Tama (instrument)

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Un tama

Le tama (sérère[1],[2], wolof, mandingue[2], bambara) gangan, dundun (yoruba), kalangu (hausa, songhaï), odondo (akan), lunna (dagomba), karangou ou kalangou, appelé également « le tambour parlant », est un Instrument de percussion de la famille des membranophones originaire d'Afrique de l'Ouest. Des instruments similaires existent en Inde (huruk) et au Japon (ōtsuzumi).

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans l'histoire du Sénégal et de la Gambie, le tama a été l'un de l'instruments de musique utilisés dans la tradition sérère « woong » (la « danse des futurs circoncis », aussi appelé « xaat » en sérère[1], où il a des connotations religieuses[1]. Dans la tradition xaat, le tama est constitué d'un ensemble de quatre tambours : Perngel, Lamb, Qiin et Tama[3].

« Au chant du coq, le Xaat va se reposer et dormir jusqu'au moment de la circoncision, s'il a été judgé capable de danser le Woong, entouré de quatre tam-tam. Le Perngel, le Lamb, Le Qiin et le Tama[3] ».

Du point de vue historique, le tama (tout comme le junjung sérère), a été battu par les griots des rois sénégambiens lors de circonstances particulières, par exemple quand les souverains voulaient répondre à leurs sujets, ou comme appel aux armes pendant les guerres, ou comme appel au martyr, comme ce fut le cas au chaos de Tahompa[4],[5] et à la bataille de Naoudourou[4], où les Sérères vaincus se suicidèrent plutôt que d'être conquis par les forces musulmanes ou forcés de se soumettre à l'islam[4],[5]. Si le suicide est autorisé dans la religion sérère, il doit cependant satisfaire au « principe de Jom »[6]. Le mot jom signifie « honneur » en sérère[6],[7].

Facture[modifier | modifier le code]

C'est un tambour en sablier en bois de 60 cm de long et 20 cm de diamètre, à double membrane et à tension variable. Les peaux sont maintenues au moyen de cerclages, mais elles sont accordées et tendues au moyen d'un laçage de cordes.

Il vient d'Afrique du nord et fait son apparition au XIe siècle[réf. nécessaire].

Jeu[modifier | modifier le code]

Le son produit par un tama peut être régulé très finement, à tel point que l'on dit qu'il parle. Le joueur de tama place l'instrument sous son aisselle et le frappe avec une baguette courbée de différentes manières en variant la pression sur les cordes qui tendent la peau, provoquant des sons complexes. Cette complexité sonore s'apparente à certaines langues tonales africaines. La richesse de ce mode de communication fut mise en évidence par John F. Carrington (en), un missionnaire anglais ayant appris le kele (en). Il rédigea plusieurs ouvrages sur la question dont Talking drums of Africa en 1949[8].

Le tama est principalement utilisé au Mali, dans la musique Mbalax au Sénégal ainsi qu'au Nigeria. Il est l'un des plus ancien instrument utilisé par les griots.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Gravrand 1990, p. 48-49.
  2. a et b (fr) Instruments du Sénégal sur kassoumay.com
  3. a et b Gravrand 1990, p. 49.
  4. a, b et c Joof 1995 et Gravrand 1990, p. 48-49 et Sarr et Becker 1986-1987, p. 42.
  5. a et b Camara, Alhaji Sait, "Cossani Senegambia" (histoire du Senegambie), in GRTS (Sunu Chossan), (Gambie).
  6. a et b Gravrand 1990, p. 40.
  7. Gravrand 1982.
  8. En français, John F. Carrington, La voix des tambours : comment comprendre le langage tambouriné d'Afrique, Kinshasa, 1974.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]