Taeko Kōno

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Taeko Kōno (河野 多惠子, Kōno Taeko?, née le 30 avril 1926) est une critique littéraire et écrivaine japonaise considérée comme l'une des plus importantes auteures de la littérature japonaise contemporaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Taeko Kōno, née le 30 avril 1926 à Osaka est la fille de Tameji et Yone Kōno[1]; son père est un marchand en gros[2]. De santé fragile lorsqu'elle est encore enfant[2], elle est mobilisée adolescente pour travailler dans une usine pendant la Seconde Guerre mondiale[3].

Après la guerre, elle termine ses études d'économie à l'Université des femmes (actuelle université préfectorale d'Osaka), dont elle est diplômée en 1947[1],[4]. À cette époque, « elle éprouve un nouveau sentiment de liberté et a envie de faire quelque chose sans exactement savoir quoi »[2]. Elle se joint à des groupes littéraires et s'installe finalement à Tokyo. Elle travaille à temps plein et écrit le soir. En 1962, Chasse aux jeunes enfants (幼 児 狩 り) est publié et reçoit le prix Shinchosha. Au début des années 1960, juste avant qu'elle ne se voit décerner le prestigieux prix Akutagawa pour Kani (Crabes) (蟹) en 1963[1], elle quitte son emploi pour se concentrer à son écriture[2]. En 1965, elle épouse le peintre Yasushi Ichikawa[1]. En 1967, elle reçoit le [prix de littérature féminine]] pour Saigo no toki puis le prix Yomiuri de littérature pour une voix soudaine (不意の声) en 1968 ainsi que le pris Tanizaki en 1980 pour A Year-long Pastoral (一年の牧歌). Elle est également couronnée du prix de l'Académie japonaise des arts en 1984 et du prix Noma de littérature en 1991 pour son roman Miiratori ryōkitan (Mummy-Hunting for the Bizarre, 1990)[1],[4]. Kōno se fait connaître du grand public et attire l'attention de la critique après la publication d'une traduction en anglais de Chasse aux jeunes enfants et autres histoires en 1996[1].

Analyse littéraire[modifier | modifier le code]

L'écriture de Kōno montre que « sous les routines apparemment normales de la vie quotidienne, on peut trouver des penchants cachés pour un comportement anormal ou pathologique » et que « la réalité et la fantaisie ne sont pas clairement distinguées l'une de l'autre »[2]. Les pratiques sexuelles alternatives est un thème qui imprègne l'écriture de Kōno; le sadomasochisme, par exemple, apparaît dans Les essaims de fourmis (1964), la viande des os (1971), Miiratori ryōkitan et Kaiten tobira (Porte à tambour 1970) relatif à l'échange des époux[4]. Kōno utilise ces thèmes pour explorer la sexualité elle-même et l'expression de l'identité. Elle combine ces éléments avec la maladie, la stérilité et l'absence d'un mari pour se plonger plus profondément encore dans ces sujets[5].

Plus précisément, ses écrits explorent « les luttes des femmes japonaises pour se réconcilier avec leur identité dans une société patriarcale traditionnelle »[1]. La plupart de ses personnages féminins « rejettent les notions traditionnelles de « rôles de féminité et de genre » et leur frustration « les conduit à des moyens violents, souvent antisociaux ou sadomasochistes de traiter avec le monde »[1]. Par exemple dans Yōjigari ou Chasse aux jeunes enfants, une de ses histoires les plus célèbres, elle étudie l'aversion d'une femme pour les enfants. La protagoniste, Hayashi Akiko, est dégoûtée par les petites filles mais obsédée par les petits garçons - elle imagine même un petit garçon battu par son père jusqu'à ce que ses entrailles se déversent. Elle prend également plaisir dans le sexe sadomasochiste qu'elle partage avec son partenaire adulte. Un critique a écrit que l'histoire « retourne le mythe de la maternité » tandis qu'un autre fait valoir que Hayashi est une représentation des femmes démoniaques qui menacent le patriarcat lui-même »[1]. Dans Fui no koe (1968), ce qu'un critique appelle « une « Hamlet » de femme moderne », Kōno présente l'histoire d'Ukiko, dont le père mort la hante. Son fantôme lui ordonne de tuer les gens qui contrôlent sa vie. A la fin de l'histoire, il est révélé que tous ces incidents ne se déroulent que dans son esprit et qu'elle « essaie à sa manière tordue de donner un sens à ses relations quotidiennes »[1].

Sélection de titres[modifier | modifier le code]

Année Titre japonais Titre anglais Prix
骨の肉 Flesh of the Bones
血と貝殻 Blood and Shell
不意の声 A Sudden Voice
みいら採り猟奇譚 Cruel tale of a hunter become prey
1960 「女形遣い」 Uses of a Female Impersonator
1961 Yōjigari (japonais 幼児狩り, Yōjigari?) Toddler-Hunting
1963 Kani (Japanese: 蟹, Kani?) Crabs Prix Akutagawa
1967 Saigo no toki The Final Hours
1969 Fui no Koe (Japanese: 不意の声, Fui no Koe?) A Sudden Voice Prix Yomiuri
1971 Hone no niku Bone Meat
1980 Ichinen no bokka (Japanese: 一年の牧歌, Ichinen no bokka?) A Year-long Pastoral Prix Tanizaki

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j "Taeko Kono", Contemporary Authors Online, Gale, 9/12/2002. consulté le 17 juin 2009.
  2. a, b, c, d et e "Kōno Taeko", This kind of woman: ten stories by Japanese women writers, 1960-1976, Eds. and trans. Yukiko Tanaka, Elizabeth Hanson (Stanford: Stanford University Press, 1982), 44.
  3. "Kono Taeko", The Columbia Anthology of Modern Japanese Literature: From 1945 to the present, Eds. J. Thomas Rimer, Van C. Gessel, New York: Columbia University Press, 2007), 190.
  4. a, b et c KKo, "Kōno Taeko", Who's who in Contemporary Women's Writing, 2nd ed. (New York: Routledge, 2002), 175.
  5. Mark Morris, "Japan", The Oxford guide to contemporary world literature, Ed. John Sturrock (Oxford: Oxford University Press, 1997), 281.

Source de la traduction[modifier | modifier le code]