Tahia Carioca

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Tahia Carioca

Alias
Badaweya Muhammad Ali el Nidani
Naissance 7 octobre 1929 (84 ans)
Ismaïlia,
Drapeau de l'Égypte Égypte
Décès 23 avril 1966
Le Caire,
Drapeau de l'Égypte Égypte
Profession
danseuse orientale et actrice

Tahia Carioca (ou Taheyya Kariokka, تحية كاريوكا en arabe), de son vrai nom Badaweya Muhammad Ali el Nidani, est une danseuse et actrice égyptienne, née en 1919 et morte en 1999.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Née dans la ville de Ismailia en Égypte, la famille de Tahia Carioca la décourage de faire carrière dans le monde de la danse. Ne s'entendant pas avec son père et ses frères, Tahia Carioca part pour Le Caire et trouve refuge auprès de Suad Mahasen, un ancien voisin, possédant un club dans la capitale. Tahia insite mais Suad Mahasen refuse de la faire danser dans son établissement car il affirme que travailler dans une boîte de nuit a mauvaise réputation. Tous les amis de Suad Mahasen, décelant le talent de la jeune Tahia Carioca, le conseillent également de la faire apparaître comme chanteuse dans les spectacles mais il refuse.

Le cabaret de Madame Badia Masabni[modifier | modifier le code]

Trop tard pour Suad Mahasen ! La jeune danseuse se voit offrir un rôle dans les spectacles du Casino Opera, le célèbre cabaret détenu par Badia Masabni qui a vu débuter toutes les danseuses stars de l'époque. Elle rejoint la troupe et se voit donner le nom de Tahiya Mohamed. Tahia est si appréciée du public qu'elle devient danseuse soliste dans le spectacle. Elle fait alors la découverte de la samba, nouvelle danse du Brésil popularisée par le premier film du couple Fred Astaire/Ginger Rogers. La danseuse incorpore cette danse, alors appelée Carioca, à ses performances. Tahia Carioca est née.

Le cinéma[modifier | modifier le code]

En 1936, sa carrière de danseuse est à son apogée. Elle danse notamment pour le mariage du roi Farouk. La légende dit que Tahia Carioca aurait d'ailleurs giflé ce dernier qui avait glissé un glaçon dans sa robe[1].

Parallèlement à sa carrière dans la danse orientale, Tahia Carioca tourne au cinéma dans plus de 120 films. Elle y joue souvent des rôles de femmes séductrices, à l'image des stars de cinéma américaines de l'époque, glamour et vamp. On surnomme d'ailleurs aujourd'hui Tahia Carioca la "Marilyn Monroe du Monde Arabes"[2]. Sa carrière décolle à partir de son rôle, en 1935, dans La Femme et le Pantin. La Sangsue est également un film marquant de sa carrière puisqu'il sera présenté au Festival International du Film de Cannes en 1956.

Tahia Carioca est sans nulle doute une des trois grandes figures de ce que l'on appelle aujourd'hui L'Âge d'or du cinéma égyptien, aux côtés d'autres danseuses comme Naima Akef et Samia Gamal. Elle met fin à sa carrière de danseuse en 1963.

Suite à cela, elle s'implique davantage dans le théâtre et dirigera son propre théâtre au Caire. Puis, plus tardivement, pour la télévision, notamment dans des feuilletons s'apparentant à des soap operas. Elle quitte complètement l'écran à la fin des années 1980.

Filmographie [3][modifier | modifier le code]

  • Mercedes (1993)
  • Iskanderiya, kaman wi kaman (Alexandrie, Encore et Toujours) (1990)
  • Weda'an Bonapart (Adieu Bonaparte) (1985)
  • Saqqa mat, al- (Le Porteur d'eau est mort) (Film, 1977)
  • Tareek, al- (La Route) (1964)
  • Imm el aroussa (La Mère de la mariée) (1963)
  • Shebab emraa (La Sangsue) (1956)
  • Hira wa chebab Ana zanbi eh? (Est-ce ma Faute?) (1953)
  • Ibn al ajar (1953)
  • Muntasir, El (Le Conquérant) (1952)
  • Omm el katila, El (La Mère Criminelle) (1952)
  • Zuhur el fatina, El (Les Fleurs charmantes) (1952)
  • Feiruz hanem (Mme Feiruz) (1951)
  • Ibn el halal (1951)
  • Khadaini abi (Mon père m'a trompé) (1951)
  • Akbal el bakari (Une grande famille) (1950)
  • Ayni bi-triff (Mon œil clignote) (1950)
  • Aheb el raks (Amour de danseuse) (1949)
  • Amirat el djezira (La Princesse de l'Île) (1949)
  • Katel, El (Le Meurtrier) (1949)
  • Mandeel al helu (Le foulard de la belle) (1949)
  • Hub wa junun (Amour et Folie) (1948)
  • Ibn el fellah (Fils de paysan) (1948)
  • Yahia el fann (Longue vie à l'Art) (1948)
  • Li'bat al sitt (La Femme et le pantin) (1946)
  • Ma akdarshi (Je ne peux pas) (1946)
  • Najaf (1946)
  • Sabr tayeb, El (Sois Patient) (1946)
  • Aheb el baladi (1945)
  • Hub El awal, El (Premier Amour) (1945)
  • Lailat el jumaa (Vendredi soir) (1945)
  • Naduga (1944)
  • Rabiha-takiet el ekhfaa (Le Bonnet magique) (1944)
  • Taqiyyat al ikhfa (1944)
  • Ahlam El shabab (Rêves de jeunesse) (1943)
  • Ahib Al ghalat (J'aime les erreurs) (1942)

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Tahia se marie 14 fois, notamment avec l'acteur Rushdy Abaza, l'auteur de théâtre Fayez Halawa, un pilote, un médecin ou encore un officier de l'armée américaine rencontré pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ne pouvant pas avoir d'enfant, Tahia adopte une fille, Atiyat Allah, et est également proche des enfants de ses époux. Outre ses multiples mariages, Tahia Carioca est également connu pour son franc-parler et ses prises de position politique. En 1953, elle est arrêtée et emprisonnée 3 mois pour ses activités communistes. Tahia décède le 20 septembre 1999 d'une attaque cardiaque[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Tahia Carioca, légende de la danse », sur Movie Musical.
  2. (en) « Marilyn Monroe of Arab world dies of heart attack at 78 », Hurriyet Daily News,‎ 1999 (lire en ligne).
  3. « Filmographie de Taheya Karioka », sur IMDB.
  4. (en) Douglas Martin, « Tahia Carioca, 79, Dies; A Renowned Belly Dancer », NY Time,‎ 1999 (lire en ligne).