Tamar (Genèse)

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Tamar

Description de cette image, également commentée ci-après

Tammar, Lidia Kozenitzky, 2009

תָּמָר







Conjoint
Descendants
Famille
Juda, deux fois son beau-père et père de ses enfants

Tamar (hébreu : תָּמָר « palmier-dattier » ; alt. : Thamar d’après la LXX Θαμαρ) est un personnage biblique, protagoniste du « récit de Juda et Tamar » (hébreu : מעשה יהודה ותמר Maasse Yehouda veTamar), un épisode biblique rapporté dans la parashat Vayeshev, au trente-huitième chapitre du livre de la Genèse.

Épouse et veuve tour à tour des deux premiers fils de Juda, 'Er et Onan, elle demeure sans progéniture d'eux et use d'un subterfuge pour s'unir à Juda qui refuse de lui donner son troisième fils en mariage. De cette union naîtront les jumeaux Zerah et Perets, ancêtre du roi David.

Récit biblique[modifier | modifier le code]

À l'époque de la vente de Joseph, Juda se sépare de ses frères et s'associe avec un homme adullamite nommé Hira. Il prend pour femme la fille d'un homme cananéen appelé Choua et a d’elle trois fils, 'Er, Onan et Chêla qui nait lorsqu'il se trouve à Kezib (Genèse 38:1-5).

Juda choisit Tamar comme épouse pour 'Er mais celui-ci meurt peu après. Juda donne alors Tamar à Onan en vertu du mariage lévirat mais Onan refuse de féconder Tamar, comprenant que cette postérité ne sera pas la sienne, et il meurt à son tour car son comportement « déplut » à l’Éternel. Tamar doit devenir la femme de Chêla, le troisième et dernier fils de Juda mais celui-ci craint pour la vie de son fils et la renvoie comme une veuve chez son père en avançant le jeune âge de son fils (Genèse 38:6-11).

Le temps passe. Juda devient veuf et, après avoir été consolé de la mort de son épouse, se rend à Timna auprès des tondeurs de ses brebis avec Hira. Tamar, voyant « que Chêla avait grandi et qu'elle ne lui avait pas été donnée pour épouse », retire ses habits de veuve, se voile la face et se poste à ou au peta'h einayim, sur le chemin menant à Timna. La prenant pour une prostituée, Juda requiert ses services en paiement d'un chevreau et laisse en garantie son cachet, son cordon et son bâton. Lorsqu'il envoie son associé Hira s'acquitter du paiement, celui-ci ne trouve pas la « prostituée » qui a recouvré ses habits de veuve ; Juda, craignant un scandale, renonce à ses effets personnels (Genèse 38:12-23).

Trois mois plus tard, il devient apparent que Tamar est enceinte. Ayant appris que sa bru se serait prostituée et porterait en son sein le fruit de sa débauche, Juda ordonne qu'elle soit brûlée. Celle-ci lui fait alors parvenir les gages qu'il lui a laissées en l'assurant être enceinte de cet homme. Juda les reconnaît et confesse qu'« elle est plus juste que moi car il est vrai que je ne l'ai pas donnée à Chêla mon fils » ; il n'aura cependant plus de rapports avec elle (Genèse 38:24-26).

Tamar met au monde des jumeaux. Alors que l'un des jumeaux montre sa main à laquelle un fil écarlate est attaché par la sage-femme, son frère jaillit le premier « avec brusquerie » (porets) ; on l’appelle Perets tandis que celui dont la main porte le fil écarlate est appelé Zerah (Genèse 38:27-30).

Analyse textuelle[modifier | modifier le code]

Structure du récit[modifier | modifier le code]

Le récit de Juda et Tamar se compose de trente versets, organisés en chiasme autour de la rencontre entre Tamar et Juda à Einayim[1] :

  • 38:1-5 : les enfants de Juda et la fille de Choua, à Adullam
    • 38:6-11 : mort des premiers enfants, Juda parle à Tamar et la renvoie chez son père
      • 38:12-14 : Tamar met en œuvre un stratagème destiné à abuser Juda
        • 38:15-18 : Tamar et Juda se rencontrent, dialoguent et se connaissent
      • 38:19-23 : Tamar s'en retourne, Juda est abusé une seconde fois
    • 38:24-26 : Tamar, qui se trouve chez son père, est menacée de mourir avec ses enfants innés, parle à Juda
  • 38:27-30 : les enfants de Juda et Tamar.

Genèse 38:1-5 partage avec Genèse 38:27-30 les thèmes et termes associés à la naissance et la nomination d’enfants (y-l-d, y-ṣ-ʾ, q-r-ʾ, š-m). Toutefois, alors que les noms des premiers enfants sont à double sens (le nom d’Er, en particulier, évoque l’éveil ou la vigilance mais le verset 38:7 joue sur le nom d’Er, disant qu’il fut ra, mauvais, aux yeux de Dieu[2] ; de plus, la racine de laquelle dériverait Er, ʿ-r-r, est aussi celle de l’ariri, « qui vit — et meurt — sans descendance »[3]), ceux des seconds enfants — qui apparaissent comme en compensation des premiers[4] — sont exclusivement positifs.
Genèse 38:6-11 et 38:24-26 convoient tous deux l’idée du châtiment après jugement, humain ou divin, des fautes, bien qu’Er et Onan aient véritablement fauté tandis que Juda reconnait finalement la justesse de Tamar.
Le verset Genèse 38:12 (« Longtemps aprèsJuda … monta »), construit sur le modèle de Genèse 38:1 avec une clause temporelle et un mouvement (« en ce temps là, Juda descendit de ses frères »), marque un nouveau départ et le verset 38:13 (« On informa Tamar, (litt.) en disant ») annonce le verset 38:24 (« on informa Juda, en disant ») tant d’un point de vue lexical que causal. Genèse 38:16 (litt. « il se détourna vers elle sur la route ») reproduit quant à lui Genèse 38:1 (litt. « il se détourna vers un homme d’Adullam »). La symétrie entre Genèse 38:12-14 et 38:19-23 se retrouve par ailleurs jusque dans la structure des versets 38:14 (« elle s’assit à l’entrée d’Einayim sur la route de Timna ») et 38:21 (« Où est la prostituée qui se tient à Einayim, sur la route ? ») ainsi que 38:14 (« Elle retira ses vêtements de veuve, prit un voile et s'en couvrit ») et 38:19 (« elle retira son voile et (litt.) se revêtit des vêtements de son veuvage »). Genèse 38:14 (« car elle voyait que Chêla avait grandi et qu'elle ne lui avait pas été donnée pour épouse ») renvoie en outre à Genèse 38:26 (« car il est vrai que je ne l'ai pas donnée à Chêla mon fils »)[5].
Le don (n-t-n) se retrouve sous diverses formes à travers le récit, ainsi que la procréation (b-w-ʾ ʾ-l) et la conception (h-r-h), en particulier dans le membre central du chiasme, Genèse 38:15-18, lui-même construit en chiasme autour de ces mots-clés et du gage (« Que me donneras-tu pour (litt.) venir à moi ? … si tu me donnes un gage … quel gage te donnerai-je ? … II les lui donna, (litt.) vint à elle »)[6].

Le récit se termine sur une double naissance ramenant le nombre d’enfants de Juda à trois. La perpétuation de la lignée, thème central du livre de la Genèse[7], occupe donc une place centrale dans la structure interne du récit et c’est à l’aune de celle-ci que sont jugés ses acteurs : la tromperie d’Onan qui feint d’appliquer le lévirat mais refuse en réalité de donner une descendance à son frère, lui vaut la mort tandis que le stratagème élaboré de Tamar qui trompe par deux fois son beau-père est sanctionné favorablement — tant par la providence qui veille au bon accomplissement de chacune de ses phases et suscite des jumeaux, que par Juda qui reconnait la plus grande justesse de sa bru car elle a seulement cherché à obtenir la descendance qui lui revenait de droit et qu’il lui avait refusée[8].

Le récit dans son contexte[modifier | modifier le code]

Le récit de Juda et Tamar est lié dans ses thèmes et termes à son contexte immédiat (Genèse 37 et 39) ainsi qu’au reste du cycle des fils de Jacob : il serait d’une part inclus dans un chiasme comprenant l’ensemble du cycle[9] et serait d’autre part un « concentré » de ce cycle dont il comprend l’ensemble des éléments[10].

La « descente » (Genèse 38:1) situe le récit de Juda entre celui de son père Jacob (Genèse 37:35 : « je descendrai vers mon fils, endeuillé dans la Tombe », Genèse 45:9 : « (litt.) Descends vers moi, ne demeure pas » & Genèse 46:3-4 : « Ne crains pas de descendre en Égypte … je descendrai avec toi ») et celui de son frère Joseph (Genèse 39:1 : « Joseph fut donc (litt.) descendu en Égypte  »); la rencontre de Juda avec un homme adullamite (Genèse 38:1) et un homme cananéen (Genèse 38:2)/ et celle de Joseph avec un homme égyptien (Genèse 39:1) accentuent la comparaison[11],[12],[13].
Si le récit parait commencer favorablement pour Juda, avec une série de naissances en succession rapide, Dieu apparait non pour « faire prospérer l’œuvre de ses mains » (Genèse 39:2-3) mais pour mettre Er son fils ainé à mort (Genèse 38:7). Contrairement à Jacob qui demeure inconsolable, Juda réagit immédiatement en remariant sa bru à son second fils, Onan[14]. Cependant, de même que Juda avait sauvé la vie de Joseph « car il est notre frère » pour le vendre aussitôt à des marchands ambulants (Genèse 37:26-27), Onan assume formellement sa responsabilité en « [venant] à la femme de [s]on frère afin de donner une postérité à [s]on frère », mais il corrompt en vérité sa semence « lorsqu’il [vient] à la femme de son frère […] afin de ne pas donner de postérité à son frère » (Genèse 38:8-9)[15]. Juda est toutefois changé par la disparition de ses fils, et lorsqu’il refuse d’unir Chêla à Tamar « de crainte qu’il ne meure, lui aussi, comme ses frères » (Genèse 38:11), il évoque Jacob qui refuse de laisser Benjamin descendre en Égypte, « car son frère est mort » (Genèse 42:38)[16] bien qu’il condamne ce faisant sa bru à vivre en marge d’une société patriarcale où n’est elle ni épouse ni mère.

Juda se montre de fait tout aussi inconsidéré envers son épouse[17] et si Jacob « refusa d’être consolé et dit : "Non car je descendrai vers mon fils" ... » (Genèse 37:35), Juda, devenu veuf, « (litt.) se consola et monta vers ses tondeurs » (Genèse 38:12)[14].
Lorsqu’elle apprend que son beau-père se rend à Timna, Tamar se défait des habits de veuve par lesquels elle est connue (Genèse 38:14) tout comme les frères ont ôté la tunique permettant d’identifier Joseph (Genèse 37:23)[18]. Ce thème du vêtement identificateur revient en Genèse 39 où la femme de Potiphar arrache la tunique de Joseph ainsi qu’en Genèse 41 lorsque le roi d’Égypte dote Joseph d’habits royaux[19].
Pour abuser Juda qui a trompé son père en envoyant la tunique de Joseph barbouillée du sang d’un bélier (seïr izim), Tamar demande à se faire envoyer un chevreau (gdi izim) en salaire[18]. Alors que Joseph conservera sa vertu face à une femme des plus insistantes, Juda s'abandonne à une relation passagère avec une « prostituée »[17].

Environ trois mois plus tard, le plan de Tamar aboutit à sa conclusion. Pour présenter les preuves de son adultère supposé, Genèse 38:25 utilise la même syntaxe et les mêmes termes que Genèse 37:32 pour présenter les preuves de la mort supposée de Joseph (« ils envoyèrent/elle envoya », « Reconnais donc/reconnais donc »)[18].
Juda, qui avait jusque là fui ses responsabilités, reconnait qu’« elle est plus juste que moi » (selon une autre lecture : « elle a raison, c’est de moi [qu’elle est enceinte] »). Bien que Tamar lui laisse une possibilité de se dérober en évitant de l’accuser directement, celui qui usait volontiers de faux-semblants et tenait à sa réputation impeccable, admet publiquement et sans fards ses torts « car je ne l’ai pas donnée à Chêla mon fils ». Finalement, le patriarche qui se laissait guider par ses instincts, cesse de « connaitre » sa belle-fille[20].
Tamar apparait comme un personnage d’autant plus positif qu’elle n’a compromis qu’elle-même tandis que la femme de Potiphar nuit par ses agissements à Joseph ; si les preuves produites par Tamar ont rétabli la vérité, celles de la femme de Potiphar accréditent ses mensonges et Joseph finit une nouvelle fois au trou.
Juda en ressort lui aussi grandi et assume dorénavant l’autorité morale sur ses frères[20]. Lorsqu’ils doivent convaincre Jacob de leur confier Benjamin à la demande du vice-roi d’Égypte qui retient Siméon en otage, Ruben lui offre sans succès deux de ses fils en otage, considérant apparemment que la mort d’Er et Onan avait été le prix à payer pour la mort de Joseph. Juda, qui a appris de Tamar l’importance du gage (eravon, Genèse 38:17-18), s’offre lui-même en garant (arev) de son frère (Genèse 43:9). Lorsque celui-ci est faussement accusé de vol, Juda en assume la responsabilité et, pleinement conscient du deuil causé par la perte d'un fils chéri, s'offre en esclave plutôt que de voir Jacob descendre dans la Tombe ; son discours parle au cœur de Joseph et le pousse à se révéler[17].

La naissance des jumeaux de Juda et Tamar, seul exemple de grossesse gémellaire dans la Bible avec la naissance de Jacob (Genèse 25:21-26), partage avec celle-ci un énoncé pratiquement identique « (litt.) et voilà, des jumeaux (tomim/teomim) en son ventre » (Genèse 25:24/38:27). Les jumeaux s'affrontent pour l'ordre de naissance (Genèse 25:22/Genèse 38:28-30) mais alors que la main de Jacob était accrochée à celle de son frère Esaü/Edom (Genèse 25:26), la main de Zera'h, marquée d’un fil écarlate, retourne dans l’utérus (Genèse 38:28) ; Perets a ainsi pris l'ascendant sur lui non par la ruse, comme son grand-père Jacob, mais par la force. Zerah, lui, est doublement lié à Edom, par la rougeur du fil écarlate et par son homonymie avec l’un des petits-fils d’Esaü (Genèse 36:13 & 17)[21].
La scène se reproduit lorsque Jacob, à l’heure du bilan, décerne à Joseph le droit d’ainesse et la double part de l’héritage. Plaçant les fils de Joseph, bénis de Dieu contrairement aux premiers fils de Juda (Genèse 48:15-16 & 20), sur le même pied que ses propres fils (Genèse 48:5), il impose sa main sur la tête d’Ephraïm, le puîné. Joseph, mettant ce choix sur le compte de la cécité de son père, tente de rétablir l’ordre de naissance par la force (Genèse 48:13-17). Plus tard, lorsque Jacob bénit ses fils, il loue encore Joseph, seul parmi ses fils à n’avoir pas succombé dans l’épreuve, contrairement à Ruben qui a couché avec Bilha (Genèse 35:22), Siméon et Levi qui se sont vengés dans la violence des habitants de Sichem (Genèse 34) et Juda qui ne s’était pas montré meilleur candidat à la succession[22]. Cependant, Juda s’est amendé et son emprise sur ses frères, déjà évidente lors de la vente de Joseph, s’est vue confirmée lors du rachat de Benjamin. C’est donc lui que ses frères « reconnaîtront » et c’est devant lui, non Joseph, qu’ils s’inclineront (Genèse 49:8-12)[23].

Allusions bibliques au récit de Juda et Tamar[modifier | modifier le code]

Outre les lois du lévirat et l’interdiction de gaspiller sa semence, les portions narratives du récit de Juda et Tamar sont évoquées par des références directes, allusions, jeux de mots ou sonorités en d’autres endroits de la Bible, constituant la plus ancienne couche d'interprétation de ces textes.

Dans le Pentateuque[modifier | modifier le code]

Si Genèse 38 est le premier texte à évoquer le mariage lévirat, il ne s'agit pas encore du rite décrit en Deutéronome 25:5-10 : la différence la plus notable consiste en l'absence de possibilité pour la femme d'en référer aux juges locaux si le beau-frère refuse de donner une semence à son frère et de pratiquer la cérémonie du déchaussement ; elle ne s'appliquera plus, après la révélation de la Loi sur le mont Sinaï, qu'au frère né du vivant du mort[24].

Genèse 38 partage avec Genèse 15 (l’alliance entre les parties) l’expression « que me donneras-tu » et la forme verbale vayehashveha (« il la considéra » ou « il considéra cela ») ainsi que d’autres éléments textuels[25].

Il rappelle également le récit de Lot et ses filles à Çoar (Genèse 19:30-38) : deux hommes meurent, causant un problème de transmission de lignée chez des femmes qui ne sont pas infertiles. Les femmes se décident à résoudre le problème et rusent pour avoir des rapports avec un homme veuf depuis peu ; dans les deux cas de figure, ces unions sont de celles qui seraient réprouvées par le Lévitique et l’homme, aviné ou abusé, n’en a pas conscience. De ces unions coupables naissent deux enfants[26].

Dans les livres des Juges[modifier | modifier le code]

Divers parallèles, directs ou inversés, sont tracés entre Juda, Bat Choua et Tamar d'une part, Samson et son épouse de l'autre :

  • tous deux « descendent » avant de « voir » la « fille d’un homme cananéen »/« une femme … parmi les filles des Philistins » qu’ils prennent ou demandent à prendre pour épouse (Genèse 38:1-2/Juges 14:1-3).
  • Juda éloigne Tamar de son promis Chêla, tout comme le père de Delila éloigne sa fille de son promis Samson (Genèse 38:11 & 14/Juges 15:1-2), tous deux mettant en branle une chaîne d’évènements irréversibles.
  • Timna est une localité centrale dans les deux récits (Genèse 38:12/Juges 14:1).
  • Juda se cherchent une prostituée à la mort de leurs épouses (Genèse 38:15/Juges 16:1).
  • Juda promet à la « prostituée » un chevreau en salaire de ses services, Samson rend visite à son épouse avec un chevreau (Genèse 38:19-20/Juges 15:1).
  • Tamar manque de mourir brulée tandis que la femme de Samson périt réellement de cette manière (Genèse 38:24/Juges 14:15 & 15:6).

À la différence de Juda cependant, le texte indique explicitement que l’attrait de son Samson pour une Philistine « venait de Dieu » (Juges 14:4)[27].

Dans les livres de Samuel[modifier | modifier le code]

Comme Tamar, Hanna est, au début de I Samuel 1, sans enfants et agit à sa façon pour en avoir ; elle adresse à Dieu une supplique (« si tu donnes […] une (litt.) semence » - I Sam. 1:11) où apparaît l’une des seules occurrences bibliques de « donner une (litt.) semence », avec Genèse 38:9 (« afin de ne pas donner de (litt. semence »). La réaction d’Eli qui « la crut ivre » (I Sam. 1:13) rappelle l’appréciation tout aussi erronée de Juda qui « (litt.) la crut prostituée » (Genèse 38:15). Les deux hommes ont par ailleurs en commun deux fils dévoyés (Er et Onan/Hofni et Pin'has) dont ils ne semblent pas voir les torts et qui meurent de la main de Dieu. Juda dit à Tamar de demeurer en la maison de son père jusqu’à ce que l’enfant (Chêla) devienne assez grand pour se marier (Genèse 38:11) tandis que Hanna demande à Elkana de demeurer à Ramataïm-Çofim jusqu’à ce que l’enfant soit sevré (1 Samuel 1:23). Il est possible que « ton souhait » (1 Sam. 1:18) — écrit sous la forme défective shelatekh, inemployée ailleurs dans la Bible — soit une autre référence à Chêla bien que plusieurs manuscrits comportent la forme pleine sheëlatekh[25],[28].

Les parallèles abondent également entre Genèse 38, 1 Samuel 22-25 et 2 Samuel 13, jusqu’aux noms des protagonistes : Juda comme David se rendent/se réfugient à Adullam ou ses alentours (Genèse 38:1/1 Sam. 22:1), se sont associés avec Hira (Genèse 38:1)/Hiram (1 Sam. 5:11) et ont tous deux pour conjointe une femme nommée Bat Choua (Genèse 38:2 & 12, 1 Chroniques 2:3)/Bat Cheva (Bethsabée, appelée Bat Choua en 1 Chroniques 3:5)[29]. Une correspondance a également été proposée entre Er/le premier-né innommé de David et Bethsabée mort en jeune âge, Onan/Amnon et Chêla/Shlomo (Salomon)[30].
D’autre part, Tamar et sa lointaine descendante homonyme ont toutes deux eu ou subi des relations avec un proche que la Bible interdit, qui avec son beau-père, qui avec son demi-frère (cf. Lévitique 18:15-16) ; la fête de la tonte est aussi cruciale pour le plan de Tamar en vue d’attirer et séduire Juda (Genèse 38:12) qu’elle l’est pour Absalom — frère de la seconde Tamar — en vue d’attirer et mettre à mort son demi-frère Amnon afin de venger l’honneur de sa sœur (2 Sam. 13:23). Son comportement et celui de son père David sont décrits en des termes construits sur la racine p-r-ṣ (1 Sam. 25:10, 2 Sam. 13:25 & 27), évoquant le prénom de leur ancêtre Perets[31]. Enfin, Juda comme David fautent, se compromettent dans une relation sexuelle répréhensible avec Tamar/Bethsabée, se le voient rappeler par des voies détournées, l’assument sans se soustraire à leur responsabilité.

Dans les douze prophètes[modifier | modifier le code]

Les deux premiers chapitres du livre de Michée comportent nombre de renvois au récit de Tamar.

Lorsque Malachie invective la foule, reprochant aux Judéens d’avoir ramené de Babylone des conjointes non-juives, s’il s’adresse une première fois à la Judée dans son ensemble, la seconde occurrence de Juda qui « a épousé la fille d’un dieu étranger » fait, elle, référence au patriarche. L'« être veillant et parlant » (er vèonè) qu'il souhaite voir disparaitre des tentes de Jacob dans le verset est un jeu sur la sonorité des noms d'Er et Onan (Malachie 2:11-12)[32].

Dans le livre de Ruth[modifier | modifier le code]

Outre la référence directe à Tamar, Juda et Perets à la fin du livre de Ruth (« Que ta maison soit comme la maison de Perets, que Tamar a enfanté à Juda, par la postérité que YHWH te donnera de cette jeune femme » - Ruth 4:12), les deux récits s'ouvrent sur un énoncé similaire (« II arriva, en ces jours-là/Il arriva, aux jours où jugeaient les Juges ») et sur un départ de chez soi pour s'installer en terre étrangère ; deux fils meurent (Er et Onan/Mahlon et Kilion) sans laisser de descendance après quoi la protagoniste du récit (Tamar/Ruth) est priée de retourner à la maison familiale. Toutes deux ont recours à un stratagème pour séduire un homme plus âgé en se rendant plus attirantes mais non identifiables et toutes deux donnent naissance à un ancêtre de la maison de David. Enfin, ni Tamar ni Ruth ne sont mentionnées nommément à la fin du récit[33].

Dans le livre de Daniel[modifier | modifier le code]

Les parallèles entre le récit de Tamar et le troisième chapitre du livre de Daniel sont d’ordre thématique : Daniel, rêveur et oniromancien comme Joseph, est à l’instar de ce dernier, absent du récit le temps d’un chapitre. Au cours de ce chapitre, Nabuchodonosor s’en prend comme Juda à des personnes vertueuses et les condamne à mort par le feu (Genèse 38:24/Daniel 3:6). Comme Tamar, Hanania, Mishaël et Azaria acceptent leur sort tout en proclamant leur droiture (Genèse 38:25/Daniel 3:17-18). Comme Juda, Nabuchodonosor admet s’être trompé (Genèse 38:26/Daniel 3:28-29). Comme Tamar, les trois vertueux se voient récompensés, qui par la naissance de jumeaux (Genèse 38:27-30), qui par des faveurs royales (Daniel 3:30) ; ils disparaissent ensuite, comme Tamar, du récit[34].

Exégèses du récit de Juda et Tamar[modifier | modifier le code]

Comme la plupart des textes bibliques, le récit de Juda et Tamar fait usage de nombreux termes et tournures de phrase difficiles, dont le lieu de la rencontre entre Juda et Tamar : Peta'h einayim que les Targoumim, la Peshitta et la Vulgate rendent par « la croisée des chemins » ou « des sources », serait selon la LXX « l’entrée d’Ainan » c’est-à–dire Einam (cf. Josué 15:34) et, selon d’autres, un jeu de mots fortement suggestif d’avances sexuelles ; c’est le fait d’y rencontrer une inconnue qui aurait induit Juda en erreur[35].

Le récit de Tamar pose nombre de questions problématiques : outre la place du récit, sa chronologie et sa fonction, Juda, le patriarche éponyme de la nation juive, ancêtre de la maison royale, apparaît sous un jour peu favorable, épousant une Cananéenne malgré les avertissements répétés de ses pères (Genèse 24:3 & 28:6-8), pratiquant un double langage et fréquentant une prostituée[36]. Ses fils, également peu recommandables, meurent sans que le lecteur en connaisse la raison. Tamar, elle, abuse volontairement son beau-père et leurs rapports, tenant doublement de l’adultère et de l’inceste, leur vaudraient, en vertu de la loi biblique ultérieure, d’être lapidés à mort.

Dans l’exégèse juive non-rabbinique[modifier | modifier le code]

Les Jubilés[modifier | modifier le code]

Rédigé vers le deuxième siècle avant l’ère chrétienne en hébreu et occupant une place importante voire canonique dans les écrits de la secte de Qumrân, le Livre des Jubilés consacre son chapitre XLI, p. 785-787 au récit de Tamar. Contrairement à la Bible, ce chapitre n’interrompt pas mais fait suite à l’histoire de Joseph, narrée dans les chapitres XXXIX et XL.

Selon la mesure du temps éponyme au livre où le temps s’écoule en cycles de quarante-neuf ou cinquante années de 364 jours, Juda marie son fils Er à Tamar dix-sept ou dix-huit ans après la vente de Joseph. Parmi les fils de Jacob demeurés en Canaan, seuls lui et Siméon ont pris pour femme des Cananéennes (Jubilés LIV:27-28, cf. Genèse 46:10), ce qui, pour les Jubilés, constitue une faute grave. Juda prend donc soin de choisir pour son fils une fille d'Aram, comme l'avaient fait ses frères et pères, ne lui permettant pas de se choisir à son tour une Cananéenne. Cependant, Er la prend en haine pour cette raison et refuse de coucher avec elle, mourant de la main de Dieu à cause de cela. Juda dit alors à Onan d'accomplir le lévirat mais celui-ci refuse pour les raisons invoquées dans la Bible et, lorsqu'il se rend chez sa femme, déverse sa semence sur le sol.
Pour l’auteur des Jubilés, Juda est, contrairement à ce qu’il ressort de la Bible, sincèrement décidé à donner son troisième fils Chêla à Tamar et c’est Bat Choua la Cananéenne qui l’en empêche ; elle en mourra. Il s’écoule un an avant que Juda ne monte assister à la tonte de ses brebis. L’apprenant, Tamar se couvre d’un voile, s’embellit (l’auteur des Jubilés interprète, comme plus tard la Septante, le terme vatitalef d’après Cantique 5:14) et s’assoit aux yeux de tous à la porte de Timna. Juda vient à elle mais c'est lui, non elle, qui fixe le gage après la consommation de l'acte. La personne innommée qu’il envoie porter le gage n’est pas son associé mais son berger ; l’auteur des Jubilés a lu roëhou au lieu de reëhou, à moins qu’il ne souhaite créer une certaine distance entre Juda et la société cananéenne dans laquelle le lecteur de la Bible le verrait se fondre. Trois mois plus tard, apprenant la grossesse de sa bru, Juda prend le temps de consulter une autorité locale et de se rendre à la maison de son beau-père avant de prononcer sa sentence, montrant là aussi une plus grande maîtrise de ses instincts que ce qu’il n’apparaît dans la Bible. Zera’h et Perets naissent un an plus tard.

L’ange de la Présence qui narre ce récit à Moïse s’attarde ensuite sur les regrets qui assaillent Juda d’avoir découvert la nudité de son fils jusqu’à ce qu’on lui annonce en rêve lui avoir donné le pardon « parce qu’il se détourna de son péché et de son ignorance, car il avait grandement transgressé devant notre Dieu ; que celui qui agit ainsi et celui qui couche avec sa belle-mère, qu’on le brûle au feu pour qu’il soit brûlé, car il y a impureté et pollution sur eux ; qu’on les brûle au feu » ; cette loi, inconnue de la Bible et des rabbins, semble provenir de l’association entre Lévitique 20:12 (« Si un homme cohabite avec sa bru, que tous deux soient mis à mort: ils ont agi désordonnément, leur sang est sur eux ») et 20:14 (« Celui qui épouse une femme et sa mère, c'est une impudicité : on les fera périr par le feu, lui et elles, pour qu'il n'y ait point d'impudicité parmi vous »). Juda n’a cependant pas péché puisque Tamar était encore vierge lors de ses rapports avec Juda et sa seule faute pourrait être son premier mariage avec la fille de Choua[37].

La Septante[modifier | modifier le code]

Comme le livre des Jubilés dont elle est à peu près contemporaine, la Septante tente de dresser un portrait de Juda plus sympathique que ce qu’il n’apparait dans la version massorétique, se montrant dans le même temps plus explicite sur certains points dont la description de l’acte d’Onan.

Elle fait donc de Hiras, l'ish notable d'Adullam dans la version massorétique[38] un antrôpon plus générique, berger de Judas et non son associé. Elle ajoute également à Genèse 38:15 que Judas, lorsqu’il la vit, « la prit pour une prostituée car elle couvrait sa face et il ne la reconnut pas ». Absent de la Bible samaritaine, de la Peshitta et des Targoumim de la Bible, cet ajout est très vraisemblablement exégétique. Résultant peut-être de la connaissance qu’avaient les traducteurs des mesures en vigueur à Alexandrie pour distinguer les prostituées des femmes respectables, il pourrait aussi provenir d’une tradition juive qui dissocie le voile porté par Thamar de la prostitution, et rehausse indirectement la moralité de Judas[39]. Par ailleurs, c’est le même pornè qui désigne celle que Juda appelle dans la Bible hébraïque la zona et Hira la kedesha[40].
Lors du « jugement » de Thamar, sa grossesse est présentée comme la conséquence de ses actes, non comme un fait conjoint. Les traducteurs grecs font en outre dire à Judas qu’« elle a été justifiée plus que moi ».
Enfin, la Septante comprend le ma paratsta Perets de Genèse 38:29 comme une question (« pourquoi as-tu rompu la clôture ? ») et non une exclamation (« Quelle brèche tu as faite ! »)[41].

Le Testament de Juda[modifier | modifier le code]

Si la vente de Joseph occupe une place importante dans la plupart des Testaments des douze patriarches, il est notoirement absent du Testament de Juda car celui-ci a suffisamment d’autres choses à se reprocher : jeune guerrier dont les prouesses rappellent celles de son descendant David, il vainc diverses armées cananéennes par la force ou par la ruse avant de se rendre chez son berger en chef, Hiram (sic) l’Adullamite et est introduit par celui-ci à la cour du roi Bar Choua d’Adullam. Égaré par sa jeunesse, ébloui par ses richesses et étourdi par son ivresse, Juda prend sa fille Bat Choua en mariage malgré les instructions de Jacob.
Après une autre guerre, Er prend pour femme Tamar, originaire d’Aram-Naharaïm. Il la prend en haine, à l'instigation de sa mère qui incite également Onan à refuser cette étrangère et marie Chêla à une Cananéenne pendant que Juda est parti. Maudite par Juda, Bat Choua meurt dans son péché avec ses fils (Testament 11:1-5).
Juda se rend à Timna deux ans plus tard et, enivré, ne reconnaît pas la belle Tamar revêtue de ses habits de mariée. Pensant qu’elle sacrifie à la coutume amoréenne de se prostituer sept jours avant son mariage, Juda vient à elle et la possède après lui avoir laissé ses gages. Revenu de son ivresse, il veut la tuer mais elle l’humilie en produisant les preuves et lui rappelle ce qu’il lui a dit lors de leurs rapports. « Et je ne pus la tuer, » conclut-il, « car la chose venait de Dieu ». Cependant, il ne la fréquentera plus sa vie durant, après qu’il a fait cette abomination en Israël (Testament 12:1-11).

Dans l’exégèse rabbinique[modifier | modifier le code]

Dans la littérature des Sages et le Midrash[modifier | modifier le code]

Le récit de Tamar se tient, selon les chronologies midrashiques, après la vente de Joseph. Établissant sur base de Genèse 37:2, 41:46-49 et 45:6-7 que vingt-deux ans s’écoulent entre cette vente et la descente des fils d’Israël en Égypte, tenant par ailleurs compte de la présence parmi eux des fils de Perets (Genèse 46:12), les rabbins en déduisent que Perets, ainsi qu’Er et Onan, se seraient mariés à l’âge de sept ou huit ans[42].

S'interrogeant d'autre part sur la place de ce récit au sein de l'histoire de Joseph qu'il semble interrompre, Rabbi Eléazar répond qu'il fait le lien entre la « descente » de Juda et celle de Joseph tandis que Rabbi Yohanan établit le parallèle entre le « Reconnais » (haker) des fils de Jacob (vers la fin du chapitre 37) et le « Reconnais » de Tamar (vers la fin du chapitre 38) ; Rabbi Shmouel bar Nahman voit un autre motif commun entre l'acte de Tamar et celui de la femme de Potiphar, toutes deux l’ayant fait « au nom des cieux », en vue de continuer la lignée de justes[43].

La lecture de Rabbi Eléazar s'inscrit dans une lecture critique du comportement de Juda, partagée par de nombreux midrashim. Elle élabore sur le choix du terme « descendit » plutôt qu'« alla » pour décrire son départ de ses frères (Genèse 38:1) ; tous y voient une condamnation du patriarche pour son rôle dans la vente de Joseph, qu'il en soit l'instigateur ou qu'il n'ait pu l’empêcher par sa négligence, car il a l'ascendant sur ses frères (cf. Genèse 37:26-27) et est donc responsable de deuil de Jacob. Sa descente est, en fonction du commentateur, une déchéance matérielle ou spirituelle, Juda s'égarant à Adullam jusqu’à prendre pour épouse la fille d’un Cananéen (Genèse 38:2) ; certains étendent même la rétribution divine de ses fautes à la mort des siens[44].

Pour Rabbi Yohanan et les midrashim qui le suivent, le récit de Tamar prouve également que « la Torah se joue des créatures » mais la rétribution des fautes se limite aux agissements de Tamar : comme Juda a abusé Jacob avec un chevreau, barbouillant la tunique de Joseph de son sang, elle abuse Juda avec un chevreau qu’elle demande pour salaire[45] ; comme il a présenté la tunique de Joseph à Jacob par les mots « Reconnais donc » (haker na), elle lui présente ses effets personnels par la formule « Reconnais donc »[46]. En revanche, aucune autre faute ne saurait lui être imputée et Rabbi Shimon ben Lakish, suivi par les Targoumim d'Onkelos et du pseudo-Jonathan, réfute la lecture de Genèse 38:2 au sens propre, estimant que l'« homme cananéen » est un « commerçant » (cf. Isaïe 23:8 et Osée 12:8) car il est inenvisageable que Juda ait pu contrevenir aux avertissements répétés de ses pères (Genèse 24:3 & 28:6-8)[47].

Du fait de son application du lévirat, Juda apparaît en effet dans nombre de midrashim comme un juste au plus haut degré, l’un de ceux qui ont appliqué les prescriptions de la Torah avant qu’elle n’ait été donnée à Moïse sur le mont Sinaï[48] : sa conduite envers sa bru, lorsqu’il la renvoie chez son père ou qu’il la condamne au bûcher, serait la mise en pratique scrupuleuse des règles s’appliquant à la fille d’un prêtre (cf. Lévitique 22:13 & 21:9 respectivement), Tamar étant, selon une tradition souvent répétée, la fille ou descendante de Sem, identifié par les rabbins à Melchisédech, prêtre de Dieu[49] (une autre tradition en fait cependant une convertie[50]).
Dès lors, les drames familiaux, s’ils sont bien dus à la rétribution des fautes, ne peuvent être mis sur le compte de Juda : Er (dont le péché n'est pas explicité dans la Bible) et Onan meurent pour avoir répandu leur semence au sol afin de ne pas féconder Tamar[51], Bat Choua pour avoir brisé la promesse de Juda et trouvé une autre épouse pour son troisième fils. D’autres midrashim les expliquent, indépendamment des fautes, par la prédestination : d'une part, « les tribus (c’est-à-dire les frères) s’affairaient à la vente de Joseph, Joseph s’affairait à son sac et son jeûne (en signe de deuil), Ruben s’affairait à son sac et son jeûne, Jacob s’affairait à son sac et son jeûne, et Juda s’affairait à épouser une femme, et le Saint, béni soit-il, s’affairait à créer la lumière du Messie ». Il aurait été décidé de toute éternité que le Messie descendrait de Perets or Juda, mari et père comblé, n'aurait jamais « connu » sa bru[52]. D’autre part, les prénoms des premiers fils de Juda annonceraient leur devenir : Er ferait allusion à ariri (« sans enfant ») et il était voué à mourir sans enfants, Onan évoquerait onen (« affligé ») car il était écrit que Juda s’affligerait sur lui[53].

Comme Juda « monte » à Timna alors que Samson y « descend » (Juges 14:1), des Sages en concluent qu'il y va, contrairement au Juge, dans l'intention de sanctifier le ciel[54]. Le lieu de sa rencontre avec Tamar, Peta'h Einayim, a donné lieu à diverses interprétations : selon celle de Rabbi A'ha, c’est un lieu de prière car tous les yeux — einayim — y sont tournés et Tamar aurait imploré Dieu de retenir Juda auquel la vision de la « prostituée » sur la route n’aurait fait aucun effet[55] Dieu aurait alors dépêché un ange, identifié par un midrash à Michaël, afin de susciter son désir. C'est cet état de désir qui permet d'expliquer que Juda se soit si facilement délesté de symboles qui attestent non seulement de son identité mais également, selon le Midrash, de sa royauté.
Tamar — haute, droite et belle comme la plante dont elle porte le nom (cf. Cantique 7:8)[56] — est, au moment de la rencontre, demeurée vierge puisqu’aucun de ses maris n’a rempli son devoir. Juda ne la reconnaît pas car elle a, selon Rabbi Eléazar, toujours voilé son visage lorsqu’elle vivait chez lui et c’est en raison de cette pudeur que descendront d’elle des rois et des prophètes[57] (selon un autre midrash, c'est parce qu'elle s'est voilée qu'elle a engendré, comme Rebecca, des jumeaux[58]). Afin d’expliquer sa conception dès son premier et unique rapport avec Juda, des rabbins enseignent qu'elle aurait détruit sa virginité en pratiquant la friction[51]. Elle « ouvre les yeux » de Juda (lui fournit des réponses convaincantes), l’assurant qu’il n’enfreint aucun interdit avec elle car elle n’est ni mariée, fût-ce à son insu, ni en période menstruelle[50]. Les opinions sont partagées sur la nature de ses actes : selon Oula, elle se serait bien prostituée[59] mais Rabbi A'ha et d’autres argüent qu’une prostituée ne se serait jamais rendue sur un lieu de prière[55].

La grossesse apparente, Tamar se révèle si soucieuse du bien-être d’autrui qu’elle préfère le bûcher à l’humiliation de Juda en public[60]. Quant à la réaction de ce dernier, elle est à la hauteur du personnage : la Mishna prescrit de lire et traduire le « récit de Tamar » en araméen, la langue du peuple, lors des offices publics au cours desquels on lit la Torah, tandis que celui de Ruben, conté en Genèse 35:22, est lu mais non traduit ; le Talmud élaborant sur ce passage explique que si le récit de Tamar semble porter atteinte à la dignité de Juda, il est en réalité tout à son honneur car il a admis publiquement ses fautes[61], et Rabbi Tarphon enseigne que c’est précisément ce mérite qui vaudra la royauté à Juda et sa descendance[62]. C’est pourquoi le récit de la vente de Joseph, préfigurant en filigrane le premier exil d’Israël, est suivi du récit de Tamar car il annonce la venue du rédempteur, Messie fils de David issu de Perets ben Juda[63].

Dans l’exégèse médiévale[modifier | modifier le code]

Les commentateurs sont partagés sur la tenue des évènements : Rachi, suivant le Midrash dans ses grandes lignes, estime que la séquence des faits suit celle des versets et que Juda, déchu par ses frères, se détourne vers Hira. Abraham ibn Ezra, suivi par le Ralbag, réfute une telle exégèse car l’intervalle de vingt-deux ans est trop court pour que Perets engendre Hetsron et Hamoul ; Genèse 38 précéderait donc Genèse 37 et se placerait entre ce chapitre et le chapitre 39 afin de marquer le contraste entre Juda et Joseph face au désir de posséder une femme. Cependant, la Torah n’aurait émis aucun jugement de valeurs en écrivant la descente de Juda, depuis les montagnes où campe sa famille vers la plaine côtière qui est le cadre géographique du récit.

Thamar dans le christianisme[modifier | modifier le code]

Étant l'aïeule du roi David, Thamar est citée parmi les ancêtres de Jésus dans la généalogie ouvrant l'Évangile selon Matthieu.

Le récit de Juda et Tamar selon l’exégèse critique[modifier | modifier le code]

Le récit de Juda et Tamar, introduisant une rupture littéraire entre le récit de la vente de Joseph et son ascension dans la maison de Potiphar reconnaissable à sa Wiederaufnahme (« reprise ») en Genèse 37:36 et 39:1, indiquerait qu’il s’agit d’un ajout tardif à l'histoire de Joseph[64]. L'analyse des motifs terminologiques du texte démontrerait tant son unité que son inclusion harmonieuse dans le Livre de la Genèse, « quelle qu’ait pu être la préhistoire de ces textes »[65]. Pour Shinan et Zakovitch, la présence de nombreux liens intertextuels de Genèse 38 avec son contexte iniduqerait également l’unité de Genèse 37-50 qui aurait été écrit à la cour d’Ephraïm[12].

Tamar et Juda dans l’art[modifier | modifier le code]

Représentations picturales[modifier | modifier le code]

Juda et Tamar[modifier | modifier le code]

Tamar menée au bûcher[modifier | modifier le code]

Épilogue[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D’après Samet 2003 qui utilise le texte massorétique ; voir aussi (en) David A. Dickey, « Genesis 38 - A Chiasm » (consulté le 14 août 2014) & (en) Hajime Murai, « Literary structure (chiasm, chiasmus) of Book of Genesis »,‎ 2014 (consulté le 4 juillet 2014) qui proposent un découpage basé sur la New American Bible, la New Revised Standard Version et la Nouvelle Bible de Jérusalem. A.J. Lambe suggère un découpage suivant les cinq phases classiques de la structure dramatique : équilibre (Genèse 38:1-6), descente (Genèse 38:7-11), déséquilibre (Genèse 38:12a), remontée (Genèse 12b-26), nouvel équilibre (Genèse 27-30) mais W. Warning critique l’artificialité de ce modèle et son manque d’appui sur des considérations terminologiques.
  2. Da’at Mikra sur Bereshit 37-50, p. 76-77
  3. Zakovitch 2005, p. 130-131, suivi par (en) S. Klitsner, « Yehuda, Tamar, and the Brit Bein Habetarim »,‎ 2011 (consulté le 13 juillet 2014)
  4. Shinan et Zakovitch 1992, p. 218
  5. Samet 2003, Shinan et Zakovitch 1992, p. 207-219 ; sur l’usage du terme ותכס (« elle se couvrit ») dans le verset 38:14 contre ותלבש (« elle se vêtit ») du verset 38:19, voir Huddlestun 2001
  6. Warning 2000
  7. Alexander 1999
  8. Samet 2003, voir aussi Shinan et Zakovitch 1992, p. 219 et Menn 1997, p. 43-44
  9. Plusieurs modèles ont été proposés et sont discutés en (en) Brian Tice, « Genesis 38 - The Judah Material's Function In And Beyond The “Joseph Narrative” », sur Academia.edu,‎ 2008 (consulté le 19 juin 2014)
  10. Kruschwitz 2012
  11. Shinan et Zakovitch 1992, p. 208 & 220
  12. a et b Shinan et Zakovitch 2009, p. 133-4
  13. Voir cependant Kugel 2007 qui relativise la portée de ces parallèles
  14. a et b Shinan et Zakovitch 1992, p. 208-212
  15. (en) Amnon Bazak, « Yehudah and Tamar » (consulté le 1er août 2014), voir aussi Bazak 2013, p. 140
  16. Shinan et Zakovitch 1992, p. 221
  17. a, b et c (en) Yonatan Grossman, « Parashat Vayigash - Yehuda vs. Tamar as Background to Yehuda vs. Yosef » (consulté le 4 août 2014)
  18. a, b et c (en) Nehama Leibowitz, « Yehuda and Tamar », sur Lookstein.org (consulté le 11 juin 2014)
  19. Huddlestun 2002
  20. a et b Barkaï 2007, Bazak 2013, p. 141-144
  21. Zakovitch et Shinan 1992, p. 218-219 & 223-224
  22. Alexander 1999, p. 265
  23. Menn et 1997 79-82
  24. Halakhot vehalikhot besefer Bereshit, p. [69]
  25. a et b (he) Shmuel Klitsner, « liste des références intertextuelles entre Genèse 38, Genèse 15 et I Samuel » (consulté le 11 juin 2014)
  26. Modèle:Harsvp
  27. Shinan et Zakovitch 1992, p. 229-230
  28. (en) Shmuel Klitsner, « Literary Parallels in Bereishit 34-38 and 1 Samuel », sur Thetorah.com (consulté le 11 juin 2014)
  29. Geoghegan 2006, p. 58 ; voir aussi Shinan et Zakovitch 2009, p. 133
  30. Rendsburg 1996
  31. Geoghegan 2006
  32. Shinan et Zakovitch 1992, p. 230-31
  33. Van Wolde 1997, p. 434-437
  34. Zvi Ron 2013
  35. Rachi sur Genèse 38:15 ; Robinson 1977, Zakovitch et Shinan 1992, p. 213, Huddlestun 2001
  36. Reif 2009, p. 226
  37. Shinan et Zakovitch 2009, p. 133-142, Segal 2007, p. 59-72
  38. Cf. Da’at Mikra sur Bereshit 37-50, p. 73
  39. Huddlestun 2001
  40. Peut-être du fait de la difficulté à traduire kedesh(a) en grec (Westenholz 1989) ou parce que, contrairement à nombre de traductions bibliques qui rendent kedesha par « prostituée sacrée », les deux termes étaient pratiquement synonymes (Lipiński 2014) ; voir cependant Lambe 1999 qui voit en cette distinction le point de conflit entre l’identité hébraïque de Juda et son assimilation dans la société cananéenne.
  41. Pour une liste des différences entre les versions massorétique et grecque de Genèse 38, voir (he) « Comparaisons entre la version actuelle de Genèse et la version des Septante », sur DaatEmet.org (consulté le 29 juin 2014). Pour leur explication, voir Wevers 1993
  42. Seder Olam Rabba chapitre 2, Seder Olam Zoutta chapitre 4
  43. Bereshit Rabba (éd. Vilna) parashat Vayeshev 85:2
  44. Midrash Tanhouma (édition Buber) Vayeshev 8 & 9, Vayigash 10 ; Midrash Tanhouma (édition Varsovie) 22 ; T.B. Sota 13b ; Targoum pseudo-Jonathan sur Genèse 38:1 ; Aggadat Bereshit (éd. Buber) 61 s.v. vèYossef hourad ; Shemot Rabba 42:3 ; Devarim Rabba (éd. Vilna), parashat Nitzavim 8:4
  45. Bereshit Rabba 85:9
  46. T.B. Sota 10b, Bereshit Rabba 84:11-12 ; selon Umberto Cassuto et Nehama Leibowitz qui le cite, il semblerait que ces parallèles mis en évidence par le Midrash traduisent l’intention réelle de l’auteur du texte — cf. (he) N. Leibowitz, « Maasse Tamar viYhouda - Maasse Tamar oumekhirat Yossef » (consulté le 15 juin 2014)
  47. T.B. Pessahim 50a, Bereshit Rabba 85:4
  48. Vayikra Rabba (éd. Vilna) 2:10, Shir Hashirim Rabba (éd. Vilna) 1 s.v. amar Rabbi Azariya, Pessikta deRav Kahana piska 12 s.v. Rabbi Youda, Eliyahou Rabba (éd. Friedman) 7 s.v. Baroukh Hamakom, Bereshit Rabbati parashat Vayeshev p. 177
  49. Targoum Pseudo-Jonathan sur Genèse 38:6, Bereshit Rabba 85:10, Aggadat Bereshit (éd. Buber) 64:4, Bereshit Rabbati parashat Vayeshev p. 177
  50. a et b T.B. Sota 10a ; cf. Kadari 2009
  51. a et b T.B. Yebamot 34b, Nidda 13a
  52. Aggadat Bereshit (éd. Buber) 64:4 s.v. vayehi baët
  53. Targoum pseudo-Jonathan sur Genèse 38:3-4, Bereshit Rabba 85:5 ; Zakovitch affirme que le jeu de morts sur Er/ariri aurait été voulu par l’auteur de ces versets, sur base des parallélismes entre Genèse 15 et 38
  54. T.J. (éd. Vilna) Sota 1:8, T.B. Sota 10a, Bemidbar Rabba (éd. Vilna) parashat Nasso 9:24
  55. a et b T.J. (éd. Vilna) Ketoubot 13:1 & Sota 1:4, T.B. Sota 10a, Bereshit Rabba (éd. Albeck) 60 s.v. vayomer haeved hou
  56. Midrash Hagadol s.v. Genèse 38:6
  57. T.B. Meguila 10b & Sota 10b
  58. Midrash Tanhouma (éd. Buber) Vayeshev 17, Bereshit Rabba (éd. Theodor-Albeck) parashat Hayye Sarah 60 s.v. vayomer haeved hou
  59. T.B. Nazir 23b
  60. T.B. Berakhot 43b, Baba Metzia 59a, Sota 10b
  61. Mishna Meguila 4:10 & T.B. Meguila 25a-b
  62. Tossefta Berakhot 4:18
  63. Bereshit Rabba 85:1
  64. Christoph Uehlinger, Introduction à l'Ancien Testament, p. 248
  65. Warning 2000

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Anglais[modifier | modifier le code]

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Français[modifier | modifier le code]

  • Marc Philonenko (dir.), La Bible - Écrits intertestamentaires, La Pléiade, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » (no 337),‎ 1987 (ISBN 978-2070111169)
  • Thomas Römer (éd.), Jean-Daniel Macchi (éd.) et Christophe Nihan (éd.), Introduction à l'Ancien Testament, Labor et Fides,‎ 2009 (1re éd. 2004) (ISBN 978-2830913682)

Hébreu[modifier | modifier le code]

  • (he) Yaïr Barkaï, « Ma’asse Yehouda veTamar - behina sifroutit ve’emounit », Mayim MiDalyav, vol. 18,‎ 2007, p. 163-179 (lire en ligne)
  • (he) Amnon Bazak, Ad Hayom Hazeh, She'elot Yesod Belimmud Tanach, Yediot Sefarim, coll. « Sifrei hemed »,‎ 2013 (ISBN 978-9655457520)
  • (he) Elhanan Samet, « Sippour Yehouda veTamar - sippour betokh sippour », dans Iyyounim beparashot hashavoua - Sidra shniya, Yediot Sefarim, coll. « Sifrei hemed »,‎ 2003 (ISBN 978-9654170253) ; version anglaise abrégée : (en) Elchanan Samet, « Yehuda and Tamar - A Story Within a Story »,‎ 2002 (consulté le 4 juillet 2014)
  • (he) Avigdor Shinan et Yaïr Zakovitch, Maasse Yehouda veTamar - Bereshit lamed het bamikra, batargoumim haatikim oubasifrout hayehoudit hakdouma lesouggeiha, Magnes Press,‎ 1992 (ISBN 965-350-013-9)
  • (he) Avigdor Shinan et Yaïr Zakovitch, Gam kakh lo katouv baTanakh, Yediot Sefarim, coll. « Yahadout Kan VèAkhshav »,‎ 2009 (ISBN 978-9655450323)
  • (he) Yaïr Zakovitch, Abia hiddot minei kedem, Am Oved, coll. « Aron Sefarim Yehoudi »,‎ 2005 (ISBN 978-9655450323)

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