Revue Takarazuka

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34° 48′ 26″ N 135° 20′ 47″ E / 34.807177, 135.346392 ()

Revue Paris Sette, août 1930

La Revue Takarazuka (宝塚歌劇団, Takarazuka kagekidan?) est une revue ou compagnie de théâtre japonaise composée de femmes non mariées.

La revue est originaire de la ville de Takarazuka dans la préfecture de Hyōgo (région du Kansai), d'où son nom, qui signifie littéralement colline du trésor. Elle se produit à Tokyo au théâtre Takarazuka et à Takarazuka.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Takarazuka, dont la devise est « grâce, beauté et modestie », est une véritable institution au Japon. Elle a été créée en 1914 à Takarazuka, station thermale du Kansai (ouest du Japon), par Ichizo Kobayashi, fondateur de la compagnie privée de chemin de fer Hankyu et d'une société de production et de distribution de films, Tōhō.

La compagnie voulut encourager les gens à employer cette nouvelle ligne. C’est ainsi que, pour attirer la clientèle, une compagnie musicale uniquement composée de femmes a été créée. C’était la toute première au Japon, elle comportait vingt membres au début.

Le temps passant, la troupe a été divisée en trois troupes : fleur, lune et neige. Après ces modestes débuts, la compagnie prit, au fil des années, de l’ampleur. Tant est si bien qu’elle comporte aujourd’hui quatre cents femmes, organisées en cinq groupes principaux : Fleur, Lune, Neige, Etoile (ajoutée en 1933), et Cosmos (créée en 1998), plus un groupe spécial, le Senka ou « cours spécial », composé des vétérans de la troupe.

En 2001, un nouveau groupe a été créé, comme un prolongement des efforts de la compagnie pour se moderniser. Les stars montantes sont alors transférées hors des groupes principaux pour aller dans le nouveau groupe (connu sous le nom de « Nouveau Senka ») et ainsi peuvent apparaître plus souvent et avec différentes troupes.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Les actrices entrent dans la compagnie par l'intermédiaire de l'école de musique qui lui est attachée. Elles passent deux ans à étudier à l'école, dont la discipline stricte est légendaire. En dépit de ceci il y a une concurrence énorme pour entrer dans l'école, seulement 40 nouvelles étudiantes sont sélectionnées chaque année. Il est à noter que, de la même façon que les acteurs du théâtre traditionnel kabuki interprètent les rôles féminins, les actrices du Takarazuka assument les rôles masculins (otokoyaku).

Les rares élues qui continuent travaillent beaucoup pour devenir les têtes d’affiche et tiennent généralement les premiers rôles vers la trentaine. Généralement elles quittent la compagnie dans les trois ans qui suivent. Les actrices qui quittent la revue continuent souvent des carrières très réussies dans le spectacle, le cinéma et la télévision. Les plus connues au Japon sont Amami Yuuki, Maya Miki, Dan Rei. De même, l'interprète originale du personnage d’Oscar de Jarjayes (Yuri Haruna en 1974) apparaît encore régulièrement sur scène aujourd’hui.

Les grandes stars sont les « otokoyaku », celles qui tiennent les rôles masculins et elles ont toutes leur fans club. Chaque troupe compte un duo de stars, composé des actrices qui interprètent les premiers rôles masculins et féminins (musumeyaku) de cette troupe. Les histoires sont le plus souvent des histoires d'amour romantiques. L'assistance technique du Takarazuka est féminine à 90 %.

La revue Takarazuka monte huit nouvelles productions chaque année. Chaque production compte entre 60 et 70 femmes qui apparaissent sur scène, avec des changements fréquents de costumes qui rendent ainsi ces productions très spectaculaires.

La compagnie se produit tout au long de l'année au Grand Théâtre Takarazuka dans la ville de Takarazuka, ainsi qu’au théâtre Takarazuka de Tokyo, situé à côté de l'hôtel impérial au centre de la capitale, où elle affiche des taux de remplissage de près de 100 %. Les deux théâtres ont été complètement reconstruits ces dernières années. Le nouveau Grand Théâtre Takarazuka a ouvert en 1994 et le nouveau Théâtre de Tokyo le 1er janvier 2001. Ils ont également un plus petit théâtre situé à Takarazuka, le Bow Hall.

La compagnie part régulièrement en tournée au Japon. On la retrouve régulièrement durant un mois entier, en août, au théâtre de Hakataza de Fukuoka. La troupe se produit également à l'étranger, comme à Berlin en juin 2000, en Corée du sud en 2005 ou prochainement à Taiwan.

Leurs productions sont diffusées à la télévision au Japon et une chaine de télévision Takarazuka est née en 2002 (la sky stage). La compagnie a également commencé à produire des vidéos de ses spectacles en 1995 et vend aujourd’hui des magazines, vidéos, DVD et les photographies des stars de la troupe. Tous ces produits dérivés sont distribués dans le propre magasin de la troupe situé au sein du théâtre de Takarazuka et baptisé "Quatre Rêves".

Pièces[modifier | modifier le code]

Elle présente les grands succès de Broadway comme Phantom ou Me and my girl, mais également des classiques de la littérature mondiale comme Autant en emporte le vent, Guerre et Paix ou Le Rouge et le Noir. Cependant, c'est la Reine Marie-Antoinette d'Autriche qui a changé à jamais le destin de la revue.

Créée sur scène en 1974, La Rose de Versailles, adaptation du manga de Riyoko Ikeda, a été un tournant dans l'histoire de la revue Takarazuka car la pièce a pour la première fois mis en avant les rôles masculins, selon le critique Atsuro Kawauchi : « Le Takarazuka avait l'habitude de jouer des histoires d'amour classiques qui attiraient à la fois hommes et femmes. Mais les thèmes de ses pièces ont changé depuis La Rose de Versailles qui propose au public non seulement une romance mais aussi de la camaraderie et un certain féminisme », souligne le critique.

Analyse[modifier | modifier le code]

Takarazuka peut être vu comme un équivalent féminin du kabuki, le théâtre japonais masculin traditionnel dans lequel des rôles de femmes sont joués par les hommes, et beaucoup de fans de Takarazuka sont également des admirateurs du kabuki. Un commentaire célèbre sur l'art de l'onnagata (acteur jouant des rôles féminins) dans le kabuki est « le dos d'une femme est juste un dos. Mais le dos d’onnagata est le dos d'une femme ». De même, les interprètes de rôles masculins du Takarazuka y jouent des hommes idéalisés dont rêvent les femmes. Le public est fasciné, car les actrices spécialisées dans les rôles masculins offrent une séduction autre que celle des hommes en chair et en os,ce sont des créatures de rêve fabriquées pour la scène.

Une différence entre le kabuki et le Takarazuka est que les acteurs de kabuki continuent à jouer lorsqu’ils sont vieux, prenant ainsi le statut de « trésor national vivant ». Les actrices de Takarazuka finissent leurs carrières dans leur jeunesse ; la jeunesse et la beauté sont l'essence du Takarazuka.

Chez le Takarazuka les premiers rôles masculins sont des caractères forts et volontaires tandis que les premiers rôles féminins mettent en scène des femmes douces et jolies. Ceci pose un problème quand elles doivent dépeindre des femmes fortes. C'est pourquoi ces rôles sont souvent joués par les interprètes de premiers rôles masculins. Ainsi, dans La Rose de Versailles, le personnage d'Oscar est toujours joué par une interprète de premier rôle masculin. C'est également le cas du rôle de Scarlet O'Hara.

Œuvres citant cette troupe[modifier | modifier le code]

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