Tamarin bicolore

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Le Tamarin bicolore[1] (Saguinus bicolor) est une espèce de primates de la famille des Callitrichidae.

Sommaire

Autres noms[modifier]

  • Tamarin pie à face nue
  • Pied bare-face tamarin, pied tamarin
  • Sauim de coleira, sagüi-morcego, sagüi-de-cara-nua (Brésil)

Morphologie[modifier]

Le corps mesure de 21 à 28 cm, la queue de 34 à 42 cm pour un poids voisin des 430 g.

Il semble avoir été peint en deux couleurs, d’où son nom. Le manteau (arrière du crâne, haut du dos), les pattes avant, la gorge et la poitrine blancs se démarquent nettement du dessus de l’arrière-corps brun agouti. Le ventre est brun parsemé de chamois, le bas-ventre et l'intérieur des cuisses rouge sont rouille brillant. La queue est noirâtre dessus, rouille doré dessous. La face et le front sont nus et noirs, tout comme les grandes oreilles. La tête est aussi impressionnante que celle du Ouakari rubicond à la face nue et rouge. Cette espèce est difficile à repérer par les rapaces aériens du fait que le sol en arrière-plan est le sable blanc de la savane arborée (whitesand forest). Il ressemble au Pinché à crête blanche (S. oedipus) mais sa toison blanche à l’arrière du crâne est moins touffue et s’étend jusqu’au haut du dos.

Écologie et comportement[modifier]

Locomotion[modifier]

Quadrupède arboricole.

Régime alimentaire[modifier]

Frugivore-gommivore-insectivore. Consomme une vingtaine d’espèces de petits fruits mûrs juteux dont il ne prélève que la pulpe (96 % de son temps d’alimentation), un peu de nectar, de sève et d’insectes. Le long du Rio Cuieiras (40 km de Manaus), ses fruits préférés sont ceux du Breu (Protium aracouchinni), de la myrtacée Myrcia cf. fallax et du Sorva (Couma utilis).

La tête en bas, accroché par les pattes, il se régale de la mélasse des gousses ouvertes des parkias (Parkia sp.), ces fruits se développant en grappe et suspendus en plein ciel à l’extrémité des branches.

Consomme également la résine d’une espèce d’arbre-du-toucan (Vochysia obcura). Prédateur pratiquant l’approche furtive, il capture ses proies sur les feuilles et les branches à toutes les strates forestières.

Relations inter et intraspécifiques[modifier]

Sympatrie et association[modifier]

Sympatrique du Tamarin à mains dorées (S. midas) à l’extrême ouest de la distribution de celui-ci. Le Tamarin bicolore vit en groupe de 2 à 10 individus. Groupe multimâle-multifemelle. Polyandrie.

Communication[modifier]

Les Tamarins bicolores communiquent par différents moyens :

  • Communication orale : sifflements et pépiements.
  • Communication visuelle : tire et remue la langue en signe de reconnaissance ou bien pour marquer sa curiosité voire sa colère. Ce comportement est associé à un relèvement rapide de la tête.
  • Communication olfactive : marquage territorial par des sécrétions issues de glandes sternales et suprapubiennes.

Domaine[modifier]

De 12 à 20 ha.

Activité[modifier]

Il est diurne et arboricole. Il se déplace du sol à la canopée au-dessus de 20 m mais préfère évoluer dans la strate intermédiaire autour de 10-12 m. Les membres dorment pelotonnés sur les branches ou parmi les lianes.

Reproduction[modifier]

La femelle donne naissance à deux faux jumeaux (parfois un seul), une ou deux fois par an (intervalle moyen entre chaque naissance : 6,5 mois). Tous les mâles s’occupent des petits.

Le Tamarin bicolore vit jusqu'à 8 ans, dans la nature.

Répartition et habitat[modifier]

Distribution géographique[modifier]

Nord du Brésil, au nord de l’Amazone. Entre le Rio Negro à l’ouest et le Rio Parú do Oeste (ou le Rio Urubú) à l’est, au sud jusqu’à l’Amazone, au nord jusqu’au Rio Cuieiras. On le trouve à l’est jusqu’à Itacoatiara, et à 40 km au nord de Manaus. L’une des plus petites zones de répartition de tous les primates du bassin amazonien, restreinte à quelques milliers de km² le long de la basse Amazone. Son aire est grignotée par S. midas depuis que ce dernier a réussi à franchir l’une des barrières géographiques (peut-être le plateau des Guyanes) qui le séparait de S. bicolor.

Habitat[modifier]

Forêt pluviale de plaine, primaire et secondaire et même extrêmement dégradée de la région de Manaus. Squatte la végétation de l’hôtel Tropica à Manaus. Affectionne la dense forêt secondaire riche en lianes et en plantes grimpantes. Plus rarement dans la forêt sur sable blanc (campina et campinarana). Forêt marécageuse. Lisière de forêt.

Conservation[modifier]

Forêt d’État du Rio Urubú, Rfo. d’Adolfo Ducke, Parc municipal de Mindu et SE de Castanheira (Brésil).

Statut[modifier]

Il est considéré par l'UICN comme en danger critique d’extinction (CR).

Notes et références[modifier]

  1. Annexes au Journal officiel des Communautés européennes du 18 décembre 2000. Lire en ligne.

Références taxinomiques[modifier]

Voir aussi[modifier]

Liens externes[modifier]

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