Témoignage chrétien

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Témoignage chrétien
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Hebdomadaire
Fondateur Pierre Chaillet
Date de fondation
Ville d’édition Lyon

Site web www.temoignagechretien.fr

Témoignage chrétien est un hebdomadaire français d'informations générales, d'inspiration chrétienne, fondé en 1941 pendant l’Occupation allemande par le mouvement de Résistance intérieure française (RIF) du même nom dont le principal animateur a été le prêtre jésuite Pierre Chaillet et dont la principale activité a consisté à éditer et à diffuser clandestinement Les Cahiers du Témoignage chrétien. Il est l'un des derniers journaux issus de la Résistance à être encore publiés.

De 1941 à 1944, paraîtront treize numéros de ces brochures contenant des dossiers assez volumineux puisque chaque numéro pouvait faire plusieurs dizaines de pages. Après la Libération, le journal Témoignage chrétien prend la suite du journal clandestin. Sous la houlette de Georges Montaron, son directeur de 1948 à 1996, il continue les combats initiés pendant la clandestinité : luttes pour la décolonisation, contre la torture...

En difficulté financière depuis plusieurs années, il lance, début 2009, un appel au soutien de ses lecteurs[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Trois périodes peuvent être considérées dans l'histoire du Témoignage chrétien :

La première couvre la période du 16 novembre 1941 à la Libération et correspond à l'occupation allemande de la France, la seconde va du 15 novembre 1949 au 6 mai 1996, dates de la gérance de Georges Montaron, et la troisième débute (c'est selon) soit avec la création de l'association du nouveau Témoignage chrétien, soit avec l'éviction de Michel Cool, son directeur. S'il y a continuité entre les deux premières phases — Georges Montaron est résistant et diffuse clandestinement Témoignage chrétien, le père Chaillet continue de s'occuper de Témoignage chrétien jusqu'en 1955 —, il y a une réelle cassure entre les deux dernières : aucun journaliste permanent de l'équipe de rédaction de 1996 ne fait partie de la rédaction du nouveau Témoignage chrétien.

Chacune de ces trois phases peut être caractérisée par une certaine structure juridique : le Témoignage chrétien de la Résistance est clandestin et sans structure officielle, le Témoignage chrétien de Georges Montaron est un journal à fort tirage (100 000 et 80 000 exemplaires) reposant sur une faible structure financière (SARL de 2000 francs), le nouveau Témoignage chrétien est un journal à faible tirage et fort capital (Société anonyme de 261 371 euros).

Résistance[modifier | modifier le code]

Pierre Chaillet (1900-1972)

Fondateur[modifier | modifier le code]

Dès les années 1930, le père Pierre Chaillet, un jésuite qui effectue de nombreux séjours en Autriche et en Allemagne pour y étudier la théologie allemande, prend conscience de la montée du nazisme et du danger que représente cette idéologie. En 1939, il écrit L’Autriche souffrante livre dans lequel il dénonce les persécutions contre les catholiques et les juifs autrichiens consécutives à l’Anschluss[2]. À la suite de l’occupation de la France par l'Allemagne, c'est lors d’une rencontre organisée par Stanislas Fumet entre les jésuites Pierre Chaillet, Gaston Fessard et Henri Frenay, le chef du réseau Combat, que naît le projet d'un périodique distribué sous le manteau[3], notamment par Marius Jolivet. Ils proposent à Pierre Chaillet d’écrire également dans les journaux clandestins Les Petites Ailes, puis Vérité. Sous le nom de Testis, il publie des bulletins religieux où il dénonce l'idéologie nazie et en appelle à la résistance spirituelle. Lorsque ces feuilles clandestines disparaissent pour laisser place à Combat, il décide de créer un journal clandestin spécifiquement chrétien.

Cahiers du Témoignage chrétien[modifier | modifier le code]

AlsaceetLorraineTerresFrancaises1943.jpg

C'est ainsi que le paraissent à Lyon les premiers Cahiers du Témoignage chrétien dont le sous-titre est « France, prends garde de perdre ton âme ». Sous forme d'un opuscule de petit format (d'où le nom de Cahier), le journal contient un vibrant appel à s'opposer au nazisme au nom des valeurs chrétiennes. Il est entièrement rédigé par le père Gaston Fessard. Témoignage chrétien devait s'appeler Témoignage catholique, mais par œcuménisme et en raison de la participation de protestants dans l'équipe clandestine initialement constituée de théologiens jésuites de la faculté de Fourvière à Lyon, l'adjectif catholique est changé en chrétien.

Cinquante-trois cahiers seront publiés. Il s'agit de cahiers thématiques de format 13,5 x 21 cm, de parution irrégulière et numérotés en chiffres romains. Quatorze cahiers concernent le nazisme, sept la décolonisation - (XXXIV, XXXV et XXXVIII à XLI), cinq le problème palestinien (XLVII, XLVIII et LI à LIII). Des cahiers sont également consacrés à l'Église catholique (XXXII, XXXVI, XLIX et L), en particulier au sujet de l'affaire Mindszenty (Cahier XXXII) pour laquelle le père Chaillet organise une manifestation avec Georges Montaron comme orateur-intervenant. Pierre Chaillet, en confie l'impression à Louis Cruvillier jusqu'au départ en Suisse de celui-ci en octobre 1942[4].

Thèmes et rédacteurs des Cahiers 1941-1945[modifier | modifier le code]

  • I. « France, prends garde de perdre ton âme ». Nov. 1941. R.P. Fessard, R.P. Chaillet.
  • II-III « Notre combat ». Déc. 1941-janv.1942. R.P. Chaillet, Stanislas Fumet.
  • IV-V « Les racistes peints par eux mêmes ». Févr.-mars 1942, R.P. Chaillet, Pasteur de Pury.
  • VI-VII « Antisémites ». Avril-mai 1942, R.P. Chaillet, R.P. Ganne, J. Hours, R.P. de Lubac.
  • VIII-IX « Droits de l’homme et du chrétien », Juin-Juillet 1942, R.P. Chaillet, R.P. de Lubac.
  • X-XI « Collaboration et fidélité », Oct.-nov. 1942, R.P. Chaillet, R.P. Fessard, R.P. de Lubac.
  • XII « Les voiles se déchirent » cahier saisi et détruit par la police.
  • XIII-XIV « Défi », Janv.-févr. 1943, Cardinal Hlond, R.P. Chaillet.
  • XV-XVI « Les voiles se déchirent », Août 1943, J. Vialatoux, R.P. Chaillet, R.P. de Lubac.
  • XVII « Déportation », Juin 1943, A. Mandouze.
  • XVIII-XIX « « Où allons nous ? Message de Bernanos », Août-sept. 1943, G. Bernanos, R.P. Chaillet.
  • XX-XXI-XXII-XXIII « Alsace et Lorraine terres françaises ». Oct.-déc 1943, Abbé P. Bockel, É. Bass, R.P. Chaillet, Abbé Held.
  • XXIV « Puissance des ténèbres », Mars 1944, R. d’Harcourt, R.P. Chaillet.
  • XXVI-XXVII, « Exigences de la Libération », Mai 1944, A. Mandouze, R.P. Chaillet, R.P. Chambre, R. d’Harcourt, R.P. de Montcheuil.
  • XXVIII-XXIX, « Espoir de France », Juillet 1944, A. Mandouze, J. Hours, J. Lacroix, H. Marroux[5].

Diffuseurs[modifier | modifier le code]

Parmi les diffuseurs, l’abbé Marius Jolivet, (1906-1964), curé de Collonges-sous-Salève, agent du réseau Ajax et boîte postale de Pierre Chaillet et Louis Cruvillier, réfugié en Suisse[6].

Courrier du Témoignage chrétien[modifier | modifier le code]

Parallèlement aux Cahiers du Témoignage chrétien, de petit format et d'un tirage de 50 000 exemplaires, qui ne traite que d'un seul sujet à chaque fois, paraît, à partir de mai 1943, le Courrier français du Témoignage chrétien, journal d'abord de petit format (in-octo) puis de grand format (in-folio) et d'un tirage de 100 000 puis 200 000 exemplaires, dont le sous-titre est Lien du Front de résistance spirituelle contre l'hitlérisme. Le treizième numéro du Courrier du Témoignage chrétien sera diffusé lors de la libération de Paris.

Spécificité et idéal de Témoignage chrétien[modifier | modifier le code]

La spécificité du Témoignage chrétien par rapport aux autres journaux de la Résistance est qu'il revendique une « résistance spirituelle » : c’est en référence à l'Évangile et aux idéaux du christianisme que Témoignage chrétien s'oppose au nazisme.

« […] en tant que chrétiens, nous ne nous plaçons absolument pas sur le même plan que ceux qui ne voient dans Hitler que le « Boche » représentant l'ennemi héréditaire ou encore le faux socialiste. […] En tant que chrétiens nous sommes actuellement en lutte contre le nazisme. »

— Extrait du numéro 2 du Courrier français du Témoignage chrétien, page 1

Équipe de rédaction[modifier | modifier le code]

L'équipe de rédaction dirigée par le père Pierre Chaillet est constituée de jésuites, particulièrement de la Faculté de Fourvière à Lyon, dont Gaston Fessard et Henri de Lubac, de prêtres séculiers dont Pierre Bockel, auxquels se joignent des laïcs : André Mandouze, Joseph Hours, Robert d'Harcourt, Georges Bernanos et Jacques Maritain.

Il était imprimé clandestinement par un imprimeur lyonnais, Eugène Pons, qui mourra en déportation.

Georges Montaron[modifier | modifier le code]

À la fin de la guerre, le père Chaillet décide de poursuivre la parution de Témoignage chrétien, mais s'écarte des "chrétiens progressistes" regroupés dans Temps Présent. Il se sépare d'André Mandouze, son premier rédacteur en chef, et nomme Jean Baboulène en tant que directeur adjoint.

En 1947, se pose la question de la viabilité financière de Témoignage chrétien. 1947 est une année terrible pour la presse. Il y a de nombreuses grèves et les restrictions de papiers sont encore présentes. Le père Chaillet fait appel à Georges Montaron, jeune résistant, membre des Jeunes Chrétiens Combattants, président de la Jeunesse ouvrière chrétienne, et administrateur de la Sécurité sociale naissante pour « liquider » Témoignage chrétien. Au contraire, Georges Montaron, affirme que le journal est viable moyennant une plus grande rigueur budgétaire. Il propose même de doubler Témoignage chrétien d'un supplément Radio-Loisir, ancêtre de Télérama, dédié au programmes radio, au cinéma et aux loisirs. Ayant réussi son pari, Georges Montaron est officiellement embauché à Témoignage chrétien en 1948. L'assemblée générale des actionnaires du 15 novembre 1949, le nomme gérant de l'entreprise. Il sera régulièrement réélu à ce poste jusqu'en 1996.

Témoignage chrétien entre alors dans une ère de rayonnement intellectuel et son tirage atteint les 100 000 exemplaires.

Ses collaborateurs sont (pêle-mêle) : François Mauriac, Françoise Dolto, Michel Debré, Jacques Delors, Albert du Roy, Michel Jobert, Piem, le professeur Alexandre Minkowski, Albert Adolf Escuvez, Claude Estier, Jean Boissonnat, Henri Nallet, Jacques Testart, Don Paulo Evaristo Arns (archevêque de Sao Paulo), Georges Suffert, Jean Ziegler, Roger Fressoz, Bernard Schreiner...

D'après Sophie Coignard (La Nomenklatura Française, éditions Belfond), Georges Montaron a formé de nombreuses stars des médias : Jean Boissonnat, vice-président du groupe L'Expansion, Pierre-Luc Séguillon, chef du service politique de TF1, Jean Offredo, ancien présentateur du vingt-heures ainsi que le président de cette dernière chaîne, Hervé Bourges, qui a été rédacteur en chef de 1956 à 1962, ou encore Jacques Duquesne, PDG du Point. Georges Montaron a aussi su s'entourer de personnalités atypiques tels le poète breton Xavier Grall et le photographe Élie Kagan. Au premier on doit une rubrique de critique de télévision et au second des reportages photographiques, dont la répression sanglante de la manifestation des Algériens du 17 octobre 1961 qu'il couvrit pour Témoignage chrétien.

Seules ses finances restent précaires et, n'ayant pas ou presque pas de publicité, le journal doit régulièrement faire appel à ses lecteurs. Georges Montaron réussit, grâce à leur aide, à doter le journal de locaux et d'une imprimerie, source de revenus substantiels pour la publication.

Combats[modifier | modifier le code]

Fidèle à ses idéaux - ceux de la Résistance et de l'Évangile -, Témoignage chrétien prend rapidement parti pour la décolonisation, en Indochine, Maroc, Tunisie et Algérie. 'Le journal dénonce la torture pratiquée par l'armée française aussi bien en Indochine (reportages de Jacques Chégaray, provoquant un incident à l'Assemblée nationale) qu'en Algérie (le dossier Muller). Cette ligne politique et son passé de résistant, l'amènera tout naturellement à attirer l'attention sur la question du statut des peuples palestiniens, kanaks et sahraoui.

Pendant la guerre d'Algérie, le journal est régulièrement saisi par la police française et son directeur poursuivi par la justice. Georges Montaron est agressé par un commando d'extrême droite qui le jette du haut d'un escalier et il est condamné à mort par l'OAS. Les locaux du journal sont la cible d'un attentat à la bombe. En 1961, Témoignage chrétien est le seul journal français à publier un dossier complet sur la répression sanglante de la manifestation du 17 octobre (massacre des Algériens à Paris) (la couverture de la "une" du numéro 903 d'octobre 1961 présente une photo d'Élie Kagan qui montre un manifestant blessé par balle par la police).

Politiquement le journal est à gauche, bien que se démarquant des "partis". Il fait campagne pour l'union de la gauche et appelle à voter Mitterrand.

Parallèlement à ses prises de positions politiques, le journal œuvre pour un renouveau de l'Église "de l'intérieur". Il milite pour un aggiornamento de la liturgie, soutient l'abbé Pierre, défend les Églises du tiers-monde, se bat en faveurs des prêtres ouvriers et de Mgr Gaillot. Il lance l'Appel pour une Église du dialogue au service des hommes et du monde qui recueille 250 000 signatures.

Nouveau Témoignage chrétien[modifier | modifier le code]

Au début des années 1990, Témoignage chrétien se trouve dans une situation financière difficile. Les ventes en kiosque et le nombre d'abonnés ne cessent de baisser depuis le début des années 1980. La gestion de Georges Montaron se voit contestée. À l'occasion d'une transformation des statuts qui devait donner à la société éditrice le statut de société anonyme et faire passer Georges Montaron du poste de directeur à celui de président du conseil de surveillance, et à une voix près, Georges Montaron est évincé le 6 mai 1996. Il est profondément affecté par la défection d'un certain nombre d'actionnaires qu'il assimile à une trahison. Après une assemblée d'actionnaires particulièrement éprouvante, il est transporté aux urgences cardiologiques de l'hôpital Broussais, à Paris, où il subit, coup sur coup, deux opérations à cœur ouvert en novembre 1996. Puis une troisième, le 6 août 1997. Il meurt à l'hôpital Broussais le 8 octobre 1997, peu après avoir reçu la visite de Mgr Gaillot.

La nouvelle direction de Témoignage chrétien dissout les groupes Témoignage chrétien, change sa devise Vérité Justice quoi qu'il en coûte en La force de la fraternité (devise elle aussi abandonnée depuis) et vend l'imprimerie du journal.

Le Monde diplomatique entre dans le capital de Témoignage chrétien, tandis que les actions de Télérama sont vendues au Monde.

Depuis 1996[modifier | modifier le code]

La baisse du nombre d’abonnés qui s’est accrue avec le départ de Georges Montaron (environ 8 000 abonnés deux ans après son départ, soit dix fois moins que dans les années 1950), et la vente de l’imprimerie qui représentait une source importante de rentrée d’argent grèvent le budget du journal. La direction du nouveau Témoignage chrétien tente d’y échapper par des recapitalisations successives.

Entrent ainsi au capital de Témoignage chrétien : Le Monde diplomatique, le Groupe La Vie-Le Monde et Bayard Presse, puis Jacques Maillot, enfin Geneviève Laplagne. La société éditrice qui comptait quatre actionnaires à sa création en compte aujourd’hui dix-huit.

Les principaux actionnaires actuels des Éditions du Témoignage chrétien (société éditrice de l'hebdomadaire) sont, dans l'ordre :

  • l’association Témoignage chrétien (38,08 %) ;
  • Jacques Maillot (34,81 %) ;
  • la Société Le Monde diplomatique (5,62 %) ;
  • la Société éditrice du Monde (5,62 %) ;
  • Bayard Presse (5,62 %) ;
  • Geneviève Laplagne (4,48 %) ;
  • l’association des lecteurs de Témoignage chrétien (3,46 %) ;
  • la Société Lysias (0,96 %).

Sous la direction de Michel Cool (directeur de 2001 à 2005), qui inaugure une nouvelle formule du journal, Témoignage chrétien stabilise son nombre d’abonnés (autour de 10 000[7]) et retrouve une certaine audience. Le journal reste néanmoins déficitaire, ce qui pousse, encore une fois, à faire appel à la générosité des lecteurs. La situation financière, tout en demeurant précaire, s'améliore néanmoins dans un contexte particulièrement difficile pour la presse d’opinion.

Témoignage chrétien fait partie des membres fondateurs d’ATTAC. Soutenant de manière critique le mouvement altermondialiste, le journal demeure ouvert à toutes les sensibilités de gauche et met en avant sa volonté de susciter les débats.

Le journal organise régulièrement des voyages pour ses lecteurs, notamment en Israël et en Palestine. Les positions de Témoignage chrétien sur le conflit israélo-palestinien sont généralement considérées comme pro-palestiniennes ; la parution était déjà critique envers Israël sous la plume de Montaron. Mais le soutien aux revendications palestiniennes reste lui aussi nuancé.

Témoignage chrétien s’est particulièrement engagé ces dernières années dans le domaine du dialogue interreligieux. Tout en revendiquant son identité chrétienne, le journal garde vis-à-vis des institutions religieuses, et notamment de l'Église catholique, un regard critique.

Mutation[modifier | modifier le code]

En 2009, de nouvelles difficultés financières ont amené l’hebdomadaire à lancer un appel au soutien et aux dons auprès de ses lecteurs[1].

De mars 2011 à février 2013, Jérôme Anciberro assumera la rédaction en chef du journal[8].

L’érosion de son lectorat s’étant accélérée — l’hebdomadaire compte 7 000 abonnés en 2012 —, Témoignage chrétien annonce le 19 octobre 2012, la cessation de sa parution hebdomadaire afin de préparer sa transformation en mensuel. Dans l’intervalle, chaque semaine une « lettre de la refondation », huit pages titrées « Témoignage chrétien en travaux » est publiée[9].

Deux codirecteurs ont été désignés par le conseil d'administration, Bernard Stephan, ancien journaliste à TC, ancien secrétaire national de la JOC, directeur des Éditions de l'Atelier, et Jean-Pierre Mignard , avocat et professeur à Sciences Po, ancien directeur de la revue Témoin, associé gérant du cabinet d'avocats Lysias, actionnaire d'une société d'éditions électroniques, Les Cahiers Lysias, et surtout proche de François Hollande. Bernard Stephan est président du conseil d'administration.

La nouvelle direction met au chômage la moitié des salariés, dans des conditions troubles[10].

Jérôme Anciberro quitte alors le journal pour l'hebdomadaire La Vie[11],[8].

Depuis janvier 2013, Témoignage chrétien paraît sous trois formes : une lettre hebdomadaire de quatre pages, un mensuel d'une centaine de pages, et un site internet d'information et de dialogue. Le premier numéro supplément mensuel est sorti en janvier 2013. Preuve de sa perte d'influence, TC a publié un manifeste, Tu es le gardien de ton frère, qui n'a été cosigné que par 488 personnes[12].

Le journal a pris une position affirmée et argumentée en faveur de la loi sur le mariage homosexuel, se distinguant du reste de la presse catholique. Il a été critiqué à cette occasion dans l'Osservatore Romano. Cette prise de position autoritaire, sans dialogue ni débat, a entraîné des dizaines de désabonnements.

Renaissance difficile[modifier | modifier le code]

L'essayiste et éditrice Christine Pedotti devient la première femme rédactrice en chef du journal dans sa nouvelle formule en avril 2013. Cooptée par la nouvelle direction, son dernier livre provoque des interrogations sur sa légitimité à diriger une revue chrétienne[13].

Le journal ambitionne de rassembler 7 000 abonnés à la fin de 2013 et de dépasser les 10 000 dans les trois ans. Il n'est cependant pas parvenu à gagner les 7 000 abonnés à la fin de l'année 2013, les abonnements compensant les désabonnements. La bande passante du web se situe à plus de 200 000 visiteurs.[réf. nécessaire]

C'est un échec retentissant pour la nouvelle équipe[réf. nécessaire].

Le journal a néanmoins maintenu son nombre d'abonnés avec sa nouvelle formule constituée de la lettre hebdomadaire et du supplément mensuel, cela malgré la réduction du nombre des journalistes et sans nouvel actionnaire significatif. Il a étoffé sa rédaction composée de rédacteurs journalistes et non journalistes de près de 20 membres, dont de nombreux universitaires, qui ne reçoivent aucune rémunération. Fidèle à sa ligne, il ouvre cependant largement ses colonnes à des personnalités diverses comme Jean-Luc Mélenchon, Vincent Peillon, François Bayrou, à l’œcuménisme chrétien et aux religions monothéistes juive et musulmane, et une orientation plus intellectuelle côtoie la tradition des reportages de témoignage. Il soutient sans équivoque le pontificat de François, même s'il conserve ses positions très avant-gardistes dans l'Église, pour ne pas dire minoritaires.

L'arrivée de Jean-Pierre Mignard, perçu comme représentant de la Gauche caviar[14], a également entraîné une épuration de la rédaction: Sébastien Lapaque, ou encore Jacques de Guillebon ne font plus partie des collaborateurs de la revue, leur positionnement politique déplaisant à la nouvelle direction. Cette dernière est maintenant vue comme dogmatique et « bobo[15] », mais sans aucune surface médiatique.

La proximité de la nouvelle direction avec le pouvoir interroge quant à l'objectivité de Témoignage chrétien, et à la liberté des journalistes d'aborder certains sujets sensibles, comme l'affaire Bernard Poignant. Cet ancien conseiller de François Hollande, et ami de Jean-Pierre Mignard, est accusé d'avoir participé à un séminaire anti-mariage gay[16].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Quoi qu'il en coûte, Georges Montaron, entretien avec Noël Copin, Collection: Les Grands Journalistes, Stock, 1975. (ISBN 2-234-00057-X)
  • Georges Montaron, le roman d'une vie, Cécile Hamsy, Ramsay, 1996. (ISBN 2-84114-059-8).
  • Hommage à Georges Montaron, Tribune 2000, décembre 1997. Issn 1283-7857

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [PDF] Appel aux dons sur le site de l'hebdomadaire
  2. Pierre Chaillet.«  L'Autriche souffrante », 1939.
  3. Guy Boissard, Quelle neutralité, face à l'horreur, le courage de Charles Journet, éd. St Augustin, 2000, p. 215/455. p.
  4. Guy Boissard, op. cit. p. 215.
  5. Renée et François Bédarida, « La Résistance spirituelle, 1941-1944 : Les cahiers clandestins du Témoignage chrétien, annexes, Paris, Albin Michel,‎ 2001 (ISBN 2226117113)
  6. Christian Sorrel,La Savoie, éd. Beauchesne, 1996, 441. p.
  7. Source : service commercial de Témoignage chrétien
  8. a et b http://www.cath.ch/detail/j%C3%A9r%C3%B4me-anciberro-quitte-la-r%C3%A9daction-en-chef-de-t%C3%A9moignage-chr%C3%A9tien
  9. « Le magazine Témoignage chrétien suspend sa parution afin de préparer sa transformation en mensuel », sur la-croix.com,‎ 20 octobre 2012
  10. http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2012/08/30/un-plan-social-se-prepare-chez-temoignage-chretien_1753611_3236.html
  11. http://www.riposte-catholique.fr/riposte-catholique-blog/breves/detemoignage-chretien-a-la-vie
  12. http://www.petitionpublique.fr/PeticaoListaSignatarios.aspx?pi=emaistre
  13. http://actualitechretienne.wordpress.com/2013/09/03/la-mission-du-christ-a-ete-un-echec-retentissant-selon-temoignage-chretien/
  14. http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/06/28/la-double-vie-de-maitre-mignard_3437616_823448.html
  15. http://www.gerard-brazon.com/m/article-102381415.html
  16. http://www.letelegramme.fr/ig/generales/france-monde/france/bernard-poignant-ps-conteste-avoir-participe-a-un-seminaire-anti-mariage-gay-14-01-2013-1970672.php

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Gault, Histoire d'une Fidélité, Thèse de Doctorat, Paris -Sorbonne.
  • Renée et François Bédarida, La Résistance spirituelle, 1941-1944: Les cahiers clandestins du " Témoignage Chrétien", Paris, Albin-Michel, 2001

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]