Taintrux

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Taintrux
Taintrux, vu de la Pierre de Laitre
Taintrux, vu de la Pierre de Laitre
Blason de Taintrux
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Vosges
Arrondissement Saint-Dié-des-Vosges
Canton Saint-Dié-des-Vosges-Ouest
Intercommunalité Communauté de communes des Vallées de la Haute Meurthe
Maire
Mandat
Jean-Luc Dieudonné
2014-2020
Code postal 88100
Code commune 88463
Démographie
Gentilé Taintrusien(ne)s
Population
municipale
1 573 hab. (2011)
Densité 50 hab./km2
Population
aire urbaine
45 708 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 15′ 01″ N 6° 54′ 10″ E / 48.2502777778, 6.90277777778 ()48° 15′ 01″ Nord 6° 54′ 10″ Est / 48.2502777778, 6.90277777778 ()  
Altitude 395 m (min. : 344 m) (max. : 760 m)
Superficie 31,69 km2
Localisation

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Taintrux

Taintrux est une commune française située dans le département des Vosges en région Lorraine.

Ses habitants étaient appelés les notis brôves gens dè Tïnctru[1]. Depuis le scrutin communal et populaire du 7 juin 2009, ouvert à tous les habitants, enfants compris, les habitants sont désormais appelés les Taintrusiens.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Taintrux est l'une des plus vastes du département, où les forêts de sapins et de pins sylvestres dominent. Elle est arrosée par le Taintroué, petit affluent rive gauche de la Meurthe. Le point bas se situe au nord dans l'ancienne prairie du Taintroué, près du hameau de Chaumont, à l'altitude de 344 m. Le point culminant est à l'est, à 760 m, près de la Roche d'Anozel.

L'habitat est très dispersé, il était composé d'une constellation très lâche de hameaux selon la tradition d'habiter de la montagne vosgienne. Beaucoup ont disparu, mais certains ayant maintenu une croissance, tels Rougiville et Chevry, concurrencent le Centre où sont implantées la mairie et l'église. C'est également sur le territoire de la commune que naît la Mortagne qui se dirige vers Brouvelieures, puis arrose Rambervillers.

Taintrux est située à 8 km de Saint-Dié-des-Vosges, à 5 km de Saulcy-sur-Meurthe par le col d'Anozel (450 m) et à 11 km de Corcieux par le col de Vanémont (519 m).

Communes limitrophes de Taintrux
Les Rouges-Eaux Saint-Dié-des-Vosges
Bois-de-Champ Taintrux Saulcy-sur-Meurthe
La Houssière Saint-Léonard

Hameaux[modifier | modifier le code]

Le hameau de Rougiville est situé entre la rive gauche du ruisseau le Taintroué et les premiers contreforts du col du Haut Jacques (606 m), le hameau de Rougiville est le plus important de la commune de Taintrux. Traversé par la RD 31, Rougiville compte notamment la scierie Mandray (lieu-dit Les trois Scieries), spécialisée dans le sciage de résineux, l'école maternelle et l'auberge du Haut Meix, ainsi qu'une voie de pierre, peut-être antique, la reliant directement au sommet du col du Haut Jacques.

Le hameau de Chevry est

Toponymie[modifier | modifier le code]

Taintrux ne désigne pas une localité géographique précise, mais un ensemble géographique qui a laissé ensuite son nom à un espace plus vaste sous tutelle politique. L'ancien français Taintru, Teintrux ou le latin médiéval Tinctus rivus selon Dom Calmet font probablement référence à une assemblée d'habitants ou à un ancien ban. Une approche triviale peut confondre cet espace avec le bassin versant du modeste Taintroué, limité à sa haute vallée.

Consultons les archives capitulaires de Saint-Dié pour montrer l'évolution du toponyme. Les graphies sont : Teintruth vers 1050, Tentrini en 1188, Tentru en 1380, Taintrux en 1398, Tentrui en 1420.

Taintrux signifierait selon une interprétation érudite « ruisseau teint », le grès donnant une belle couleur rose-rouge au Taintroué lors des pluies. Selon d'autres historiens, le rouge évoque plutôt une limite à ne pas franchir, un terme ou rubrique instaurant l’exclusion officielle des malades lépreux qui hantaient jadis les hauteurs voisines des bois de Mortagne et de La Madeleine. Enfin, une interprétation plus mythologique prend en compte l'extraordinaire continuité de l'homme depuis le Néolithique final dans ces parages montueux. Elle relève la similarité entre pictus - peint à l'huile - et tinctus - teint à l'eau -, qualificatifs qui révèlent les dessins corporelles des peuplades non indo-européennes, donc les plus anciennes d'Europe, qu'elles soient d'Écosse (Pictes), d'Etrurie (Tusci) ou de l'Ouest de la France (Poitou jusqu'à la grande Vasconie).

Le paysage a longtemps été très différent de ce qu'il est devenu au siècle dernier. En témoignent la multiplicité de petits troupeaux de chèvres à la Belle Époque, qui broutaient dans les talus, dans les rapailles ou sur les chaumes, exigeant une mise en défense radicale des grands bois ou des nouveaux hagis. La commune était aussi plus peuplée au XIXe siècle.

La toponymie la plus ancienne semble prouver que le Kemberg, les bois de Mortagne, le massif de la Madeleine ainsi que le bois de Champ et les terres qualifiées à son voisinage de « menant à des espaces marécageux ou des prairies humides » ou Anould, ne formaient qu'un seul grand massif peuplé, appelé Agne. Ses habitants dispersés auraient été astreints à un simple tribut annuel, à l'origine du nom générique et communément retrouvé par ses variantes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les hauteurs méridionales de l'actuelle commune de Taintrux présentent un intérêt stratégique d'observation et de signalisation à l'époque antique et médiévale. Le site de hauteur du Chazeté *, proche du Noirmont, est occupé à l'époque du Hallstatt final. Son autre appellation, Chastel, témoignerait de son usage gallo-romain (castellum), puis au moins dans les premiers temps médiévaux (petit château).

L'ancien ban de Taintrux, au sud-ouest de la petite ville de Saint-Dié fondée au XIIIe siècle, est constitué d'une constellation d'hameaux. Elle provient d'un morceau découpé sur le grand ban Saint Dié, séparé probablement vers le IXe siècle. La mainmise ducale s'est opérée au XIe siècle à Taintrux comme dans l'ensemble de l'ancien val de Galilée, imposant partout un ban le Duc bien plus vaste que les reliquats du ban saint Dié. Mais la maison de Parroye, originaire de la contrée de Lunéville, qui a fourni les premiers officiers ducaux s'impose alors dans la direction des différentes mairies, dont celle de Taintrux, et cumule les prérogatives administrative étendues.

Le château de Taintrux est alors le chef-lieu d'une vaste terre auquel est imposée une juridiction supérieure, le buffet. En 1188, le grand prévôt Mathieu de triste mémoire en a la charge. Elle comprend les mairies de Taintrux, Laveline, Fraize et Ban-de-Sapt. Les revenus de la seigneurie fiscale reviennent au voué de Galilée (appellation latine du cloître pour désigner le chapître de Saint-Dié) et de Moyenmoutier. Il est souvent l'apanage des enfants du duc de Lorraine, ainsi Mathieu, fils de Thiébaut II, le reçoit sa vie durant. Pourtant, les historiens s'interrogent sur la localisation de ce vieux château-fort, comprenant quatre tours et un pont-levis. Est-il sur la montagne du Chastel ou au hameau de la Bourse ? Il existait aussi une maison, jouxtant une ferme, qui faisait office de chambre de la justice tous les lundis en présence des seigneurs-justiciers (ou de leurs officiers ou représentants). La justice tenue était d'ailleurs appliquée à proximité de la chambre où s'élevait un gibet et un poteau de carcan, visible de loin.

La vallée de Taintrux a longtemps été à l'écart des grands chemins routiers, qui empruntaient les rebords de la vallée de la Meurthe, voire les hauts d'Anould plus au sud pour contourner le grand massif d'Agne et rejoindre la vallée du Neuné, Saint-Jacques du Stat et Champ. La voie ferrée Saint-Dié-Bruyères du XIXe siècle reprend grosso modo cette vieille route pratique.

La vallée du Taintroué dans son ensemble a évolué avec trois forces politiques génératrices de faciès économiques, parfois antagonistes :

  • Au nord et au nord-ouest, la forêt résiduelle d'Agne fait partie à l'origine du ban d'Etival, mais c'est alors un espace marginal et forestier réservé aux lépreux. C'est pourquoi le massif de la Madeleine est gérée dès le XIVe siècle par l'hospital de Saint-Dié, sous la responsabilité du chanoine doyen du chapitre de la collégiale. Usant ou abusant d'ententes ou d'accords avec le pouvoir régalien et religieux, les puissantes familles ont accaparé les bois de Mortagne, en y chassant souvent les habitants, qu'ils soient d'origine lépreuse ou réfugiés d'ailleurs. Accrochés aux premiers reliefs, les réfugiés ont toutefois pu investir dans des cultures productives, telles que la vigne à Rougiville, avec l'accord intéressé des autorités religieuses.
  • Les communautés paysannes ont mieux résisté sur les plateaux et les basses au cœur de l'actuelle commune de Taintrux, qui apparaît comme une antique et précoce clairière de la forêt d'Agne. L'élevage sous des formes souvent modestes et l'agriculture sont attestés de haute antiquité. Le paysage né de cette activité agro-pastorale devait être singulièrement dénudé par contraste avec les cantons forestiers voisins.
  • À l'est et au sud-est, le col d'Anozel et le Kemberg accueillaient une activité minière très ancienne, en particulier productrice de cuivre. La gestion efficace, parfois sans scrupule puisque les ouvriers mineurs étaient souvent des esclaves bagnards et prisonniers de guerre aux temps mérovingiens, carolingiens et othoniens, des autorités minières a favorisé l'extension forestière, de manière à disposer à peu de frais de charbon de bois et surtout de combustibles. Il est toutefois certain que les besoins importants ont été à l'origine de plusieurs dévastations des grands bois proches.

Véritable conservatoire des us et coutumes des civilisations les plus anciennes, elle s'impose très tôt en chef-lieu de ban, attirant l'installation de différentes mairies pour y capter les revenus et redevances. En conséquences d'héritages et de restructurations financières, ce dernier ensemble de mairies repris par l'autorité ducale et capitulaire a fusionné avec celle de Robache à la fin du XIVe siècle.

Les ruines du château en 1831

La grande seigneurie de type féodale apparaît aussi tardivement, comme un fruit du jeu financier et politique typique du XIVe siècle. À son origine, le duc de Lorraine Ferry IV récompense en 1315 dans son testament son écuyer et vassal Aubert de Parroye avec les terres de Taintrux, Fraize, Ceffalt et Benaismenil, comprenant les biens et appartenance des mêmes lieux. Notons que le père d'Aubert de Parroye avait vendu au duc Ferry III, aïeul de Ferry IV une grande partie des biens cités, dépendant en ce qui concerne les terres sur le ban le Duc de la mairie de Taintrux. Il semble que les prêts généreux du fils au duc à court d'argent lui valent un retour en grâce et cette grande seigneurie que la maison de Parroye conserve au cours des siècles, puis transmet en 1664 à l'époque moderne à la maison cousine de Créhange.

Le ban de Taintrux reste sous l'autorité spirituelle du chapitre de Saint-Dié et de son grand prévôt. Après le XIIIe siècle, la paroisse saint Georges qui pérennise cet espace sur le plan religieux appartient à la collation du vénérable chanoine doyen du chapitre de Saint-Dié. Il faut noter que l'église dépend de la juridiction spirituelle du grand prévôt, qui exige quatre sous pour le benedicte, trois sous huit deniers pour les menues dîmes. Le doyen représente en premier lieu son chapitre qui, par l'intermédiaire de son sonrier, se réserve les dîmes. En 1398, elle s'élève à 28 muids de blé et 7 réseaux 1 bichet de fève. En 1467, à 31 muids de blé et 1 résal de fève.

Le chapitre de Saint-Dié se place aussi parmi les multiples seigneurs de Taintrux. Il a installé une mairie sur le ban, les revenus semblent modestes car le prévôt en perçoit seulement six sous de déodatiens (ou sous de saint-Dié) en 1188. Plus tard, les redevances sont mélées à celle de Robache par suite de la fusion des mairies. Les revenus capitulaires du ban de Taintrux sont semblables en nature et services à ceux de Mandray et de Provenchères. Mais le nombre et la richesse des possessions capitulaires diffèrent : Mandray apporte bien plus que Provenchères, alors que Taintrux apporte un revenu moyen. Les paiement des cens s'opère à la Saint-Jean. Le chapitre possède de si longtemps qu'il n'est mémoire de communauté un bel espace convoité, le bois de la Bourse. En 1479, un jugement du lieutenant du bailliage de Nancy, concernant à l'origine les abus d'habitants qui y font une folle pâture en profit de leurs porcs, révèle les pariages forcés imposés par les seigneurs de Taintrux, notamment les seigneurs de Parroye et Charles de Haraucourt (AD88, G790).

À l'époque moderne et sans doute aussi à l'époque médiévale, ville du Pré est le chef-lieu du ban. Sans doute bien modeste à l'origine puisqu'il signifie une maison en pierre, centre d'un petit domaine, au milieu d'un pré ou de la prairie irriguée. La gestion administrative a donné naissance à un village et à plusieurs censes, c'est-à-dire terres en acensement. Le droit de village englobe les principaux hameaux ou finages : Chevry, Le Paire, La Fosse, Rougiville, Ville du pré, Xainfaing. Les censes encore répertoriées au XVIIIe siècle sont, d'après Dom Calmet :

  • les quatre censes à la Basse de la Rougeiau (soit à la vallée près des Rouges-Eaux)
  • les deux censes proches de Saint-Dié, La Ménantille et Charmont.

La justice et les forces militaro-policières de l'époque moderne n'ont plus de présence permanente à Taintrux. En 1594, les villages et censes dépendent de la prévôté et de la châtellenie de Saint-Dié. En 1634, le curé de Taintrux obtient de bénéficier d'une part plus conséquente de la dîme, à l'origine collectée au seul profit du chapitre. Rappelons que le prêtre faisant fonction de curé précaire n'avait souvent ni le titre ni les revenus de cette charge prestigieuse. Les difficultés économiques du moment nécessitent cet accord délicat.

Comme de nombreux villages suffisamment proches des voies de passage de la soldatesque, Taintrux est régulièrement ravagée par des bandes de pillards et de déserteurs après 1635 et bien au-delà de la guerre de Trente Ans. Les habitants se réfugient à la lisière des massifs forestiers. Mais disettes et épidémies, notamment pesteuses, causent bien plus de victimes. Après cette terrible guerre, l'économie redémarre très lentement, l'activité minière périclite et disparaît. La noblesse qui aurait pu investir dans l'économie moribonde réside souvent insouciante au loin. Nous connaissons une lettre au duc de Lorraine, rédigée le 10 juillet 1664 par François-Ernest, comte de Créhange, seigneur de Château-Brehain. Il remercie le souverain lorrain pour l'octroi de la chatellenie de Saint-Dié ainsi que la châtellenie d'Einville, dont il a hérité le quart de feue la maison de Parroye. Son cousin quelques années plus tard rédige de même en réponse à son investiture de charge une belle missive.

Avant le XVIIIe siècle, l'essor démographique est reparti. En 1693, Pierre de Cogney devient seigneur de Taintrux, il transmet son patrimoine à François de Cogney qui meurt en 1729 à Taintrux. S'y est construit à son chef-lieu, Ville du Pré le grand château que son héritier Renaud de Metz, le très riche seigneur de Taintrux, habite parfois en saison. Le titre est devenue une baronnie. La grande seigneurie échoit à la maison Bazelaire de Lesseux, qui comptent d'anciens officiers des forêts ducales. Son premier représentant Florent-Joseph Bazelaire, seigneur du comté de Lesseux, est aussi le premier représentant de la subdélégation de Saint-Dié, autrement le chef local des services administratifs français. Il meurt le 15 août 1740.

Le ban dépendant du bailliage de Saint-Dié, du doyenné de Salm et du diocèse de Toul, possède trois moulins et trois scieries actives, selon Dom Calmet. En principe, chaque canton forestier possède une scierie, mais pas toujours en fonction.

En 1790, Taintrux fait partie du canton de Saint-Léonard dans le district de Saint-Dié. Le rattachement s'explique par la présence d'une route vicinal au chef-lieu de canton. La commune se développe surtout après les années révolutionnaires et impériales.

Taintrux en 1915

En 1845, elle est proche d'un apogée démographique. Le service fiscal recense 394 maisons, 530 ménages, 202 électeurs censitaires. La surface agricole compte 3159 ha, soit 1125 ha en champs cultivés, 397 ha de prés ou prairies, 1552 ha de bois et forêts domaniales et 11 ha de jardins et chenevières. Trois moulins à grains, cinq scieries, une fabrique de galoches s'activent avec l'eau du Taintroué ou de ses affluents. La petite rivière est d'ailleurs aménagée et flottable. Le commerce de planches, de bois de chauffage et d'œuvre sont ses principales ressources, avec le bétail et la pomme de terre. Les hameaux, à savoir La Basse Fosse, La Bourse, Chevry, La Haute-Fosse, Les Mauvais-Champs, Le Paire, Richardville, Les Rouges-Eaux, Rougeiville, La Ville-du-Pré et Xainfaing sont remplis d'enfants. Il ne faut oublier les censes : Les Journaux, La Molière, Le Plat-du-Chêne, les Riviers. La statistique signale en outre deux grandes fermes isolées : Chaumont et Grandrupt.

Des combats violents s'y cristallisèrent en août et septembre 1914 après que Saint-Dié eut été occupée. Les militaires des deux camps réquisitionnèrent et dévorèrent force capridés domestiques. Les stigmates des combats de fin août-début septembre ou parfois ceux des entraînements routiniers étaient autrefois très visibles dans les environs de Rougiville ou au col d'Anozel. C'est en ce dernier endroit qu'une stèle commémore le premier rabbin aumônier mort pour la France, Abraham Bloch.

Le maquis de Taintrux se révolta en juin 1944 à l'instar de celui de Corcieux. La répression fut sanglante : plusieurs maquisards furent fusillés dont le fils du maire de l'époque.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Le Centre : église et mairie
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1956 1961 Bataille   Agriculteur
    Michel Poirel (1923-2013)    
1989 2008 Marcel Bataille   Clerc de notaire
2008 2014 Bernard Saint-Dizier   Clerc de notaire
mars 2014 en cours Jean-Luc Dieudonné Aucune Retraité ancien chef de produit

La commune est membre de la communauté de communes des Hauts Champs.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 573 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
1 237 1 334 1 632 1 869 1 867 1 950 2 034 2 065 1 973
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 984 2 079 2 069 2 062 1 970 1 865 1 841 1 766 1 717
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
1 643 1 641 1 472 1 423 1 303 1 268 978 931 867
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 - -
863 1 056 1 383 1 384 1 367 1 553 1 573 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église et monument
  • Massif montagneux couvert de résineux et parsemé de roches gréseuses aux formes originales : Pierre de Laitre, dont la roche sommitale, ou pierre, tire son nom d'un vieux cimetière ou aître en ancien français, probablement au pied du monticule.
  • L'ancien château de Taintrux était signalé ruiné au XVIIe siècle. Il a vraisemblablement subi les pillages de la Guerre de Trente ans.
  • L'église Saint-Georges.
  • L'orgue Jean-Nicolas III Jeanpierre (1848) de l'église Saint-Georges[4], [5], restauré en 2005 par Jean-Christian Guerrier.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
Écartelé au 1° d’or au château donjonné de sable ajouré et ouvert du champ, au 2° d’azur à trois quintefeuilles d’argent percées du champ, au 3° d’azur à trois macles d’argent, au 4° d’or à trois têtes de lion arrachées et lampassées de gueules ; sur le tout un filet en croix de gueules bordé d’argent.
Commentaires : Le château de Taintrux était le chef-lieu d’une seigneurie très ancienne des Vosges. Les trois autres quartiers évoquent les armes de Pierre Cogney, seigneur du lieu, et de son épouse Elisabeth Reboursel. Le filet en croix de gueules bordé d’argent figure la croix de saint George, du patron de la paroisse[6]. Le blason a été créé en 2001 par Bernard Deforche.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Statistiques des Vosges pour le XIXe siècle.
  • Paul Boudet, Le chapitre de Saint-Dié (en particulier pages 137-138)
  • Dom Calmet, Notices sur la Lorraine, article Taintrux
  • Pierre-Marie David, « Le Chazeté ou Chastel de Taintrux - La redécouverte d'un site archéologique ? », Rencontres Transvosgiennes - 2011 - Actes de la XIXe journée d'études transvosgiennes - Le Donon - 24 octobre 2009
  • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen âge en France, Strasbourg, Editions Publitotal,‎ 4ème trimestre 1979, 1287 p. (ISBN 2-86535-070-3)
    Taintrux, p. 1156

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. soient « nos braves gens de Taintrux » en dialecte montagnard ancien-français.
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  4. (fr) Site sur les orgues du Département des Vosges : Page sur la reconstruction de l'orgue de l'église de Taintrux
  5. Association d’Étude pour la Coordination des Activités Musicales (ASSECARM), Orgues Lorraine Vosges, Metz, Éditions Serpenoise,‎ 1991, 677 p. (ISBN 2-87692-093-X), p. 585 à 590
    Présentation des orgues de l’église Saint-Georges à Tantrux
  6. Site des cercles généalogiques lorrains