Tables pruténiques

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Les Tables pruténiques ou tables prussiennes des mouvements du ciel (Prutenicæ Tabulæ Cœlestium Motuum) sont des tables astronomiques permettant le calcul de la position du Soleil, de la Lune et des planètes. Au cours de la seconde moitié du XVIe siècle, elles supplantèrent les Tables alphonsines, dont les prédictions s'écartaient de plus en plus de la réalité.

Confection[modifier | modifier le code]

Ces tables furent compilées en 1551 par Erasmus Reinhold. C'est alors qu'il dressait un nouveau catalogue d'étoiles qu'il découvrit les idées de Nicolas Copernic, et qu'il décida de s'appuyer dessus ; mais la grande précision des Tables pruténiques ne tient pas tant à l'adoption du système de Copernic qu'à l'actualité des données d'observation utilisées au moment de leur publication. C'est le succès des tables qui assura aux idées de Copernic une diffusion lente mais sûre[1].

Le duc Albert de Brandebourg-Ansbach apporta son appui à Reinhold et finança l'impression des Tables Pruténiques, même si le versement des paiements fit par la suite l'objet d'amers reproches. Reinhold et ses Tables firent connaître le système de Copernic dans tout le Saint Empire et même au delà, jusqu'au choix de Kœnigsberg comme position du méridien origine[2].

Les tables sortirent des presses d'Ulrich Morhard à Tübingen en 1551 ; dès 1562, la veuve de Morhard procédait à un second tirage. L'éditeur de la seconde édition de ces tables (Tübingen, 1571) ne fut autre que Michael Maestlin (1550-1631), le futur professeur de Johannes Kepler : il composa une postface et deux pages d’errata. La troisième édition (Wittemberg, chez Matthäus Welack, 1585) est l’œuvre d'un certain Caspar Strubius, recteur de l’Université de Wittemberg.

Au cours du XVIIe siècle, les Tables pruténiques seront à leur tour supplantées par les Tables rudolphines de Tycho Brahe et Kepler.

L’influence de Reinhold et de ses tables sur la diffusion des idées de Copernic a fait l'objet de plusieurs publications d'Owen Gingerich.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après J.-P. Verdet, p.111.
  2. D'après biographie de Reinhold sur le site de l'Université de Halle.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Prutenische Tafeln » (voir la liste des auteurs)
  • (de)Braunmühl, A. von: Vorlesungen über Geschichte der Trigonometrie. Erster Teil. Leipzig: Teubner 1900.
  • (en)Owen Gingerich, « Erasmus Reinhold and the dissemination of Copernicus theory » In: Owen Gingerich: The Eye of Heaven. Ptolemy, Copernicus, Kepler. The American Institute of Physics, New York NY 1993, ISBN 0-88318-863-5, pp. 221–251, reprise de « The Role of Erasmus Reinhold and the Prutenic Tables in the Dissemination of the Copernican Theory », Studia Copernicana VI (Colloquia Copernicana II) (Warsaw: Ossolineum, 1973), pp. 43-62.
  • Owen Gingerich, Le Livre que nul n'avait lu – À la poursuite du « De Revolutionibus » de Copernic, Dunod, coll. « Quai des sciences »,‎ 2004 (réimpr. 2008) (ISBN 2100496115, lire en ligne)
  • Arthur Koestler, Les Somnambules, essai sur l'histoire des conceptions de l'Univers [« The sleepwalkers : a history of man's changing vision of the universe »], Calmann-Lévy,‎ 1959 (réimpr. 1960)
  • Bruno Morando et Denis Savoie, « Étude de la théorie du Soleil des Tables Pruténiques », Revue d'Histoire des Sciences, vol. 49, no 4,‎ 1996, p. 543-567 (DOI 10.3406/rhs.1996.1268, lire en ligne)
  • Jean-Pierre Verdet, Une histoire de l’astronomie, éditions du Seuil, coll. « Points sciences »,‎ 1990, 384 p. (ISBN 2-02-011557-3)
  • Robert Westman, « Copernic : premières lectures », Les Cahiers de Science et Vie, no 39,‎ juin 1997, p. 46-54 (ISSN 1157-4887)

Liens externes[modifier | modifier le code]