Taiji Kase

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Contexte général
Sport Karaté
Biographie
Nationalité sportive Drapeau du Japon Japon
Naissance 9 février 1929
Lieu de naissance Chiba Drapeau du Japon Japon
Décès 24 novembre 2004 (à 75 ans)
Lieu de décès Clamart Drapeau de la France France

Sensei Taïji Kase, 9e dan[1] de Karate Do Shotokan (1929-2004).

Biographie[modifier | modifier le code]

Sensei Taïji Kase est né le 9 février 1929 à Tokyo et passe son enfance à Nakayama Chiba[2]. Dès l’âge de 5 ans il pratique le judo assidûment, comme son frère et son père qui est 5e dan. Il est lui-même 3e dan en 1944 et s’initie à l’aïkido. En février 1944, il a 15 ans quand il découvre le livre « Karate Do kyohan » de Gichin Funakoshi (1868 - 1957) et décide de se rendre au Honbu Dojo Shotokan où le fils de Gichin Funakoshi, Yoshitaka, l’accepte malgré son jeune âge, après une longue discussion sur le Budo. En mars 1945 il est formé à l’école de la Marine – Kaigun heiwa gakko - dans le camp des pilotes Kamikazes. Il n’y restera que six mois, jusqu’à la fin de la guerre, et l'armistice sera signée avant qu'il puisse effectuer sa mission suicide[2]. En septembre 1945 il entre à l’université Senshu - département économie - d’où il sortira diplômé en mars 1951. Il y est capitaine de l’équipe de karaté-Do, ce qui lui permet de pratiquer intensément avec Genshin (Motonobu) Hironishi et Jotaro Takagi. En 1949 Sensei Kase sera, à 20 ans, le plus jeune au grade de Sandan. Sensei Yoshitaka Funakoshi est décédé à l’âge de 39 ans le 7 novembre 1945, et bien qu’il se soit peu entraîné avec lui, sa pratique fut un choc pour le jeune Kase qui cherchera sans cesse à atteindre son niveau de pratique, et dans son enseignement, se référera constamment à ce fils Funakoshi qui recherchait « plus de mental, plus de puissance, plus d’énergie ». L’entraînement était très dur, du fait de l’esprit qui régnait au Japon en pleine Seconde guerre mondiale - époque dont il dira plus tard que « c’était la vraie époque du Budo ». Sensei Kase eut également comme instructeur Tadao Okuyama, dont la puissance et la rapidité étaient impressionnantes.

Présenté par Sensei Hironishi (1913-1999), il entre à la JKA (Japan Karaté Association, créée en mai 1949) dont Sensei Nakayama est alors chef instructeur (et le restera jusqu’à sa mort en 1987) et Taiji Kase devient un professeur des plus qualifiés. Il entraîne de jeunes instructeurs : Keinosuke Enoeda, Hirokazu Kanazawa, Hideo Ochi et Hiroshi Shirai, avec qui il entretiendra des relations étroites d'amitiés et de travail.

En mars 1964, année des JO de Tokyo, il est envoyé en Afrique du Sud pendant trois mois pour y développer le karaté-Do. Début 1965, mandaté par Zentaro Kosaka - président de la JKA et ministre japonais des Affaires Étrangères - il a pour mission de propager le Karaté-Do à travers le monde. Il est cette fois à la tête d’un groupe composé de Enoeda et Shiraï. En un mois, ils donneront des démonstrations à travers le monde. Puis Sensei Shiraï partira pour l’Italie où il s'établira, Sensei Enoeda choisira Liverpool. Sensei Kase retournera en Belgique et aux Pays-Bas, puis il rentre au Japon.

Il arrive à Paris en août 1967, accueilli à la gare de Lyon par Jean-Pierre Lavorato [1], pour enseigner au Dojo de la Montagne Sainte-Geneviève, dojo d’Henry Plée[3].

Chef instructeur en France pour la JKA et responsable de la JKA Europe, il formera de nombreux élèves et conduira ses équipes aux divers championnats (de France, d’Europe et du Monde) organisés par la JKA. La JKA organisera en 1973 une tournée à Kyoto, où Sensei Kase conduira la première équipe de France « Kata » composée de Hamid Hamiche, Gérald Dumont, Marcel Lancino, Camille Daudier... Sensei Kase quitte en 1972 le dojo d’Henry Plée pour se consacrer à l’enseignement du vrai karaté-Do. Car bien que membre de la JKA - et l'un des créateurs des premières règles de compétitions où il fut aussi arbitre - il ne cessera jamais de pratiquer le karaté comme un Budo. L'émergence du karaté moderne l'incitait à faire renaître le concept de Budo, dans sa pratique et dans son enseignement. Il était convaincu que le développement sportif du karaté moderne faisant perdre au karaté-Do son âme authentique, est incompatible avec le concept du Budo.

Il considérait en effet la compétition sportive comme une phase possible du karaté-Do, une réalité limitée par les règles de compétition et d’arbitrage. Dans la philosophie des arts martiaux, l'esprit doit être libre et sans limite. De fait, il y a un niveau au-dessus de la compétition : le karaté-Do dans l'esprit du Budo.

À partir de 1976, il multiplie les voyages à l’étranger : Yougoslavie, Italie, Algérie, Mali, Côte d’Ivoire. Dans les années quatre-vingt il publiera deux livres sur les « Dix-huit kata supérieurs » et les « Cinq Heian », manuels qui sont toujours édités (Éditions Sedirep). Quand il quitte la JKA à la fin de cette décennie, il crée avec Sensei Shiraï (ancien élève à l'université Komazawa, vainqueur des All Japan Karaté Championships 1962 (kata et combat), 9e dan) la World Karate-Do Shotokan Academy (1989 - la WKSA) destinée à l’enseignement des ceintures noires et des professionnels du Karate-Do Shotokan. Son principal souci est de continuer à progresser. Sensei Kase était prêt à partager ses connaissances et son expérience avec ceux qui l’écoutaient. Il disait que « tout karateka doit pratiquer au moins 20 années avant de savoir s’il doit ou non continuer ».

Le 31 mai 1999, Sensei Kase résiste à une attaque cardiaque. Après cet infarctus, sa tension demeurait élevée, et il impressionnait les médecins de l’hôpital en leur disant d'attendre quelques minutes pour avoir le temps de faire des exercices respiratoires et ainsi la faire baisser. Après six mois de repos forcé, il reprend l’enseignement et l’entraînement, mentalement plus fort que jamais. Il disait : « Si vous enseignez le karaté-Do, vous devez vous entraîner régulièrement vous-même. Vous devez pratiquer plus fort, et plus que vos étudiants. Si vous avez pratiqué assez longtemps, le karaté est en vous et vous pouvez vous entraîner n’importe où. » Il a comme passion d’étudier de vieux livres de Budo, de poésie et de philosophie. C’est un grand historien des Arts Martiaux. Il a enseigné le sens de cette phrase prononcée par Gishin Funakoshi : « Karate ni sente nashi » (Il n’y a pas de première attaque en Karaté).

En 2001, est fondée la Shotokan Ryu Kase Ha Instructors Academy (SRKHIA) à vocation internationale, dont l’objectif est de diffuser efficacement l’esprit du karaté-Do de Yoshitaka Funakoshi, en formant des instructeurs qui entraîneront les générations suivantes à la pratique du karaté en tant que Budo. Le 29 septembre 2002, entouré de ses plus fidèles élèves au sein du Shihankaï, il signe le « Grading Syllabus », programme technique requis pour les passages de grades à partir du Shodan, afin de pérenniser l’enseignement de la « Kase ha ryu » dont il a choisi l’emblème, l'idéogramme GI qui représente l'honneur, une obligation morale envers quelqu'un. Son affection profonde envers la tradition japonaise des samouraïs et les principes du Code du Bushido, a marqué durant toute sa vie sa pratique du Shotokan Karaté-Do, et engendrera cette lignée particulière qui porte désormais son sceau : le « Kase Ha Shotokan Ryu Karate-Do », pérennisé au travers de l'organisation Kase-ha Shotokan-ryu Karaté-do Academy (KSKA), dirigée par Shihan Dirk Heene, 8e dan, fidèle assistant de Sensei Kase. Comme aimait à le rappeler Sensei Heene à propos de Sensei Kase et des karatekas français : « Vous avez le plus grand expert de karaté au monde et vous ne le savez pas ».

Sensei Taïji Kase meurt à l’âge de 75 ans, le 24 novembre 2004 à Clamart, (92140) dans la banlieue sud de Paris.

Sensei Kase parlait toujours des trois étapes de l’évolution du karaté : celle d’Okinawa, celle du Japon, et celle de Yoshitaka. Ceux qui ont connu son Karaté-Do, et aimé l’homme ajouteront une époque de plus, celle de Sensei Kase, la « Kase Ha ».

C’est à eux désormais qu’il revient de transmettre cette richesse aux jeunes générations afin que l’histoire des arts martiaux retienne son nom.

En juin 2005 la SRKHIA deviendra la Karate Shotokan ryu Kase ha Academy (KSKA) http://www.ksk-academy.org/ dont la Présidente d’honneur est Madame Chieko Kase, épouse de Sensei Kase.

Les membres du Shihankaï de la KSKA ont créé parallèlement une organisation dans leur propre pays :

Dirk Heene en Belgique : http://www.bksa.be/result/fr/index.html

Velibor Dimitrijévic en Grèce et en Serbie : http://www.vebodo.com/

Michaylo Fedyk en Angleterre : http://www.englishshotokan.net/

Jim Martin en Écosse : http://www.scottishshotokanacademy.co.uk/

Pascal Lecourt en France http://www.kase-ha.com/

Pascal Petrella Allemagne : http://www.karate-muellheim.de/

Pour retrouver des instructeurs et écoles Kase-ha à travers le monde : http://www.kase-ha-karate.de/de/ksk-international/index.htm

Citation[modifier | modifier le code]

« L'important est de progresser, chacun à son rythme, par rapport à soi et non pas par rapport aux autres. Nous savons que rien n'est acquis définitivement et qu'il convient de ne jamais perdre ni humilité ni patience. - Taiji Kase »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 10ème dan posthume à l'initiative de la FFKDA
  2. a et b Maître Kasé : le sensei du karaté, consulté le 16 février 2013
  3. Christian Courtonne, « Taiji Kase, le précurseur (Source Karaté Bushido, Juillet-Août 1995) », sur http://www.askr-karate.com,‎ Juillet-Août 1995 (consulté le 14 mars 2009) : « C'est sur l'initiative de Maître Plée, comme nous le révèle Jean-Pierre Bergheaud (président du Comité Départemental du Val-de-Marne et historien du Karaté français), qu'il arrive un jour de l'année 1967 à la Gare de Lyon à Paris. Trois personnes l'accueillent : Henry Plée, un ami italien et Jean Pierre Lavorato, son élève le plus ancien. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]