Télérelève de compteur d'eau

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Le télérelevé d’un compteur d’eau permet d’obtenir le relevé du compteur et différentes informations sans avoir besoin d’accéder directement au compteur.

Différentes technologies sont employées dans ce cadre, dont les principales sont : walk by/drive by, installation fixe AMI (unidirectionnelle) et installation fixe AMR (bidirectionnelle).

Intérêt du télérelevé des compteurs d’eau[modifier | modifier le code]

Différents arguments, avancés par les régies des eaux, les grandes entreprises de distribution et les fabricants de compteurs, sont en faveur de l’utilisation du télérelevé des compteurs. Parmi eux, on peut citer :

  • L’augmentation de la fréquence des relevés qui permet une facturation sur index réel et non plus estimé.
  • La gestion automatisée de la facturation.
  • La détection des fuites, de blocage de compteur, de détérioration des clapets anti-retour.
  • La détection des casses, vols ou tentatives de détérioration des compteurs.
  • La diminution des effectifs et donc l'allègement des frais de personnel.


On estime entre 10 et 30 % la baisse de consommation d'eau suite à l’installation d’un réseau de télérelève avec accès aux données par les consommateurs finaux.[réf. nécessaire]

D’autres éléments légaux sont à prendre en compte. Une récente loi oblige les distributeurs à informer rapidement les consommateurs en cas de fuite[1]. Cela n’est pas possible lorsque la relève des compteurs est faite une fois par an comme c’est habituellement le cas. L’installation d’un réseau de compteurs télérelevés permettrait d’effectuer un relevé par jour et ainsi d’être informé rapidement en cas de fuite. À Paris, le rythme actuel est d'un relevé au minimum par jour.

De plus, l’Union européenne a adopté la règle des « trois 20 »[2]. Chaque pays s’engage à : augmenter de 20 % la proportion des sources renouvelables dans le mixte énergétique ; diminuer de 20 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) ; améliorer l’efficacité énergétique de 20 % d’ici à 2020. L’installation de réseaux de télérelève des compteurs d’électricité étant très fortement incitée par cet engagement (et déjà engagée en France avec le compteur intelligent Linky), le télérelevé des compteurs d’eau devrait suivre le même chemin.

Les technologies de télérelevé des compteurs d’eau[modifier | modifier le code]

Emetteurs radio et d’impulsions dans les compteurs[modifier | modifier le code]

Afin de procéder à l’installation d’un réseau de télérelevé de compteurs d’eau, il convient d’associer un module de communication à chaque compteur. Bien que l’on puisse utiliser des compteurs équipés d’émetteurs d’impulsions (câbles), on utilise le plus souvent des compteurs équipés d’émetteurs radio.

Ces modules peuvent être clipsés sur les compteurs, intégrés dans le corps du compteur d’eau ou déportés via une liaison filaire (intérêt pour déporter le module de communication dans des environnements difficiles, cas des sous-sols par exemple).

Compteur d'eau équipé d'un module externe de télérelève
Compteur d'eau équipé d'un module interne de télérelève

Walk by / Drive by[modifier | modifier le code]

La première technologie de relevé par voie radio consiste à utiliser un terminal de réception portatif. Le releveur des données des compteurs circule dans la zone où il doit effectuer un relevé avec ce terminal. Il n’a pas besoin de se rapprocher de chaque compteur du fait de la portée radio des émetteurs (d'une dizaine à plus de cent mètres).

La différence entre le « Walk by » et le « Drive by » est que, dans le premier cas, le relevé s’effectue à pied. Dans le second, le relevé s’effectue à vélo, à moto, en voiture ou en camion.

Réseau AMI[modifier | modifier le code]

Le réseau AMI correspond aux petits réseaux de télérelevé. On utilise des compteurs équipés d’émetteurs d’impulsions et une centrale de mesure (souvent avec le protocole M Bus) pour effectuer un simple relevé des compteurs.

Réseau AMR[modifier | modifier le code]

Un réseau AMR est bidirectionnel, c'est-à-dire que le compteur émet des informations. On peut aussi interroger un compteur en particulier à distance pour obtenir les informations souhaitées.

Ce type de réseau est constitué de compteurs équipés d’émetteurs radio (dits alors « compteurs intelligents ») qui envoient des données à un ou plusieurs concentrateurs. Des répéteurs sont utilisés pour reporter les émissions des compteurs jusqu’au concentrateur.

Le concentrateur envoie ensuite toutes les données récoltées à une plateforme de gestion logicielle via le réseau GSM ou Internet.

Principes de mise en œuvre d'un réseau de télérelevé fixe (AMR)[modifier | modifier le code]

Considérons une ville où l’on dénombre plusieurs milliers de points de mesure. L’objectif de la régie des eaux locale est de télérelever l’ensemble de son parc de compteurs à l’aide d’un réseau fixe. D’un point de vue technique, on utilise des émetteurs radio branchés sur les compteurs.

On clipse sur chaque compteur d’eau déjà installé (s’il est pré-équipé pour le télérelevé) un module de télérelevé. On peut également décider de changer les compteurs au fur et à mesure et d’opter pour des émetteurs radio intégrés dans le corps des compteurs.

Afin de former un réseau de télécommunication jusqu’au logiciel ou la plateforme de gestion des compteurs, il est nécessaire d’installer un concentrateur (qui rassemble tous les signaux envoyés par chaque compteur avant d’envoyer toutes les données, par le réseau de téléphonie mobile ou par Internet).

Les fréquences radio utilisées pour transmettre les données peuvent être 169 MHZ (VHF), 433 ou 868 MHz (UHF) . Dans le cas de nombreux points de relève (comme dans notre exemple avec plusieurs milliers de compteurs installés), on utilise des répéteurs pour concentrer le signal d’une ou plusieurs centaines de compteurs. Ces données sont ensuite transmises au concentrateur. On utilise en général un répéteur pour 3 kilomètres carrés.

Lorsque les compteurs d’eau sont situés dans des endroits très difficiles d’accès et dont les émetteurs radio ne parviennent pas à émettre jusqu’à un répéteur ou jusqu’au concentrateur, on rajoute un booster relié au compteur qui permet d’amplifier le signal radio de l’émetteur.

Si un compteur est hors de portée du réseau AMR et qu’il est nécessaire d’installer plusieurs répéteurs afin de le télérelever, on évite cette solution et on utilise alors plutôt un mini concentrateur pour ce compteur particulier. Ce « mini concentrateur » est relié au réseau de téléphonie fixe et transmet les données du compteur directement au logiciel ou à la plateforme de gestion des compteurs.

Exemples de fabricants de réseaux de télérelevé des compteurs d’eau[modifier | modifier le code]

Il existe une multitude de fabricants de systèmes de télérelevé de compteurs d’eau. Parmi eux, on peut citer :

  • Smarteo Water
  • Sensus
  • Arad
  • Sappel
  • Homerider Systems
  • Coronis
  • Itron
  • Radio-Tech, spécialiste VHF (distribué en France par la société Hydreka SAS[3])

Exemple de bureaux d'études spécialisés en télérelève[modifier | modifier le code]

Créé en octobre 2012, Id eau conseil[4] est à ce jour le seul bureau d'études spécialisé dans ce domaine d'activité. Id eau conseil accompagne les collectivités dans leurs projets télérelevé.

  • Id eau conseil

L'enjeu de l'intéropérabilité[modifier | modifier le code]

La problématique de l'intéropérabilité des réseaux de télérelève est de plus en plus au cœur des débats. Il s'agit de la capacité des systèmes de télérelève à communiquer entre eux. Il est par exemple question de la standardisation des systèmes de télérelève au sein du comité Afnor E17Z[5].

Un réseau est désigné comme interopérable lorsque tout objet peut s'y connecter librement.

La télérelève interopérable[modifier | modifier le code]

L'opérateur pour objets communicants SIGFOX a développé en collaboration avec Smarteo Water et Connit le premier système de télérelève 100% interopérable.

Le télérelevé chez les grands distributeurs d’eau[modifier | modifier le code]

Les deux principaux distributeurs d’eau en France, Veolia et la Lyonnaise des Eaux, ont développé des systèmes de télérelevé.

Veolia travaille en partenariat avec Orange. Ces deux entreprises ont créé fin 2011 une filiale commune nommée M2oCity qui est chargée de la promotion, du développement et de l’installation d’un réseau de télérelevé en France[6]. M2oCity utilise la fréquence 868 MHz, et principalement les technologies d'Homerider Systems, filliale de Veolia. En sus du télérelevé, Veolia propose des solutions de radiorelevé (collecte en mode piéton ou par véhicule) qui pourront par la suite être raccordées à un réseau fixe lorsqu'il sera déployé.

La Société Lyonnaise des Eaux a créé en 2009 une filiale dédiée au télérelevé des compteurs d’eau nommée Ondeo Systems. Celle-ci travaille sur un protocole de communication utilisant la fréquence 169 MHz[7].

La Saur utilise le matériel de la Société Coronis pour radiorelever les compteurs (collecte en mode piéton) et exceptionnellement pour effectuer le télérelevé des compteurs.

D'autres sociétés fermières, Nantaise des Eaux Service et Alteau (du groupe Aqualter) ont déployé depuis 2010 la solution VHF mono-directionnelle Radio-Tech/Hydreka sur plusieurs dizaines de milliers de compteurs en zone rurale et péri-urbaine. Cette technologie est d'ailleurs celle qui a été déployée pour le projet Paris Rive Gauche (27000 compteurs de pied d'immeubles équipés) par Eau & Force avant la création d'Ondeo Systems par le groupe Suez/Lyonnaise des Eaux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1], Loi d'information des consommateurs en cas de fuite.
  2. [2], Les trois 20 de l'Union européenne.
  3. Hydreka SAS : société française basée à Lyon, spécialiste en instrumentation du cycle de l'eau, et société soeur de Radio-Tech Ltd, pionnière (depuis plus de 20 ans) en Europe des technologies VHF .
  4. id eau conseil
  5. [3]
  6. M2oCity
  7. Ondeo Systems

Articles connexes[modifier | modifier le code]