Tamar (Genèse)

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Tamar

Description de cette image, également commentée ci-après

Tammar, Lidia Kozenitzky, 2009

תָּמָר







Conjoint
Descendants
Famille
Juda, deux fois son beau-père et père de ses enfants

Tamar (hébreu : תָּמָר « palmier-dattier » ; alt. : Thamar d’après la LXX Θαμαρ) est un personnage biblique, protagoniste du « récit de Juda et Tamar » (hébreu : מעשה יהודה ותמר Maasse Yehouda veTamar), un épisode biblique rapporté dans la parashat Vayeshev, au trente-huitième chapitre du livre de la Genèse.

Épouse et veuve tour à tour des deux premiers fils de Juda, 'Er et Onan, elle demeure sans progéniture d'eux et use d'un subterfuge pour s'unir à Juda qui refuse de lui donner son troisième fils en mariage. De cette union naîtront les jumeaux Zerah et Perets, ancêtre du roi David.

Récit biblique[modifier | modifier le code]

À l'époque de la vente de Joseph, Juda se sépare de ses frères et s'associe avec un homme adullamite nommé Hira. Il prend pour femme la fille d'un homme cananéen appelé Choua et a d’elle trois fils, 'Er, Onan et Chêla qui nait lorsqu'il se trouve à Kezib (Genèse 38:1-5).

Juda choisit Tamar comme épouse pour 'Er mais celui-ci meurt peu après. Juda donne alors Tamar à Onan en vertu du mariage lévirat mais Onan refuse de féconder Tamar, comprenant que cette postérité ne sera pas la sienne, et il meurt à son tour car son comportement « déplut » à l’Éternel. Tamar doit devenir la femme de Chêla, le troisième et dernier fils de Juda mais celui-ci soupçonne sa bru de porter malheur à ses époux et la renvoie comme une veuve chez son père en prétextant le jeune âge de son fils (Genèse 38:6-11).

Le temps passe. Juda devient veuf et, après avoir été consolé de la mort de la fille de Choua, se rend à Timna auprès des tondeurs de ses brebis avec Hira. Tamar, voyant « que Chêla avait grandi et qu'elle ne lui avait pas été donnée pour épouse », retire ses habits de veuve, se voile la face et se poste à ou au peta'h einayim, sur le chemin menant à Timna. La prenant pour une prostituée, Juda requiert ses services en paiement d'un chevreau et laisse en garantie son cachet, son cordon et son bâton. Lorsqu'il envoie son associé Hira s'acquitter du paiement, celui-ci ne trouve pas la « prostituée » qui a recouvré ses habits de veuve ; Juda, craignant un scandale, renonce à ses effets personnels (Genèse 38:12-23).

Trois mois plus tard, il devient apparent que Tamar est enceinte. Ayant appris que sa bru se serait prostituée et porterait en son sein le fruit de sa débauche, Juda ordonne qu'elle soit brûlée. Celle-ci lui fait alors parvenir les gages qu'il lui a laissées en l'assurant être enceinte de cet homme. Juda les reconnaît et confesse qu'« elle est plus juste que moi car il est vrai que je ne l'ai pas donnée à Chêla mon fils » ; il n'aura cependant plus de rapports avec elle (Genèse 38:24-26).

Tamar met au monde des jumeaux. Alors que l'un des jumeaux montre sa main à laquelle un fil écarlate est attaché par la sage-femme, son frère jaillit le premier « avec brusquerie » (porets) ; on l’appelle Perets tandis que celui dont la main porte le fil écarlate est appelé Zerah (Genèse 38:27-30).

Analyse textuelle[modifier | modifier le code]

Structure du récit[modifier | modifier le code]

Le récit de Tamar se compose de trente versets, organisés en chiasme autour de la rencontre entre Tamar et Juda à Einayim[1] :

  • 38:1-5 : les enfants de Juda et la fille de Choua, à Adullam
    • 38:6-11 : mort des premiers enfants, Juda parle à Tamar et la renvoie chez son père
      • 38:12-14 : Tamar met en œuvre un stratagème destiné à abuser Juda
        • 38:15-18 : Tamar et Juda se rencontrent, dialoguent et se connaissent
      • 38:19-23 : Tamar s'en retourne, Juda est abusé une seconde fois
    • 38:24-26 : Tamar, qui se trouve chez son père, est menacée de mourir avec ses enfants innés, parle à Juda
  • 38:27-30 : les enfants de Juda et Tamar.

Genèse 38:1-5 partage avec Genèse 38:27-30 les thèmes et termes associés à la naissance et la nomination d’enfants (y-l-d, y-ṣ-ʾ, q-r-ʾ, š-m). Toutefois, alors que les noms des premiers enfants sont à double sens (le nom d’Er, en particulier, évoque l’éveil ou la vigilance mais le verset 38:7 joue sur le nom d’Er, disant qu’il fut ra, mauvais, aux yeux de Dieu[2] ; de plus, la racine de laquelle dériverait Er, ʿ-r-r, est aussi celle de l’ariri, « qui vit — et meurt — sans descendance »[3]), ceux des seconds enfants sont exclusivement positifs.
Genèse 38:6-11 et 38:24-26 convoient tous deux l’idée du châtiment après jugement, humain ou divin, des fautes, bien qu’Er et Onan aient véritablement fauté tandis que Juda reconnait finalement la justesse de Tamar.
Le verset Genèse 38:12 (« Longtemps aprèsJuda … monta »), construit sur le modèle de Genèse 38:1 avec une clause temporelle et un mouvement (« en ce temps là, Juda descendit de ses frères »), marque un nouveau départ et le verset 38:13 (« On informa Tamar, (litt.) en disant ») annonce le verset 38:24 (« on informa Juda, en disant ») tant d’un point de vue lexical que causal. La symétrie entre Genèse 38:12-14 et 38:19-23 se retrouve par ailleurs jusque dans la structure des versets 38:14 (« elle s’assit à l’entrée d’Einayim sur la route de Timna ») et 38:21 (« Où est la prostituée qui se tient à Einayim, sur la route ? ») ainsi que 38:14 (« Elle retira ses vêtements de veuve, prit un voile et s'en couvrit ») et 38:19 (« elle retira son voile et (litt.) se revêtit des vêtements de son veuvage »). Genèse 38:14 (« car elle voyait que Chêla avait grandi et qu'elle ne lui avait pas été donnée pour épouse ») renvoie en outre à Genèse 38:26 (« car il est vrai que je ne l'ai pas donnée à Chêla mon fils »)[4].
Le don (n-t-n) se retrouve sous diverses formes à travers le récit, ainsi que la procréation (b-w-ʾ ʾ-l) et la conception (h-r-h), en particulier dans le membre central du chiasme, Genèse 38:15-18, lui-même construit en chiasme autour de ces mots-clés et du gage (« Que me donneras-tu pour (litt.) venir à moi ? … si tu me donnes un gage … quel gage te donnerai-je ? … II les lui donna, (litt.) vint à elle »)[5].

La perpétuation de la lignée, thème central du livre de la Genèse[6], occupe donc une place centrale dans la structure interne du récit et c’est à l’aune de celle-ci que sont jugés ses acteurs : la tromperie d’Onan qui feint d’appliquer le lévirat mais refuse en réalité de donner une descendance à son frère, lui vaut la mort tandis que le stratagème élaboré de Tamar qui trompe par deux fois son beau-père est sanctionné favorablement tant par la providence qui veille au bon accomplissement de chacune de ses phases que par Juda qui reconnait la plus grande justesse de sa bru car elle a seulement cherché à obtenir la descendance qui lui revenait de droit et qui lui avait été refusée[7].

Le récit dans son contexte[modifier | modifier le code]

Le récit de Juda et Tamar est lié à Genèse 37 et 39 ainsi qu’au reste du cycle des fils de Jacob par d’autres mots-clés et allusions linguistiques ou thématiques : la « descente » se retrouve ainsi, avant Genèse 38:1, en Genèse 37:35 (« Je descendrai vers mon fils, endeuillé dans la Tombe »), et se poursuit en Genèse 39:1 (« Joseph fut donc (litt.) descendu en Égypte »), Genèse 45:9 (« (litt.) Descends vers moi, ne demeure pas ») et Genèse 46:3-4 (« Ne crains pas de descendre en Égypte … je descendrai avec toi »)[8],[9].
La ruse et les vêtements jouent un rôle crucial et similaire : lorsqu’elle apprend que son beau-père se rend à Timna, Tamar se défait des habits de veuve par lesquels elle est connue (Genèse 38:14) tout comme les frères ont ôté la tunique permettant d’identifier Joseph (Genèse 37:23)[10]. Ce thème du vêtement identificateur revient en Genèse 39 où la femme de Potiphar arrache la tunique de Joseph ainsi qu’en Genèse 41 lorsque le roi d’Égypte dote Joseph d’habits royaux[11]. Pour abuser Juda qui a barbouillé la tunique de Joseph du sang d’un bélier (seïr izim), Tamar demande un chevreau (gdi izim) en salaire et pour présenter les preuves de l’adultère supposé de Tamar, Genèse 38:25 utilise la même structure syntaxique et le même choix de termes que Genèse 37:32 pour présenter les preuves de la mort supposée de Joseph (« ils envoyèrent/elle envoya », « Reconnais donc/reconnais donc »)[10],[12].

D’un point de vue thématique, Genèse 38 fait donc suite à Genèse 35:22 qui a vu la disqualification de Ruben et à Genèse 34 qui a vu celle de Siméon et Levi. Comparé à Jacob en Genèse 37 et à Joseph en Genèse 39, Juda ne ressort pas à son avantage : d’une part, il quitte, d’un point de vue contextuel, sa famille lorsque tous s'affairent à réconforter Jacob et si ce dernier « refusa d’être consolé et dit : "Non car je descendrai vers mon fils" ... » (Genèse 37:35), Juda, devenu veuf, « (litt.) se consola et monta vers ses tondeurs » dans un même verset (Genèse 38:12)[13]. D’autre part, Joseph résiste aux avances de la femme de Potiphar et se montre d’une moralité exemplaire alors que Juda se laisse séduire par Tamar et fait à plusieurs reprises d’un poids deux mesures.

Cependant, présenté devant ses torts, Juda les reconnait immédiatement, sans se dérober, ce qui constitue le point tournant du chapitre autant que du cycle de Jacob et ses fils.

La fraternité est elle aussi un thème récurrent, Juda défendant les fils de Jacob de tuer Joseph « car il est notre frère » et la renvoyant chez son père pour ne pas voir Chêla mourir « comme ses frères » (Genèse 38:11) ; c’est aussi en raison de la mort de son frère que Jacob refuse de laisser Benjamin descendre en Égypte (Genèse 42:38)[14].

Il est possible qu’en offrant à Jacob deux de ses fils en otage, Reuben suggère que la mort des deux fils de Juda était le prix à payer pour la mort de Joseph. La requête de Juda qui se porte garant de Benjamin fait elle aussi référence au gage (eravon) qu’il a laissé en garantie à Tamar.

Juda apparait jusque là sous un jour assez défavorable et le récit est empli d’ironie à son égard. Cependant, les faits de Juda sont abondamment évoqués dans la bénédiction de Juda par Jacob (Genèse 49:8-12) : les frères de Juda le « reconnaîtront » car lui-même a reconnu ses actes et sa responsabilité, le « sceptre » qui ne le quittera pas correspond au bâton demandé en gage par Tamar, l’âne de Juda (eira) évoque par sa sonorité son fils Er, le fils de son ânesse (ben atono) Onan et Shilo Chêla.

Par ailleurs, le récit de Tamar serait inclus dans un chiasme comprenant l’ensemble du récit de Joseph et ses frères[15].

Exégèses du récit de Juda et Tamar[modifier | modifier le code]

Comme la plupart des textes bibliques, le récit de Juda et Tamar fait usage de nombreux termes et tournures de phrase difficiles, dont le lieu de la rencontre entre Juda et Tamar : Peta'h einayim que les Targoumim, la Peshitta et la Vulgate rendent par « la croisée des chemins » ou « des sources », serait selon la LXX « l’entrée d’Ainan » c’est-à–dire Einam (cf. Josué 15:34) et, selon d’autres, un jeu de mots fortement suggestif d’avances sexuelles ; c’est le fait d’y rencontrer une inconnue qui aurait induit Juda en erreur[16].

Le récit de Tamar pose nombre de questions problématiques : outre la place du récit, sa chronologie et sa fonction, Juda, le patriarche éponyme de la nation juive, ancêtre de la maison royale, apparaît sous un jour peu favorable, épousant une Cananéenne malgré les avertissements répétés de ses pères (Genèse 24:3 & 28:6-8), pratiquant un double langage et fréquentant une prostituée[17]. Ses fils, également peu recommandables, meurent sans que le lecteur en connaisse la raison. Tamar, elle, abuse volontairement son beau-père et leurs rapports, tenant doublement de l’adultère et de l’inceste, leur vaudraient, en vertu de la loi biblique ultérieure, d’être lapidés à mort.

À travers la Bible hébraïque[modifier | modifier le code]

Les premiers éléments d’interprétation du récit de Tamar se trouvent dans la Bible même : références directes, allusions, jeux de mots ou sonorités dévoilent l’opinion des auteurs sur ces textes.

Une parenté est ainsi suggérée entre le récit de Tamar et l’alliance entre les parties (Genèse 15) au vu des nombreux termes communs qui s’y trouvent — notamment « que me donneras-tu », « regarde donc/reconnais donc », et la forme verbale vayehashveha (« il la considéra » ou « il considéra cela ») qui n’apparaît que trois fois dans toute la Bible hébraïque[18].

Dans les livres de Samuel[modifier | modifier le code]

Comme Tamar, Hanna est, au début de I Samuel 1, sans enfants et agit à sa façon pour en avoir ; elle adresse à Dieu une supplique (« si tu donnes […] une (litt.) semence » - I Sam. 1:11) où apparaît l’une des seules occurrences bibliques de « donner une (litt.) semence », avec Genèse 38:9 (« afin de ne pas donner de (litt. semence »). La réaction d’Eli qui « la crut ivre » (I Sam. 1:13) rappelle l’appréciation tout aussi erronée de Juda qui « (litt.) la crut prostituée » (Genèse 38:15). Les deux hommes ont par ailleurs en commun deux fils dévoyés (Er et Onan/Hofni et Pin'has) dont ils ne semblent pas voir les torts et qui meurent de la main de Dieu. Juda dit à Tamar de demeurer en la maison de son père jusqu’à ce que l’enfant (Chêla) devienne assez grand pour se marier (Genèse 38:11) tandis que Hanna demande à Elkana de demeurer à Ramataïm-Çofim jusqu’à ce que l’enfant soit sevré (1 Samuel 1:23). Il est possible que « ton souhait » (1 Sam. 1:18) — écrit sous la forme défective shelatekh, inemployée ailleurs dans la Bible — soit une autre référence à Chêla bien que plusieurs manuscrits comportent la forme pleine sheëlatekh[18],[19].

Les parallèles abondent également entre Genèse 38, 1 Samuel 22-25 et 2 Samuel 13, jusqu’aux noms des protagonistes : Juda comme David se rendent/se réfugient à Adullam ou ses alentours (Genèse 38:1/1 Sam. 22:1), se sont associés avec Hira (Genèse 38:1)/Hiram (1 Sam. 5:11) et ont tous deux pour conjointe une femme nommée Bat Choua (Genèse 38:2 & 12, 1 Chroniques 2:3)/Bat Cheva (Bethsabée, appelée Bat Choua en 1 Chroniques 3:5)[20]. Une correspondance a également été proposée entre Er/le premier-né innommé de David et Bethsabée mort en jeune âge, Onan/Amnon et Chêla/Shlomo (Salomon)[21].
D’autre part, Tamar et sa lointaine descendante homonyme ont toutes deux eu ou subi des relations avec un proche que la Bible interdit, qui avec son beau-père, qui avec son demi-frère (cf. Lévitique 18:15-16) ; la fête de la tonte est aussi cruciale pour le plan de Tamar en vue d’attirer et séduire Juda (Genèse 38:12) qu’elle l’est pour Absalom — frère de la seconde Tamar — en vue d’attirer et mettre à mort son demi-frère Amnon afin de venger l’honneur de sa sœur (2 Sam. 13:23). Son comportement et celui de son père David sont décrits en des termes construits sur la racine P-R-Ṣ (1 Sam. 25:10, 2 Sam. 13:25 & 27), évoquant le prénom de leur ancêtre Perets[22]. Enfin, Juda comme David fautent, se compromettent dans une relation sexuelle répréhensible avec Tamar/Bethsabée, se le voient rappeler par des voies détournées, l’assument sans se soustraire à leur responsabilité.

Dans les douze prophètes[modifier | modifier le code]

Les deux premiers chapitres du livre de Michée comportent nombre de renvois au récit de Tamar.

Lorsque Malachie invective la foule, reprochant aux Judéens d’avoir ramené de Babylone des conjointes non-juives, s’il s’adresse une première fois à la Judée dans son ensemble, la seconde occurrence de Juda qui « a épousé la fille d’un dieu étranger » fait, elle, référence au patriarche. L'« être veillant et parlant » (er vèonè) qu'il souhaite voir disparaitre des tentes de Jacob dans le verset est un jeu sur la sonorité des noms d'Er et Onan (Malachie 2:11-12)[23].

Dans le livre de Ruth[modifier | modifier le code]

Outre la référence directe à Tamar, Juda et Perets à la fin du livre de Ruth (« Que ta maison soit comme la maison de Perets, que Tamar a enfanté à Juda, par la postérité que YHWH te donnera de cette jeune femme » - Ruth 4:12), les deux récits s'ouvrent sur un énoncé similaire (« II arriva, en ces jours-là/Il arriva, aux jours où jugeaient les Juges ») et sur un départ de chez soi pour s'installer en terre étrangère ; deux fils meurent (Er et Onan/Mahlon et Kilion) sans laisser de descendance après quoi la protagoniste du récit (Tamar/Ruth) est priée de retourner à la maison familiale. Toutes deux ont recours à un stratagème pour séduire un homme plus âgé en se rendant plus attirantes mais non identifiables et toutes deux donnent naissance à un ancêtre de la maison de David. Enfin, ni Tamar ni Ruth ne sont mentionnées nommément à la fin du récit[24].

Dans le livre de Daniel[modifier | modifier le code]

Les parallèles entre le récit de Tamar et le troisième chapitre du livre de Daniel sont d’ordre thématique : Daniel, rêveur et oniromancien comme Joseph, est à l’instar de ce dernier, absent du récit le temps d’un chapitre. Au cours de ce chapitre, Nabuchodonosor s’en prend comme Juda à des personnes vertueuses et les condamne à mort par le feu (Genèse 38:24/Daniel 3:6). Comme Tamar, Hanania, Mishaël et Azaria acceptent leur sort tout en proclamant leur droiture (Genèse 38:25/Daniel 3:17-18). Comme Juda, Nabuchodonosor admet s’être trompé (Genèse 38:26/Daniel 3:28-29). Comme Tamar, les trois vertueux se voient récompensés, qui par la naissance de jumeaux (Genèse 38:27-30), qui par des faveurs royales (Daniel 3:30) ; ils disparaissent ensuite, comme Tamar, du récit[25].

Dans l’exégèse juive non-rabbinique[modifier | modifier le code]

Les Jubilés[modifier | modifier le code]

Rédigé vers le deuxième siècle avant l’ère chrétienne en hébreu et occupant une place importante voire canonique dans les écrits de la secte de Qumrân, le Livre des Jubilés consacre son chapitre XLI, p. 785-787 au récit de Tamar. Contrairement à la Bible, ce chapitre n’interrompt pas mais fait suite à l’histoire de Joseph, narrée dans les chapitres XXXIX et XL.

Selon la mesure du temps éponyme au livre où le temps s’écoule en cycles de quarante-neuf ou cinquante années de 364 jours, Juda marie son fils Er à Tamar dix-sept ou dix-huit ans après la vente de Joseph. Parmi les fils de Jacob demeurés en Canaan, seuls lui et Siméon ont pris pour femme des Cananéennes (Jubilés LIV:27-28, cf. Genèse 46:10), ce qui, pour les Jubilés, constitue une faute grave. Juda prend donc soin de choisir pour son fils une fille d'Aram, comme l'avaient fait ses frères et pères, ne lui permettant pas de se choisir à son tour une Cananéenne. Cependant, Er la prend en haine pour cette raison et refuse de coucher avec elle, mourant de la main de Dieu à cause de cela. Juda dit alors à Onan d'accomplir le lévirat mais celui-ci refuse pour les raisons invoquées dans la Bible et, lorsqu'il se rend chez sa femme, déverse sa semence sur le sol.
Pour l’auteur des Jubilés, Juda est, contrairement à ce qu’il ressort de la Bible, sincèrement décidé à donner son troisième fils Chêla à Tamar et c’est Bat Choua la Cananéenne qui l’en empêche ; elle en mourra. Il s’écoule un an avant que Juda ne monte assister à la tonte de ses brebis. L’apprenant, Tamar se couvre d’un voile, s’embellit (l’auteur des Jubilés interprète, comme plus tard la Septante, le terme vatitalef d’après Cantique 5:14) et s’assoit aux yeux de tous à la porte de Timna. Juda vient à elle mais c'est lui, non elle, qui fixe le gage après la consommation de l'acte. La personne innommée qu’il envoie porter le gage n’est pas son associé mais son berger ; l’auteur des Jubilés a lu roëhou au lieu de reëhou, à moins qu’il ne souhaite créer une certaine distance entre Juda et la société cananéenne dans laquelle le lecteur de la Bible le verrait se fondre. Trois mois plus tard, apprenant la grossesse de sa bru, Juda prend le temps de consulter une autorité locale et de se rendre à la maison de son beau-père avant de prononcer sa sentence, montrant là aussi une plus grande maîtrise de ses instincts que ce qu’il n’apparaît dans la Bible. Zera’h et Perets naissent un an plus tard.

L’ange de la Présence qui narre ce récit à Moïse s’attarde ensuite sur les regrets qui assaillent Juda d’avoir découvert la nudité de son fils jusqu’à ce qu’on lui annonce en rêve lui avoir donné le pardon « parce qu’il se détourna de son péché et de son ignorance, car il avait grandement transgressé devant notre Dieu ; que celui qui agit ainsi et celui qui couche avec sa belle-mère, qu’on le brûle au feu pour qu’il soit brûlé, car il y a impureté et pollution sur eux ; qu’on les brûle au feu » ; cette loi, inconnue de la Bible et des rabbins, semble provenir de l’association entre Lévitique 20:12 (« Si un homme cohabite avec sa bru, que tous deux soient mis à mort: ils ont agi désordonnément, leur sang est sur eux ») et 20:14 (« Celui qui épouse une femme et sa mère, c'est une impudicité : on les fera périr par le feu, lui et elles, pour qu'il n'y ait point d'impudicité parmi vous »). Juda n’a cependant pas péché puisque Tamar était encore vierge lors de ses rapports avec Juda et sa seule faute pourrait être son premier mariage avec la fille de Choua[26].

La Septante[modifier | modifier le code]

Comme le livre des Jubilés dont elle est à peu près contemporaine, la Septante tente de dresser un portrait de Juda plus sympathique que ce qu’il n’apparait dans la version massorétique, se montrant dans le même temps plus explicite sur certains points dont la description de l’acte d’Aunan.

Elle fait donc de Hiras, l'ish notable d'Adullam dans la version massorétique[27] un antrôpon plus générique, berger de Judas et non son associé. Elle ajoute également à Genèse 38:15 que Judas, lorsqu’il la vit, « la prit pour une prostituée car elle couvrait sa face et il ne la reconnut pas ». Absent de la Bible samaritaine, de la Peshitta et des Targoumim de la Bible, cet ajout est très vraisemblablement exégétique. Résultant peut-être de la connaissance qu’avaient les traducteurs des mesures en vigueur à Alexandrie pour distinguer les prostituées des femmes respectables, il pourrait aussi provenir d’une tradition juive qui dissocie le voile porté par Thamar de la prostitution, et rehausse indirectement la moralité de Judas[28]. Par ailleurs, c’est le même pornè qui désigne celle que Juda appelle dans la Bible hébraïque la zona et Hira la kedesha[29].
Lors du « jugement » de Thamar, sa grossesse est présentée comme la conséquence de ses actes, non comme un fait conjoint. Les traducteurs grecs font en outre dire à Judas qu’« elle a été justifiée plus que moi ».
Enfin, la Septante comprend le ma paratsta Perets de Genèse 38:29 comme une question (« pourquoi as-tu rompu la clôture ? ») et non une exclamation (« Quelle brèche tu as faite ! »)[30].

Le Testament de Juda[modifier | modifier le code]

Si la vente de Joseph occupe une place importante dans la plupart des Testaments des douze patriarches, il est notoirement absent du Testament de Juda car celui-ci a suffisamment d’autres choses à se reprocher : jeune guerrier dont les prouesses rappellent celles de son descendant David, il vainc diverses armées cananéennes par la force ou par la ruse avant de se rendre chez son berger en chef, Hiram (sic) l’Adullamite et est introduit par celui-ci à la cour du roi Bar Choua d’Adullam. Égaré par sa jeunesse, ébloui par ses richesses et étourdi par son ivresse, Juda prend sa fille Bat Choua en mariage malgré les instructions de Jacob.
Après une autre guerre, Er prend pour femme Tamar, originaire d’Aram-Naharaïm. Il la prend en haine, à l'instigation de sa mère qui incite également Onan à refuser cette étrangère et marie Chêla à une Cananéenne pendant que Juda est parti. Maudite par Juda, Bat Choua meurt dans son péché avec ses fils (Testament 11:1-5).
Juda se rend à Timna deux ans plus tard et, enivré, ne reconnaît pas la belle Tamar revêtue de ses habits de mariée. Pensant qu’elle sacrifie à la coutume amoréenne de se prostituer sept jours avant son mariage, Juda vient à elle et la possède après lui avoir laissé ses gages. Revenu de son ivresse, il veut la tuer mais elle l’humilie en produisant les preuves et lui rappelle ce qu’il lui a dit lors de leurs rapports. « Et je ne pus la tuer, » conclut-il, « car la chose venait de Dieu ». Cependant, il ne la fréquentera plus sa vie durant, après qu’il a fait cette abomination en Israël (Testament 12:1-11).

Dans l’exégèse rabbinique[modifier | modifier le code]

Dans la littérature des Sages et le Midrash[modifier | modifier le code]

Le récit de Tamar se tient, selon les chronologies midrashiques, après la vente de Joseph. Établissant sur base de Genèse 37:2, 41:46-49 et 45:6-7 que vingt-deux ans s’écoulent entre cette vente et la descente des fils d’Israël en Égypte, tenant par ailleurs compte de la présence parmi eux des fils de Perets (Genèse 46:12), les rabbins en déduisent que Perets, ainsi qu’Er et Onan, se seraient mariés à l’âge de sept ou huit ans[31].

S'interrogeant d'autre part sur la place de ce récit au sein de l'histoire de Joseph qu'il semble interrompre, Rabbi Eléazar répond qu'il fait le lien entre la « descente » de Juda et celle de Joseph tandis que Rabbi Yohanan établit le parallèle entre le « Reconnais » (haker) des fils de Jacob (vers la fin du chapitre 37) et le « Reconnais » de Tamar (vers la fin du chapitre 38) ; Rabbi Shmouel bar Nahman voit un autre motif commun entre l'acte de Tamar et celui de la femme de Potiphar, toutes deux l’ayant fait « au nom des cieux », en vue de continuer la lignée de justes[32].

La lecture de Rabbi Eléazar s'inscrit dans une lecture critique du comportement de Juda, partagée par de nombreux midrashim. Elle élabore sur le choix du terme « descendit » plutôt qu'« alla » pour décrire son départ de ses frères (Genèse 38:1) ; tous y voient une condamnation du patriarche pour son rôle dans la vente de Joseph, qu'il en soit l'instigateur ou qu'il n'ait pu l’empêcher par sa négligence, car il a l'ascendant sur ses frères (cf. Genèse 37:26-27) et est donc responsable de deuil de Jacob. Sa descente est, en fonction du commentateur, une déchéance matérielle ou spirituelle, Juda s'égarant à Adullam jusqu’à prendre pour épouse la fille d’un Cananéen (Genèse 38:2) ; certains étendent même la rétribution divine de ses fautes à la mort des siens[33].

Pour Rabbi Yohanan et les midrashim qui le suivent, le récit de Tamar prouve également que « la Torah se joue des créatures » mais la rétribution des fautes se limite aux agissements de Tamar : comme Juda a abusé Jacob avec un chevreau, barbouillant la tunique de Joseph de son sang, elle abuse Juda avec un chevreau qu’elle demande pour salaire[34] ; comme il a présenté la tunique de Joseph à Jacob par les mots « Reconnais donc » (haker na), elle lui présente ses effets personnels par la formule « Reconnais donc »[35]. En revanche, aucune autre faute ne saurait lui être imputée et Rabbi Shimon ben Lakish, suivi par les Targoumim d'Onkelos et du pseudo-Jonathan, réfute la lecture de Genèse 38:2 au sens propre, estimant que l'« homme cananéen » est un « commerçant » (cf. Isaïe 23:8 et Osée 12:8) car il est inenvisageable que Juda ait pu contrevenir aux avertissements répétés de ses pères (Genèse 24:3 & 28:6-8)[36].

Du fait de son application du lévirat, Juda apparaît en effet dans nombre de midrashim comme un juste au plus haut degré, l’un de ceux qui ont appliqué les prescriptions de la Torah avant qu’elle n’ait été donnée à Moïse sur le mont Sinaï[37] : sa conduite envers sa bru, lorsqu’il la renvoie chez son père ou qu’il la condamne au bûcher, serait la mise en pratique scrupuleuse des règles s’appliquant à la fille d’un prêtre (cf. Lévitique 22:13 & 21:9 respectivement), Tamar étant, selon une tradition souvent répétée, la fille ou descendante de Sem, identifié par les rabbins à Melchisédech, prêtre de Dieu[38] (une autre tradition en fait cependant une convertie[39]).
Dès lors, les drames familiaux, s’ils sont bien dus à la rétribution des fautes, ne peuvent être mis sur le compte de Juda : Er (dont le péché n'est pas explicité dans la Bible) et Onan meurent pour avoir répandu leur semence au sol afin de ne pas féconder Tamar[40], Bat Choua pour avoir brisé la promesse de Juda et trouvé une autre épouse pour son troisième fils. D’autres midrashim les expliquent, indépendamment des fautes, par la prédestination : d'une part, « les tribus (c’est-à-dire les frères) s’affairaient à la vente de Joseph, Joseph s’affairait à son sac et son jeûne (en signe de deuil), Ruben s’affairait à son sac et son jeûne, Jacob s’affairait à son sac et son jeûne, et Juda s’affairait à épouser une femme, et le Saint, béni soit-il, s’affairait à créer la lumière du Messie ». Il aurait été décidé de toute éternité que le Messie descendrait de Perets or Juda, mari et père comblé, n'aurait jamais « connu » sa bru[41]. D’autre part, les prénoms des premiers fils de Juda annonceraient leur devenir : Er ferait allusion à ariri (« sans enfant ») et il était voué à mourir sans enfants, Onan évoquerait onen (« affligé ») car il était écrit que Juda s’affligerait sur lui[42].

Comme Juda « monte » à Timna alors que Samson y « descend » (Juges 14:1), des Sages en concluent qu'il y va, contrairement au Juge, dans l'intention de sanctifier le ciel[43]. Le lieu de sa rencontre avec Tamar, Peta'h Einayim, a donné lieu à diverses interprétations : selon celle de Rabbi A'ha, c’est un lieu de prière car tous les yeux — einayim — y sont tournés et Tamar aurait imploré Dieu de retenir Juda auquel la vision de la « prostituée » sur la route n’aurait fait aucun effet[44] Dieu aurait alors dépêché un ange, identifié par un midrash à Michaël, afin de susciter son désir. C'est cet état de désir qui permet d'expliquer que Juda se soit si facilement délesté de symboles qui attestent non seulement de son identité mais également, selon le Midrash, de sa royauté.
Tamar — haute, droite et belle comme la plante dont elle porte le nom (cf. Cantique 7:8)[45] — est, au moment de la rencontre, demeurée vierge puisqu’aucun de ses maris n’a rempli son devoir. Juda ne la reconnaît pas car elle a, selon Rabbi Eléazar, toujours voilé son visage lorsqu’elle vivait chez lui et c’est en raison de cette pudeur que descendront d’elle des rois et des prophètes[46] (selon un autre midrash, c'est parce qu'elle s'est voilée qu'elle a engendré, comme Rebecca, des jumeaux[47]). Afin d’expliquer sa conception dès son premier et unique rapport avec Juda, des rabbins enseignent qu'elle aurait détruit sa virginité en pratiquant la friction[40]. Elle « ouvre les yeux » de Juda (lui fournit des réponses convaincantes), l’assurant qu’il n’enfreint aucun interdit avec elle car elle n’est ni mariée, fût-ce à son insu, ni en période menstruelle[39]. Les opinions sont partagées sur la nature de ses actes : selon Oula, elle se serait bien prostituée[48] mais Rabbi A'ha et d’autres argüent qu’une prostituée ne se serait jamais rendue sur un lieu de prière[44].

La grossesse apparente, Tamar se révèle si soucieuse du bien-être d’autrui qu’elle préfère le bûcher à l’humiliation de Juda en public[49]. Quant à la réaction de ce dernier, elle est à la hauteur du personnage : la Mishna prescrit de lire et traduire le « récit de Tamar » en araméen, la langue du peuple, lors des offices publics au cours desquels on lit la Torah, tandis que celui de Ruben, conté en Genèse 35:22, est lu mais non traduit ; le Talmud élaborant sur ce passage explique que si le récit de Tamar semble porter atteinte à la dignité de Juda, il est en réalité tout à son honneur car il a admis publiquement ses fautes[50], et Rabbi Tarphon enseigne que c’est précisément ce mérite qui vaudra la royauté à Juda et sa descendance[51]. C’est pourquoi le récit de la vente de Joseph, préfigurant en filigrane le premier exil d’Israël, est suivi du récit de Tamar car il annonce la venue du rédempteur, Messie fils de David issu de Perets ben Juda[52].

Dans l’exégèse médiévale[modifier | modifier le code]

Les commentateurs sont partagés sur la tenue des évènements : Rachi, suivant le Midrash dans ses grandes lignes, estime que la séquence des faits suit celle des versets et que Juda, déchu par ses frères, se détourne vers Hira. Abraham ibn Ezra, suivi par le Ralbag, réfute une telle exégèse car l’intervalle de vingt-deux ans est trop court pour que Perets engendre Hetsron et Hamoul ; Genèse 38 précéderait donc Genèse 37 et se placerait entre ce chapitre et le chapitre 39 afin de marquer le contraste entre Juda et Joseph face au désir de posséder une femme. Cependant, la Torah n’aurait émis aucun jugement de valeurs en écrivant la descente de Juda, depuis les montagnes où campe sa famille vers la plaine côtière qui est le cadre géographique du récit.

Thamar dans le christianisme[modifier | modifier le code]

Étant l'aïeule du roi David, Thamar est citée parmi les ancêtres de Jésus dans la généalogie ouvrant l'Évangile selon Matthieu.

Le récit de Juda et Tamar selon l’exégèse critique[modifier | modifier le code]

Le récit de Juda et Tamar, introduisant une rupture littéraire entre le récit de la vente de Joseph et son ascension dans la maison de Potiphar reconnaissable à sa Wiederaufnahme (« reprise ») en Genèse 37:36 et 39:1, indiquerait qu’il s’agit d’un ajout tardif à l'histoire de Joseph[53]. L'analyse des motifs terminologiques du texte démontrerait tant son unité que son inclusion harmonieuse dans le Livre de la Genèse, « quelle qu’ait pu être la préhistoire de ces textes »[54]. Pour Shinan et Zakovitch, la présence de nombreux liens intertextuels de Genèse 38 avec son contexte iniduqerait également l’unité de Genèse 37-50 qui aurait été écrit à la cour d’Ephraïm[9].

Tamar et Juda dans l’art[modifier | modifier le code]

Représentations picturales[modifier | modifier le code]

Juda et Tamar[modifier | modifier le code]

Tamar menée au bûcher[modifier | modifier le code]

Épilogue[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D’après Samet 2003 qui utilise le texte massorétique ; voir aussi (en) William D. Ramey, « Literary Structure of Genesis 38:1-30 »,‎ 1997 (consulté le 20 juin 2014) et (en) Hajime Murai, « Literary structure (chiasm, chiasmus) of Book of Genesis »,‎ 2014 (consulté le 4 juillet 2014) qui proposent d’autres découpages, basés sur la New American Bible, la New Revised Standard Version et la Nouvelle Bible de Jérusalem. A.J. Lambe suggère un découpage suivant les cinq phases classiques de la structure dramatique : équilibre (Genèse 38:1-6), descente (Genèse 38:7-11), déséquilibre (Genèse 38:12a), remontée (Genèse 12b-26), nouvel équilibre (Genèse 27-30) mais W. Warning critique l’artificialité de ce modèle et son manque d’appui sur des considérations terminologiques.
  2. Da’at Mikra sur Bereshit 37-50, p. 76-77
  3. Zakovitch 2005, p. 130-131, suivi par (en) S. Klitsner, « Yehuda, Tamar, and the Brit Bein Habetarim »,‎ 2011 (consulté le 13 juillet 2014)
  4. Samet 2003, Zakovitch et Shinan 1992, p. 207-219 ; sur l’usage du terme ותכס (« elle se couvrit ») dans le verset 38:14 contre ותלבש (« elle se vêtit ») du verset 38:19, voir Huddlestun 2001
  5. Warning 2000
  6. Alexander 1999
  7. Samet 2003, voir aussi Menn 1997
  8. Shinan et Zakovitch 1992, p. 208
  9. a et b Shinan et Zakovitch 2009, p. 133-4
  10. a et b (en) Nehama Leibowitz, « Yehuda and Tamar », sur Lookstein.org (consulté le 11 juin 2014)
  11. Huddlestun 2002
  12. Voir cependant Kugel 2007 qui relativise la portée de ces parallèles
  13. Shinan et Zakovitch 1992, p. 208 & 212
  14. Shinan et Zakovitch 1992, p. 221
  15. (en) Brian Tice, « Genesis 38 - The Judah Material's Function In And Beyond The “Joseph Narrative” », sur Academia.edu,‎ 2008 (consulté le 19 juin 2014)
  16. Rachi sur Genèse 38:15 ; Robinson 1977, Zakovitch et Shinan 1992, p. 213, Huddlestun 2001
  17. Reif 2009, p. 226
  18. a et b (he) Shmuel Klitsner, « liste des références intertextuelles entre Genèse 38, Genèse 15 et I Samuel » (consulté le 11 juin 2014)
  19. (en) Shmuel Klitsner, « Literary Parallels in Bereishit 34-38 and 1 Samuel », sur Thetorah.com (consulté le 11 juin 2014)
  20. Geoghegan 2006, p. 58 ; voir aussi Shinan et Zakovitch 2009, p. 133
  21. Rendsburg 1996
  22. Geoghegan 2006
  23. Shinan et Zakovitch 1992, p. 230-31
  24. Van Wolde 1997, p. 434-437
  25. Zvi Ron 2013
  26. Shinan et Zakovitch 2009, p. 133-142, Segal 2007, p. 59-72
  27. Cf. Da’at Mikra sur Bereshit 37-50, p. 73
  28. Huddlestun 2001
  29. Peut-être du fait de la difficulté à traduire kedesh(a) en grec (Westenholz 1989) ou parce que, contrairement à nombre de traductions bibliques qui rendent kedesha par « prostituée sacrée », les deux termes étaient pratiquement synonymes (Lipiński 2014) ; voir cependant Lambe 1999 qui voit en cette distinction le point de conflit entre l’identité hébraïque de Juda et son assimilation dans la société cananéenne.
  30. Pour une liste des différences entre les versions massorétique et grecque de Genèse 38, voir (he) « Comparaisons entre la version actuelle de Genèse et la version des Septante », sur DaatEmet.org (consulté le 29 juin 2014). Pour leur explication, voir Wevers 1993
  31. Seder Olam Rabba chapitre 2, Seder Olam Zoutta chapitre 4
  32. Bereshit Rabba (éd. Vilna) parashat Vayeshev 85:2
  33. Midrash Tanhouma (édition Buber) Vayeshev 8 & 9, Vayigash 10 ; Midrash Tanhouma (édition Varsovie) 22 ; T.B. Sota 13b ; Targoum pseudo-Jonathan sur Genèse 38:1 ; Aggadat Bereshit (éd. Buber) 61 s.v. vèYossef hourad ; Shemot Rabba 42:3 ; Devarim Rabba (éd. Vilna), parashat Nitzavim 8:4
  34. Bereshit Rabba 85:9
  35. T.B. Sota 10b, Bereshit Rabba 84:11-12 ; selon Umberto Cassuto et Nehama Leibowitz qui le cite, il semblerait que ces parallèles mis en évidence par le Midrash traduisent l’intention réelle de l’auteur du texte — cf. (he) N. Leibowitz, « Maasse Tamar viYhouda - Maasse Tamar oumekhirat Yossef » (consulté le 15 juin 2014)
  36. T.B. Pessahim 50a, Bereshit Rabba 85:4
  37. Vayikra Rabba (éd. Vilna) 2:10, Shir Hashirim Rabba (éd. Vilna) 1 s.v. amar Rabbi Azariya, Pessikta deRav Kahana piska 12 s.v. Rabbi Youda, Eliyahou Rabba (éd. Friedman) 7 s.v. Baroukh Hamakom, Bereshit Rabbati parashat Vayeshev p. 177
  38. Targoum Pseudo-Jonathan sur Genèse 38:6, Bereshit Rabba 85:10, Aggadat Bereshit (éd. Buber) 64:4, Bereshit Rabbati parashat Vayeshev p. 177
  39. a et b T.B. Sota 10a ; cf. Kadari 2009
  40. a et b T.B. Yebamot 34b, Nidda 13a
  41. Aggadat Bereshit (éd. Buber) 64:4 s.v. vayehi baët
  42. Targoum pseudo-Jonathan sur Genèse 38:3-4, Bereshit Rabba 85:5 ; Zakovitch affirme que le jeu de morts sur Er/ariri aurait été voulu par l’auteur de ces versets, sur base des parallélismes entre Genèse 15 et 38
  43. T.J. (éd. Vilna) Sota 1:8, T.B. Sota 10a, Bemidbar Rabba (éd. Vilna) parashat Nasso 9:24
  44. a et b T.J. (éd. Vilna) Ketoubot 13:1 & Sota 1:4, T.B. Sota 10a, Bereshit Rabba (éd. Albeck) 60 s.v. vayomer haeved hou
  45. Midrash Hagadol s.v. Genèse 38:6
  46. T.B. Meguila 10b & Sota 10b
  47. Midrash Tanhouma (éd. Buber) Vayeshev 17, Bereshit Rabba (éd. Theodor-Albeck) parashat Hayye Sarah 60 s.v. vayomer haeved hou
  48. T.B. Nazir 23b
  49. T.B. Berakhot 43b, Baba Metzia 59a, Sota 10b
  50. Mishna Meguila 4:10 & T.B. Meguila 25a-b
  51. Tossefta Berakhot 4:18
  52. Bereshit Rabba 85:1
  53. Christoph Uehlinger, Introduction à l'Ancien Testament, p. 248
  54. Warning 2000

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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