Taiseki-ji

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Taiseki-ji
大石寺
Image illustrative de l'article Taiseki-ji
Sanmon du Taiseki-ji
Présentation
Rattachement Nichiren Shōshū,
Début de la construction 1290
Site web www.nichirenshoshu.or.jp/
Géographie
Pays Drapeau du Japon Japon
Commune Fujinomiya
Coordonnées 35° 16′ 56″ N 138° 35′ 09″ E / 35.282107, 138.5858 ()35° 16′ 56″ Nord 138° 35′ 09″ Est / 35.282107, 138.5858 ()  

Géolocalisation sur la carte : Japon

(Voir situation sur carte : Japon)
Taiseki-ji大石寺

Le Taiseki-ji (大石寺 (多宝富士大日蓮華山大石寺), Tahō Fuji Dainichirenge-zan Taiseki-ji?) est le temple de tête (総本山, sōhonzan?) de l'école Nichiren Shōshū de la branche Nichiren du Bouddhisme au Japon. Il est situé sur les pentes inférieures du mont Fuji à Fujinomiya, préfecture de Shizuoka au Japon. Le Taiseki-ji est fondé en 1290 par Nikkō, un des disciples immédiats de Nichiren.

Le Taiseki-ji aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La décoration du fenghuang sur le linteau de l'entrée du temple Mieidō au Taiseki-ji

Le temple de tête du Nichiren Shōshū est le centre administratif de la secte et son abbé en chef (貫主, kanzu?) est en même temps le grand-prêtre (法主, Hossu?) du Nichiren Shōshū. L'actuel grand-prêtre, Nichinyo Hayase (1935–), qui a pris ses fonctions le 16 décembre 2005, est le 68e d'une lignée que le Nichiren Shōshū fait remonter à Nichiren (1222–1282).

Comme c'est le temple de tête du Nichiren Shōshū et qu'il abrite par conséquent le dai-gohonzon, objet ultime de la vénération du Nichiren Shōshū, le Taiseki-ji est visité par les fidèles venus des quatre coins du monde qui viennent en pèlerinage personnel, pour participer à des cérémonies régulières ou à de grands événements tels que des groupes de pèlerinages, à des ateliers d'études ou à de grandes réunions sembles à des rallyes. Le temple, visité par plusieurs centaines de milliers de pèlerins par an, est connu pour plusieurs bâtiments historiques, ses jardins et les vieux cerisiers qui bordent son tatchū (voie principale bordée de temples d'hébergement).

Cérémonies et événements réguliers[modifier | modifier le code]

  • Premier gongyō de l'année (1re janvier)
  • Pèlerinage de Nouvel An (1–4 janvier)
  • Koshi-e (services commémoratifs à la mémoire du deuxième grand-prêtre Nikkō, 6–7 février)
  • Anniversaire de Nichiren (16 février)
  • Printemps Higan-e (20 ou 21 mars)
  • Cérémonie de présentation des trésors (6-7 avril)
  • Ateliers d'études d'été (juin-juillet)
  • Urabon-e (15 août)
  • Gonan-e (commémoration de la persécution de Tatsunokuchi, 12 septembre)
  • Kanshi-e (services commémoratifs et commémoration du 26e grand-prêtre Nichikan, 18–19 septembre)
  • Automne Higan-e (23 septembre)
  • Ushi-e (services commémoratifs et commémoration du 9e grand-prêtre Nichiu, 29 septembre)
  • Mokushi-e (services commémoratifs et commémoration du 3e grand-prêtre Nichimoku, 14–15 novembre)
  • Nichiren Daishōnin Gotai-e (souvent appelé Oeshiki; services commémoratifs et commémoration de la vie et de l'enseignement de Nichiren Daishōnin, 20–21 novembre)

Les événements marqués en gras sont les deux cérémonies les plus importantes de l'année.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation et première période[modifier | modifier le code]

Selon la tradition Nichiren Shōshū, le Taiseki-ji est fondé en 1290 par Nikkō, un disciple de Nichiren, sur une parcelle de terrain appelée Ōishi-ga-hara (大石ケ原?) donnée par le commissaire de district, Nanjō Tokimitsu (1259–1332). Le nom dérive d'une lecture alternative du kanji pour Ōishi (大石), taiseki, et ji (寺), qui signifie « temple ». Tokimitsu est l'un des disciples laïcs de Nichiren et il regarde Nikkō comme son professeur personnel. Tout commence avec un petit temple mais le mouvement s'élargit au fur et à mesure que les disciples de Nikkō érigent des sous-temples. Il y a des phases de croissance supplémentaires au milieu de l'époque d'Edo et dans l'après Seconde Guerre mondiale.

Époque d'Edo[modifier | modifier le code]

Meiji and Showa periods to WWII[modifier | modifier le code]

Éminents grands prêtres[modifier | modifier le code]

  • 9e grand-prêtre Nichiu
  • 26e grand-prêtre Nichikan
  • 59e grand-prêtre Nichiko
  • 66e grand-prêtre Nittatsu
  • 67e grand-prêtre Nikke
  • 68e grand-prêtre Nichinyo (actuel)

Bâtiments[modifier | modifier le code]

Le mutsubo.

Sanmon[modifier | modifier le code]

Le sanmon, (écrit 三門, parfois 山門), qui est la « porte d'accès » du Taiseki-ji, est désigné patrimoine culturel de la préfecture de Shizuoka. Il est construit en 1717 avec les dons de Tenneiin, femme de Tokugawa Ienobu, le sixième shogun.

Mutsubo[modifier | modifier le code]

Le premier Mutsubo (六壷) est construit en 1290, ce qui en fait historiquement le premier bâtiment du Taiseki-ji. Il a été reconstruit plusieurs fois depuis. La structure actuelle, qui utilise beaucoup de cœur de bois keyaki, a été achevée en 1988.

Bâtiment de réception[modifier | modifier le code]

Le grand bâtiment de réception

Le daikyakuden (大客殿: Grand bâtiment de réception) est construit en 1465. L'actuel bâtiment, une structure à charpente d'acier entièrement revêtue de bois, achevé en 1998, remplace un précédent bâtiment en béton armé de 1964. La structure précédente, construite et offerte par la Sōka Gakkai, a été remplacée officiellement en raison des inquiétudes concernant l'intégrité structurelle en cas de tremblement de terre majeur. La prêtrise a également évoqué sa masse imposante en béton armé comme inconciliable avec la tonalité architecturale appropriée pour un complexe de temple. Un bâtiment d'avant-guerre, réquisitionné par l'armée, avait été détruit en juin 1945 par un incendie dans lequel avait péri Nikkyō, le 62e grand-prêtre.

Le grand bâtiment de réception est l'endroit où a lieu le ushitora gongyō (it), un service de prière effectué quotidiennement à la transition de l'« heure du bœuf » (ushi) à l'« heure du tigre » (tora). Le service commence à environ 02:30am et se termine environ une heure plus tard. Cela est censé marquer le passage de l'obscurité à la lumière, ainsi que l'heure à laquelle tous les bouddhas atteignent l'illumination. Le service est habituellement présidé par le grand-prêtre ou son représentant. Au cours de la récitation du daimoku, avant la cinquième prière silencieuse, le Nam Myoho Renge-Kyo est scandé par deux tambours placés aux coins opposés de la salle.

Après la cinquième prière silencieuse, le grand-prêtre se déplace vers un autel spécial, situé au nord, dans la direction du dai-gohonzon, et répète une prière supplémentaire dans cette direction.

Pendant le service, le prêtre officiant est assis à l'avant de la salle, à gauche et en face de la congrégation des prêtres et des laïcs rassemblés devant l'autel. Cela signifie qu'il est directeur de la congrégation pour le gohonzon afin qu'ils puissent atteindre l'illumination. L'objet du service est, entre autres, de prier pour la propagation du Nichiren Shōshū à travers le monde et ainsi ramener la paix et la prospérité pour toute l'humanité.

Dans le grand bâtiment de réception se trouvent deux statues grandeur nature (les seules représentations de Nichiren et Nikkō permise par le Nichiren Shōshū), placées à côté du gohonzon composé par le troisième grand-prêtre Nichimoku. Il est ainsi admis que les trois premiers fondateurs du Nichiren Shōshū sont réunis pour la cérémonie.

Miei-dō[modifier | modifier le code]

Le miei-dō original (御影堂 : salle de l'image) est construit en 1522. Le miei-dō abrite une image de Nichiren (d'où son nom) datant de 1388. L'actuelle structure classique est construite en 1632 et connaît plusieurs rénovations ultérieures, dont la plus récente et importante date de 1971. Il est désigné patrimoine culturel de la préfecture de Shizuoka en 1971. Il fait actuellement l'objet d'une rénovation majeure qui inclut un démontage total, le remplacement des éléments de structure inutilisables et le remontage. Ce chantier devrait prendre plusieurs années.

Hōan-dō[modifier | modifier le code]

The Hōan-dō (奉安堂: hōan la une forme honorifique d'un verbe qui signifie « consacrer » ou « placer dans un autel »; est le mot japonais désignant un grand bâtiment) abrite le dai-gohonzon, l'objet suprême de vénération pour le Nichiren Shōshū.

Le hōan-dō est construit dans le style d'un entrepôt traditionnel japonais pour signifier que le kōsen rufu (広 宣 流 布) n'a pas encore été atteint. Librement défini, le kōsen rufu signifie que la croyance du Nichiren Shōshū est devenu la principale religion des peuples du monde. Ceci est important pour les fidèles du Nichiren Shōshū parce qu'ils croient que, selon la volonté de Nichiren, le dai-gohonzon ne doit pas être rendu accessible au public, mais plutôt mis de côté quelque part et n'être consultable que par ceux qui ont demandé et obtenu une audience par le grand-prêtre, jusqu'à ce que le kōsen rufu ai été atteint. Un symbole supplémentaire de cette croyance est qu'à la différence de tous les autres autels du Nichiren Shōshū, celui du hōan-dō n'est pas décoré avec une offrande de plantes vertes et les non-croyants sont admis dans le bâtiment seulement lors d'occasions spéciales.

De nombreux vestiges du Taiseki-ji vieux de 750 ans d'histoire sont conservés dans la maison du trésor

Le hōan-dō remplace le shōhon-dō (正本堂 : vrai bâtiment principal), l'ancien emplacement du dai-gohonzon. Avant que le shōhon-dō soit achevé en 1972, le dai-gohonzon était conservé enfermé dans un entrepôt appelé la maison du trésor (御宝蔵: Gohōzō) ou consacré dans le hōanden (奉安殿), autre structure de type entrepôt construite derrière la maison du trésor[1].

Maison du trésor[modifier | modifier le code]

La maison du trésor n'est ouverte qu'aux fidèles. À l'intérieur s'y trouvent des parchemins et des peintures importants pour cette secte du Bouddhisme de Nichiren, ainsi que des informations au sujet de la religion et de son histoire. Une modeste exposition présente des objets culturels provenant de pays où la secte a attiré des convertis.

Pagode[modifier | modifier le code]

La pagode à quatre étages du Taiseki-ji

Achevée en 1749, la pagode du Taiseki-ji fait face à l'ouest plutôt qu'au sud comme il est accoutumé pour signifier que le bouddhisme de Nichiren se propage de l'est (le Japon) à l'ouest (retour à la terre de Sakyamuni Bouddha et au-delà). Elle est la plus grande pagode à quatre étages le long du Tōkaidō, route principale historique le long de la côte est du Japon à partir d'Edo (aujourd'hui Tokyo) vers Kyoto. L'édifice, désigné trésor national en 1966, est ouvert tous les 16 février pour des cérémonies célébrant l'anniversaire de Nichiren.

Shōhon-dō[modifier | modifier le code]

Le shōhon-dō était le bâtiment principal du Taiseki-ji, de 1972 jusqu'à sa démolition en 1998. Il avait été construit pour abriter le dai-gohonzon, bloc de bois gravé (mandala), qui est le véritable objet de culte du Nichiren Shōshū.

Le shōhon-dō était considéré comme un important ouvrage de l'architecture japonaise d'après-guerre, remarquable pour l'envergure de son vaste toit non supporté. La construction dushōhon-dō a été financée en grande partie par les dons personnels des croyants laïcs du Nichiren Shōshū. On estime les fonds levés à 35,536,000,000 ¥, dont 35,064,300,000 ¥ des membres du Sōka Gakkai, 313,820,000 ¥ des membres du Hokkekō et 157,870,000 des prêtres et de leur famille[2].

La raison donnée pour sa démolition était que le bâtiment était structurellement défectueux pour cette zone de secousses telluriques. Daisaku Ikeda, président de la SGI (Sōka Gakkai Internationale), soutient que le shōhon-dō a été construit exclusivement par ses efforts personnels et ceux des membres de la SGI. Le Nichiren Shōshū admet que sa démolition du shōhon-dō était une extension de la querelle doctrinale entre elle et la Soka Gakkai[3]. Nikken Shōnin, alors grand-prêtre du Nichiren Shōshū, décide de remplacer le shōhon-dō par le hōan-dō.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

Nichiren Shōshū nyūmon (日蓮正宗入門: Introduction to Nichiren Shoshu), Taiseki-ji, 2002

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le shōhon-dō a été en grande partie construit à la demande de la Soka Gakkai, mais le Nichiren Shōshū a dépouillé la Soka Gakkai de son statut d'organisation laïque en 1991 et plus tard a déterminé qu'une structure construite par une organisation devenue hérétique n'était plus adaptée pour l'hébergement du dai-gohonzon : aux yeux de la prêtrise, la Soka Gakkai avait prouvé par ses actes que sa motivation pour la construction du shōhon-dō était impure et donc le Nichiren Shōshū a démoli le shōhon-dō. Dans ce contexte, le Nichiren Shōshū concède volontiers que sa démolition du shōhon-dō était une extension de la querelle doctrinale entre elle et la Soka Gakkai (Soka Gakkai en e no Kyohon shakubuku [texte pour réfuter de fausses déclarations de la Soka Gakkai à ses membres], Takisekiji, 2004 . p. 330-331). Il est à noter qu'il y a eu des frictions sur le nom du bâtiment dès le début de sa construction parce que beaucoup de prêtres du Nichiren Shōshū estimaient qu'étant donné que le kōsen rufu n'avait pas encore été atteint, il était trop tôt pour dresser le « vrai grand bâtiment » du Taiseki-ji (Ibid, p. 74-75). Le Taisekiji a traditionnellement considéré le miei-dō (voir ci-dessus) comme le hon-dō (bâtiment principal) du temple, mais seulement à titre provisoire jusqu'à ce que le kōsen rufu soit atteint, lorsque le bâtiment abritant le dai-gohonzon prendrait la relève. Notez que presque tous les temples, quelle que soit l'école, ont un bâtiment ou une section d'un bâtiment considéré comme leur hon-do, qui est généralement celle où se déroulent la plupart de leurs cérémonies importantes.
  2. Corrigendum in Dai-Nichiren, juillet 1991. Publié par le Nichiren Shōshū.
  3. Sōka Gakkai-in e no shakubuku kyōhon (Texte pour réfuter de fausses déclarations Soka Gakkai à ses membres), Taisekiji, 2004. pp. 330– 331.