Takashi Kijima

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Takashi Kijima (杵島 隆, Kijima Takashi?, 1920-2011) est un photographe japonais surtout connu pour ses photos de nus et de fleurs.

Biographie[modifier | modifier le code]

Kijima naît à Calexico[1] en Californie le 24 décembre 1920, fils d'un M. Watanabe[2], fabricant de chaussures immigré en 1905, et son épouse Sei (せい). Le nom de l'enfant en tant que citoyen américain est Ryu Watanabe[3]. En 1924, l'Immigration Act et le sentiment anti-japonais contraignent la famille à retourner au Japon, où elle se sépare : le frère aîné suit son père à Osaka tandis que Takashi vit avec la famille de sa mère à Ōshinotsu (à présent quartier de Yonago), préfecture de Tottori. En 1935, son père lui offre un appareil photo Zeiss Semi Ikonta, ce qui éveille l'intérêt de l'adolescent pour la photographie. Bien qu'il conserve la nationalité américaine à l'époque du sentiment antiaméricain, il se spécialise dans le cinéma à l'université Nihon, dont il est diplômé en 1943. Tandis que son frère aîné enseigne le japonais à l'US Navy et que son père est incarcéré dans un camp de relocalisation en Californie (où il tombe malade et meurt)[4], Kijima rejoint le corps de l'aéronavale dans une unité kamikaze.

À la fin de la guerre, portant le Rolleicord d'un de ses camarades de guerre, Kijima retourne à Yonago et étudie la photographie auprès de Shōji Ueda. Kijima devient un partisan des vues réalistes de Ken Domon, tel qu'il les exprime dans le magazine caméra. Un portrait d'une vieille femme lui vaut les louanges de Domon lors de sa présentation à un concours organisé par Caméra.

Kijima s'installe à Tokyo en 1953, et travaille pour la société Light Publicity. Il remporte des prix pour son travail de publicité avant et après être devenu indépendant en 1956. Ses publicités de 1960 pour Yawata Iron & Steel dans Life remporte un prix de publicité de la part de Life[5]. Il a été appelé « le créateur le plus intense du monde de la photographie commerciale au Japon » pendant les années 1950 et 1960[6].

Depuis 1945, Kijima suit aussi son propre intérêt non commercial en photographiant des nus en plein air en noir et blanc. Sa photographie de femmes nues directement en face de la porte Sakurada du palais impérial au centre de Tokyo très tôt un matin de 1958, provoque une grande panique morale. Son exposition de 1958, intitulée Ra (?), de photographies de nus est la seconde organisée au Japon (la première étant celle de Kira Sugiyama); plus de trente mille personnes viennent la voir[7].

À un moment donné à la fin des années 1950 Kijima et Shōzō Kitadai font la photographie pour un ensemble sans titre, conçu par Kitadai, de quatre livres miniatures (mamebon) de photographies, distribué par Graphic Shūdan (グラフィック集団?), Gurafikku Shūdan); l'utilisation efficace des juxtapositions et du format miniature l'élève au rang de célébrité parmi les albums photos japonais de l'époque[8].

Kijima se tourne progressivement vers la photographie des arts traditionnels japonais et de la nature, en particulier les fleurs, avec des livres entiers consacrés aux cerisiers et aux orchidées. Il se spécialise dans la photographie de kimono et jusque très tard dans sa vie photographe des mannequins pour le magazine Kimono Salon[9].

Ikui décrit les travaux de Kijima comme influencés à la fois par Domon et Ueda (qui est très différent), mais qui trouvent une troisième voie, commerciale dans son essence.

Kijima meurt le 20 février 2011[10].

Albums de Kijima[modifier | modifier le code]

  • Avec Shōzō Kitadai. Ensemble sans titre de quatre livres miniatures (chacun identifié par son seul numéro). [Tokyo]: Graphic Shūdan, fin des années 1950.
  • Kyō no Kankoku: 38dosen no kochira-gawa (今日の韓国:38度線のこちら側?). 1970.
  • Ran (?). Tokyo : Kōdansha, 1975.
  • The Orchid. London: Octopus, 1978. (ISBN 0-7064-0808-X).
  • Zauber der Orchideen. 1980.
  • Yoshitsune Senbonzakura (義経千本桜?) / Keys to the Japanese Mind: Yoshitsune senbonzakura. 4 vols. Tokyo : NHK, 1981. (ISBN 4-14-009070-7).
    • 1. Ukiyoe (浮世絵?).
    • 2. Kabuki: jō (歌舞伎 上?).
    • 3. Kabuki: ge (歌舞伎 下?).
    • 4. Bunraku (文楽?).
  • L'Orchidea. 1983.
  • (With Ichikawa Kumiko) Ran (?). Bunka Shuppankyoku, 1987.
  • Ran (?). Graphic-sha, 1988.
  • (With Ichikawa Kumiko) Ribon to ran (リボンと欄?). 1989.
  • Ran-Hyakkafu (蘭=百花譜) / The Original Orchids. Tokyo: Shōgakukan, 1987. (ISBN 4-09-699331-X). 2e éd. Tokyo : Shōgakukan, 1990. (ISBN 4-09-680511-4).
  • Ran (?) / The Orchid. Tokyo: Gurafikku-sha, 1988. (ISBN 4-7661-0453-6). Avec texte en japonais et en anglais
  • Orchids: Wonders of Nature. London: Salamander, 1988. (ISBN 0-86101-422-7). New York : Mallard, 1989. (ISBN 0-7924-5065-5).
  • Orchidées: Démons et merveilles. Solar, 1988. (ISBN 2-263-01290-7). France Loisirs, 1989. (ISBN 2-7242-4428-1).
  • Orchidee Colori Suggestioni Fascino di un Magico Fiore. Mondadori, 1988. (ISBN 88-374-1020-4).
  • Orchideen. Wunder der Natur. München, Südwest, 1988. (ISBN 3-517-01097-9).
  • Shiki: Shinjuku Gyōen (四季:新宿御苑?). Tokyo: Kōdansha, 1991. (ISBN 4-06-205088-9). Avec texte en japonais et en anglais.
  • Sakura no shiki (桜の四季?). Tokyo: Shōgakukan, 1991. (ISBN 4-09-680512-2).
  • Orquideas, Madrid: Anaya, 1994. (ISBN 84-207-3493-4).
  • Sotsugyō omedetou (卒業おめでとう?). Parco Greeting Books. Tokyo: Parco, 1994. (ISBN 4-89194-364-5).
  • Razō densetsu 1945-1960 (裸像伝説 1945~1960?) / Legend of the Nude, 1945-1960, Tokyo : Shoenshinsha, 1998. (ISBN 4-915125-88-2). Avec textes en japonais et en anglais.
  • (ja) Kijima Takashi ten (杵島隆展?) / Takashi Kijima Yonago, Tottori : Yonago City Museum of Art, 2001. Catalogue d'une importante exposition organisée au musée d'art municipal de Yonago, Contient des photographies sur la carrière de Kijima ainsi que des documents de référence.

Autres livres montrant les travaux de Kijima[modifier | modifier le code]

  • (ja) Ueda Shōji to sono nakama-tachi: 1935-55 (植田正治とその仲間たち:1935~55?), Shōji Ueda and his friends, 1935-55). Yonago, Tottori : musée d'art municipal de Yonago, 1992. Catalogue d'une exposition tenus au musée d'art municipal de Yonago en février-mars 1992, avec des reproductions de travaux de Kijima pp. 99, 110.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (ja) Kijima Takashi ten (杵島隆展?) / Takashi Kijima. Yonago, Tottori : musée d'art municipal de Yonago, 2001. Chronologies, lists of works, etc.
  • (ja) Nihon shashinka jiten (日本写真家事典?) / 328 Outstanding Japanese Photographers. Kyoto: Tankōsha, 2000. (ISBN 4-473-01750-8).
  • Ikui Eikoh. "Takashi Kijima and the Phenomena of Photography." In Razō densetsu / Legend of the Nude. pp. 6, 10.

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (ja) Samples of Kijima's works, hosted by Fujifilm (click on the title of each for a Flash presentation)
  • (ja) Chronology and list of works, hosted by Fujifilm.
  • (ja) Shattā no ochinai niganrefu kara hajimatta jinsei (シャッターの落ちないニ眼レフから始まった人生?). Entretien en deux parties avec Kijima (2001) : first part, second part. Avec quelques petites reproductions de quelques-uns de ses travaux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Kijima Takashi nenpu dans Takashi Kijima ten says (p.158) カレクシコ (karekushiko). Ikui écrit Calixico (p.7), et diverses sources en langue japonaise donnent カリクシコ (karikushiko), ce qui est compatible; Cependant, aucun endroit appelé Calixico n'est connu.
  2. 渡邊近蔵, selon nenpu, qui ne donne pas la lecture de son nom.
  3. Nenpu écrit アメリカ国籍名・渡邊隆(リュウ ワタナベ); la version romanisée en a été déduite.
  4. Father and brother: Ikui, 7.
  5. Nihon shashinka jiten; le nom en anglais du prix n'est pas indiqué.
  6. Ikui, 6.
  7. Nihon shashinka jiten.
  8. Ryūichi Kaneko et Ivan Vartanian, Japanese Photobooks of the 1960s and '70s (New York: Aperture, 2009; ISBN 978-1-59711-094-5), pp. 46, 49.
  9. Dans la série Danryū kimono michi : Teshigoto o tazunete; (檀流きものみち:愛おしい手仕事を訪ねて?), e.g. Kimono Salon été 2007, pp. 136, 39.
  10. (訃報:杵島隆さん90歳=写真家?), Mainichi Shinbun, 20 février 2011. (ja) Consulté le 13 mars 2011.