en laissant un paysage dévasté sur la péninsule de Sanggar.

Épaisseur des retombées de cendres

Il s'agit de la plus puissante éruption référencée dans l'époque historique[1]. Elle eut une puissance estimée à huit fois celle de l'éruption du Vésuve, soit plus de dix mille fois les bombes d'Hiroshima et de Nagasaki réunies[réf. nécessaire]. Les explosions ont été entendues à plus de 1 400 km de distance.

À la suite de l'expulsion de tant de magma, le reste de la montagne s'effondra sur lui-même, et forma une grande caldeira de 6 km de diamètre et de 1 km de profondeur, diminuant ainsi l'altitude du volcan de 1 400 mètres.

Des raz de marée s'abattirent sur les îles à plusieurs centaines de kilomètres de distance. L'activité volcanique tua directement 11 000 personnes. À ces victimes s'ajoutèrent celles des tsunamis, de la famine et des épidémies qui sévirent sur Sumbawa et Lombok et qui tuèrent 49 000 personnes. Au total, l'éruption semble avoir tué entre 61 000 et 71 000 personnes[2].

Cette éruption, deux à trois fois plus puissante que l'éruption minoenne, qui a ravagé le bassin oriental de la Méditerranée et la Basse-Égypte, est cotée à 7 sur l'échelle d'explosivité volcanique qui en compte 8.

Conséquences climatiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Année sans été.

La cendre envoyée dans la stratosphère fit plusieurs fois le tour de la Terre, causant, au début de l'été, de magnifiques couchers de soleil rougeoyants, peints par le peintre William Turner : voir notamment Didon construisant Carthage (ou la naissance de l'Empire Carthaginois), 1815, National Gallery, Londres.

En 1816, les moyennes des températures dans l'hémisphère nord descendirent de 0,5 °C à plus de °C. Les cultivateurs d'Europe et d'Amérique du Nord appelèrent cette année-là l'année sans été.

Cette éruption a été la plus violente éruption volcanique jamais connue historiquement, et surtout la plus meurtrière de l'Histoire, bien plus forte que celle du Vésuve et pourtant beaucoup moins célèbre, pour ne pas dire inconnue. En effet, en Europe, le printemps 1815 était marqué par l'épisode des Cent-Jours, Waterloo et la chute de Napoléon, ainsi que le partage de l'Europe lors du congrès de Vienne.

La quantité de matière émise a été de 150 km3, et a été bien plus importante que pour le Krakatoa et le Vésuve.

L'éruption a affecté océans et tropiques, et tous les records de baisse de température ont été battus en 1815 et 1816.

Cette catastrophe fut à l'origine d'« étés glacés » :

  • l'« été sans soleil » de 1815 en Nouvelle-Angleterre, causé par le blocage des rayons solaires par les particules de soufre réparties dans l'atmosphère (dont la stratosphère) ;
  • l'été 1816, le plus froid jamais enregistré en Europe (dans les pays dotés d'une météo fiable), fut à l'origine d'une famine qui fit plus de 200 000 victimes.

Les Alpes suisses furent particulièrement touchées, à tel point que pendant l'été 1816, il y neigeait presque toutes les semaines.

Les suites sur place[modifier | modifier le code]

Le volcanologue Haraldur Sigurðsson a étudié de façon approfondie cette éruption, pendant plus de 20 ans.

Caldeira sommitale du mont Tambora.

Lors d'une expédition difficile, il est descendu dans la caldeira du volcan. La descente à la verticale nécessita une demi-journée.

Sur l'ancien site du village, à l'aide de scanners, il a pu retrouver des restes d'habitations et des squelettes carbonisés ensevelis dans les cendres.

Recherches actuelles[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, les recherches effectuées sur cette éruption sont de grande importance, parce qu'elles aident à distinguer les changements climatiques naturels de ceux créés par l'Homme.

De nombreux témoignages des changements climatiques ont été fait par différentes personnes. Michael Chenoweth a étudié les journaux de bord de la marine britannique de l'époque, et ceux du capitaine du navire L'inconstant qui a fait des relevés très précis. Le président américain Thomas Jefferson a observé de façon précise tous ces changements climatiques.

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • Une production vidéo de Tetra Media en partenariat avec Cicada Films (France 2), Un été sans soleil, a été réalisée sur ce sujet. Il fut notamment diffusé sur Arte le 4 novembre 2006 à 20 h 40.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Clive Oppenheimer, « Climatic, environmental and human consequences of the largest known historic eruption: Tambora volcano (Indonesia) 1815 », Progress in Physical Geography, vol. 27,‎ 2003, p. 230-259 (DOI 10.1191/0309133303pp379ra)
  2. Cependant, certaines estimations mènent à un nombre total de 90 000 à 117 000 morts.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. Francis, Volcanoes a planetary perspective, Oxford University Press, New York, 1994, 443 p.
  • B.D. de Jong Boers, « Mount Tambora in 1815 : A Volcanic Eruption in Indonesia and Its Aftermath », Indonesia, vol. 60, 1995, p. 36-60.
  • S. Self, M. R. Rampino, M. S. Newton, J. A. Wolff, « Volcanological Study of the Great Tambora Eruption of 1815 », Geology, vol. 12, 1989, p. 659-663.
  • H. Sigurðsson et S. Carey, « Plinian and Co-Igmibrite Tephra Fall from the 1815 Eruption of Tambora Volcano », Bulletin of Volcanology, vol. 51, 1989, p. 243-270.
  • R. B. Stothers, « The Great Tambora Eruption of 1815 and Its Aftermath », Science, vol. 224, 1984, p. 1191-1198.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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