Taekwondo

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Tae Kwon Do 태권도
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Combat de taekwondo
Combat de taekwondo

Autres noms karaté coréen
Domaine Art martial
Pays d’origine Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
Fondateur Choi-Hong-Hi
Sport olympique Oui
Fédération mondiale World Taekwondo Federation, International Taekwon-do Federation, Fédération française de Taekwondo et disciplines associées

Le taekwondo (prononciation api [tʰɛk͈wʌndo]. taekwondo selon la romanisation révisée du coréen, 태권도 en hangeul et 跆拳道 en hanja) est un art martial d'origine coréenne, dont le nom peut se traduire par La voie du pied et du poing (tae (Hangul:태 hanja: 跆), frapper du pied - kwon (Hangul: 권, hanja: 拳), frapper du poing - do (Hangul: 도, hanja: ), voie, l'esprit). Le pratiquant de taekwondo est appelé un taekwondoiste (et ce, même si le terme correct est Taekwondoin) mais jamais taekwondoka. Le fondateur et principal promoteur du taekwondo est le général Choi Hong-hi dans sa forme ITF et Um Woon Kyu dans sa forme WTF.

Historique[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Carte des Trois Royaumes de Corée à la fin du Ve siècle

Comme beaucoup d'arts martiaux, le taekwondo s'appuie sur une tradition très ancienne, qui existait bien avant le Moyen Âge en Corée, à travers de nombreuses écoles, sous le nom de Gubah (수박), Subakhi, Subyok, Taekkyeon (태껸), Bikaksul, Subyokta et Gweonbeop (권법).

Le passé du taekwondo est décelable à travers l’histoire orale et les objets issus de l’époque des trois premiers royaumes de Corée (Goguryeo (고구려), Baekje (백제) et Silla (신라)) ; ainsi, la découverte en 1935 par des archéologues japonais de deux tombes royales (sur les plafonds desquels sont représentés des techniques et des positions de combat) atteste sans doute l’existence d’arts martiaux originels dans le royaume de Goguryeo, d’autres trouvailles archéologiques allant dans le même sens.

Le passé historique du taekwondo est principalement retracé par les peintures murales des tombes royales de l'époque Goguryeo (royaume fondé en 37 av. J.-C. par Gojumong (고주몽), plus connu sous le nom de roi Dong Myeong Sung, et qui perdura jusqu’en 668). Les fresques de Muyang Chong et de Don Su-myo représentent des scènes d’entraînement, et celles de Samsil Chong montrent un homme dans une pose basique d’art martial. La datation historique de ces fresques oscille entre l’an 3 et l’an 427 de notre ère.

Une tribu qui avait fui de Goguryeo, Baekje, s’installa aux abords du bassin de la rivière Han (한). Le chef, Onjo-wang (온조왕), unifia toutes les tribus existantes et forma l’ancien royaume de Baekje en 18 av. J.-C. Comme dans les autres royaumes, les arts martiaux jouaient un rôle significatif dans la défense du pays. Ainsi naquit le susa (comparable au Hwarangdo de Silla). À cette époque, un autre prédécesseur du taekwondo, le subyokta, était pratiqué dans les villages du royaume sous la forme d'événement populaire, le gagnant des compétitions pouvant parfois devenir chef de village ou militaire. Ce fut néanmoins dans le plus petit des trois royaumes, Silla, que fleurirent les arts martiaux qui lui permirent de lutter avec plus ou moins de succès autant contre les attaques des royaumes voisins que contre celles des îles japonaises.

Graphies du mot taekwondo, en hangeul et en McCune-Reischauer.

Le royaume de Silla fut fondé par Park Hyuk Geosae en 37 av. J.-C. et perdura jusqu’en 935 de notre ère. Bien qu’en plus d’être le plus petit des trois royaumes, Silla fut une société dite "primitive", celui-ci influença directement la naissance du taekwondo. Au départ désorganisé, ce royaume devint sous l’impulsion de son fondateur le plus puissant des trois royaumes, notamment grâce au développement d’une armée unie et disciplinée (dont les valeurs ne sont pas sans rappeler celles des chevaliers des chansons de geste du Moyen Âge en Occident). Le Hwarangdo (화랑도) créé par le 24e roi de Silla était d'abord une organisation militaire d’élite constituée par des soldats ayant fait leurs preuves durant la bataille. Ces jeunes recrues, appelés Hwarang (화랑) (jeunes nobles, « chevalier à la fleur »), pratiquaient une nouvelle forme d’art martial codifié, parallèlement aux autres matières institutionnelles. Leur influence ne fut probablement pas sans conséquence sur l'histoire militaire du royaume qui put tant maintenir ses ennemis à l'écart qu'unifier la Corée en 688 ap. J.-C. Notons qu'à cette époque, les arts martiaux traditionnels coréens prirent une ampleur particulière dans les institutions.

En 935, alors que tombe le royaume de Silla, se met en place la dynastie Goryeo (고려), fondée en 918 par Wang Geon (왕건). Dans les mémoires de Goryeo, un art martial proche du taekwondo fut d’abord appelé subakhi. Populaire auprès du peuple de Goryeo, il est probable que, de même qu'auparavant dans les autres royaumes, les rois aimaient assister aux compétitions de subakhi et récompenser les gagnants. Il est de notoriété que l’université nationale de Goryeo et la plus grande institution éducative sur la pensée confucéenne de l’époque, « Gukjagam », enseignaient systématiquement le subakhi jusqu'au plus haut niveau. En outre, la dynastie connut un essor commercial qui permit les échanges culturels, dont le subakhi. Inversement, le royaume subit les influences d'arts martiaux étrangers.

De la création à la scission[modifier | modifier le code]

Choi Hong Hi, fondateur du taekwondo.

Le taekwondo est officiellement créé le 11 avril 1955 par le général Choi Hong Hi (최홍희)[1], après un long travail de développement et d'unification des différentes écoles d'arts martiaux coréennes. C'est le fruit d'une longue tradition martiale.

Choi Hong Hi commence sa pratique du taekkyon, un très ancien art martial coréen basé sur des techniques de jambes très complètes pendant sa jeunesse. Nous sommes dans l'entre-deux-guerres, et la Corée est encore sous la domination japonaise. Lorsque le jeune Choi part faire ses études au Japon, il rentre en contact avec le maître de karaté Funakoshi, sous la direction duquel il commence à pratiquer. De retour en Corée, il poursuit son travail sur le développement d'un nouvel art martial, combinaison du karaté et d'anciens arts martiaux coréens. Mais la Seconde Guerre mondiale éclate, et il est enrôlé de force dans l'armée japonaise. À la libération, son travail sur l'art martial continue. Mais la Corée est de nouveau plongée dans la tourmente du conflit idéologique entre Nord et Sud. Choi Hong Hi s'engage dans la toute jeune armée Sud-coréenne, qu'il contribue à fonder (il fait partie des "Pères fondateurs de l'armée coréenne"). Il commence alors à enseigner son art à ses troupes. Son but est de donner à une Corée meurtrie par l'occupation japonaise et la guerre un art martial national, mais aussi de fonder sur la base des derniers progrès scientifiques une pratique d'autodéfense rationnelle. C'est cet aspect scientifique qui donne sa spécificité première au taekwondo, puisque chaque mouvement est étudié en fonction des principes scientifiques dans le but d'obtenir le maximum de puissance.

Après la création officielle du taekwondo, le 11 avril 1955, des équipes de démonstration furent constituées. Composées des meilleurs représentants de cet art martial nouveau, elles avaient pour objet d’effectuer des tournées dans le monde entier afin de faire connaître le taekwondo. En mars 1959, une première tournée fit découvrir à Taïwan et au Sud-Viêt Nam ce nouvel art martial.

En 1961-62, le taekwondo était pratiqué par les militaires coréens autant que par la population civile de ce pays, mais aussi par les forces armées américaines stationnées en Corée. Ces mêmes années, le taekwondo fut introduit à l’académie militaire de West Point (États-Unis), l’une des plus réputées du monde.

Nommé ambassadeur en Malaisie, le général Choi introduisit le taekwondo dans ce pays, après avoir effectué une démonstration dans un stade à la demande du premier ministre Malais. En 1963, l’Association malaise de taekwondo fut créée.

En juin de la même année, une démonstration eut lieu dans le bâtiment des Nations unies, à New York, et le taekwondo fut choisi pour l’entraînement des militaires du Sud Viêt Nam.

Toujours en 1963, les associations nationales de Singapour et de Brunei furent créées.

En 1965, le Maître Choi prit sa retraite avec le grade de Général deux étoiles, et fut chargé par le gouvernement de Corée du Sud de diriger une tournée en Allemagne de l’Ouest, Italie, Turquie, Émirats arabes unis, Malaisie et Singapour. Les membres de son équipe de démonstration étaient Han Cha Kyo (VIe dan à l’époque), Kim Jun Kun (Ve dan), Kwon Jai Hwa (Ve dan) et Park Jong Soo (Ve dan).

Ce fut l’occasion de faire connaître le taekwondo dans ces pays, ainsi que d’établir les associations nationales qui, le 22 mars 1966 se réunirent pour former la Fédération internationale de taekwondo (ITF), à Séoul.

Les pays fondateurs de l’ITF sont donc la Corée, le Viêt Nam, la Malaisie, Singapour, l’Allemagne de l’Ouest, les États-Unis, la Turquie, l’Italie et les Émirats arabes unis. Le taekwondo fut alors reconnu comme l’art martial national de la Corée.

En 1968, le Maître Choi visita la France à l’occasion du symposium sur le sport militaire et y organisa une démonstration devant les représentants de 32 pays. La même année, le Royaume-Uni forma une association nationale de taekwondo, et le général se rendit en Espagne, au Canada, aux Pays-Bas, en Belgique et en Inde. En 1969, le général effectua une tournée dans 29 pays afin de rencontrer les instructeurs de ces différents pays et effectuer les prises de vues qui illustrent la première édition de l’Encyclopédie (1972). L’année 1970 fut à l’image de 1969 : le général voyagea dans le monde entier pour faire découvrir le taekwondo et conduire des séminaires pour former des instructeurs ou perfectionner la technique de ceux-ci.

1973, une année charnière[modifier | modifier le code]

En 1972, le Maître Choi introduisit le taekwondo en Bolivie, République dominicaine, Haïti et Guatemala. Mais confronté à une situation politique particulièrement difficile dans son pays, il fut contraint à l’exil : en effet, le gouvernement sud-coréen avait désapprouvé une initiative du Maître Choi de faire une démonstration de taekwondo en Corée du Nord, où il s'était rendu en 1966[2]. Le développement du taekwondo en Corée du Nord est dû notamment à Yoon Byung-in.

Afin de ne pas perdre le taekwondo, et avec l’accord des pays membres de l’ITF, le Maître Choi déplaça le siège de l’ITF à Toronto, au Canada, d’où il espérait pouvoir diffuser plus aisément le taekwondo dans les pays de l’Est.

Le gouvernement de Corée du Sud, qui ne voulait pas, lui non plus, perdre le taekwondo, qui était devenu un extraordinaire outil de propagande pour le pays, créa la WTF (World Taekwondo Federation ou Fédération Mondiale de Taekwondo) en 1973.

Il s'agit du même art martial au niveau technique, seules les règles de compétitions diffèrent.

Bénéficiant de l’appui du gouvernement, cet art martial put se développer très rapidement, surtout dans les pays de l’Ouest.

Dès lors, les deux taekwondos cohabitent plus ou moins pacifiquement. Si le taekwondo du général Choi a poursuivi son évolution en dehors de la Corée, celui de la WTF s'est tourné vers l'olympisme.

C’est ainsi qu’il fut reconnu sport olympique en 2000.

C'est notamment grâce aux jeux olympiques et au fort appui de la Corée du Sud que la WTF s'est beaucoup plus répandue que l'ITF dans tous les pays où le taekwondo est présent.

Précisons ici que cet art martial est encore fortement majoritaire en France, où l’ITF ne se développe de nouveau que depuis une dizaine d’années.

L'ITF (International Taekwon-Do Federation)[modifier | modifier le code]

Après la création de la WTF, le général Choi continue son travail de développement du taekwondo originel par le biais de l'ITF, et une nouvelle équipe de démonstration part en tournée dès novembre-décembre 1973.
Maître Park Jong Soo, désormais VIIe dan, en fait toujours partie.

Il est accompagné par Maître Rhee Ki Ha, Maître Park Sun Tae et Maître Choi Chang Keun.

Ils visitent 23 pays d’Europe, d’Asie, du Moyen-Orient et d’Afrique, et établissent des organisations nationales dans 5 d’entre eux.

Sans s’arrêter de voyager, le général Choi assiste à l’organisation du Ier championnat du Monde en 1974 à Montréal (Canada) et du Ier championnat d’Europe à Amsterdam (Pays-Bas) en 1976.

En 1978, une nouvelle équipe de démonstration est constituée.
Elle comprend Maître Choi Chank Keun, Park Jung Tae, Rhee Ki Ha et Leong Wei Meng.

Ces deux derniers, ainsi que Park Jong Soo, ont aujourd’hui le grade de Grand Maître.

En 1979, l’AETF (All Europe Taekwon-Do Federation) est fondée à Oslo (Norvège).

Les équipes de démonstrations se succèdent, voyageant dans le monde entier pour introduire le taekwondo.

L’année 1980 est une année historique pour le taekwondo et pour le général Choi, puisqu’une équipe de 15 membres (comprenant son fils maître Choi Jung Hwa) effectue une tournée en Corée du Nord, pays natal du Général Choi.

C’est la première fois que le taekwondo est introduit dans ce pays.

En 1981, une équipe de démonstration composée de nord-coréens et de sud-coréens est présentée par le Général Choi.

En 1985, le siège de l’ITF déménage de nouveau pour Vienne, où il est encore de nos jours.

Le décès du Président de l’ITF le général Choi Hong Hi survient le 15 juin 2002. Sa succession ne s'est pas faite dans l'unanimité. Il existe maintenant 3 fédérations portant le même nom et qui sont présidées par 3 hommes différents.

Le combat vu par le General Choi[modifier | modifier le code]

Un match de taekwondo est plus qu’un simple affrontement de force et de talent.
C’est aussi une exhibition esthétique de l’art martial dans une tradition honorable.

Il existe une grande beauté dans le combat libre lorsqu’il est agressif mais contrôlé, dans l’exécution parfaite des formes ou dans le spectacle extraordinaire des coups de pieds volants et des techniques de casse.

Bien que l’enjeu et l’esprit de compétition des participants soient importants, les étudiants devraient également apprécier la rencontre et profiter de cet événement pour lier de nouvelles amitiés dans la fraternité du taekwondo, en échangeant de nouvelles techniques d’entraînement, et partageant ainsi les qualités physiques et mentales de l’art martial avec les spectateurs.

Les compétiteurs prennent souvent le match beaucoup trop au sérieux et gâchent ainsi le spectacle au public et à eux-mêmes par leur manque de fair-play.

Les accolades et les trophées représentent souvent des formes superficielles de reconnaissance.

C’est le respect ressenti par les instructeurs et leurs élèves envers les autres qui contient la plus grande valeur.

Une très grande importance a été placée sur le combat libre.

Bien que le combat libre soit un indicateur de l’entraînement de l’étudiant, il ne peut en aucun cas être le seul critère d’appréciation du niveau technique d’un pratiquant.

Il faut en effet prendre en compte un nombre important de paramètres.

Dans le cas du combat libre, certains instructeurs et étudiants pensent que la victoire ne peut être acquise qu’en plein contact, avec ou sans équipements de protection.

Certainement, comme dans le cas du kick boxing ou d’autres styles de combat à main ouverte, le contact peut avoir lieu sans risque de blessure grave.

La méthode adéquate pour tester le talent et la puissance d’un étudiant est de conduire une rencontre proposant des tests cohérents d’habileté, ce qui inclut combat libre, formes, tests de puissance, et techniques spéciales.

Grâce au combat libre, on testerait le courage, l’agressivité, l’esprit, la précision et la vitesse ; grâce aux formes, on testerait l’équilibre, la beauté et la concentration ; grâce à la casse, on testerait la puissance et grâce aux techniques spéciales, on testerait la coordination, les talents acrobatiques et la résolution.

Les poomse, les tuls ou les formes[modifier | modifier le code]

C'est le versant technique. Les compétiteurs s'affrontent face à un jury qui juge la qualité de l'exécution des formes effectuées par chaque compétiteur. Il s'agit de mimer un combat comme si l'on est confronté à un ou plusieurs adversaires. Ils ont une importance capitale pour monter en grade. Il existe 8 poomse normaux et 9 poomse supérieurs avec différentes techniques de plus en plus complexes

La casse[modifier | modifier le code]

Épreuve de casse par coup de pied latéral (Yop Chagui).

La casse est une épreuve de puissance. Chaque compétiteur se présente pour effectuer cinq casses. L'une s'effectue avec un coup de poing, une avec le tranchant de la main, une avec un coup de pied de côté, une avec un coup de pied circulaire, et une avec un coup de pied retourné. Le compétiteur qui brise le plus de planches remporte la compétition.

Les techniques spéciales[modifier | modifier le code]

Comme dans le cassage, chaque compétiteur a cinq techniques à effectuer. Il ne s'agit cependant pas de briser des planches en puissance, mais d'atteindre avec chaque technique une cible placée le plus haut possible.

La WTF (World Taekwondo Federation)[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Le taekwondo WTF est né de la KTA, dès le départ en Malaisie du général Choi (1961), le président Park Chung Hee (박정희) décida d'ordonner une réunification des différentes écoles. En effet, hormis les militaires du Chundokwan et Ohdokwan, peu faisaient le taekwondo tel qu'enseigné par le général Choi, de nombreux maîtres, non satisfaits du nom « taekwondo » continuèrent à enseigner sous les noms « Gongsoodo », « Dangsoodo » et « Soobahkdo ». Hwang Kee (황기), le principal rival de la KTA, avait créé sa propre fédération : Korea Dangsoodo association, qui changera plus tard en Korea Soobahkdo Association.

Le 16 septembre 1961, une nouvelle réunion a lieu, et les différents représentants tombent d'accord sur le terme « taesoodo » qui combine taekwondo, gongsoodo, soobahkdo et dangsoodo. À son retour de Malaisie, le général Choi demanda un vote pour rechanger le nom taesoodo en taekwondo le 5 août 1965. Les conditions de ce vote sont restées douteuses, car le nom taekwondo, qui ne contentait que l'Ohdokwan et le Chungdokwan, ne fut choisi qu'avec une voix d'écart.

Les tensions se faisaient de plus en plus fortes entre les membres de la KTA et le général Choi, car celui-ci ne reconnaissait militairement que les ceintures noires de son école et de l'école Chungdokwan, ce qui était pris comme un affront par les autres maîtres. De plus, il continuait à évoluer dans son programme, sans tenir compte des autres maîtres.

La KTA commença à fonder un programme technique commun et nomma un comité de création de formes, composé de Kwak Kun Sik (Chung Do Kwan), Lee Yong Sup (Song Moo Kwan), Park Hae Man (Chung Do Kwan), Hyun Jong Myung (Oh Do Kwan) et Kim Soon Bae (Chang Moo Kwan). Ils créèrent les poumsés (품새) Palgwae et Yudanja (Koryeo (고려) à Ilyeo (일여)), mais ces poumsés furent créés sans la participation de deux Kwan originaux, Ji Do Kwan et Moo Duk Kwan, fusionnés au sein de la Korea Soo Bahk Do association. Quelques années plus tard, sous l'impulsion de Chong Hong Soo, Im Young Taek (Moo Duk Kwan) et Lee Chong Woo (Ji Do Kwan), une partie de ces Kwan rejoignit la KTA (les Jidokwan Lee Chong Woo et Bae Young Ki, et le Moo Duk Kwan Han Yong Tae), qui décida de refaire les poumsés, en créant de nouveaux : les taegeuk (태극).

En 1971, le gouvernement décida de construire le Kukkiwon (국기원), centre mondial pour la KTA, en 1973, la WTF fut officiellement créée, à l'occasion des premiers championnats du monde.

Techniques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Terminologie du taekwondo WTF.
Exemple d'entraînement aux coups de pied sur raquette de frappe.

Le taekwondo est surtout célèbre pour ses techniques de pied spectaculaires.

Principales techniques de pied (tchagui (차기))[modifier | modifier le code]

NOM[3] MOUVEMENT SURFACE DE FRAPPE
Ap tchagui (압차기) direct (avant) bol du pied
Yop tchagui (엽차기) latéral talon ou tranchant du pied
Dollyo tchagui (돌려차기) circulaire (avant) dessus du pied ou bol du pied
Bandal tchagui (반달차기) semi-circulaire (avant) dessus du pied ou bol du pied
Dui tchagui (뒤차기) direct (arrière) talon
Neryo tchagui (내려차기) de haut en bas (marteau) talon ou plat du pied (jambe tendue)
Mom dollyo tchagui (몸돌려차기) retourné circulaire talon ou plat du pied (jambe tendue)

Contrairement à de nombreuses idées reçues, en particulier à cause des règles de compétition, qui n'autorisent les coups qu'au-dessus de la ceinture, les différents coups de pied peuvent être exécutés à tous les niveaux : bas (jambes ou éventuellement organes génitaux), moyen (plexus solaire ou côtes flottantes), ou haut (visage ou gorge).

L'entraînement aux techniques de coups de pied se réalise souvent à l'aide de raquettes de frappe. Les paos sont utilisés pour s'entraîner à taper vite et fort.

Techniques de main[modifier | modifier le code]

Quasiment pas utilisées en compétition, elles portent des noms plus techniques, composées :

  • d'un nom de position de main : Jumeok (주먹) le poing de face, Deungjumeok (등주먹) (le revers du poing), Mejumeok (메주먹) (le marteau du poing), Sonnal (손날) (le tranchant de la main), Batangson (바탕손) (la paume), Pyeonsonkkeut (편손끝) (la pointe des doigts tendus et serrés), Kawisonkkeut (가위손끝) (le bout de 2 doigts tendus et écartés), Palkup (팔굽) (le coude), Palmok (팔목) (l'avant-bras)…
  • d'un nom de mouvement : Yop (옆옆) (coup latéral), Naeryeo (내려) (de haut en bas, coup du marteau), Bandae (반대) (avec la main du côté du côté opposé à celui de la jambe arrière), Baro (바로) (avec la main du même côté que la jambe arrière)…
  • d'un nom de hauteur : Arae (아래) (niveau bas), Momtong (몸통) (niveau moyen), Olgul (얼굴) (niveau haut)…
  • d'un nom de technique : Chigi (치기)(frappe), Jireugi (지르기)(coup de poing), Tzireugi (찌르기)(frappe piquée), ou Makki (막기)(blocage).

En plus des techniques traditionnelles, il y a aussi :

  • de la casse (Kyokpa)
  • de la self-défense (Ho-Shin-Soul)

Les poomsaes[modifier | modifier le code]

Le poomsae est une forme de travail conventionnelle, représentant un combat codifié et dirigé. Il s’exécute individuellement. Chaque poomsae possède son propre rythme qui doit être en rapport avec les différents enchaînements, ainsi chaque blocage devra être instinctivement suivi de la contre-attaque.

Le poomsae débute et se termine par la position "Tchaliot Seugui" suivi du salut "Kyongnye". Il s’annonce à haute voix. Il se déroule suivant un diagramme différent, selon sa complexité. Le point de départ doit être également celui du retour après la prestation. Un poomsae doit être réalisé avec intensité, de manière à faire sentir une réelle impression de combat dans l’exécution des différents mouvements avec la plus grande efficacité contrôlée. Le poomsae s’exécute dignement, avec un dobok propre et une ceinture correctement nouée.

Liste des poomsaes[modifier | modifier le code]

Normaux Supérieurs
1 Taegeug il

-Jang

1 Koryo
2 Taegeug Yi-Jang 2 Kemgang
3 Taegeug Sam-Jang 3 Taebaek
4 Taegeug Sah-Jang 4 Pyongwon
5 Taegeug Oh-Jang 5 Sipjin
6 Taegeug Youk-Jang 6 Jitae
7 Taegeug Tchil-Jang 7 Chonkwon
8 Taegeug Pal-Jang 8 Hansu
9 Ilyeo

Signification des POOMSAE[modifier | modifier le code]

Chaque Poomsae a un symbole, ( un élément ) qui oriente son interprétation.

ici retrouvez le trigramme et le symbole de tous les Taegeug

Vidéos des poomsae[modifier | modifier le code]

Regardez ici l’exécution des 4 premiers Taegeug, IL-JANG, Taegeug YI-jang, Taegeug SAM-JANG et Taegeug SA-JANG en vidéo.

ici l'exécution des 4 suivants Taegeug OH-JANG, Taegeug YOUK-JANG, Taegeug TCHIL-JANG et Taegeug PAL-JANG en vidéo.

Les critères d'exécution[modifier | modifier le code]

Chaque technique doit être armée avec souplesse selon les "Kibon" et se terminer avec fermeté et précision selon la hauteur définie. La trajectoire doit être nette, ample et rapide. Les techniques doivent dégager une grande impression d’efficacité.

Les techniques devront être enchaînées de sorte que chaque blocage soit instinctivement suivi de l’attaque. D’une manière générale les enchaînements seront rythmés et sans temps mort selon les différentes trajectoires du diagramme.

La maîtrise des déplacements et du corps lors des différents enchaînements est essentielle. Chaque position devra être bien marquée et verrouillée. Les appuis au sol devront être solides et réalisés conformément au "Kibon". La position et le mouvement du corps devront être contrôlés.

Le poumsé doit être exécuté dans sa forme originale en respectant l’ordre des techniques, des positions et des directions, mais aussi le diagramme défini par l'exécution du poumsé.

La respiration doit être synchronisée avec les techniques et les déplacements, elle doit être inaudible. D’une manière générale, l’inspiration se fait en début de mouvement et l’expiration à la fin des différentes phases du poumsé.

La concentration est extrême dans l’exécution du poumsé afin de pouvoir "Vivre son poumsé". La concentration permet de dégager une unité entre le corps et l’esprit. Le regard doit être porteur de toute la détermination à l’exécution du poumsé, il doit suivre la direction des enchaînements techniques et des déplacements.

Grades, degrés et ceintures[modifier | modifier le code]

En taekwondo, les capacités individuelles de développement personnel, d'engagement et de technique sont évaluées par deux échelles de promotion : les grades (keup), d'abord, puis les degrés (dan). La progression du débutant commence par un grade élevé (le 10e pour les adultes) et se termine avec le 1er grade, tandis que les degrés commencent au contraire par le 1er degré et finissent avec le 9e (il est possible d'obtenir un 10e dan en taekwondo, mais il n'est décerné qu'à titre posthume).

Un âge minimal est requis pour l'obtention des différents degrés (en France, 16 ans pour le 1er dan, 16 ans pour le 2e, 18 ans pour le 3e, 21 ans pour le 4e, etc.). Si le candidat n'a pas l'âge requis, il peut obtenir un grade poom (du 1er au 3e poom). Ce grade n'est jamais converti en degré mais permet le passage du degré supérieur, dont l'obtention nécessite le passage d'un examen une fois que le pratiquant a atteint l'âge minimal requis : par exemple, un jeune sportif ayant le 1er poom, s'il participe avec succès à l'examen de grade supérieur, obtiendra directement le 2e dan s'il a 16 ans ou, s'il n'a pas l'âge minimal requis, obtiendra le 2e poom (qui lui permettra de prétendre au 3e dan à partir de ses 18 ans).

D'une fédération à l'autre, la correspondance entre grades et ceintures peut varier. Ainsi, tandis que la fédération française FFTDA utilise sept couleurs différentes pour les enfants et quatre pour les adultes, la fédération belge ABFT en compte cinq pour les adultes.

Grades et ceintures FFTDA et ABFT
Keup Ceintures enfants[4] Ceintures adultes Ceintures adultes (ABFT)[5]
15 Ceinture blanche
14 Ceinture jaune
13 Ceinture jaune avec une barrette orange
12 Ceinture orange
11 Ceinture orange avec une barrette verte
10 Ceinture verte Ceinture blanche Ceinture blanche
9 Ceinture verte avec une barrette violette Ceinture jaune Ceinture blanche avec une barrette jaune
8 Ceinture violette Ceinture jaune avec une barrette bleue Ceinture jaune
7 Ceinture violette avec une barrette bleue Ceinture jaune avec deux barrettes bleues Ceinture jaune avec une barrette verte
6 Ceinture bleue Ceinture bleue Ceinture verte
5 Ceinture bleue avec une barrette rouge Ceinture bleue avec une barrette rouge Ceinture verte avec une barrette bleue
4 Ceinture bleue avec deux barrettes rouges Ceinture bleue avec deux barrettes rouges Ceinture bleue
3 Ceinture rouge Ceinture rouge Ceinture bleue avec une barrette rouge
2 Ceinture rouge avec une barrette noire Ceinture rouge avec une barrette noire Ceinture rouge
1 Ceinture rouge avec deux barrettes noires Ceinture rouge avec deux barrettes noires Ceinture rouge avec une barrette noire

Les degrés sont en revanche, pour toutes les fédérations, exprimés par la ceinture noire. Pour les enfants, qui ne peuvent pas passer de degré mais seulement les 3 grades de poom, elle est remplacée, à partir de l'âge de 14 ans minimum, par une ceinture bicolore rouge et noire (grade Il Poom).

Les examens pour le 1er et 2e dan se déroulent au niveau régional. Les candidats s’inscrivent auprès des Ligues (Comités régionaux) de la FFTDA. Les examens sont indiqués, sur le calendrier sportif régional. Une date limite d'inscription est fixée pour chaque examen, par la Ligue.

Pour les grades supérieurs au 2e dan les examens se dérouleront au niveau national (au minimum un par saison sportive) par décision de la CSDGE. Les examens sont indiqués, sur le calendrier sportif national. Les dossiers d'inscription des candidats doivent parvenir au siège de la Fédération par l'intermédiaire du président de la Ligue. Les dates d'examens nationaux et les stages préparatoires sont mentionnés au calendrier national. Une date limite d'inscription est fixée pour chaque examen par la C.S.D.G.E.

La signification des couleurs de ceintures[modifier | modifier le code]

Chaque couleurs de ceintures a une signification bien particulière.

Ceinture blanche: Couleur de la neige représente la pureté, l’innocence de l’initié et son ignorance vis-à-vis de la pratique.

La compétition[modifier | modifier le code]

Compétition féminine de taekwondo WTF

Lors des combats, le combattant doit obligatoirement porter toutes les protections. Ceci est vérifié par des personnes.

Combat de taekwondo WTF

Protections[modifier | modifier le code]

En combat, lors des compétitions, les coups étant portés, le port des protections suivantes est obligatoire : un protège-dents (catégories juniors, séniors et désormais cadets), un casque en pvc, un plastron, des protège-avant-bras, des protège-tibias, une coquille génitale (pour les hommes et femmes), des gants et des protège-pieds pour les benjamins, minimes et cadets[6].

Coups autorisés[modifier | modifier le code]

  • Tous les coups doivent être portés debout et au-dessus de la ceinture.
  • Les coups de pieds sont autorisés au niveau du plastron, coup le plus utilisé en compétition est le bandal-tchagi (coup de pied semi-circulaire).
  • Les coups de poing utilisant « les parties avant de l’index et du médius du poing étroitement serré » sont autorisés uniquement au niveau du plastron[7]. Comme leur utilisation était très rare, depuis le début de la saison 2007-2008, un assouplissement des règles d'arbitrage demandent presque un standing down à chaque coup de poing placé correctement et avec suffisamment d'impact[réf. nécessaire].

Comptage des points[modifier | modifier le code]

  • Un coup de pied porté à la tête rapporte 3 points, ou 4 points si le coup de pied utilisé est retourné. Est entendu comme coup valide tout coup de pied touchant le casque/tête s'il n'est pas précédé d'une faute.
  • Un coup de pied ou de poing porté dans le plastron rapporte 1 point, ou 2 points si le coup de pied utilisé est retourné.
  • En cas de standing down, c'est-à-dire qu'un combattant recevant un coup est incapable de poursuivre le combat immédiatement, il est compté par l'arbitre jusqu'à 8 secondes. Si à la fin du décompte le combattant pousse un kiap, il reprend le combat (on n'attribue plus de points supplémentaires). L'arbitre pourra compter jusqu'à dix, s'il estime que le combattant n'est pas en mesure de reprendre le combat, même si ce dernier pousse le kiap, dans ce cas, il est déclaré K.-O..

Arbitrage[modifier | modifier le code]

Ceci n'est qu'un résumé de l'arbitrage, il regroupe juste les règles de base à savoir pour comprendre et apprécier un combat lors d'une compétition combat.

  • L'aire de combat est une surface de 64 m² (un carré de 8 m×8m).
  • Sur l'aire se trouvent uniquement les deux compétiteurs et l'arbitre central. À chaque angle de l'aire se trouve un juge (ce sont eux qui valident les points), et face au public se trouve la table d'arbitrage avec la « scoring machine » (appareil affichant le round, le temps restant, le score et les sanctions) et le ou les superviseur(s).
  • Un point est un coup porté dans une zone autorisée avec une partie du corps autorisé, avec force, précision et impact. Un point ne peut être validé que s'il n'est ni précédé ni suivi d'une faute.
  • Pour marquer un point il faut qu'au moins trois des quatre juges le valident dans un intervalle de deux secondes.
  • L'arbitre central est là pour gérer le combat, c'est-à-dire le temps des rounds, les fautes, les sanctions, et préserver la santé des combattants en prévenant le médecin lors d'un knockout ou d'une blessure.
  • Les fautes les plus courantes sont : pousser son adversaire, retenir son adversaire, tomber volontairement, fuir le combat, refuser le combat, taper sous la ceinture, parler, sortir de l'aire de combat. Toutes ces fautes entraînent le retrait d'un demi point (avertissement/KYONG-GO).
  • Les sanctions sont plus rares mais surviennent néanmoins. Elles comprennent notamment : le coup de poing au visage avec blessure ou intention de blesser, un coup sous la ceinture entraînant une blessure ou avec intention de blesser son adversaire, insulter. Toutes ces fautes entraînent comme conséquence le retrait d'un point (sanction/GAM-JEON).
  • Le compétiteur déclaré vainqueur est celui qui a marqué le plus de points sur les trois rounds. Un compétiteur perd automatiquement le combat s'il arrive à un total de -4 points (huit avertissements ou quatre sanctions ou par exemple deux sanctions et quatre avertissements).
  • En cas d'égalité à l'issue du 3e round, un quatrième round a lieu avec la règle du point en or ; le premier des combattants à marquer un point gagne, le premier arrivé à -1 point perd.
  • Si aucun des combattants ne marque de point ou n'arrive a -1, ce sont les quatre juges et l'arbitre central qui désignent le vainqueur, il n'y a donc aucune possibilité d'avoir un match nul.
  • les trois autres possibilités de victoires sont l'abandon de l'adversaire, l'arrêt du combat par décision de l'arbitre central (si, par exemple, il voit que le combattant n'est pas en état de reprendre mais qu'il ne veut pas déclarer forfait) et aussi le knock-out qui survient lorsque l'un des combattants reçoit un coup fort autorisé entraînant son incapacité à reprendre le combat en 10 secondes, comme pour le standing down le combattant est compté par l'arbitre, si à 10 il n'a pas fait de kiap, c'est son adversaire qui est déclaré vainqueur sauf en cas de knock-out consécutif à un coup interdit (coup de genoux, coude, en dessous de la ceinture, etc..).

ndo[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire du taekwondo sur le site officiel de l'ITF.
  2. [1].
  3. Orthographe de référence en français : Tract de la FFTDA.
  4. Document officiel de la FFTDA
  5. On trouve des indications sur les couleurs de ceinture en bas de la première page de ce document officiel du site de l'ABFT, qui sont confirmées et complétées par ce blog.
  6. Document officiel en vigueur de la WTF (cf. page 4, Équipement des compétiteurs).
  7. Document officiel en vigueur de la WTF (cf. page 9, article 11).
  8. NKorean IOC member to visit Korea on martial arts mission, sur le site TurkishPress.com, d'après une dépêche du bureau de l'agence AFP à Séoul.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]