Taï Sitou Rinpoché

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Le 12e Taï Sitou Rinpoché, Péma Tönyö Nyinjé

Taï Sitou Rinpoché est, avec Gyaltsab Rinpoché, Jamgon Kongtrul Rinpoché et Shamar Rinpoché, l'un des Régents du Karmapa. Le 12e et actuel Taï Sitou Rinpoché a reconnu Orgyen Trinley Dorje comme 17e Karmapa. Taï Sitou Rinpoché assure, tout comme Gyaltsab Rinpoché, l'instruction de Orgyen Trinley Dorje, chef de la lignée Karma Kagyu. Il réside en son Monastère de Shérab Ling, en Inde du Nord.

Biographie de Taï Sitou Rinpoché[modifier | modifier le code]

Le 12e Kuanding Tai Situ Rinpoché, Péma Tönyö Nyinjé Wangpo, 1995

Taï Sitoupa est issu d'une branche de la tradition Kagyu dont la lignée remonte au bodhisattva Maitreya, disciple du Bouddha. Le titre de Taï Sitoupa a commencé à être donné à partir du XVe siècle avec Chokyi Gyaltsen. Il signifie "Le Grand Maître inébranlable et qui atteint le lointain, le détenteur de l'ordre" (Kuang Ting Tai Situ).

Il est né en 1954 dans une famille de fermiers à Palyul dans la région de Dege, à l'est du Tibet, selon les prédictions du 16e Karmapa. Alors qu'il a 5 ans, les conditions politiques au Tibet le forcent à s'exiler au Bhoutan où le roi Jigme Dorji Wangchuck avait été un disciple de 11e Taï Sitou Rinpoché. Puis, il rejoint le Karmapa au Monastère de Rumtek au Sikkim en Inde. C'est ainsi qu'il reçoit du représentant suprême de la lignée kagyu et d'autres nombreux maîtres placés sous sa direction tous les enseignements et initiations de la tradition. Le 16e Karmapa lui-même avait reçu les enseignements du 11e Tai Sitoupa. À 22 ans, en 1975, il commence à assumer ses fonctions en fondant le projet du Monastère de Shérab Ling, à la requête des disciples tibétains établis dans le Nord de l'Inde. En 1981, il visite le monastère de Samye Ling en Écosse, et se rendra alors régulièrement dans les centres Kagyupa en Amérique du Nord, d'Europe et d'Asie du Sud-Est y enseignant la philosophie et la méditation. Il rencontre aussi les représentants d'autres confessions et d'organisations humanitaires. Son premier retour au Tibet est effectué durant l'hiver 1984. Dans le but de pallier le besoin spirituel des fidèles, invité par un grand nombre de monastères de plusieurs traditions, il dispense alors enseignements et initiations devant parfois 100 000 personnes et dans des zones aussi isolées que le Monastère de Palpung.


En 1989, il conduit un pèlerinage dédié à la paix dans le monde. À cette occasion, un documentaire a été réalisé où figure une audience avec le Pape Jean-Paul II, un échange avec des moines bénédictins à Assise, des prières pour la paix sur le Mont Shasta et un dialogue inter-religieux en Inde avec les chefs des principales confessions. 1991 fait l'objet d'un second voyage au Tibet à l'occasion duquel il ordonne 1200 nones et moines et transmet une succession d'initiations (Dam Nga Zod) attendues par 65 lamas réincarnés, les sanghas de 92 monastères, et d'innombrables laïcs.

Le 12e Taï Sitou Rinpoché continue les traditions de la lignée de pratique du Taï Sitou Rinpoché. Professeur bouddhiste renommé, il forme la prochaine génération des maîtres bouddhistes. À un niveau plus personnel Taï Sitou Rinpoché est un disciple, un poète, un calligraphe, un artiste, un auteur, un architecte et un geomancien (la géomancie est la science d'étudier les propriétés et les rapports entre l'environnement, les éléments et leur interaction avec des lignes, des angles, les surfaces et les solides).

Comme maître bouddhiste, il voyage régulièrement dans le monde donnant des enseignements et des habilitations sur demande des centres de Dharma, et tient des cours sur le Mahamudra pour présenter le plus profond et sacré des enseignements Karma Kagyu.

Émanations et lignée des Taï Sitou Rinpoché[modifier | modifier le code]

Chokyi Gyaltsen fut la première incarnation à porter le titre de Taï Sitou Rinpoché, qui lui fut conféré en 1407 par l’empereur de Chine Yongle de la Dynastie Ming. Il était un disciple proche du 5e Karmapa qui l'a nommé abbé de Karma Gön, le monastère du Karmapa alors.

Outre les incarnations précédentes, dont les 12 Sitou Rinpochés, beaucoup de grands lamas ont été reconnus comme des émanations des Taï Sitou Rinpoché par des maîtres de la lignée kagyupa.

Liste partielle des émanations :

Lignée des Taï Sitou Rinpoché :

  1. Chokyi Gyaltsen (1377-1448)
  2. Tashi Namgyal (1450-1497)
  3. Tashi Paljor (1498-1541)
  4. Chokyi Gocha (1542-1585)
  5. Chokyi Gyaltsen Palzang (1586-1657)
  6. Mipham Chogyal Rabten (1658-1682)
  7. Nawe Nyima (1683-1698)
  8. Chokyi Jungne (1700-1774)
  9. Pema Nyingche Wangpo (1774-1853)
  10. Pema Kunzang Chogyal (1854-1885)
  11. Pema Wangchuk Gyalpo (1886-1952)
  12. Péma Tönyö Nyinjé (1954 -)

La reconnaissance du 17ème Karmapa[modifier | modifier le code]

Orgyen Trinley Dorje, le Karmapa protégé[modifier | modifier le code]

Le 16e Karmapa, son principal instructeur, est décédé en 1981, c'est auprès d'Orgyen Trinley Dorje que Taï Sitou Rinpoché assure à son tour le rôle de guide spirituel. Tout comme les précédents Karmapa prédisant par lettre leur réincarnation, le 16e Karmapa a laissé un texte trouvé en 1992 dans une amulette qu'il a remise à Taï Sitou Rinpoché[1]. Orgyen Trinley Dorje est né le 26 juin 1985 dans une famille de nomades du Kham (Sud-Est du Tibet), de Karma Döndrub Tashi et de sa femme Loga. Il fut découvert par une équipe envoyé au Tibet par Taï Sitou Rinpoché. Orgyen Trinley Dorje fut conduit au monastère de Tsourphou, siège traditionnel des Karmapas, près de Lhassa et le 27 septembre 1992, il fut y intronisée par Taï Sitou Rinpoché et Gyaltsab Rinpoché[2]. À la veille de l'an 2000, le 17e Karmapa Orgyen Trinley Dorje a réalisé une évasion audacieuse à partir de son monastère au Tibet, pour pouvoir continuer ses études religieuses. Taï Sitou Rinpoché guide à présent sa formation spirituelle en exil à Dharamsala en Inde.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lettre de prédiction du 16e Karmapa
  2. Return to Tsurphu Monastary (Vidéo sur YouTube)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lama Kunsang & Marie Aubèle, L'Odyssée des Karmapas, La grande histoire des lamas à la coiffe noire, Ed. Albin Michel (2011). (ISBN 978-2-226-22150-6)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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